L'interruption volontaire de grossesse (IVG), un droit fondamental pour toutes les femmes en France, a connu des améliorations constantes depuis sa légalisation en 1980. Cet article vise à fournir une information complète et détaillée sur l'IVG, en abordant les délais légaux, les méthodes existantes, les démarches à suivre, et les aspects importants à connaître.

Qu'est-ce que l'IVG ?

Une Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) est un acte médical qui désigne le fait d’interrompre une grossesse. En France, ce droit est garanti à toutes les femmes, quel que soit leur âge, leur état civil, leur nationalité, leur situation ou le contexte de la grossesse. Seules les femmes peuvent en faire la demande. L'avortement, ou IVG, est un recours pour une femme enceinte qui ne souhaite pas poursuivre sa grossesse.

Cadre Législatif de l'IVG en France

L'IVG est régie par la loi du 17 janvier 1975, modifiée par celles du 4 juillet 2001 et du 2 mars 2022. En France, l'avortement est légal depuis la loi Veil de 1975 (article L.2212-1 du Code de la santé publique). Cette loi sur l'interruption volontaire de grossesse permet à toute femme enceinte, majeure ou mineure, de demander à un médecin l'interruption de sa grossesse. Ce droit a été renforcé, avec l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution française.

En France, une IVG peut être pratiquée jusqu’à la fin de la 14ème semaine de grossesse (SG), soit 16 semaines d’aménorrhée (SA) ou absence de règles après le 1er jour des dernières règles. Il n'y a plus de délai de réflexion obligatoire entre la consultation de demande d'IVG et la consultation durant laquelle une confirmation écrite de sa décision lui sera demandée.

Les Deux Méthodes d'IVG

Le choix de l’IVG à pratiquer revient à la patiente, selon ses éventuels problèmes médicaux et son terme de grossesse. Deux catégories d'avortements sont pratiquées : les IVG médicamenteuses et les IVG chirurgicales, en fonction de la situation de chaque femme. Le choix de la technique d'interruption de la grossesse dépend du choix de la femme enceinte, mais aussi du terme de la grossesse.

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IVG Médicamenteuse

L’IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu’à 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Elle consiste à prendre deux comprimés prescrits par votre médecin ou sage-femme. Elle peut être réalisée par votre médecin ou sage-femme, et est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME). L'IVG médicamenteuse peut-être réalisée via une téléconsultation.

La méthode consiste à prendre 2 médicaments différents lors de 2 consultations :

  • La consultation de prise de mifépristone (Myfégyne): Il vous sera alors demandé de signer un consentement libre et éclairé de demande d’IVG. Ce médicament interrompt l’évolution de la grossesse en bloquant l’effet de la progestérone (qui maintient la grossesse), favorise les contractions de l'utérus et l’ouverture du col utérin. A l’issue de cette première étape il peut survenir des saignements plus ou moins importants avec exceptionnellement l’évacuation de l’œuf. Dans tous les cas, la seconde consultation pour la prise du second médicament est indispensable.

    • Le premier comprimé : rôle et effets. La prise du premier comprimé bloque l’action de l’hormone (la progestérone) et arrête la grossesse, favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin, et provoque des saignements plus ou moins importants.
  • La consultation de prise du misoprostol (Gymiso): Remis par votre sage-femme lors de la consultation, vous devez le prendre entre 24 et 48 heures plus tard la prise de mifépristone. Vous aurez le choix de le prendre en ma présence ou bien chez vous. Dans tous les cas, il est important que vous ne restiez pas seule après cette phase. Ce médicament augmente les contractions et provoque l’expulsion de l’oeuf. Les douleurs sont alors comparables à celles des règles, parfois plus fortes. Vous pourrez prendre des antalgiques (comme du Spasfon, du paracétamol ou de l’ibuprofene) contre la douleur. Les saignements peuvent intervenir parfois très vite après la prise du misoprostol mais parfois plus tardivement. Le plus souvent l’avortement (expulsion de l’oeuf) se produit dans les 2 à 4 heures suivant cette prise, plus rarement dans les 24-72 heures. Des saignements dureront en général une dizaine de jours.

