La mortalité fœtale et embryonnaire, qui englobe la fausse couche et la mort fœtale in utero, est une expérience dévastatrice pour les futurs parents. Cet article vise à explorer les causes de ces événements, les facteurs de risque associés et les approches de prise en charge pour aider à mieux comprendre et à gérer ces situations difficiles.
Introduction
La perte d'un embryon ou d'un fœtus est un événement traumatisant qui touche de nombreuses familles. Les fausses couches et les morts fœtales in utero (MFIU) représentent des défis médicaux et émotionnels importants. Bien que la recherche ait progressé, de nombreuses causes restent inexpliquées, soulignant la complexité de la reproduction humaine.
Fausse Couche: Perte Précoce de Grossesse
Définition et Fréquence
Un événement traumatisant, la fausse couche est la perte du fœtus avant la 20e semaine de grossesse mais le plus souvent au premier trimestre. Des douleurs et un saignement peuvent alerter la femme enceinte de la survenue de cette fausse couche qui, par définition, implique l’arrêt de l’activité cardiaque du fœtus. Nous observons des fausses couches dans environ 25% de l’ensemble des grossesses débutantes, elles seront dites répétées dans 5% des cas. On parle de fausse couche répétées à partir de 2 fausses couches consécutives avant 40 ans. Malgré l’avancée de la recherche, 50% des fausses couches répétées restent aujourd’hui inexpliquées.
Causes des Fausses Couches
Les causes des fausses couches sont multiples et d’origines variées.
- Anomalies chromosomiques : Les anomalies génétiques pourraient provoquer jusqu’à 50% des fausses couches. La principale cause d’une fausse-couche précoce est un déséquilibre chromosomique comme une trisomie, qui entraîne une non viabilité de la grossesse. Ces anomalies sont la plupart du temps de novo, c’est-à-dire que ce sont des accidents au moment de la formation des spermatozoïdes ou des ovocytes. Elles peuvent être préexistantes (cas très rare) comme une translocation robertsonienne d’un membre du couple ou de novo souvent apparente au moment de la fabrication du spermatozoïde ou de l’ovocyte.
- Anomalies endocriniennes : Des anomalies endocriniennes sont également responsables de la perte prématurée du fœtus.
- Facteurs environnementaux : L’impact de l’environnement de la femme enceinte est également à prendre en compte : l’alimentation, le stress, l’âge, et l’exposition à certaines substances.
- Immunologie : Pour tenter de mieux comprendre les fausses couches inexpliquées (la grande majorité des cas encore aujourd’hui), l’immunologie est une approche étudiée par le Dr Nathalie Lédée et ses équipes depuis de nombreuses années. Ce profil, réalisé grâce au test PCT/EP2013/065355 conçu et breveté par MatriceLab, permet de mieux comprendre les fausses couches inexpliquées et de proposer des traitements pour favoriser le bon déroulement de la grossesse suivante. En dosant des biomarqueurs précis grâce à un test RT-PCR réalisé à partir d’une biopsie d’endomètre réalisée en consultation, on cherche le mécanisme de la fausse couche (des mécanismes de nutrition de l’embryon insuffisant ? Sans surprise j’étais en suractivation cela m’a rassuré car je sentais qu’il y avait un souci. Le test diagnostic permettant de dresser ce profil immunitaire de l’endomètre est très prometteur pour comprendre la cause de 75% des fausses couches jusque-là inexpliquées.
- Anomalies utérines : Les anomalies utérines peuvent également contribuer aux fausses couches.
- Anomalies métaboliques : Certaines situations demandent une surveillance accrue dans le cas d’une grossesse.
Facteurs de Risque Externes
Les facteurs externes peuvent significativement influencer le déroulement d’une grossesse et augmenter le risque d’interruption spontanée. Parmi ces facteurs, l’environnement dans lequel évolue la femme enceinte joue un rôle prépondérant.
