L'allaitement maternel est reconnu comme la méthode d'alimentation optimale pour les nourrissons, offrant une multitude de bénéfices tant pour le bébé que pour la mère. Cependant, sa composition et son impact sur l'apport en fer nécessitent une attention particulière. Cet article explore en profondeur la composition du lait maternel, son rôle dans l'apport en fer, les recommandations alimentaires pour les mères allaitantes et les considérations spécifiques concernant le fer chez le nourrisson.
Rôle de l'alimentation maternelle pendant l'allaitement
L'alimentation de la mère joue un rôle crucial pendant l'allaitement, non seulement pour sa propre santé, mais aussi pour la qualité du lait qu'elle produit. Il est essentiel d'adapter son régime alimentaire pour limiter l'apport de substances potentiellement néfastes pour le nourrisson et privilégier les nutriments essentiels.
Substances à limiter
Certaines substances peuvent passer dans le lait maternel et affecter le développement du nourrisson si elles sont consommées en excès par la mère :
- Caféine, théophylline et théobromine : Ces stimulants peuvent perturber le sommeil et le développement du nourrisson, surtout s'il est prématuré. Il est recommandé de limiter la consommation de café, de thé et de chocolat.
- Acides gras trans : Ils peuvent réduire la lipidémie du lait maternel, alors que les lipides sont indispensables au développement du nourrisson. De plus, ils pourraient augmenter les risques d'eczéma chez l'enfant. Il est donc conseillé d'éviter les produits ultra-transformés et les margarines hydrogénées.
- Phytoœstrogènes : Présents dans les aliments d'origine végétale, ils peuvent diminuer l'absorption de l'iode, affectant les teneurs en iode dans le lait maternel. En excès, ils favorisent les troubles du développement thyroïdien chez le nourrisson. Il est recommandé de limiter la consommation de produits à base de soja et d'augmenter les apports en iode si la consommation de soja est régulière.
- Phytostérols : Ils interfèrent avec l'absorption d'autres nutriments, dont le bêta-carotène, important pour la croissance des bébés. Il est préférable de privilégier le beurre pour les tartinades et la cuisson à l'huile végétale.
- Mercure : Le mercure, transformé en méthyle de mercure, peut perturber le développement du cerveau et du système nerveux de l'enfant. Il est essentiel de limiter la consommation de poissons vecteurs de mercure, en particulier les poissons prédateurs sauvages et les poissons d'eau douce bioaccumulateurs.
- Alcool : L'alcool passe dans le lait maternel et l'organisme immature du nouveau-né est incapable de le métaboliser, ce qui trouble son développement. La consommation d'alcool diminue également la lactation. Il est recommandé de ne pas consommer d'alcool et d'éviter les préparations culinaires contenant de l'alcool.
Nutriments à privilégier
Pour préserver la santé de la maman et assurer un lait maternel de qualité, il est important de constituer des réserves nutritionnelles solides en misant sur les nutriments suivants :
- Eau : Les besoins hydriques augmentent chez la femme allaitante. Le lait maternel est constitué à 90 % d'eau, ce qui représente en moyenne 450 mL à 810 mL d'eau par jour utilisée pour la confection du lait.
- Calcium : Augmenter les besoins en calcium préserve l’intégrité du squelette de la mère.
- Vitamine D : La vitamine D améliore le coefficient d’utilisation digestive (CUD) et la fixation osseuse du calcium.
- Vitamine A : La vitamine A entre dans la composition du lait et est indispensable à la croissance du nourrisson.
- Vitamine B9 : Cette vitamine contribue au développement du système nerveux chez les nouveaux nés et participe aux métabolismes cellulaires de la femme allaitante.
- Oméga-3 : Un lait maternel riche en oméga-3 montre une meilleure maturation neurologique chez le nouveau-né.
