L'obésité infantile est un problème de santé publique croissant dans les pays industrialisés, représentant un risque pour la santé future des enfants. L'enjeu est d'autant plus important que le nombre d'enfants et d'adolescents obèses a plus que décuplé en seulement 40 ans, passant de 11 millions à 124 millions en 2016, auxquels s'ajoutent environ 216 millions d'enfants et d'adolescents en surpoids. Il est donc essentiel de comprendre les causes, les conséquences et les mesures de prévention de l'obésité infantile.

Prévalence et dépistage

Selon les chiffres de l'Assurance Maladie, 17 % des enfants de 6 à 17 ans étaient en surpoids en 2015, dont 3,9 % en situation d'obésité. Une étude de Santé publique France indique que la proportion d'enfants obèses a quasiment doublé durant la crise sanitaire, possiblement en raison des mesures prises contre le Covid-19. Chaque année, la Journée du dépistage de l’obésité infantile est organisée en janvier.

Le repérage précoce du surpoids et de l’obésité est essentiel. La mesure de l’IMC et l’analyse de la courbe de croissance à l’aide des courbes de référence du carnet de santé sont indispensables pour un diagnostic précoce. Les consultations médicales sont des occasions de dépister et de faire le point sur les habitudes de vie.

Définition de l'obésité infantile

L’obésité infantile se définit comme un excès de masse grasse qui présente un risque pour la santé. Chez l’enfant, l’IMC se calcule de la même manière que chez l’adulte, mais s’interprète différemment. Il faut calculer l’IMC et le reporter sur une courbe de corpulence pour déterminer le type de corpulence de l’enfant et prévenir le surpoids et l’obésité.

Causes de l'obésité infantile

La prise de poids chez les enfants provient de causes multiples qui se croisent le plus souvent.

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  • Sédentarité et manque d'activité physique : Le manque d’activité physique est un facteur de surpoids. Rester devant des écrans au lieu de sortir pour jouer ou pratiquer une activité physique favorise la prise de poids. L'OMS recommande 10 000 pas chaque jour, mais si votre enfant en fait déjà 5 000, c’est un bon début.
  • Facteurs psychologiques et émotionnels : Pour calmer ses angoisses ou chercher un remède à l’ennui, de nombreux enfants se tournent vers la nourriture, souvent riche. Certains troubles de l’humeur, une dépression, peuvent faire émerger un surpoids ou une obésité.
  • Facteurs sociologiques et alimentation : Les enfants qui grandissent dans une famille où la nourriture n’est pas suffisamment variée, riche en fruits et en légumes, ont tendance à grossir. Le manque de moyens, notamment en période d’inflation, explique le plus souvent cet écart. Il faut limiter les produits alimentaires transformés, riches en sucre, en gras et pauvres en nutriments.
  • Facteurs génétiques et antécédents familiaux : Un enfant peut être prédisposé au surpoids si sa mère était en surpoids ou souffrait de diabète gestationnel durant la grossesse. Certaines attitudes familiales, très permissives ou très rigides, peuvent favoriser l’obésité de l’enfant.
  • Problèmes de santé et médicaments : La prise de poids peut aussi être liée à des problèmes de santé, comme un dysfonctionnement hormonal, ou par un traitement médicamenteux.
  • Manque de sommeil : Un manque chronique de sommeil peut dérégler la production des hormones responsables de l’appétit et de la sensation de satiété.

Conséquences de l'obésité infantile

L’obésité infantile peut avoir des répercussions importantes sur la santé physique et mentale des enfants.

  • Conséquences physiques : L’obésité peut entraîner des difficultés respiratoires, des troubles musculosquelettiques, un risque accru de fractures, une hypertension artérielle, et épaississement des membranes du cœur. La pression diastolique et la pression systolique sont plus importantes chez les adolescents au plus fort indice de masse corporelle, ce qui traduit les efforts supplémentaires que doit accomplir la pompe cardiaque en cas d’obésité.
  • Conséquences psychologiques et sociales : Le surpoids chez les enfants et les adolescents est souvent le terreau de moqueries de la part de leurs camarades et de la société. Le regard désapprobateur des enseignants et même de certains professionnels de santé peut générer une forte mésestime de soi. L’obésité ne peut en aucun cas justifier qu’un enfant soit pris à partie ou harcelé à l’école et souffre de « grossophobie ». Les enfants et adolescents en situation de surpoids ou d’obésité sont généralement moins épanouis, ont une moins bonne image de leur corps, sont plus souvent harcelés et peuvent avoir de moins bons résultats scolaires. Le surpoids et l’obésité peuvent aussi favoriser l’émergence de symptômes dépressifs chez l’enfant ou l’adolescent.
  • Conséquences à long terme : Les enfants en surpoids sont plus susceptibles de devenir obèses et de développer des maladies non transmissibles à l’âge adulte. Si la probabilité qu’un enfant obèse le reste à l’âge adulte varie de 20 à 50 % avant la puberté, elle atteint 50 à 70 % après la puberté.

