L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit pour toute femme enceinte qui ne souhaite pas poursuivre sa grossesse. La pratique de l'IVG est encadrée par la loi, garantissant l'accès à une information complète et à un accompagnement adapté. Cet article se concentre sur l'IVG médicamenteuse réalisée par une sage-femme, en détaillant les conditions, les étapes et les informations importantes à connaître.
Les Différentes Méthodes d'IVG
Il existe deux méthodes principales d'IVG :
IVG Instrumentale (Chirurgicale) : Elle est obligatoirement pratiquée dans un établissement de santé (hôpital ou clinique autorisé en gynécologie-obstétrique ou chirurgie). Dans certaines conditions, elle peut avoir lieu dans un centre de santé autorisé ayant établi une convention avec un établissement de santé autorisé en gynécologie obstétrique ou chirurgie. Les sages-femmes effectuant une IVG instrumentale (chirurgicale) en établissement de santé doivent justifier de leur compétence. Cette compétence est attestée par le suivi d'une formation théorique et pratique à l'IVG instrumentale (chirurgicale) et à la conduite à tenir en cas de complications liées à l'IVG.
IVG Médicamenteuse : Elle peut être pratiquée en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet de ville, en centre de santé sexuelle ou en centre de santé.
Le choix de la technique d'avortement dépend du choix de la femme et du terme de sa grossesse. Ce choix peut être effectué avec l'aide du médecin ou de la sage-femme.
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L'IVG Médicamenteuse : Une Option Accessible
L'IVG médicamenteuse représente une part importante des IVG réalisées en France. Elle consiste en la prise de deux médicaments, prescrits par un médecin ou une sage-femme, visant à interrompre la grossesse et à provoquer l'expulsion de l'œuf. Cette méthode est possible jusqu’à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines d'aménorrhée).
Où S'adresser ?
Avant de réaliser une IVG, deux temps sont obligatoires :
1er temps : La Consultation d'Information : Au cours de cette consultation, la femme enceinte fait sa demande d'avortement et reçoit des informations orales et un guide sur l'IVG. Ces informations portent sur les différentes méthodes d’IVG, les lieux de réalisation, le choix dont elle dispose, ainsi que sur les effets indésirables possibles. Un entretien psycho-social est proposé (obligatoire pour les mineures) dans un EVARS (espace vie affective, relationnelle et sexuelle), dans un centre de santé sexuelle ou dans un organisme agréé. Le médecin ou la sage-femme doit orienter la patiente vers un autre professionnel de santé s’il ne pratique pas lui-même l’IVG. Dans ce cas, il remet une attestation prouvant que la patiente s’est conformée aux étapes préalables à une IVG.
2nd temps : Le Recueil du Consentement : La femme enceinte remet son consentement écrit de demande d'avortement au médecin ou à la sage-femme. Il n'existe plus de délai de réflexion imposé en matière d'avortement. Si la patiente est majeure et ne souhaite pas réaliser d’entretien psycho-social, elle peut choisir de réaliser le temps d’information et le temps de recueil du consentement au cours d’une seule et même consultation.
Le Rôle de la Sage-Femme dans l'IVG Médicamenteuse
Les sages-femmes jouent un rôle essentiel dans l'accès à l'IVG médicamenteuse. Elles peuvent réaliser des IVG par méthode médicamenteuse jusqu’à 9 SA sous certaines conditions définies par la loi (Articles L2212-1 à L2212-11 et articles R2212-1 à R2212-19 du code de santé publique).
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Pour pouvoir pratiquer des IVG médicamenteuses hors établissement de santé, les sages-femmes doivent respecter certaines conditions :
Qualifications Requises : Les sages-femmes doivent justifier d’une pratique suffisante et régulière des IVG médicamenteuses dans un établissement de santé, attestée par le directeur de cet établissement. Cette attestation est établie par le directeur au vu du justificatif présenté par le responsable médical de cette activité au sein de son établissement, qui certifie ainsi des compétences médicales du médecin ou de la sage-femme pour la pratique des IVG médicamenteuses.
