Il est naturel pour les parents de s'inquiéter lorsqu'ils découvrent une bosse sur la tête de leur bébé. Bien que ces bosses soient souvent bénignes, il est important de comprendre les causes potentielles, de savoir quand consulter un médecin et de connaître les options de traitement disponibles. Cet article vise à fournir une information complète et structurée sur les bosses à l'arrière du crâne chez les nourrissons, en abordant les causes courantes, les déformations crâniennes positionnelles, les affections plus rares comme la craniosténose et les mesures préventives.

Causes courantes des bosses chez le nourrisson

Les bosses sur la tête des bébés peuvent avoir plusieurs origines, allant des traumatismes mineurs aux conditions plus spécifiques. Voici quelques causes courantes :

  • Bosses séro-sanguines : Chez les nouveau-nés, une bosse séro-sanguine peut apparaître sur le crâne en raison du passage dans le canal de naissance. Cette tuméfaction molle, remplie de liquide et de sang, disparaît spontanément en quelques jours.
  • Ganglions lymphatiques gonflés : Chez les bébés plus âgés, une bosse dure et localisée peut être la manifestation d'un ganglion lymphatique gonflé. Ces ganglions, situés un peu partout sous la peau, réagissent aux infections locales telles que les otites, les rhumes ou les petites plaies du cuir chevelu. Une bosse sur le côté de la tête peut évoquer une infection de l'oreille, sans que ce soit forcément grave. Elle peut aussi être due à une plaie sur le cuir chevelu.
  • Traumatismes crâniens légers : Une bosse peut aussi apparaître après un traumatisme crânien léger, parfois passé inaperçu.
  • Hématomes : Une bosse molle peut correspondre à un hématome superficiel ou à une bosse séro-sanguine.
  • Excroissances osseuses normales : Une bosse dure et osseuse d'un côté de la tête peut être une protubérance de l'os temporal.

Il est important de noter que la plupart des bosses ont une origine bénigne, comme une infection locale, une réaction à une inflammation ou une petite blessure non visible.

Quand s'inquiéter ?

Bien que la plupart des bosses soient bénignes, certains signes doivent alerter les parents :

  • Apathie : Assurez-vous que votre enfant ne sombre pas dans l'apathie.
  • Pupilles : Vérifiez que ses pupilles sont réactives et de même taille.
  • Déformation persistante du crâne :
  • Arrêt de la progression de la courbe de croissance céphalique :
  • Bosses irradiant une chaleur particulière :
  • Douleur : Si la tuméfaction du ganglion dépasse 1 cm de diamètre et est douloureuse à la pression, cela peut signifier que l'infection a atteint le ganglion.

Dans ces cas, il est important de consulter un médecin rapidement.

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Déformations crâniennes positionnelles

Depuis la recommandation de la Haute Autorité de Santé (en 1996) de placer les bébés sur le dos pour dormir afin d'éviter la mort subite du nourrisson, on observe une augmentation des déformations du crâne chez les nouveau-nés. La tête d'un bébé est fragile, molle et très malléable. Une pression ou un appui prolongé ou trop intense sur le crâne du bébé risque d'entraîner un syndrome de la tête plate. Ces déformations peuvent être présentes dès la naissance ou s'installer progressivement au cours des premiers mois de la vie des bébés.

Il existe trois types principaux de déformations crâniennes positionnelles :

  • Plagiocéphalie : La plus fréquente des déformations crâniennes des nourrissons (85% des cas). Elle se caractérise par un aplatissement asymétrique (droite ou gauche) de l'arrière du crâne de l'enfant. Dans les formes les plus marquées, on observe une avancée de l'hémifront du côté atteint et un décalage des oreilles. La tête du bébé prend la forme d'un "parallélogramme". La présence d'un torticolis ou d'une rotation préférentielle de la tête du bébé d'un côté provoque très souvent une plagiocéphalie.
  • Brachycéphalie : Elle se caractérise par un aplatissement de l'ensemble de l'arrière du crâne. Plus fréquente chez les bébés "costauds" ou moins toniques. On remarque une perte de l'arrondi de la partie postérieure du crâne, un élargissement du haut de la tête et un front avancé. La tête du bébé est décrite en forme de "pain de sucre".
  • Dolichocéphalie : Une déformation crânienne peu fréquente, principalement présente chez les bébés prématurés et ceux ayant été "en position de siège" au cours de la grossesse. Le crâne de l'enfant est allongé et plus étroit.

Certains enfants peuvent présenter des déformations plus complexes, qui correspondent à la combinaison de deux déformations crâniennes : plagiocéphalie + brachycéphalie ou plagiocéphalie + dolichocéphalie.

