Il est difficile d'imaginer vivre avec un partenaire dans les bras duquel on ne s'abandonne plus. Le désir sexuel est souvent alimenté par le manque. En d'autres termes, en état de plénitude conjugale, il peut sembler difficile de ressentir un désir sexuel intense. Selon le sexologue Gérard Leleu, "devenir des condamnés de draps communs" est un redoutable prédateur du désir.
L'impact de l'arrivée des enfants
On fait des enfants parce qu'on s'aime, et l'on finit parfois par ne plus s'aimer (au figuré, pour commencer) parce qu'on a des enfants. L'arrivée d'un enfant est un événement perturbateur pour un couple, car il capte l'attention amoureuse de la mère. Celle-ci développe des liens si puissants avec son bébé que cela peut la détourner de son compagnon, émoussant ainsi le désir d'une sexualité avec son partenaire. Si le père ne réagit pas, ne défend pas le lien privilégié qu'il a avec sa compagne, et ne réamorce pas une démarche de séduction, le couple peut plonger dans l'abstinence.
La routine et le manque de temps
La routine quotidienne et le manque de temps peuvent également contribuer à une baisse de la fréquence des rapports sexuels. Après quatre ans de vie de couple, Marie, 28 ans, le reconnaît d'emblée : « Netflix, c'est traître ! On se dit qu'on ne regarde qu'un épisode et finalement on ne s'arrête plus. » Pour elle, c'est évident, les écrans sont un « piège ». « Les soirées télé sont confortables, faciles, elles occupent l'esprit et on finit par s'endormir plutôt que de faire l'amour. »
La fatigue et le stress
Sébastien, 25 ans, se décrit comme un « fou de sexe ». Mais le travail a fini par s'immiscer entre ses désirs et leur réalisation : depuis l'année dernière, il travaille en parallèle de ses études. « En plus des cours, je trime comme un dingue, je n'ai plus d'énergie. Résultat, je suis vidé. J'adorais le sexe, c'était presque un sport pour moi et maintenant je dois annuler mes rendez-vous à la dernière minute parce que je suis trop fatigué pour faire l'amour », lâche-t-il, contrarié. Il lui est même arrivé de s'endormir en plein milieu des préliminaires.
L'importance du corps et de l'intimité
Faire l'amour, c'est se raccorder à son corps, afin de pouvoir, dans un deuxième temps, s'ouvrir à la rencontre du corps de l'autre. L'un des secrets des couples qui restent amants est qu'ils se planifient du temps pour faire l'amour. La sexualité n'apparaît pas comme la cerise sur le gâteau, pour se récompenser de tout ce qu'ils auraient accompli comme corvées chacun de leur côté. Le meilleur moyen d'avoir envie de faire l'amour, c'est de penser au plaisir qu'on y prendra. On peut adorer faire l'amour avec un partenaire même si on n'atteint pas l'orgasme. Ce qui compte alors, c'est le bonheur de se retrouver dans ses bras, contre sa peau, le nez dans ses odeurs corporelles.
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La frustration sexuelle
La frustration sexuelle peut toucher les personnes seules comme en couple. Réaction à des causes diverses et pas toujours liées à sa situation relationnelle ou sexuelle, elle se manifeste de plusieurs manières, physiques comme psychologiques et émotionnelles. Identifier sa frustration est essentiel, en cherchant à remonter aux origines et aux manifestations de son insatisfaction sexuelle. Se faire plaisir autrement, prendre du temps pour soi et prendre soin de soi peut changer la donne.
Compatibilité sexuelle et émotionnelle
Les relations parlent de compatibilité, mais pas corporelle. Tous les corps sont prêts et capables de s'emboîter. En revanche, émotionnellement, les choses sont plus complexes. Certains couples se marient et vivent ensemble tout en étant parfaitement incompatibles, avec par exemple la pudeur de l'un qui a alimenté l'inhibition de l'autre.
La vision des jeunes générations
Malgré une apparente libération, des études montrent que les jeunes adultes ont moins de rapports sexuels que les générations précédentes. Rosie, 25 ans, célibataire depuis trois ans, a mis du temps à dédramatiser sa situation : « En trois ans, je n'ai eu que quatre rapports. Aujourd'hui je le vis très bien, mais les deux premières années, je me demandais si j'avais un problème. » Mathéo, 17 ans, regrette que « le sexe sans relation sentimentale, ça ne mène à rien, ça ne comble pas les moments de solitude ». Capucine, 23 ans, revendique que « le sexe n'est pas obligatoire, mais alors vraiment pas ! C'est seulement un conditionnement de la société ».