Conventionnement Obligatoire avec un Établissement de Santé Autorisé : Lorsqu’une sage-femme souhaite pratiquer des IVG dans son cabinet de ville, elle doit conclure une convention avec un établissement de santé autorisé à pratiquer des IVG (établissement autorisé en gynécologie-obstétrique ou chirurgie). Lorsque la sage-femme exerce en centre de santé sexuelle ou un centre de santé, la convention est passée par le centre avec un établissement de santé autorisé à pratiquer des IVG. Les sages-femmes du centre ne sont pas les signataires de cette convention. Le médecin, la sage-femme de ville ou le centre reçoit de l’établissement, pour signature, la convention établie selon le modèle de la convention-type réglementaire, prévue à l’annexe 22-1 du code de santé publique. Cette convention précise de façon détaillée le rôle et les obligations de chacune des parties signataires. Toute interruption de grossesse pratiquée en dehors du cadre de cette convention est passible d’une sanction pénale (article L2222-2 du code de santé publique). Dans tous les cas, la sage-femme de ville, le centre de santé ou le centre de santé sexuelle (ex-CPEF) transmet une copie de la convention signée au conseil régional de l’Ordre des pharmaciens, à la caisse primaire d’assurance maladie dont il/elle relève mais également :pour la sage-femme, au conseil départemental de l’Ordre des sages-femmes.
Commande Professionnelle des Médicaments Abortifs : Pour réaliser des IVG médicamenteuses hors établissement de santé les sages-femmes, centres de santé et centres de santé sexuelle doivent se procurer les médicaments nécessaires à leur réalisation : la mifépristone (antiprogestérone) et le misoprostol (prostaglandine). En cas de réalisation de l’IVG médicamenteuse au cours d’une consultation en présentiel, les molécules abortives sont remises directement à la femme par la sage-femme. Pour se procurer ces médicaments, la sage-femme de ville ayant signé une convention avec un établissement de santé passe une commande à usage professionnel auprès de la pharmacie d’officine de son choix. La commande comprend les mentions suivantes : Le nom, la qualité, le numéro d'inscription à l'Ordre, l'adresse et la signature du praticien ainsi que la date ; Le nom des médicaments et le nombre de boîtes commandées ; La mention "usage professionnel" ; Le nom de l'établissement de santé avec lequel le praticien a conclu une convention, ainsi que la date de signature de cette convention.
Déroulement de l'IVG Médicamenteuse
La technique médicamenteuse consiste à prendre 2 médicaments (le 1er servant à interrompre la grossesse et le 2nd à provoquer l'expulsion de l’œuf). Les 2 médicaments sont délivrés par le médecin ou la sage-femme lors de la consultation ou par le pharmacien dans le cas où une téléconsultation a été effectuée.
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Prise du Premier Médicament (Mifépristone) : Ce médicament débute l’interruption de la grossesse. Il est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation. Il bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. Dès cette première étape, des saignements et des douleurs plus ou moins importants peuvent survenir, mais la plupart du temps les saignements commencent après la prise du 2e médicament. Il peut être pris : En présence du médecin ou de la sage-femme au cours d'une consultation ou d'une téléconsultation ; Seule à domicile.
Prise du Second Médicament (Misoprostol) : Elle a lieu dans un délai de 24 à 48 heures après la prise du premier médicament. Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’IVG. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes), mais qui peuvent être réduites grâce à la prescription d’anti-douleurs. Les saignements souvent assez abondants qui accompagnent l’interruption de la grossesse arrivent parfois très vite après la prise du misoprostol, parfois plus tard. La prise du 2nd médicament a lieu entre 24 et 48 heures après la prise du 1er en consultation ou à domicile.
Cette méthode ne nécessite donc ni anesthésie, ni intervention chirurgicale. Des médicaments antalgiques sont prescrits.
L'IVG Médicamenteuse en Téléconsultation
Dans le cadre de la téléconsultation (IVG à l'hôpital ou en ville), les médicaments sont prescrits par le médecin ou la sage-femme et délivrés par une pharmacie d'officine désignée par la femme. Cette pharmacie garantit la confidentialité. Le médecin ou la sage-femme ne peut pas directement remettre les médicaments à la femme. Dans ce cas il/elle établit une prescription selon les règles habituelles et ajoute sur l’ordonnance le nom de l’établissement de santé, avec lequel a été conclue la convention et la date de sa signature. Il/elle transmet l’ordonnance par messagerie sécurisée ou par tout moyen garantissant la confidentialité des informations, à la pharmacie d’officine désignée préalablement par la femme. Il est recommandé de s’être assuré préalablement que cette dernière dispose de stocks suffisants. Les médicaments sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie et sont délivrés à la femme sans avance de frais. Cette délivrance est couverte par le secret.
