L'intolérance au lactose chez le nourrisson est un sujet qui suscite de nombreuses interrogations chez les parents. Souvent confondue avec l'allergie aux protéines de lait de vache (APLV), elle se manifeste par des symptômes digestifs désagréables pour le bébé. Cet article vise à éclaircir les causes, les symptômes et les traitements de cette intolérance, afin d'aider les parents à mieux comprendre et gérer cette condition chez leur enfant.

Qu'est-ce que l'intolérance au lactose ?

L'intolérance au lactose est une difficulté de l'organisme à digérer le lactose, un sucre naturellement présent dans le lait. Cette difficulté est due à un déficit en lactase, l'enzyme chargée de décomposer le lactose en sucres plus simples, le glucose et le galactose, qui peuvent être absorbés par l'organisme. Contrairement à l'allergie aux protéines de lait de vache (APLV), l'intolérance au lactose n'est pas une réaction immunitaire. Elle est généralement moins grave, mais peut impacter significativement le confort digestif du bébé ou de l'enfant.

L'intolérance au lactose touche surtout le nourrisson avant 6 mois, mais peut également se présenter chez l'enfant et l'adulte jeune. Chez les bébés allaités, les symptômes peuvent survenir si la mère consomme beaucoup de produits laitiers, car des traces de protéines de lait de vache passent dans le lait maternel.

Différents types d'intolérance au lactose

On distingue plusieurs types d'intolérance au lactose :

  • Intolérance congénitale au lactose : Elle est extrêmement rare et liée à un défaut génétique qui implique une absence totale de lactase dans l'organisme du nourrisson. Elle se manifeste dès la naissance.
  • Intolérance primaire au lactose : C'est la forme la plus commune. Elle est liée à la diminution de l'activité de la lactase avec l'initiation de la diversification alimentaire dans la petite enfance. Il s'agit d'une réduction génétiquement programmée de l'activité de la lactase après la période de diversification. Elle est rare avant l'âge de 5 ans, et de petites quantités de lactose restent tolérées.
  • Intolérance secondaire au lactose : Elle implique une pathophysiologie sous-jacente (ex : diarrhée) qui est responsable du déficit en lactase et de la malabsorption ultérieure du lactose. Dans cette situation, l'intolérance au lactose est transitoire et peut être observée chez les bébés, à tout âge, suite à une gastro-entérite aiguë par exemple.

Symptômes de l'intolérance au lactose chez le nourrisson

Les symptômes d'une intolérance au lactose peuvent être discrets et progressifs. Ils surviennent souvent quelques heures après l'ingestion de lait, mais peuvent aussi se manifester plus tard, ce qui complique leur identification. On retrouve ces symptômes d'intolérance à la fois chez les nourrissons, les enfants et l'adulte jeune. Chez les nourrissons et les très jeunes enfants, l'expression orale est souvent difficile. Seuls les pleurs sont témoins « que quelque chose ne va pas bien ». Il ne faut pas hésiter à consulter un médecin si de tels symptômes apparaissaient après la prise des biberons de lait.

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Symptômes digestifs

Les symptômes digestifs les plus fréquents sont :

  • Diarrhées ou selles très liquides, parfois verdâtres ;
  • Vomissements ou régurgitations après les biberons ;
  • Douleurs abdominales avec pleurs après le biberon ;
  • Coliques (qui sont fréquentes chez les nourrissons et se manifestent par des pleurs inconsolables, surtout le soir) ;
  • Ventre ballonné ;
  • Constipation chronique.

Les enfants plus âgés et les jeunes adultes peuvent exprimer parfois des sensations d'irritation au niveau de la bouche, de la gorge et/ou au niveau de l'anus, parfois un œdème de la langue ou même des aphtes répétés.

Symptômes cutanés

On peut observer un urticaire ou des eczémas à répétition, qui apparaissent après la prise de lait. Ces signes peuvent conduire rapidement, pour les parents et le médecin, à envisager l'absorption de lait comme responsable.

Autres symptômes possibles

On peut également observer :

  • Des troubles du sommeil ;
  • De l'agitation ;
  • De l'irritabilité ;
  • Des pleurs ;
  • Un ralentissement de la courbe de poids.

Même si ces signes de l'intolérance peuvent être retrouvés chez tout enfant, leur survenue après la prise de lait doit conduire à envisager sa possible responsabilité.

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Diagnostic de l'intolérance au lactose

Il faut évoquer « l'intolérance aux protéines du lait de vache » devant :

  • Une forme digestive : aiguë (diarrhées - vomissements) ou prolongée ;
  • Une forme allergique d'expression générale (urticaire généralisée) ;
  • Surtout si les signes apparaissent après la prise de lait.