Prévention de l'obésité infantile

La prévention de l'obésité infantile passe par l'adoption de bonnes habitudes de vie dès le plus jeune âge.

  • Alimentation équilibrée : Favoriser une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes, protéines et céréales complètes. Limiter les produits alimentaires transformés, riches en sucre et en gras. Opter pour des aliments de saison et des produits locaux. Éviter le grignotage et se limiter à 3 repas et à 1 à 2 collations par jour. Lutter contre l’obésité des enfants c’est aussi retrouver le goût de cuisiner des produits frais et de se mettre à table en famille en éteignant tous les écrans.
  • Activité physique régulière : Encourager l’activité physique, telle que jouer dans le parc, faire du vélo ou pratiquer un sport en équipe. Marcher 30 minutes chaque jour, chez un enfant en net surpoids, motivé et aidé dont les apports énergétiques sont contrôlés, est une prescription excellente pour sa santé. La pratique régulière de la natation ou du cyclisme évite non seulement les effets de la sédentarité, mais apporte également de nombreux bienfaits physiques et psychologiques aux enfants.
  • Établir des limites : Le grignotage et le temps passé devant les écrans sont des facteurs de surpoids. Il est nécessaire d'établir un cadre pour les heures des repas et du goûter, et limiter le temps passé devant les écrans.
  • Éducation à l'alimentation : Éduquer les enfants aux bénéfices de choisir certains aliments pour leur bien-être. Faire du repas un moment d’échanges sur les différents types d’aliments.
  • Être un bon modèle : Les parents ont un rôle important à jouer en tant que modèles de santé.
  • Allaitement maternel : L’UNICEF et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommandent un allaitement maternel exclusif durant les 6 premiers mois de vie du nourrisson, puis une poursuite de l’allaitement au moins jusqu’à l’âge de 2 ans. L’enfant de 6 à 23 mois doit consommer des aliments complémentaires variés et nutritifs.

Prise en charge de l'obésité infantile

Si de nouvelles habitudes ne parviennent pas à faire baisser le poids de l’enfant, une consultation chez un médecin généraliste est indispensable. Une prise en charge pluridisciplinaire est nécessaire car l’obésité infantile est souvent multifactorielle. Le rôle du médecin traitant ou du pédiatre est essentiel. Grâce à un suivi régulier de l’indice de masse corporelle (IMC) et à l’analyse de l’évolution de la courbe de corpulence, il peut repérer précocement les enfants et adolescents à risque de développer un surpoids ou une obésité. Les traitements médicamenteux sont à éviter.

L’accompagnement psychologique vise surtout à soutenir la motivation de l’enfant dans l’adoption de nouvelles règles hygiéno-diététiques, à valoriser son estime de soi et l’image de son corps. Dramatiser les discours ne fera pas accéder plus rapidement l’enfant obèse à une motivation à perdre du poids.

La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié un guide pour optimiser le parcours de soins de l’enfant et de l’adolescent en situation de surpoids ou d’obésité et accompagner les professionnels de santé dans sa mise en œuvre. La coordination des soins et de l’accompagnement constitue un facteur clé de réussite. Le soutien par les associations d’usagers est à encourager.

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Rôle des pouvoirs publics et de la société

« Pour améliorer la qualité nutritionnelle des aliments, les pouvoirs publics ont choisi une méthode incitative reposant sur le volontariat des industries agroalimentaires. Or, les résultats obtenus par cette autorégulation montrent aujourd’hui leurs limites. Il doit impliquer les politiques, les autorités de santé publique, le corps médical, les géants de l’agroalimentaire et de la grande distribution mais aussi chaque famille et chaque citoyen. En luttant contre l’obésité des enfants nous lutterons également pour un environnement plus sain et plus écologique valorisant les circuits courts respectueux des saisons. Ces aliments frais issus des circuits courts doivent pouvoir être accessibles à tous, y compris aux plus précaires qui sont soumis aux pièges de la mal-bouffe présentée comme peu onéreuse.

L’UNICEF agit contre l’obésité et le surpoids des enfants en misant sur la sensibilisation des populations. Ses programmes nutritionnels ont pour objectif la prévention de la malnutrition maternelle et infantile. L’UNICEF prévient la malnutrition des enfants tout au long de leur vie, de la petite enfance à l’adolescence. L’UNICEF encourage des politiques, des stratégies et des programmes visant à prévenir l’obésité et le surpoids au cours de la grossesse jusqu’à l’adolescence.

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