Pierre Meyer est une figure emblématique du monde du spectacle en France. Il est surtout connu pour avoir transformé un modeste dancing de campagne en un cabaret de renommée internationale, le Royal Palace de Kirrwiller. Son parcours atypique, son sens aigu des affaires et sa passion pour le divertissement à l'américaine ont fait de lui un acteur incontournable du paysage culturel alsacien et français.
Des débuts modestes à la vision d'un empire du spectacle
Fils de François Meyer, instituteur, et de Lucie Adam, issue d'une famille de restaurateurs-hôteliers de Kirrwiller, Pierre Meyer a grandi dans un environnement où la convivialité et le sens du commerce étaient des valeurs importantes. Après la Seconde Guerre mondiale, ses parents ont transformé l'auberge familiale en dancing, jetant ainsi les bases de ce qui deviendrait plus tard le Royal Palace.
"Mon père était instituteur, mais j’étais tellement nul à l’école qu’on m’a mis en pension chez les curés à Strasbourg", raconte Pierre Meyer avec une pointe d'humour. Dès l'âge de 14 ans, il commence sa vie professionnelle comme apprenti cuisinier au casino de Niederbronn, obtenant par la suite un CAP de cuisinier. Après son service militaire, il rejoint ses parents dans l'affaire familiale et crée les dîners dansants mensuels, une initiative qui rencontre rapidement un grand succès.
En 1975, il épouse Cathy Merckling à Pfaffenhoffen, un événement qui marque le début d'une nouvelle étape dans sa vie personnelle et professionnelle.
L'ascension du Royal Palace : audace et innovation
En 1980, son père lui laisse la direction de l'établissement familial, qui n'est alors qu'un modeste dancing de campagne. Pierre Meyer, passionné par les shows à l'américaine, signe son premier pari fou en 1989. Il fait construire une scène de 200 m² et se lance dans la production directe de spectacles, avec des artistes venus régulièrement de Paris. À la surprise générale, il double sa clientèle en un an.
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Cette audace marque un tournant décisif dans l'histoire du Royal Palace. Pierre Meyer a l'intime conviction que la mise en place de décors dans ses spectacles suscitera beaucoup d'intérêt auprès de sa clientèle. Il investit dans une nouvelle scène beaucoup plus sophistiquée et lance le premier dîner spectacle.
"Le jour où nous avons eu droit à notre premier reportage sur une chaîne nationale j’ai pleuré de joie devant ma télé, se rappelle-t-il. Car au départ rien n’était évident et j’ai pris beaucoup de risques."
Contrairement aux établissements parisiens du même genre, Pierre Meyer est tenu de présenter chaque année un nouveau spectacle afin de fidéliser la clientèle en partie drainée par les autocaristes français, mais également d’Allemagne, de Suisse, de Belgique, du Luxembourg, etc… Il recrute des artistes du showbiz dans le monde entier et s’inspire des spectacles de Las Vegas.
En 1996, il se lance dans des travaux encore plus ambitieux : un théâtre de mille places avec une scène de 25 mètres de large sur 20 mètres de haut, des cuisines de 500 m², des logements pour ses artistes… Une infrastructure digne des plus grands cabarets internationaux.
Une formule gagnante : adaptation, qualité et diversité
Le succès du Royal Palace repose sur une formule simple mais efficace : s'adapter aux attentes du public, offrir des spectacles de qualité et proposer une diversité de numéros.
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Pierre Meyer a su s'adapter à la "génération zapping" en proposant un renouvellement complet du spectacle chaque année. Pour cela, il écume les écoles de danse du monde entier et fait son choix parmi plus de mille numéros de gymnastes, jongleurs ou illusionnistes. Résultat : un spectacle de près de deux heures sans aucun temps mort, qui époustoufle le public comme les professionnels du secteur.
La clientèle du Royal Palace est diverse. Si une bonne moitié des spectateurs arrivent encore en autocars, drainés par des comités d'entreprise ou des clubs de retraités, les autres viennent en individuels. Pierre Meyer a su fidéliser son public en lui offrant une expérience unique à chaque visite.
Il explique que la recette du Royal Palace, c’est d’avoir « su s’adapter à la génération zapping », selon Pierre Meyer, qui voit revenir un public fidèle. « Pour cela, nous leur offrons un renouvellement complet du spectacle chaque année », explique-t-il.
Cela signifie pour lui écumer les écoles de danse du monde entier, faire son choix parmi plus de mille numéros de gymnastes, jongleurs ou illusionnistes. Résultat : un spectacle de près de deux heures sans aucun temps mort, qui époustoufle le public comme les professionnels du secteur.
L'héritage de Pierre Meyer : un empire du divertissement
Aujourd'hui, le Royal Palace emploie plus de cent personnes, dont 34 artistes. Son succès s'explique aussi par des tarifs calculés au plus juste. Le Royal Palace de Kirrwiller est désormais le deuxième plus grand cabaret de France après le Moulin Rouge à Paris.
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Pierre Meyer, qui a commencé à travailler très jeune, est aujourd'hui officiellement à la retraite, même si de l'avis général il est toujours aussi affairé qu'auparavant, sans cesse appelé à régler de multiples problèmes. Mathieu Meyer et son père Pierre Meyer, tous les deux directeurs du Royal Palace.