Aliments à privilégier
Certains aliments sont particulièrement bénéfiques pour les femmes allaitantes :
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- Eau : Boire minimum 2 L d’eau tout au long de la journée. Opter pour les tisanes pour aider à couvrir les besoins hydriques. L’anis, le fenouil et le fenugrec, le cumin et le carvi sont des plantes galactogènes : elles stimulent la production de lait maternel.
- Sardine et maquereau : Ces petits poissons gras apportent des oméga-3, de la vitamine D et de l'iode, contribuant à améliorer la qualité des lipides du lait maternel et au fonctionnement de la thyroïde.
- Produits laitiers : Ils apportent de l'eau, du calcium, de la vitamine D, de la vitamine A et des probiotiques, contribuant à la couverture des besoins hydriques, à la santé osseuse et à la prévention des maladies atopiques.
- Fruits et légumes : Ils regorgent de nombreux nutriments nécessaires au bon déroulement de l’allaitement, notamment de l'eau et des fibres.
Le fer et le lait maternel
Le fer est un oligo-élément indispensable à l'organisme, notamment pour le développement des fonctions cérébrales. Bien que tous les nourrissons naissent avec une réserve de fer acquise durant la grossesse, le lait maternel contient très peu de fer.
Importance du fer pour le bébé
Durant leurs premières années de vie, les besoins en fer des enfants sont particulièrement importants pour la santé des bébés, car c’est une période de forte croissance et de développement. Ainsi, les besoins en fer des enfants de 1 à 3 ans sont de 5 mg/jour de fer ingéré.
Complémentation en fer
Après 4 mois, si le bébé est toujours allaité, il doit être supplémenté en fer parce que le lait de mère n’en contient pas, à la différence d’un lait infantile 2e âge (qui convient à cette étape de la diversification). En cas d’allaitement prolongé, une supplémentation en fer est conseillée jusqu’à ce que l’enfant puisse ingérer 100 à 150 g de produits carnés par jour (soit entre 3 et 6 ans).
Le lait de croissance
Les laits infantiles type lait de croissance (appelés aussi parfois laits 3ème âge) sont des produits destinés à l’alimentation des enfants en bas-âge, le plus souvent de 12 à 36 mois. Les laits de croissance sont selon les formules, 20 à 30 fois plus riches en fer que les laits de vache.
Lactoferrine
La lactoferrine est une protéine produite par le corps humain, au niveau de certaines cellules immunitaires, les neutrophiles, et par les glandes exocrines. La concentration la plus élevée de lactoferrine au sein des sécrétions du corps humain est relevée dans le lait maternel. La lactoferrine du lait maternel se lie à un récepteur puis est absorbée par les cellules qui tapissent l’organe, les entérocytes. Le fer en est extrait, et devient disponible pour l’organisme. La lactoferrine apparaît en mesure d’améliorer la quantité de fer assimilée au cours du repas. Le pouvoir anti-inflammatoire de la lactoferrine, plus que son contenu en fer, peut donc représenter un moyen de lutter contre l’anémie.
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Aliments riches en fer
Le corps humain n’est pas capable de fabriquer le fer.
- Le fer héminique se trouve dans les aliments d’origine animale : la viande rouge (bœuf, agneau, cheval), les abats (foie, rognons, cœur, ris de veau, langue), la volaille (dinde, poulet), les poissons (thon, sardine, maquereau) et les fruits de mer (huîtres, palourdes, moules, crevettes).
- Le fer non-héminique se retrouve plutôt dans les végétaux comme les légumes secs (haricot rouge ou blanc, lentilles…), les légumes à feuilles vertes (blette, épinard cuit…), le tofu, les fruits oléagineux (noix de cajou, pistache, et les graines (sésame, lin).
Conseils pratiques
- Éviter le thé et café avant, pendant et après le repas : il limite l’absorption du fer d’origine végétale.
- Attendre 1 à 2h après le repas avant de consommer des produits laitiers ou si vous prenez des suppléments en calcium.
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