Dans ce syndrome, la suspicion et les hypothèses du médecin sont primordiales. L'amélioration très rapide des symptômes (et même la disparition spectaculaire des signes) doit intervenir après l'exclusion du lait et l'administration d'un produit de substitution ne contenant pas les protéines de lait de vache : c'est la preuve médicale du problème.

Examens complémentaires

Rarement pratiqué chez les jeunes enfants, un test respiratoire à l’hydrogène permet par exemple de mesurer la quantité d’hydrogène dans l’air expiré (pour mettre en évidence la digestion incomplète du lactose). Chez les nourrissons et les bébés, le diagnostic repose principalement sur la description des symptômes par les parents.

Diagnostic différentiel : Intolérance au lactose vs. APLV

Il est crucial de différencier l'intolérance au lactose de l'allergie aux protéines de lait de vache (APLV), car les deux conditions nécessitent une prise en charge différente. L'intolérance au lactose est un trouble digestif dû à un manque de lactase, tandis que l'APLV est une réaction immunitaire aux protéines du lait de vache.

Dans l'APLV, les manifestations peuvent toucher la sphère cutanée, respiratoire et digestive, alors que dans l'intolérance au lactose, seule la sphère digestive est touchée.

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Traitement de l'intolérance au lactose chez le nourrisson

Le traitement de l'intolérance au lactose chez le nourrisson repose principalement sur l'adaptation de l'alimentation.

Lait infantile sans lactose

Pour les bébés intolérants au lactose, il existe des laits infantiles formulés sans lactose. Ils sont disponibles en pharmacie, généralement sur prescription du professionnel de santé qui suit votre enfant (pédiatre ou médecin), mais on peut les acheter sans ordonnance. Attention, ces laits infantiles ne conviennent pas aux enfants allergiques aux protéines de lait de vache ou à risque d'allergie aux protéines de lait de vache.

Il est important de préciser que les boissons végétales (appelés lait mais correspondant plus à des purées ou des jus à partir d’amande, de soja ou de riz) non formulées spécifiquement pour les nourrissons, notamment celles vendues en grandes surfaces ou dans les magasins bios, ne conviennent pas aux besoins des bébés. Et, en consommation exclusive, elles entraînent de lourdes carences pour les tout-petits.

Si l’intolérance au lactose est liée à une baisse d’activité de la lactase - l’enzyme chargée de la digestion du lactose - suite à une gastro-entérite par exemple, un lait pauvre en lactose peut être suffisant le temps que l’inflammation de la muqueuse intestinale disparaisse.

Allaitement maternel

Si vous allaitez votre bébé, vous pouvez tout à fait continuer à le nourrir au sein. Le médecin peut conseiller d’ajouter des gouttes de lactase dans le lait maternel.

Diversification alimentaire

Si l'enfant mange déjà « solide », les pédiatres ou les nutritionnistes peuvent préconiser d'autres apports en calcium par le biais de produits laitiers plus faciles à digérer.

Réintroduction du lait de vache

La ré-introduction du lait de vache dans l'alimentation ne doit pas être réalisée à « la légère » et doit souvent être encadrée en service de pédiatrie. En effet, il peut y avoir des formes graves d'intolérance et d'allergie au lait de vache susceptibles de conduire à des urgences, parfois vitales, nécessitant des actes en service de réanimation pédiatrique. Cependant, cette étape va permettre un diagnostic à peu près formel s'il y a rechute.

Les tests de ré-introduction du lait doivent être réalisés :

  • Au plus tôt après 2 à 3 mois de régime d'exclusion ;
  • En principe avant l'âge de 1 an ;
  • Si rechute : plus de 6 mois après ;
  • Puis de 6 mois en 6 mois ;
  • En service spécialisé, paramètre fondamental, pour éviter tout accident qui pourrait être grave.

Conseils supplémentaires

  • Fractionner les repas : Pour certains bébés, de plus petites quantités de lait administrées plus fréquemment peuvent aider à améliorer la digestion.
  • Utiliser des tétines à débit lent : Utiliser des tétines à débit lent peut aider à ralentir la prise de lait, ce qui permet à votre bébé de mieux digérer et d'éviter d'avaler trop d'air.
  • Massages et positionnement : Après les repas, tenir votre bébé en position verticale pendant environ 20 à 30 minutes peut aider à faciliter la digestion et à réduire les régurgitations.
  • Surveiller son hydratation : Il est important de s'assurer que votre bébé reste bien hydraté, surtout s'il présente des symptômes comme des vomissements ou de la diarrhée.

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