Introduction

Le somnambulisme est un trouble du sommeil qui peut inquiéter les parents, mais il est souvent bénin et transitoire chez l'enfant. Cet article explore les causes, les manifestations et les solutions pour gérer les crises de somnambulisme chez l'enfant.

Qu'est-ce que le Somnambulisme ?

Le somnambulisme est une parasomnie, un comportement anormal survenant pendant le sommeil, plus précisément durant la phase de sommeil lent profond (phase N3). Pendant cette phase, le cerveau reste partiellement actif, ce qui peut entraîner des mouvements ou des actions inconscientes. Il se manifeste généralement par une activité physique inconsciente peu de temps après l’endormissement, au moment où le dormeur est en sommeil profond.

Prévalence

Le somnambulisme est relativement fréquent chez les enfants. Environ 15 à 40 % des enfants de 1 à 15 ans ont fait au moins un accès de somnambulisme. Les crises répétées sont moins courantes, touchant 1 à 6 % des enfants. De 10 à 15% des enfants et des adolescents âgés de 6 à 15 ans connaissent occasionnellement des épisodes de somnambulisme et environ 5% ont plus de 15 crises de somnambulisme par an.

Âge d'Apparition

Le somnambulisme peut apparaître dès l'âge de 2-3 ans, mais il est plus fréquent chez les enfants de 6 à 12 ans. La fréquence des épisodes tend à diminuer à l'adolescence.

Manifestations

Les manifestations du somnambulisme peuvent varier d'un enfant à l'autre. Voici quelques signes courants :

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  • Déambulation nocturne: L’enfant se lève de son lit et marche dans la maison.
  • Actions inconscientes: Il peut ouvrir des portes, se servir un verre d’eau ou manipuler des objets.
  • Visage inexpressif: Le visage est inexpressif, sa démarche est lente.
  • Yeux grands ouverts: L’enfant a les yeux grands ouverts, mais semble ne rien voir.
  • Absence de réponse: L’enfant ne réagit pas lorsqu’on lui parle et a un regard vide.
  • Paroles incohérentes: Il peut murmurer des mots ou des phrases sans signification.
  • Réalisation d'actes élaborés: Le somnambule réalise des actes relativement élaborés (éviter des meubles, descendre des escaliers).

La crise de somnambulisme dure généralement moins de 10 minutes. À son réveil, l’enfant ne garde aucun souvenir de son épisode de somnambulisme.

Causes du Somnambulisme

Plusieurs facteurs peuvent contribuer au somnambulisme chez l'enfant.

Facteurs Génétiques

L’hérédité semble jouer un rôle important. Chez 60 à 80 % des enfants somnambules, on retrouve des antécédents chez le père ou la mère. Selon certaines études, ce facteur héréditaire peut doubler les chances de somnambulisme. En effet, chez 86 % des enfants qui font des déambulations nocturnes, on retrouve des antécédents familiaux chez les parents.

Facteurs Physiologiques

Les enfants sont plus enclins au somnambulisme en raison de l'immaturité de leur système nerveux central. Durant la phase N3 du sommeil, le cerveau de l'enfant n'a pas encore atteint une pleine capacité de régulation entre l'éveil et le sommeil.

Facteurs Environnementaux

Plusieurs perturbations du sommeil peuvent augmenter la fréquence des épisodes de somnambulisme :

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  • Manque de sommeil: Un enfant qui ne dort pas assez ou qui se réveille fréquemment pendant la nuit aura plus de risque de connaître des épisodes de somnambulisme. Soyez vigilante sur la durée et les horaires de sommeil. En effet, si l’enfant ou l’adolescent est très fatigué au moment d’aller se coucher le soir, la transition d’un stade de sommeil à l’autre se fera plus difficilement, ce qui augmente les risques de somnambulisme.
  • Stress et anxiété: Un événement marquant (rentrée scolaire, changement de routine) peut affecter la qualité du sommeil et provoquer une crise.
  • Bruits ou lumières soudains: Les bruits imprévus ou une lumière intense en pleine nuit peuvent déclencher un épisode.
  • Distension de la vessie: La distension de la vessie fragmente le sommeil et peut également favoriser ce trouble. On limite donc les boissons le soir.
  • Activités musculaires intenses: On évite les activités musculaires trop intenses en fin de journée qui peuvent, elles aussi, perturber le sommeil de l’enfant.