La sexualité au sein du couple
Même au sein des couples, le sexe n'est pas systématique. Claire, 23 ans, étudiante en finance, raconte : « Je suis avec mon copain depuis quatre ans et demi et on couche ensemble assez rarement. La dernière fois, je crois que c'était il y a deux mois. Pourtant ce n'est pas un mauvais amant ! » Elle ajoute : « Souvent, je préfère mon confort à un rapport, mon sommeil à ses avances. En fait, je crois que j'ai un peu la flemme, que je ne suis pas toujours à l'aise avec mon corps et que ma vie sexuelle n'est pas assez trépidante pour faire plus l'amour. »
Le silence sexuel
Il y a des moments dans la vie, tant pour les hommes que pour les femmes, dans lesquels notre corps semble être désintéressé et fermé aux relations avec l'autre : c'est ce qu'on appelle le silence sexuel, un moment où la libido est en sommeil et le corps est silencieux. Le terme pour indiquer le manque de désir de faire l'amour est appelé asthénie sexuelle.
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Les causes du manque de désir
Plusieurs raisons peuvent conduire à un manque d'attraction et à une diminution du désir pour le partenaire ou en général pour une activité sexuelle, conduisant à un impact personnel très profond. Parmi ces raisons, on peut citer :
- Une éducation très rigide
- Ne pas se sentir à l'aise avec son corps
- Des traumatismes ou mauvaises expériences antérieures
- Des carences hormonales
- Le stress
- Le manque de confiance en son partenaire
Comment y remédier ?
Pour surmonter le silence sexuel, il est important de comprendre son origine et pourquoi il se produit. Il faut accepter le problème, ne pas se sentir coupable et encourager son partenaire. Essayez de retrouver intimité et complicité dans d'autres situations qui vont au-delà de la sexualité. Ne prétendez rien, car faire semblant de rien et cacher sa tête dans le sable ne fera pas disparaître le problème. Si la baisse du désir dure longtemps, il est recommandé de contacter un spécialiste pour éventuellement réaliser une thérapie de couple.
L'évolution du désir
Le désir sexuel n’est jamais figé. Il évolue au fil du temps, influencé par des facteurs biologiques, psychologiques, relationnels et même sociaux. Chez la femme, la ménopause, le post-partum, certains traitements hormonaux ou des maladies chroniques comme le diabète, peuvent jouer un rôle déterminant. Chez l’homme, la baisse de testostérone, les troubles cardiovasculaires ou la dysfonction érectile sont des causes fréquentes. À ces éléments physiques, s’ajoutent (aussi bien chez l’homme que chez la femme) : les fatigues physiques et mentales ; le stress ou l’anxiété ; la charge mentale ; les blessures émotionnelles non exprimées ; la pression de « devoir désirer » ; la routine.
Amour et désir
L’absence d’attirance n’est donc pas nécessairement le signe d’un manque d’amour, mais le résultat d’un ensemble de circonstances parfois passagères, parfois plus profondes. L’amour et le désir ne vont pas toujours de pair. On peut aimer profondément quelqu’un, avoir de l’affection, du respect, une complicité sans ressentir d’excitation ou d’élan sexuel. La psychologie distingue plusieurs dimensions de l’amour. Le psychologue Robert Sternberg parle du « triangle de l’amour », composé d’intimité, de passion et d’engagement. Dans un couple durable, il arrive que la passion s’atténue tandis que l’intimité et l’engagement restent solides.
Les chiffres
Les enquêtes montrent que la baisse du désir sexuel est loin d’être isolée. L’enquête CSF‑2023 de l’Inserm indique une baisse généralisée de la fréquence des rapports sexuels, quel que soit l’âge ou le genre. Les données LELO/IFOP confirment cette tendance : seulement 76 % des personnes ont eu une relation sexuelle au cours des 12 derniers mois avant l’étude (vs 91 % en 2006), et chez les jeunes de 18-24 ans, 28 % déclarent n’en avoir eu aucun, soit cinq fois plus qu’en 2006. Par ailleurs, 30 % des hommes et 40 % des femmes rencontrent des problèmes de libido au cours de leur vie.
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L'avis des sexologues
Selon une étude Ifop, une personne sur quatre actuellement en couple admet ne pas ou ne plus avoir d’intimité physique avec son conjoint. Sylvie Parenthoën, Margaux Page et Gianpaolo Furgiuele, sexologues, confirment recevoir des patients dans cette situation très fréquemment. Les patients qui viennent consulter pour cette raison ont quelques points communs. Margaux Page note que ce sont le plus souvent des femmes qui viennent consulter, car elles osent plus en parler. Elles n’ont plus de désir sexuel et cela provoque une forme de dysharmonie dans le couple. Leur conjoint est plus en demande et elles cherchent à comprendre pourquoi. Gianpaolo Furgiuele remarque une corrélation entre la situation professionnelle, parentale et l’âge des patients, il s'agit principalement de couples de jeunes actifs très investis dans leur vie professionnelle, et fréquemment chez les jeunes couples ayant un premier enfant.
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