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- Consommation de tabac et d’alcool : Ne pas consommer de tabac ou d’alcool. Des études ont prouvées que la consommation de tabac durant la grossesse augmente de trois fois le risque de mort fœtale in utero en début de grossesse ainsi que le risque de naissance prématurée. Par ailleurs, l’alcool passe facilement du sang maternel au sang du fœtus au travers du placenta, ainsi le bébé sera directement exposé aux effets de l’alcool ingéré par la mère.
- Perturbateurs endocriniens : Éviter les perturbateurs endocriniens. L’exposition à des substances toxiques, telles que les produits chimiques industriels, les pesticides, et les solvants, peut avoir des effets néfastes sur la grossesse.
- Pathologies infectieuses : Tout au long de la grossesse, des examens réguliers sont prévus afin d’assurer l’absence de pathologies infectieuses. Facilement détectable par une prise de sang, celles-ci peuvent se développer au cours de la grossesse et augmenter le risque de fausse couche en altérant l’état de santé de la femme et/ou du fœtus.
Prise en Charge et Suivi
Une fausse couche est un évènement traumatisant dans la vie d’une femme, même si ce phénomène est fréquent. La survenue d’une fausse couche isolée ne doit pas toujours être suivie d’un bilan ou d’une consultation médicale dédiée. Néanmoins, en cas de besoin, refaire le point avec son médecin me paraît essentiel.
Selon le terme l’équipe médicale décidera du moyen d’évacuer la grossesse: aspiration (du contenu utérin sous anesthésie), curetage (opération de quelques minutes sous anesthésie qui consiste à « vider » l’utérus à l’aide d’une « curette »), ou prise de médicaments.
Fausses Couches Répétées
Les fausses couches récurrentes peuvent être le résultat d’anomalies chromosomiques chez la mère, le père, ou le fœtus. Néanmoins plus une femme fait des fausses couches moins la cause d’une erreur génétique survenue par malchance est à retenir. En cas de besoin, refaire le point avec son médecin me paraît essentiel. Dans les deux cas, un suivi par un spécialiste est essentiel.
Mort Fœtale In Utero (MFIU)
Définition et Différenciation
La mort fœtale in utero aussi appelé « enfant mort-né » n'est pas si rare que l'on pourrait le croire. En France, elle toucherait 1% des naissances chaque année. En général la mort in utero survient tardivement pendant la grossesse. On considère un enfant mort-né à partir de 180 jours de grossesse, c'est-à-dire 6 mois de grossesse. Avant ce stade, on parle plutôt de fausse couche. Mais l’on peut également faire la différence entre la mort perpartum et la mort ante partum. La première est nommée ainsi lorsque le décès survient pendant l'une des phases de l'accouchement. Pour la mort ante partum, le décès est constaté avant même le début du travail. C'est cette dernière que l’on nomme plus communément « mort in utero ».
Causes de la MFIU
Décès fœtal survenant pendant la grossesse ou pendant le travail décelé par l’arrêt irréversible de l'activité des grandes fonctions vitales (grandeurs cardinales) du fœtus : notamment, arrêt des mouvements perceptibles, arrêt des battements du cœur. La cause du décès peut être maternelle, annexielle ou fœtale.
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- Causes maternelles : Lorsqu'on parle de causes maternelles, on sous-entend que le corps, le métabolisme et l'environnement de la maman entrent en jeu dans le processus de mort in utero. La raison la plus fréquente étant l'hypertension artérielle, qui chaque année serait responsable de 56% des morts ante partum. Ensuite, les explications sont plus diverses : 36% par tentative de suicide, 7% en cas de traumatismes (accident, choc violent, chute), 3% à cause du diabète.