Autres Facteurs

  • Troubles du sommeil: Les enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) ou un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) sont souvent plus sensibles aux perturbations du sommeil.
  • Apnée du sommeil: Il faut surveiller un petit qui ronfle car ce dernier est susceptible de souffrir d’apnée du sommeil, syndrome qui entraîne une altération de la qualité de sommeil.
  • Mauvaises habitudes de sommeil: Le refus d’aller se coucher peut être secondaire à l’installation progressive de mauvaises habitudes de sommeil. Parfois aussi, l’horaire de coucher est inadapté : trop tôt, votre enfant peut avoir du mal à s’endormir et peu à peu craindre cette attente pendant laquelle il s’ennuie… trop tard, il a pu lutter contre le sommeil, ce qui peut aboutir à un certain énervement qui n’est pas propice à l’endormissement.

Que Faire en Cas de Crise de Somnambulisme ?

Lorsqu’un épisode de somnambulisme survient, il est important d’adopter les bons réflexes pour éviter tout risque de blessure ou de stress pour l’enfant.

Les Bonnes Pratiques

  • Rester calme: Garder son sang-froid pour ne pas alarmer l’enfant.
  • Ne pas le réveiller: Le réveiller pourrait le perturber et provoquer de la confusion. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas dangereux en soi, mais c’est inutile et souvent contre-productif. En faisant irruption durant ce cycle de sommeil, on le désoriente totalement et on peut provoquer chez lui de l’agitation, bref un éveil très désagréable.
  • L'accompagner en douceur: Guider l’enfant vers son lit avec des gestes légers et rassurants. Il est préférable de l’aider à se diriger vers son lit. S’il se met dans une situation dangereuse, ramenez-le doucement, mais fermement, vers sa chambre.
  • Surveiller: Avant d'agir, faire attention à l'environnement permet de limiter les risques de blessures. Prenez donc votre temps pour le guider et rassurez-vous, les crises ne surviennent souvent qu’une seule fois par nuit.

Les Erreurs à Éviter

  • Ne pas crier ni le secouer: Ces actions peuvent provoquer une réaction de défense inattendue.
  • Ne pas forcer à parler: L’enfant est dans un état de sommeil profond et n’a pas la capacité de répondre de manière cohérente.

Comment Prévenir le Somnambulisme ?

Si le somnambulisme ne peut pas toujours être évité, il existe des mesures préventives pour en réduire la fréquence et assurer un sommeil plus serein.

Sécuriser l'Environnement

La première chose est donc de sécuriser la chambre et le domicile. Si les accès de somnambulisme sont fréquents, il est important de faire attention à l’environnement du dormeur :

  • Fermez les portes à clé: Assurez-vous que les portes qui mènent à l’extérieur ou aux escaliers soient fermées.
  • Bloquez l’accès aux escaliers: Installez des barrières de sécurité pour éviter toute chute.
  • Rangez les objets dangereux: Assurez-vous qu’aucun objet tranchant ou coupant ne soit à portée de main. Veiller à ne pas laisser des objets potentiellement dangereux sur le sol.
  • Sécuriser une pièce peut éviter le risque d’accident ou de chute: En effet, même si cela est rare, l’enfant peut se lever, ouvrir des portes, des fenêtres, descendre des escaliers, sortir de chez lui. La prévention d’éventuels accidents, en particulier de défenestration, est donc primordiale.
  • Rembourrer le pourtour du lit: Si les mouvements sont violents, il faudra rembourrer le pourtour du lit et éviter que celui-ci ne se déplace ou fasse du bruit.