    • Le second comprimé : rôle et effets. La prise du second comprimé augmente les contractions, déclenche l’expulsion de l’œuf, provoque des contractions utérines plus ou moins douloureuses qui ressemblent à celles des règles ou plus intenses. Ces douleurs sont atténuées par un antalgique, peut occasionner certains effets secondaires : nausées, vomissements, diarrhées, et entraîne des saignements, quelques heures après ou plus tardivement. Ces saignements durent généralement une dizaine de jours, ils s’arrêtent d’eux-mêmes. Ils sont très importants le jour de la prise du comprimé mais diminuent ensuite.

Cette méthode ne nécessite donc ni anesthésie ni intervention chirurgicale mais un suivi obligatoire à 14 à 21 jours plus tard pour vérifier de son efficacité.

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Avantages et Inconvénients

  • Avantages: Elle évite l'intervention chirurgicale, et elle peut être réalisée à votre domicile si vous le souhaitez.
  • Inconvénients: Des douleurs liées aux contractions de l'utérus et des saignements qui peuvent durer plusieurs jours.

IVG Chirurgicale (ou Instrumentale)

L’IVG chirurgicale, aussi appelée IVG instrumentale, consiste à dilater le col de l’utérus afin d’évacuer le contenu utérin par aspiration. Elle est pratiquée obligatoirement en établissement de santé, jusqu’à 14 SA. Elle est réalisée par une sage-femme, un médecin ou un chirurgien, spécifiquement formés à cette technique. L’anesthésie peut être locale ou générale, c’est vous qui décidez avec l’aide du médecin le mode d’anesthésie qui est le mieux adapté à votre situation. Une hospitalisation de quelques heures est suffisante.

Au cours de l’intervention, le col de l’utérus est dilaté, grâce à l’administration d’un médicament. Le professionnel introduit ensuite une canule reliée à un dispositif d’aspiration, qui permet d’aspirer l’embryon. L’intervention dure environ 10 minutes et se déroule dans un bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale. Des douleurs peuvent apparaître après l’intervention, en lien avec des contractions utérines. Les complications d’une IVG chirurgicale sont rares. Deux à trois semaines après l’intervention, une visite de contrôle est nécessaire pour s’assurer de l’absence de complications. Une injection de gamma-globulines anti-D sera effectuée chez les femmes dont le groupe sanguin est Rhésus négatif, afin d’éviter des complications lors d’une future grossesse.

Avantages et Inconvénients

  • Avantages: Elle est rapide et réalisée sous anesthésie.
  • Inconvénients: Elle nécessite une brève hospitalisation.

Déroulement de la Procédure d'IVG

Le déroulement de l’interruption volontaire de grossesse doit respecter le cadre réglementaire en vigueur. Il est donc capital d’initier rapidement les démarches, une fois que la décision d’avorter est prise. Lorsque votre décision d’avorter est prise, vous devez prendre rendez-vous avec un professionnel de santé (médecin ou sage-femme). Il peut s’agir d’un professionnel exerçant en cabinet de ville, en centre de santé, en centre de santé sexuelle (ex-centre de planification ou d’éducation familiale) ou en établissement de santé.

Les Étapes Préalables à l'IVG

Avant de procéder à une IVG, deux temps sont nécessaires avec un médecin (généraliste ou gynécologue) ou une sage-femme : un temps d'information et un temps de recueil de votre consentement. Il n’y a pas de délai minimal de réflexion entre le premier et le second temps (ils peuvent avoir lieu au cours d'une seule et même consultation si vous le souhaitez). Vous prenez le temps de réflexion que vous jugez nécessaire pour votre décision, en tenant en compte du délai légal pour la réalisation de l'IVG (14 semaines de grossesse). Il n’y a pas non plus de délai minimal de réflexion ces deux temps et la réalisation de l'IVG. Si vous le souhaitez, vous pouvez bénéficier d’un entretien psychosocial. Cet entretien est obligatoire pour les mineures et doit être réalisé avant le recueil du consentement.

  1. Première consultation d'information et d'orientation sur l'IVG: le médecin ou la sage-femme prend note de la volonté d’interrompre la grossesse et répond à toutes les questions que se pose la femme enceinte. Un guide sur l’IVG est remis en fin de consultation à la femme enceinte, de même qu’une attestation de consultation médicale. La femme est informée des risques et des effets indésirables de l’IVG.