- Causes fœtales : 1/3 des morts in utero sont causées par le fœtus lui-même. Dans ce cas, c'est une autopsie qui révèlera les raisons du décès du bébé. Lors de cet examen, on effectue un bilan général de l'enfant. Cytomégalovirus, herpès, toxoplasmose, rubéole, syphilis et mycoplasme : tout est analysé. Chez 13% des bébés, on remarque un bilan immunitaire positif, c'est-à-dire la présence d'un des troubles que nous venons d'énoncer. Dans d'autres cas, on apprend que l'enfant avait un lupus (maladie auto-immune) ou un syndrome des antiphospholipides (maladie rare). Chez 5% des bébés, une transfusion sanguine est en cause. Tout comme la prise de médicaments lors de la grossesse (de type aspirine et codéine).
Par ordre de fréquence, et pour les plus courantes, on retrouve : une hypertension artérielle de la mère, une malformation fœtale avec ou sans anomalie chromosomique, un hématome rétroplacentaire, une infection ovulaire, un diabète. La cause reste inconnue dans 30% des cas.
Diagnostic et Risques
Le diagnostic est affirmé par l'absence d'activité cardiaque à l'échographie, associée ou non à des signes de macération. Les risques maternels majeurs sont les troubles de l'hémostase, l'infection amniotique secondaire et les répercussions psychologiques. Maintien d'un fœtus mort au delà de 48 heures dans la cavité utérine par défaut de contraction utérine.Elle expose à la survenue de troubles de l'hémostase par diffusion de substances procoagulantes dans la circulation maternelle.
Signes Révélateurs
Un signe est révélateur de la mort in utero : l'absence de mouvement du bébé. Il arrive que la future maman, enceinte, ne ressente plus son enfant pendant plusieurs heures. Chez certaines femmes, on peut aussi observer une montée de lait lorsque survient la mort du bébé. Toutefois, rappelons que ne pas sentir son bébé bouger pendant un certain laps de temps n’est pas systématiquement le signe d’une mort in utero. Si la maman a des doutes et ne sent plus son bébé pendant plusieurs heures, il est possible d'avoir recours à une échographie et à une auscultation ultrasonique. Le but ? Entendre et voir les battements du cœur et les mouvements de l'enfant. En cas d'absence de ces derniers, les médecins ont recours à un monitoring obstétrical.
Prise en Charge et Accompagnement
Lorsque la mort in utero est constatée, vient le moment de la sortie du bébé (par accouchement naturel ou bien par césarienne). Lorsque survient la terrible épreuve de la mort in utero, il faut savoir que pour 36% des couples, aucune cause n'explique le décès du bébé. Un manque d'explications souvent très difficile à vivre pour les familles.
La « mort fœtale in utero « : (=MFIU) On parle de MFIU dès que le fœtus a dépassé le seuil de viabilité (c’est-à-dire 22SA selon l’OMS). Pour ces termes les causes de décès sont également infinies et les étiologies propres à chaque cas il est difficile de faire ici une liste exhaustive. Une autopsie vous sera proposée dans la majorité des cas (sauf cause évidente). Vous êtes libres d’accepter ou non l’autopsie mais elle est vivement recommandée si vous souhaitez connaître la cause du décès, et ainsi éviter les récidives. La plupart du temps en l’absence de contractions l’accouchement est déclenché médicalement car le risque d’infection grandit à mesure que le fœtus reste dans l’utérus (on prend le soin systématiquement de vous proposer de poser une péridurale au préalable afin d’éviter de ressentir la douleur des contractions). Une fois la naissance passée vous avez la possibilité de voir, tenir votre enfant dans les bras quelques instants ou non. Ceci reste une décision très personnelle (au sein d’un couple parfois l’un des deux conjoints souhaite voir l’enfant l’autre non, vous décidez seul(e) de ce qui vous correspond le mieux pour faire votre deuil). Dans tous les cas sachez que des photos seront prises par l’équipe soignante (pour vous et pour le dossier médical) que vous serez libre de récupérer ensuite, ainsi que des empreintes. Concernant le corps, vous pouvez vous charger des funérailles ou laisser l’hôpital le soin de le faire (les corps sont incinérés et vous pouvez choisir de connaître la date exacte). Toutes les procédures sont reprises en détail et vous êtes guidées dans toutes les démarches par l’équipe soignante. Si vous le souhaitez un(e) psychologue est à disposition pour vous écouter, voir pour vous recevoir ensuite à l’issue de cette épreuve (que ce soit immédiatement ou à distance). A l’inverse si vous vous sentez « plutôt bien » ne culpabilisez pas!