Pour fêter l'occasion, il s'est offert une splendide Ferrari rouge. « Mais je ne la sors pratiquement jamais, s’amuse-t-il. D’abord je n’ai pas le temps. Ensuite les routes du coin ne sont vraiment pas adaptées ».
L'histoire de Pierre Meyer est celle d'un homme passionné qui a su transformer un rêve en réalité. Son héritage est un empire du divertissement qui continue de faire briller les yeux de milliers de spectateurs chaque année.
Les clés du succès : un regard sur les coulisses du Royal Palace
L'importance de l'innovation
Pierre Meyer a toujours misé sur l'innovation pour se démarquer de la concurrence. Il a été l'un des premiers à proposer des dîners spectacles en Alsace, et il a toujours cherché à renouveler ses spectacles pour surprendre et fidéliser son public.
"Nous avions l’intime conviction que la mise en place de décors dans nos spectacles susciterait beaucoup d’intérêt auprès de notre clientèle", explique-t-il.
Il parcourt le monde pour visiter les meilleurs festivals ce qui nourrit leur créativité. Le cirque Flic Flac en Allemagne avait déjà commencé à faire cela, mais également la compagnie Rosgocirk en Russie qui utilise beaucoup de techniques innovantes. Il pense notamment aux œufs de Fabergé qui ont émerveillé le public à Monaco lors du 43ème Festival International du Cirque de Monte-Carlo.
La qualité avant tout
Pierre Meyer est un perfectionniste qui ne laisse rien au hasard. Il accorde une importance capitale à la qualité de ses spectacles, qu'il s'agisse des costumes, des décors, de la musique ou des numéros artistiques.
"Nous organisons nos castings tous les ans à Londres, mais aussi à Kiev. Malheureusement, depuis la guerre, c’est plus compliqué. Beaucoup de nos artistes sont ukrainiens", confie-t-il.
Il a eu la chance de côtoyer Christian Fechner, et Siegfried & Roy dans la salle de restaurant de son cabaret où cet entretien a été réalisé. À l’époque le spectacle était dans cette salle, des fresques avec des tigres blancs, qui ont fait la renommée des deux stars allemandes, sont mêmes dessinées sur les murs. Christian Fechner, Siegfried & Roy étaient venus à Kirrwiller, ravis de leur show, ils les avaient invités avec Dani Lary à Las Vegas durant une semaine.
Le sens du contact humain
Pierre Meyer est un homme chaleureux et accessible qui aime aller à la rencontre de son public. Il met un point d'honneur à accueillir personnellement les spectateurs du Royal Palace, une attention qui est très appréciée.
"Une marque de respect envers ceux qui nous font confiance", dit-il.
L'esprit d'équipe
Pierre Meyer a su s'entourer d'une équipe compétente et passionnée, qui partage sa vision et ses valeurs. Il accorde une grande importance à l'esprit d'équipe et à la collaboration.
"J’ai repris l’affaire familiale en 1980, en commençant par de tout petits spectacles animés par sept artistes. Chaque week-end, nous changions de thèmes (soirée brésilienne, tahitienne, etc.). Nous avons fait cela durant neuf ans où nous achetions à l’époque des spectacles « prêt à l’emploi »", se souvient-il.
L'humilité et la remise en question
Malgré son succès, Pierre Meyer est resté humble et n'a jamais cessé de se remettre en question. Il est toujours à l'écoute des critiques et des suggestions, et il n'hésite pas à se remettre en cause pour améliorer ses spectacles.
"Et puis, mon histoire, cela intéresse qui ?", interroge-t-il encore.
Les projets d'avenir : toujours plus haut, toujours plus loin
Pierre Meyer ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Il a de nombreux projets en tête pour l'avenir du Royal Palace, notamment la création de nouvelles attractions, l'amélioration des infrastructures et le développement de partenariats avec d'autres acteurs du monde du spectacle.
"Nous étudions la conception d’une nouvelle scène avec des effets aquatiques et des effets spéciaux. Le projet reste confidentiel pour l’instant", révèle-t-il.
Près de quatre-vingt-seize chambres seront créées, à deux pas de leur cabaret.
Pierre Meyer : un homme aux multiples facettes
Au-delà de son rôle de directeur du Royal Palace, Pierre Meyer est un homme aux multiples facettes. Il est passionné par l'art, la musique, le voyage et la gastronomie. Il aime partager ses passions avec ses proches et ses amis.
Il y en a pourtant un qui était bien convaincu que le parcours de ce fils d’une restauratrice et d’un instituteur d’un petit village au nord de Strasbourg qui croisera la route de Pascal Obispo, Patrick Sébastien, Line Renaud, la famille princière de Monaco ou Adriana Karembeu, pouvait intéresser du monde.
À l'occasion des 40 ans du Royal Palace de Kirrwiller, il raconte comment son cabaret Alsacien est devenu le troisième plus grand de France. Il a fait du Royal Palace un empire. Il emploie 130 salariés, 40 artistes et propose chaque année un show féérique qui séduit 200 000 visiteurs. C'est Las Vegas en Alsace ! Il raconte son histoire dans un livre autobiographie, "On m'a pris pour un fou", publié aux éditions du Signe.
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