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    • C’est lors de cette consultation que vous formulez votre demande d’avortement au médecin ou à la sage-femme. Il ou elle vous remet un dossier guide et des informations orales : sur les différentes méthodes d’IVG : instrumentale et médicamenteuse, sur les lieux de réalisation et notamment le choix dont vous disposez, et sur les risques et les effets secondaires possibles. Cette consultation est l’occasion pour vous de poser toutes les questions que vous pouvez avoir. Le médecin ou la sage-femme vous proposera également un entretien psycho-social. Il est obligatoire si vous êtes mineure. À la fin du rendez-vous, le médecin ou la sage-femme vous délivre une attestation de consultation médicale, pour certifier que cette première consultation a bien eu lieu.

    • Si le professionnel de santé consulté ne pratique pas lui-même l’IVG, il doit vous en informer immédiatement et vous orienter vers un professionnel qui pratique l’IVG.

  2. Seconde consultation de confirmation et de choix de la méthode pour l'IVG: la femme enceinte confirme par écrit son souhait d’avorter (consentement). La méthode d’avortement et le lieu de l’IVG sont choisis, en fonction du terme de la grossesse et de la volonté de la femme enceinte. Le choix peut aussi être conditionné par les disponibilités des établissements de santé.

    • Lors de ce deuxième temps vous choisissez votre méthode d’IVG, ainsi que son lieu de réalisation. Il s'agit également d'un moment privilégié avec le médecin ou la sage-femme pour décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG, si vous en avez besoin, et pour réaliser ou vous faire prescrire, si tel est votre choix, un dépistage des infections sexuellement transmissibles, dont l’infection par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’utérus.

Examens Médicaux Avant et Après une IVG

Avant l’IVG, plusieurs examens peuvent être réalisés pour confirmer le diagnostic de grossesse et déterminer l’âge de celle-ci. L’âge gestationnel de la grossesse est principalement déterminé par l’interrogatoire et l’examen clinique mais une échographie peut également être réalisée ou une prise de sang pour doser les β-hCG. D’autres examens sanguins sont réalisés afin de déterminer votre groupe sanguin afin de vous proposer une injection d’immunoglobulines anti-D si nécessaire, et de permettre la réalisation d’une anesthésie générale dans le cas d’une IVG instrumentale si c’est votre choix. Avant l’IVG, vous pourrez aussi effectuer si vous le souhaitez un dépistage du VIH et des autres IST ainsi qu’un examen de dépistage du cancer du col de l’utérus si vous n’êtes pas à jour de celui-ci (dépistage à réaliser tous les 3 ans entre 25 et 30 ans puis tous les 5 ans jusqu’à 65 ans).

Après l’IVG, les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais, que vous soyez majeure ou mineure.

La Consultation Psycho-Sociale

La consultation psycho-sociale est systématiquement proposée et obligatoirement réalisée pour les femmes mineures. Elle se déroule entre les deux temps préalables à l’IVG. Si vous êtes majeure et n’avez pas souhaité le réaliser à cette étape de la procédure vous avez la possibilité de le réaliser par la suite à n’importe quelle étape de la procédure d’IVG. Au cours de cette consultation, il vous sera proposé un accompagnement social et psychologique. Vous pouvez demander un rendez-vous en présentiel, ou à distance (si cela vous est proposé) pour cette consultation. Elle a lieu avec un professionnel qualifié, au choix : dans un centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification ou d’éducation familiale), dans un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), dans un service social ou autre organisme agréé.

La Visite de Contrôle

14 à 21 jours après la première prise de médicament, vous devez réaliser une visite de contrôle afin de s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu’il n’y a pas de complications. Lors de cette visite, votre médecin ou sage-femme confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin, vérifie l’absence de complications liées à l’IVG médicamenteuse, et évoque si nécessaire les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation.

Complications Possibles et Risques

Comme toute intervention, une IVG comporte des inconvénients et peut présenter certains risques exceptionnels.