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Suivi Psychologique
Le choc est souvent très important pour les parents après l'annonce de la mort de leur bébé. C'est là que le côté psychologique entre en compte. Le suivi est primordial et quasiment obligatoire. Dès les premières minutes, il est proposé aux familles de rencontrer un professionnel pour les accompagner dans leur deuil. Sa solution pour un suivi thérapeutique complet : « des groupes de parole avec des femmes ayant vécu la même chose sont conseillés. Mais, il est nécessaire d'être toujours supervisé par un professionnel pour avancer dans le bon sens et ne pas s'enfermer dans le drame qu'elles ont toutes vécu ». La psychothérapie est donc à envisager pour pallier aux symptômes liés à la perte de l’enfant. En effet, après l'annonce de la mort et le choc, les symptômes chez les mamans sont nombreux. Notre psychologue nous explique : « les femmes ressentent souvent une culpabilité de ne pas avoir réussi à mener cette grossesse à terme, de l'anxiété de revivre ce moment lors d'une prochaine grossesse ou encore, une dépression plus lourde provoquée par le vide laissé par le fœtus ». Surtout que les étapes du deuil sont aussi applicables à la mort d'un fœtus in utero. Le bébé fait déjà partie intégrante de la vie des parents avant la naissance, alors le deuil est tout aussi difficile à vivre.
Nouvelle Grossesse
La question d'une nouvelle grossesse est souvent difficile à aborder avec des parents ayant vécu le drame d'un bébé mort in utero. Quand retenter ? Comment être sur de ne pas « rater » ce bébé ? Comment réussir à ne plus penser à l'enfant décédé ? Sur cette question, la psychologue est catégorique : « pour ma part, il n'est pas sain d'avoir un autre enfant, lorsque le deuil n'est pas fait ; même s'il ne le sera jamais réellement. Mais, la prise de conscience de la mort de ce bébé doit être totale avant d'envisager une autre grossesse ». Si une nouvelle grossesse arrive après la perte d'un enfant in utéro, il sera nécessaire de connaitre le stade auquel l'enfant précédent est décédé pour surveiller ce créneau lors de la nouvelle grossesse.
Souffrance Fœtale
Définition et Causes
Pendant la grossesse ou lors de l’accouchement, le terme de souffrance fœtale peut être employé pour parler de votre bébé. Que recouvre-t-il réellement ? Doit-on en avoir peur ? Et quelles sont les solutions ? La souffrance fœtale ne signifie pas qu’un bébé a mal quelque part, mais désigne différentes situations, comme un défaut d’apport en oxygène ou en nutriments, qui sont nécessaires au bon développement et à la survie du fœtus. Une souffrance qui peut être soit aiguë, en fin de grossesse et lors de l’accouchement, soit chronique au cours de la grossesse et qui intervient pour différentes raisons.
- Souffrance fœtale chronique : Elle se traduit par un ralentissement de la croissance du fœtus, pouvant aboutir à un retard de croissance intra-utérin.
- Souffrance fœtale aiguë : Elle s’observe le plus souvent au moment de l’accouchement et se traduit généralement par un rythme cardiaque lent (bradycardie). Ses causes sont multiples. Au monitoring, les bruits du cœur du fœtus ralentissent, notamment au moment des contractions utérines ou juste après.
Risques Associés
Le risque principal de la souffrance fœtale reste l’hypoxie, c’est-à-dire un manque d’oxygène sévère, qui peut causer des séquelles neurologiques. Dans de rares cas, aujourd’hui, en France, cette souffrance fœtale peut aboutir à un décès.
Détection et Surveillance
Une souffrance fœtale se découvre lors de différents examens effectués au cours de la grossesse, juste avant ou pendant l’accouchement.
