La paternité, un rôle en constante évolution, est souvent perçue à travers le prisme de la socialisation et des attentes traditionnelles. Mais qu'est-ce qu'un "vrai père" pour poussette aujourd'hui ? Cet article explore cette question en déconstruisant les idées reçues et en mettant en lumière les compétences et l'engagement nécessaires pour un rôle parental épanouissant.
La Socialisation : Un Facteur à Nuancer
Lors d'une conférence récente sur la paternité, une étudiante a souligné que les femmes sont souvent mieux préparées que les hommes à devenir mères en raison de leur socialisation. Il est indéniable que les filles et les femmes sont davantage incitées à se projeter dans la parentalité dès leur plus jeune âge. Les "jouets pour filles" s'inscrivent souvent dans l'univers domestique, et dans les familles nombreuses, les aînées sont plus souvent mises à contribution dans la vie domestique que leurs frères. De plus, la plupart des femmes ont eu des expériences avec les enfants avant de devenir mères, que ce soit par le biais de baby-sitting ou d'activités professionnelles, ce qui est moins fréquent chez les hommes.
Cependant, il est important de nuancer l'impact de la socialisation. La sociologie ne devrait pas se contenter de rabattre sur la socialisation sexuée primaire, comme si elle était monolithique et fonctionnait à chaque fois. De nombreux travaux sur les individus en situation "d'inversion du genre" montrent que ces individus ont souvent été exposés à des influences contradictoires ou à contre-courant des normes dominantes, ce qui explique leur positionnement atypique.
Par exemple, les footballeuses et boxeuses étudiées par Christine Mennesson ont souvent connu une socialisation sportive compétitive précoce, orchestrée par leurs pères ou frères. De même, les hommes étudiants en sage-femme ou assistant social étudiés par Alice Olivier présentaient une "disposition au caring", acquise au sein de leur famille par la valorisation de l'aide aux autres.
Au-delà des Modèles : La Diversité des Parcours
Aucune socialisation n'est un bloc homogène, et il n'existe pas un seul modèle de "parfait petit garçon" ou de "parfaite petite fille". De plus, la socialisation n'est pas un processus mécanique. Les enfants n'incorporent pas mécaniquement les injonctions qui leur sont adressées. Un petit garçon qui montre de l'intérêt pour des activités perçues comme "typiquement féminines" peut subir des moqueries.
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Il est donc crucial d'être prudent quant à l'idée que les mères seraient davantage socialisées à la parentalité que les pères. Bien qu'elles soient plus incitées à se préoccuper des enfants, ces savoirs préalables sont souvent décrits par les parents comme pesant peu lors de l'arrivée du premier enfant. Les compétences élémentaires sont généralement apprises conjointement à la maternité.
La Familiarité : La Clé de l'Engagement Paternel
Ce qui fait vraiment la différence dans la capacité des pères et des mères à s'occuper d'un nourrisson, c'est la familiarité. Grâce au congé maternité, les femmes sont plus familières et à l'aise dans les tâches parentales. Apprendre à pouponner est en grande partie une socialisation secondaire, qui pourrait également être acquise par les pères s'ils étaient dans une situation analogue à celle des mères pendant le congé maternité.
Cependant, il est important de noter que le groupe des hommes n'est pas uniforme. Certains pères sont désireux d'être davantage impliqués dans la vie de leurs enfants dès la petite enfance, tandis que d'autres ne le souhaitent pas.
Les Inégalités Persistantes : Un Défi Sociétal
Les inégalités au sein des couples hétérosexuels concernant la répartition du travail parental sont bien connues. Un ensemble de mécanismes sociaux assignent la charge des enfants aux mères, à commencer par une éducation différenciée en fonction du sexe, qui encourage le développement de qualités "maternantes" chez les filles. Les jouets "pour filles" confortent cette assignation.
À l'âge adulte, des représentations culturelles associent intérêt pour les enfants et capacité à s'en occuper aux femmes, que ce soit dans les fictions, les stéréotypes culturels ou les anticipations des employeurs. Les professionnels de l'enfance s'adressent souvent en priorité aux mères.
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Cependant, les pères sont souvent amenés à revoir leurs projets d'implication dans le travail parental à la baisse après la naissance de l'enfant. Si l'activité professionnelle joue un rôle, elle ne suffit pas à elle seule à expliquer les différences entre pères et mères.
Compétences et Connaissances : Un Apprentissage Continu
S'occuper d'un enfant demande des compétences techniques (donner le bain, préparer un biberon, changer une couche) et des connaissances génériques (astuces pour obtenir la coopération de l'enfant, méthodes pédagogiques). Ces connaissances sont généralement acquises par les mères pendant le congé maternité. Les pères n'ont pas de période équivalente où ils seraient seuls responsables de l'enfant.
Conseils Pratiques pour un Engagement Paternel Réussi
Pour qu'un père s'implique pleinement dans la vie de son enfant, il est essentiel de :
- Anticiper l'arrivée du bébé : Préparer la chambre, acheter les accessoires nécessaires (biberons, vêtements, couches, poussette, siège auto).
- Être attentionné envers sa compagne : Faire les courses, aider aux tâches ménagères, mettre à profit son congé paternité.
- Se reposer : Organiser des tours de rôle pour s'occuper du bébé pendant la nuit.
- S'informer : Se renseigner sur l'alimentation du bébé (allaitement ou biberon), les maladies infantiles, etc.
- Ne pas hésiter à demander de l'aide : Consulter un pédiatre en cas de doute ou de question.
- Partager les responsabilités : Ne pas laisser tout reposer sur la maman.
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