  • Pour l’IVG chirurgicale: les principales complications (comme l’hémorragie) sont immédiates et prisent en charge dans le service. Une infection utérine ou une rétention ovulaire est possible, d’où l’importance de réaliser une visite de contrôle.

  • Pour l’IVG médicamenteuse: les principaux inconvénients sont le risque d’hémorragie pouvant nécessiter la réalisation d’une aspiration en urgence (à l’aide d’une chirurgie). La rétention d’une partie de l’œuf ou même la persistance d’une grossesse peut se voir dans moins de 5% des cas. Dans ce cas, une aspiration peut être nécessaire pour évacuer de l’utérus les fragments restants.

Quelle que soit la technique utilisée, l’IVG (et les éventuelles complications) n'entraînent plus actuellement de difficultés pour être à nouveau enceinte. Il existe très exceptionnellement un risque de transfusion sanguine, voire un risque vital ou de séquelles graves. Certains risques peuvent être favorisés par votre état, vos antécédents ou par un traitement pris avant l’acte.

Quand Consulter en Urgence Après une IVG ?

Dans les jours suivant l’intervention, si vous présentez de la fièvre (température supérieure à 38 °C), d’importantes pertes de sang, de fortes douleurs abdominales et/ou un malaise, vous devez rapidement contacter l’établissement où a eu lieu votre IVG ou à défaut le service d’urgences gynécologiques le plus proche de chez vous, car cela peut être un signe de complication.

Questions Fréquentes

  • L’IVG est-elle douloureuse ? Les contractions de l’utérus liées à l’IVG peuvent être douloureuses, notamment en cas d’IVG médicamenteuse. C’est pour cette raison que le médecin ou la sage-femme vous prescrira systématiquement des anti-douleurs pour vous soulager.

  • Est-il dangereux d’avorter ? Qu’il s’agisse d’une IVG instrumentale ou médicamenteuse, il existe un risque de complications mais ce risque n’est pas supérieur à celui d’un avortement spontané (fausse couche) ou d‘une grossesse menée à terme. Mis à part les risques de lésions au niveau du col de l’utérus ou des parois de l’utérus qui sont spécifiques à la méthode instrumentale, les complications qui peuvent survenir en lien avec l’IVG sont les mêmes quelle que soit la technique employée. Il s’agit principalement des hémorragies et des infections de l’utérus. Ces deux dernières peuvent également survenir lors d’une évacuation incomplète de la grossesse. Toutefois, comme l’indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lorsqu’il est pratiqué dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme c’est le cas en France, l’avortement est une intervention sans risque.

  • Est-ce qu’il arrive qu’une IVG ne fonctionne pas ? L’IVG médicamenteuse est efficace à 95%, c’est-à-dire que dans 5% des cas, il est nécessaire de pratiquer une IVG instrumentale ou un autre geste chirurgical en complément. L’IVG instrumentale est quant à elle efficace à 99,7%. Il est tout à fait exceptionnel de devoir refaire la procédure. Quelle que soit la méthode utilisée, la consultation de suivi après l’IVG est nécessaire car elle permet de s’assurer que la grossesse est bien interrompue mais aussi de la bonne santé globale de la femme.

  • Qu’est-ce que l’injection d’immunoglobulines anti-D ? Uniquement dans le cas où votre groupe sanguin est négatif (on parle de rhésus négatif), le médecin ou la sage-femme vous proposera de réaliser une injection d’immunoglobulines anti-D pour éviter d’éventuelles complications lors d’une future grossesse désirée.

L'IVG pour les Mineures

En France, une femme mineure peut avorter sans autorisation parentale. Elle peut garder le secret en ayant recours à une personne majeure référente de son choix (copains, copines, personne du Planning Familial, famille, vie scolaire etc.). Elle doit demander cette intervention elle-même, en dehors de la présence de toute personne. Une autorisation parentale n’est pas obligatoire pour une IVG. Vous devez être accompagnée par un adulte de votre choix. Vous devez assister à une consultation psychosociale pour procéder à l’IVG.

Prise en Charge Financière

Le coût d’un avortement est pris en charge par l’assurance maladie à 100%. L'IVG médicamenteuse est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME).

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