- Monitoring : Le monitoring est un capteur à ultrasons posé sur le bas-ventre de la maman, qui enregistre en continu le rythme des battements cardiaques du fœtus.
- Doppler utérin : Dans le cas d’une souffrance chronique, l’anomalie peut aussi être repérée lors d’un doppler utérin.
- Liquide amniotique : L’émission du méconium (les premières selles du bébé) dans le liquide amniotique est aussi un signe de souffrance fœtale et la conséquence d’une hypoxie.
Prise en Charge et Prévention
Si une souffrance fœtale chronique est soupçonnée pendant la grossesse, du repos, doublé d’une surveillance étroite, est imposé à la mère dans un premier temps. Quand la situation le nécessite et en fonction du terme, un déclenchement ou une césarienne peut être programmé. Si les constantes reviennent à la normale, l’accouchement peut alors suivre son cours. Mais si différents signes (bradycardie, possible manque d’oxygène…) montrent que le bébé est en danger, il est alors nécessaire de provoquer la naissance.
En dehors des comportements à risque évidents (comme la prise de toxiques ou d’alcool, par exemple) qui mettent le fœtus en danger, il n’existe pas réellement de prévention possible pour éviter une souffrance fœtale.
Échecs Répétés d’Implantation Embryonnaire
Définition
La pathologie des échecs répétés d’implantation embryonnaire est diagnostiquée chez une femme prise en charge en PMA lorsque celle-ci présente plusieurs échecs d’implantation inexpliqués. Cependant, il n’existe pas de définition claire et officielle de cette pathologie. Chaque centre détermine un stade à partir duquel il est jugé anormal qu’aucun des embryons transférés ne se soit implanté. L’implantation d’embryon est diagnostiquée une dizaine de jours suivant le transfert par le dosage d’une hormone : la β-hCG.
Causes
Les échecs répétés d’implantation d'embryons peuvent avoir de nombreuses origines.
- Qualité des embryons : De plus en plus, la qualité des embryons elle-même est mise en cause par le corps médical. Lors d’un protocole de PMA, le potentiel d’implantation des embryons est estimé par une analyse morphologique. Les anomalies génétiques de l’embryon sont pourtant la cause principale d’un échec d’implantation. Différents facteurs peuvent influencer la qualité des gamètes (ovocytes et spermatozoïdes). Il peut s’agir de facteurs endogènes comme l’âge ou l’indice de masse corporel, par exemple. En effet, un âge élevé, un surpoids voire une obésité sont responsables d’anomalies ovocytaires et spermatiques. Ainsi, un embryon peut être jugé de bonne qualité « morphologiquement » alors qu’il ne le sera pas « génétiquement ». Seul un diagnostic pré-implantatoire de l’embryon permet de mettre en évidence les potentielles anomalies génétiques embryonnaires.
- Réceptivité endométriale : L’embryon n’est pas la seule cause d’un échec d’implantation lors d’une PMA. En effet, un embryon ayant un fort potentiel implantatoire d’un point de vue morphologique et génétique ne pourra pas s’implanter si l’endomètre ne lui est pas réceptif.
- Lors du cycle menstruel , l’endomètre subit une phase de régression suivie d’une régénération et d’une maturation. Un endomètre mature sera réceptif à l’embryon au cours d’une courte période appelée « fenêtre d’implantation ». Des anomalies du cycle menstruel peuvent être responsables d’un défaut de régénération et/ou de maturation endométriale.
- Lors de la période fœtale et la mise en place de l’appareil reproducteur féminin, des anomalies développementales peuvent être à l'origine de malformations utérines.
- Au cours de l’implantation embryonnaire, le système immunitaire maternel joue un rôle fondamental. Les échecs d’implantation peuvent s’expliquer par une réponse immunitaire trop agressive qui induit la mort de l’embryon reconnu comme un corps étranger.
