La para-haltérophilie, discipline paralympique également connue sous le nom de développé couché, est un sport de force individuel adapté de l’haltérophilie valide. Les athlètes, allongés sur un banc spécifique, cherchent à soulever la charge maximale. Cette discipline exige non seulement de la force, mais aussi une technique rigoureuse et le respect d'un ensemble de règles précises. Cet article explore en détail les règles, l'équipement, le déroulement des compétitions et les aspects liés à la pratique de ce sport.
Introduction à la Para-Haltérophilie
La para-haltérophilie est une discipline paralympique depuis 1984 pour les hommes et depuis 2000 pour les femmes. Elle s'apparente au mouvement pratiqué par les valides. En compétition, seuls les sportifs ayant une atteinte des membres inférieurs sont éligibles. Ils sont répartis par catégories de poids : dix pour chaque sexe.
L'objectif principal est de soulever la charge la plus lourde possible en développé couché. La discipline est ouverte à tous les types de handicaps en loisir et en compétitions nationales, avec des divisions par catégorie de poids et de sexe.
Les Règles du Développé Couché Paralympique
Le geste du para développé couché est très codifié, et la validité d’un essai ne dépend pas seulement de la capacité de l’athlète à abaisser et repousser la barre.
Préparation et Exécution
Une fois installé et sanglé sur le banc, l’athlète peut décrocher la barre. L’arbitre donne le signal « START », à ce moment, l’athlète abaisse la barre au niveau de la poitrine. Il doit marquer un temps d’arrêt sur la poitrine pour éviter que la barre ne rebondisse. Lors de la remontée, celle-ci doit se faire de manière uniforme, sans décalage entre les bras (pas de remontée en « escalier »), et elle ne doit jamais redescendre. À la fin du mouvement, coudes verrouillés, l’athlète doit contrôler la barre jusqu’au signal de l’arbitre, qui dit « RACK ».
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Les Essais
Chaque athlète dispose de trois essais pour soulever une barre, dont la charge est choisie par l’athlète lui-même. Dans certains cas, un quatrième essai peut être accordé à certains athlètes s’ils souhaitent tenter de battre un record paralympique ou un record du monde élite.
- Premier essai : Lors de la pesée, l’athlète ou l’officiel de l’équipe doit annoncer le poids de la première barre. Il est courant que les athlètes annoncent un poids supérieur à celui qu’ils comptent réellement soulever.
- Deuxième essai : Une fois que l’athlète a effectué son premier essai, l’officiel de l’équipe dispose d’une minute pour annoncer le poids de la deuxième barre. Ce poids peut être identique si l’essai précédent a échoué, ou supérieur si l’essai a été réussi.
- Troisième essai : Pour le troisième essai, le poids est annoncé par l’entraîneur immédiatement après la fin du deuxième essai. Ce poids peut être le même en cas d’échec au deuxième essai, ou plus élevé en cas de réussite.
Une des stratégies couramment employées est de déstabiliser l’adversaire.
Décision et Départage
L’athlète qui soulève la barre la plus lourde est déclaré vainqueur. En cas d’égalité, l’athlète au poids de corps le plus léger l’emporte.
L'Équipement Spécifique
La pratique de cette discipline nécessite de disposer d’un banc spécial permettant de garantir un bon équilibre allongé de l’athlète. Pour la pratique, il est nécessaire d’avoir un banc de développé couché spécifique, plus long et plus large que celui utilisé pour les athlètes sans handicap. Ce banc permet au pratiquant d’être complètement allongé, de sangler ses jambes, et ainsi d’être plus stable.
Le banc mesure 2,10 m de long, 61 cm de large, et 30,5 cm de large au niveau de la tête. Le coût d’un équipement complet (banc, barre, disques) est d’environ 3000 €.
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Déroulement d'une Compétition
Les compétitions de para powerlifting se déroulent sur plusieurs jours, avec deux catégories de poids par sexe chaque jour, culminant avec les finales. Les athlètes les plus légers commencent la compétition, et le poids augmente progressivement jusqu'aux athlètes les plus lourds.
Chaque athlète vient s’allonger sur un banc pour pouvoir être en position pour soulever. Il peut être sanglé ou non selon le handicap. Une fois installé, il décroche la barre et doit la stabiliser, à bout de bras donc. Au signal “Start” de l’arbitre, le participant doit descendre la barre jusqu’à sa poitrine, faire une pause, puis la remonter jusqu’à ce que ses bras soient tendus. Enfin, il doit verrouiller les coudes pour valider le tout. Quand tout cela est fait, l’arbitre dit le mot “Rack” et la barre peut être reposée sur les supports. Ceci est un “essai”. Un jury de trois arbitres valide des tentatives très codées. La majorité l’emporte. Chaque concurrent a 3 essais. Celui qui soulève la plus lourde charge est le gagnant ! En cas d’égalité, c’est le plus léger des athlètes qui l’emporte.