Effets Indésirables et Complications Possibles
Les douleurs lors d’une IVG médicamenteuse sont fréquentes et leur intensité varie d’une femme à l’autre. Elles ressemblent généralement à des douleurs de règles plus intenses que d’habitude et sont provoquées par les contractions utérines qui permettent d’expulser la grossesse. Elles surviennent le plus souvent suite à la prise du second médicament (le misoprostol) mais peuvent aussi parfois survenir dès la prise du premier médicament (la mifépristone). Des antidouleurs sont systématiquement prescrits à l’avance afin de pouvoir les prendre dès l’apparition de douleurs.
Au cours d’une IVG médicamenteuse des troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées) surviennent fréquemment. Des saignements, ou métrorragies, souvent plus abondants que des règles accompagnent systématiquement l’expulsion de la grossesse. Ils surviennent le plus souvent dans les 3 à 4h suivant la prise du misoprostol (deuxième médicament). Les saignements ne sont pas la preuve de l’expulsion complète de la grossesse. Il est donc indispensable de réaliser une visite de suivi deux à trois semaines après l’IVG pour s’assurer que la grossesse est bien interrompue. Les saignements peuvent persister jusqu’à 30 jours après la prise du premier médicament.
Certaines complications peuvent survenir après une IVG médicamenteuse telles qu’une hémorragie, une infection dans le cas où la grossesse n’aurait pas été totalement expulsée ou des douleurs persistantes malgré la prise de médicaments antidouleurs.
Dans les jours suivant l’IVG, si l’un ou plusieurs des symptômes/signes suivants se présentent, il faut rapidement contacter le professionnel de santé qui a suivi pour l’IVG, car cela peut être un signe de complication : de la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C ; des pertes très abondantes de sang (si vous devez changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes (serviette taille maxi) pendant plus de deux heures de suite) ; un malaise ; de très fortes douleurs abdominales qui persistent malgré la prise des antidouleurs.
La Visite de Contrôle
Une visite de contrôle doit intervenir entre le 14e et le 21e jour après l'IVG médicamenteuse. Elle permet de s'assurer qu'il n'existe pas de complication et que la grossesse a bien été interrompue. Lors de la consultation de contrôle, le médecin ou la sage-femme s'assure que la patiente dispose d'un moyen contraceptif adapté à sa situation si nécessaire. Lors de cette visite, le médecin ou la sage-femme confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin ; vérifie l’absence de complications liées à l’IVG médicamenteuse ; évoque si nécessaire les moyens contraceptifs les plus adaptés à la situation. En cas d’échec de l’IVG (si la grossesse se poursuit), le médecin, ou la sage-femme, oriente vers l’IVG instrumentale.
Aspects Financiers
Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Il n'y a aucune avance de frais et aucun dépassement d’honoraire possible. Pour les femmes résidant en France en situation irrégulière et non admises à l'aide médicale de l'État (AME), il existe une prise en charge des soins urgents (dont fait partie l’IVG) à l'hôpital (hospitalisation ou consultation en établissement de santé).
Le coût d'une IVG médicamenteuse, en établissement de santé (hôpital, clinique), est remboursé par l'Assurance maladie à 100 % sur la base d'un tarif forfaitaire fixé à 353,64 €. Le coût d'une IVG médicamenteuse de ville (cabinet médical, centre de santé, centre de santé sexuelle appelé avant centre de planification et d'éducation familiale) est remboursé par l'Assurance maladie à 100 %, avec des tarifs fixés par arrêté à chaque étape.
Après l'IVG
Une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l’IVG. Elle permet de parler de sa situation si on en ressent le besoin.
La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Il est donc recommandé d'utiliser une contraception si nécessaire. Il est possible d'en discuter au cours de la procédure avec son médecin ou sage-femme pour choisir celle qui convient le mieux.
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