Prise en Charge
La prise en charge des femmes souffrant d’échecs répétés d’implantation embryonnaire dont la cause est endométriale s’avère compliquée. Les traitements (médicamenteux ou chirurgicaux) sont nombreux. La pathologie des échecs répétés d’implantation d’embryons est donc difficile à appréhender, les causes pouvant être multiples.
Grossesse Prolongée et Terme Dépassé
Définitions
Etymologiquement le mot terme signifie “échéance”, issu du latin “terminus” signifiant “borne, limite”. Le dictionnaire Larousse définit le “terme” comme étant le “moment où prend fin un état”. Pour homogénéiser les pratiques et utiliser la même sémantique, on fixe une durée de la grossesse comme étant 9 mois calendaires. La grossesse prolongée est définie pour une grossesse se prolongeant à partir de 41 SA, et au-delà de 42 SA on parlera de terme dépassé.
Facteurs de Risque
On connaît certains facteurs de risque d’allongement de la durée de gestation comme la nulliparité, la surcharge pondérale, l’âge maternel avancé, l’antécédent d’accouchement à terme dépassé et des facteurs mécaniques. L’origine ethnique ainsi que la prédisposition génétique pourraient quant à eux réduire cette durée.
Conséquences Maternelles
Certains travaux retrouvent un taux de césariennes multiplié par 1,5 en situation de terme dépassé. De la même façon, le taux d’extractions instrumentales (anomalies du RCF pendant l’expulsion, défaut de progression du mobile fœtal) est augmenté durant cette période. il existerait une augmentation du taux de déchirures périnéales du 3ème et 4ème degré au-delà de 42 SA. D’autres auteurs ont retrouvé une augmentation du taux d’hémorragie de la délivrance à partir de 41 SA. le taux d’infections du péri-partum (chorioamniotites, endométrites du post-partum) serait plus élevé en cas de dépassement de terme, soit après 42 SA.
Conséquences Périnatales
La fréquence du syndrome de post-maturité augmente avec la prolongation de la grossesse. Arias et al. ont retrouvé une élévation du taux de macrosomes avec l’âge gestationnel. L’asphyxie périnatale et l’inhalation méconiale sont les principales causes de morbidité périnatale en cas de dépassement de terme. le risque d’inhalation méconiale augmenterait avec la prolongation de la grossesse, multiplié par 2 entre 41 et 42 SA. Le risque d’hypoxie fœtale augmente progressivement à partir de 40 SA et peut être d’évolution très rapide, pouvant aboutir à la mort fœtale in utéro. D’après la méta-analyse de Gülmezoglu et al., la proportion de scores d’Apgar inférieurs à 7 à 5 minutes de vie augmente avec le dépassement de terme, ainsi que le nombre de pH ombilicaux inférieurs à 7,15 et le nombre de “base excess” supérieurs à 12 mmol/l. La morbidité et la mortalité fœtale augmentent également après 42 SA.
Recommandations et Surveillance
Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) se basent sur une définition de la grossesse prolongée à partir de 41 SA, et imposent donc une surveillance stricte et rigoureuse de toute femme enceinte prolongeant sa grossesse, avec un déclenchement ou une maturation cervicale si la patiente n’entre pas en travail spontanément, afin d’obtenir un accouchement avant 42 SA. La HAS recommande tout d’abord la réalisation d’une échographie du premier trimestre entre 11 SA et 13 SA + 6 jours permettant une datation précise de la grossesse à partir de la mesure de la longueur crânio-caudale de l’embryon selon des critères stricts préalablement établis. Ces recommandations sont semblables à celles de l’American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG), de la Society of Obstetricians and Gynaecologists of Canada (SOGC) et du Royal College of Obstetricians and Gynecologists (RCOG). Ces sociétés savantes anglo-saxonnes recommandent une prise en charge à partir de 41 SA, avec un déclenchement possible à ce terme si les conditions locales sont favorables et que la patiente est d’accord. Sinon une surveillance est mise en place tous les 2 jours avec une étude du RCF et une estimation de la quantité de liquide amniotique par échographie.
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