La Para-Haltérophilie en France
En France, la discipline relève encore du bricolage et repose beaucoup sur la motivation des athlètes, déplore Alexis Quérou, directeur sportif de para-haltérophilie auprès de la Fédération française handisport. Au vu du faible nombre de licenciés par région, seules les régions Ile-de-France et Hauts de France organisent des compétitions à l’échelle de leurs territoires respectifs.
Malgré ces défis, la France a qualifié quatre athlètes pour l’édition parisienne des Jeux paralympiques : Alex Adélaïde (-49 kg), Axel Bourlon (-54 kg), Souhad Ghazouani (-67 kg), et Rafik Arabat (-88 kg). La plus grande chance de médaille repose sur Souhad Ghazouani, née avec une malformation de la colonne vertébrale, qui a déjà remporté cinq breloques lors de précédentes éditions.
Pour la fédération de Handisport français et Alexis Querou, le manager de la performance, le but est de faire aussi bien qu’à Tokyo, soit 2 médailles. Mais il y a aussi l’objectif d’augmenter le nombre de qualifiés français. Au Japon, seulement 2 athlètes tricolores étaient parvenus à obtenir leur ticket. Pour Paris, on espère 4 participants. La course à la qualification est toujours en cours pour Paris, et va s’achever au mois de juin. Pour espérer voir la capitale, il faut avant tout obtenir sa place dans le top 8 du classement mondial de sa catégorie. Pour cela, il faut performer sur au moins 2 des 6 étapes de la Coupe du monde en 2024.
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Athlètes Français à Suivre
- Souhad Ghazouani : La plus expérimentée des athlètes français, ayant débuté aux Jeux d’Athènes en 2004 et remportant une médaille à chaque édition depuis, dont l’or à Londres en 2012.
- Alex Adélaïde : En -49 kg, classé 6ème mondial, il doit assurer sa place lors des dernières compétitions.
- Axel Bourlon : Vice-champion d’Europe et médaillé d’argent à Tokyo, il est actuellement 8ème de sa catégorie (-54kg).
- Rafik Arabat : En -97kg, il est 11ème mondial, avec une 3ème place obtenue lors de la dernière épreuve en mars en Égypte.
L'Héritage et l'Évolution de la Para-Haltérophilie
L’haltérophilie est pratiquée depuis plusieurs millénaires avec toujours le même objectif : soulever des masses plus lourdes que celles de son adversaire. Nous en trouvons trace dès l’Antiquité en Égypte et en Grèce, mais aussi du côté des Romains. Un peu oubliée par l’histoire, cette discipline refait surface au XIXe siècle, particulièrement en Allemagne, Autriche et France, pour rapidement s’installer dans le monde. L’haltérophilie est présente aux premiers Jeux Olympiques modernes, à Athènes en 1896.
Son pendant paralympique ne voit le jour lui qu’en 1964 aux Jeux de Tokyo. D’abord, sur cette première édition, la para haltérophilie (para weightlifting en anglais) ne concernait que des hommes souffrant de lésions de la moelle épinière. 10 pays étaient inscrits, pour 18 participants. Ensuite, pendant 20 ans, cette discipline est la seule concernée. Durant toutes ces années, d’autres handicaps font leur arrivée dans ce sport. Et des règles identiques à celles des valides apparaissent. Les organisateurs décident donc d’intégrer le powerlifting comme sport paralympique aux Jeux Paralympiques à New York en 1984. Pendant 3 éditions, le powerlifting et le weightlifting se partagent la vedette. Mais après l’édition de 1992 à Barcelone, le powerlifting devient la seule épreuve paralympique. Depuis ce changement, le nombre de participants augmente à chaque Jeux ! Tous les continents s’y intéressent et le sport devient de plus en plus populaire. La particularité du para powerlifting est qu’il n’y a pas différente catégorie de handicap. Tout le monde est mélangé, seul le poids et le sexe comptent.
Autres Disciplines de Force
Il est intéressant de noter que d'autres disciplines de force existent, telles que le Bras de Fer Sportif, qui est un sport de combat renforçant le corps dans son ensemble et développant l'explosivité, la force et la résistance. La musculation, quant à elle, permet d'améliorer sa silhouette et de prévenir le mal de dos. Le Body Move et les Bikinis/Men Physiques représentent respectivement les aspects gymniques et esthétiques de la culture physique.
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