Les Bonnes Habitudes de Sommeil

  • Respectez des horaires réguliers: Un coucher à heure fixe aide à stabiliser le cycle de sommeil. Ils peuvent commencer par régulariser les heures de lever et de coucher, éviter les privations de sommeil et enfin demander à l’enfant de passer aux toilettes avant de se coucher.
  • Établissez un rituel apaisant: Un moment calme avant le coucher, comme la lecture d’une histoire, favorise l’endormissement. Il faut aussi privilégier une alimentation douce avant de dormir, évitez les boissons sucrées, privilégiez plutôt une tisane par exemple. Les rituels de coucher sont prolongés de façon excessive et deviennent de ce fait peu efficaces.
  • Limitez les écrans: La lumière bleue des écrans (tablettes, smartphones) retarde la production de mélatonine, l'hormone du sommeil.
  • Encouragez votre enfant à faire sieste l’après-midi: La sieste va permettre au sommeil de ne pas être trop profond en début de nuit. Un enfant en bas âge doit faire une sieste dans la journée. Si, récemment, vous avez retiré ce moment de repos à votre petit garçon ou votre petite fille, c'est peut-être la raison de ses crises de somnambulisme.
  • Créez un environnement de sommeil adapté: Une chambre sombre et silencieuse est plus propice à un sommeil profond. Rangez la chambre : Évitez les objets au sol pour limiter les risques de chute en cas de déambulation.

Gestion du Stress et de l’Anxiété

Si l’enfant vit une période de stress (rentrée scolaire, changement familial), il est important de l’écouter et de l'accompagner avec bienveillance. Si l’enfant rencontre une période tout particulièrement stressante ou qu’il a du mal à trouver le sommeil, l’utilisation de techniques de relaxation peut être pertinente.

Importance de la Literie

Le confort de l’enfant durant la nuit est aussi un point très important pour lui permettre de se reposer comme il se doit. Dès lors, il est recommandé de miser sur une literie adaptée à l’enfant.

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  • Choisissez une literie de qualité: Un matelas naturel et des oreillers adaptés au gabarit de l’enfant contribuent à un sommeil apaisé. En optant pour un matelas enfant Bultex, vous offrez à votre avant la possibilité de disposer d’un couchage à la fois ferme et confortable.
  • Couettes et oreillers naturels: Les couettes et oreillers naturels favorisent un sommeil apaisé et de meilleure qualité car ils ne libèrent pas de microparticules nocives dans l’air, en plus d’assurer confort et respirabilité.

Autres Troubles du Sommeil

Il est important d’identifier et de traiter d’autres troubles du sommeil qui pourraient contribuer au somnambulisme.

  • Insomnie: Dans les insomnies dites « conditionnées », les enfants n’ont pas appris à s’endormir seuls. En exprimant des peurs, ils s’assurent accompagnement et réconfort au moment du coucher. La présence du parent est rendue nécessaire lors du coucher, dès la mise au lit et jusqu’à l’endormissement. L’insomnie conditionnée empêche l’enfant d’apprendre à s’endormir seul.
  • Peurs nocturnes: Certains enfants développent ainsi de réelles phobies lors du coucher. L’enfant plus âgé est de plus en plus conscient de son environnement. Apparaissent alors les peurs du noir, des monstres ou autre « méchant loup » ! Autant de raisons pouvant justifier le refus du coucher. Le rôle des parents est de pouvoir mettre l’enfant en confiance lors du coucher. Il convient donc plutôt de rassurer l’enfant, en l’écoutant attentivement pour comprendre ce qui lui fait peur.
  • Cauchemars: Les cauchemars (mauvais rêves) peuvent apparaitre tôt entre 1 ou 2 ans. Ils surviennent souvent en milieu ou fin de nuit. Les cauchemars peuvent devenir problématiques lorsqu’ils sont fréquents : plusieurs fois par semaine, éventuellement toujours sur le même thème. Dès 5 ans, il est possible en consultation de travailler avec l’enfant en le faisant dessiner ou modeler avec de la pâte à modeler, ou mimer son mauvais rêve.

Quand S'Inquiéter et Consulter ?

Il est rare que le somnambulisme soit le signe d’un problème grave. Cependant, il peut devenir préoccupant dans les cas suivants :

  • Épisodes fréquents: Plusieurs fois par semaine.
  • Comportements dangereux: Tentative d’ouverture de fenêtres, chute d’escalier, etc.
  • Incapacité à sécuriser l’environnement: Maison non adaptée.
  • Si les crises de somnambulisme surviennent plusieurs fois par semaine ou si les déambulations sont très longues.

Dans ces cas, il peut être utile de consulter un pédiatre ou un spécialiste du sommeil.

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