Causes des déformations crâniennes positionnelles

Les déformations crâniennes du bébé continuent de faire l'objet de nombreuses recherches médicales. Les causes qui ont été admises par la communauté scientifique peuvent apparaître dans différentes circonstances : avant, pendant et après l'accouchement.

  • Pendant la grossesse : Mauvaise position du bébé (siège, transverse, engagé trop tôt), manque de liquide amniotique, manque de place dans l'utérus, grossesse multiple, manque de vitamine D de la maman, alitement de la maman, engagement précoce du bébé peuvent créer des pressions prolongées sur le crâne du bébé et provoquer des déformations.
  • L'accouchement : Travail trop long, maman avec un bassin étroit, mauvaise présentation du bébé, passage difficile du bébé, aide instrumentale (forceps, ventouse, cuillère), prématurité, péridurale, déclenchement par ocytocine trop fortement dosée peuvent causer des asymétries du crâne du bébé.
  • Les premières semaines de la vie de bébé : Manque de mobilité globale du bébé, torticolis, existence d'une rotation préférentielle de la tête du bébé, position prolongée sur le dos, contact prolongé de la tête sur une surface dure (transat, siège bébé, cosy, siège-auto), trop peu de temps d'éveil sur le ventre, manque de portage, bébé nourri toujours du même côté peuvent provoquer progressivement des déformations de la tête du bébé.

Certains facteurs de risques augmentent la probabilité de développer des déformations du crâne chez le nourrisson, ils concernent en priorité : les premiers-nés, les garçons (souvent moins actifs avec une tête plus lourde), les prématurés, le manque de mobilité globale du bébé, la présence d'un torticolis, un enfant qui passe beaucoup de temps sur le dos, le manque de stimulation du bébé par les parents, une alimentation exclusive au biberon (la tête de l'enfant reposant toujours du même côté dans les bras de l'adulte).

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Diagnostic et traitement des déformations crâniennes positionnelles

Pour quantifier l'importance des déformations du crâne des nouveau-nés, les seuls critères valables sont les mesures des Indices Crâniens. Il est important de consulter un médecin ou un ostéopathe en cas de suspicion de plagiocéphalie chez votre nouveau-né. L'ostéopathe peut être consulté en prévention d'une déformation crânienne, notamment en cas de suspicion de torticolis.

Le traitement ostéopathique concernera bien sûr la région du crâne de bébé, mais aussi sa colonne vertébrale, son bassin, ses jambes.

Craniosténose

Il faut différencier les déformations positionnelles du crâne et la craniosténose. La craniosténose est rare (1/2500 enfants). Elle est due à la fermeture prématurée d'une ou de plusieurs sutures crâniennes. En fonction de la ou des sutures affectées, la forme de la tête des bébés est très variable. Seuls les examens d'imageries complémentaires poseront le diagnostic.

La craniosténose, cette déformation du crâne d'un nourrisson, concerne une naissance sur 2 500 environ. Pour 20 % d'entre elles, la craniosténose n'est pas isolée et s'inscrit dans une maladie plus complexe qui touche bébé, comme le syndrome de Crouzon, le syndrome d'Apert ou le syndrome de Pfeiffer. On parle alors de craniosténose syndromique.

Diagnostic de la craniosténose

Le seul signe visible extérieur de la craniosténose est l'aspect déformé du crâne du bébé. Des examens radiologiques vont être effectués, mais aussi des examens génétiques car dans certains cas, environ 20 %, la craniosténose est liée à une maladie plus complexe, comme les syndromes de Crouzon, d'Apert ou de Pfeiffer. Le diagnostic est posé dans la majorité des cas durant les quelques jours suivant la naissance.

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La craniosténose est due à la façon dont se sont soudés les os du crâne de notre bébé. Le crâne d'un nourrisson est souple à certains endroits, ces zones molles étant appelées fontanelles. Dans la majorité des cas, les fontanelles s'ossifient progressivement au cours des premières années de vie. Il existe plusieurs formes de craniosténose, en fonction des fontanelles qui se sont ossifiées. L'une d'elles est la plagiocéphalie, sa particularité étant qu'elle va entraîner une asymétrie droite-gauche sur le visage de bébé.

Risques et traitement de la craniosténose

La craniosténose peut s'avérer très dangereuse pour notre nouveau-né. Le risque principal est celui de l'hypertension crânienne : les fontanelles étant déjà soudées, le cerveau se retrouve comprimé et la pression du liquide céphalo-rachidien à l'intérieur de la boîte crânienne est trop élevée. La craniosténose doit donc être diagnostiquée et prise en charge médicalement au plus vite pour le bien-être et la santé de notre enfant. La microcéphalie est l'une des conséquences de la craniosténose, il s'agit de l'absence d'évolution du périmètre crânien.

Pour traiter une craniosténose, le traitement est uniquement chirurgical. Un enfant peut être opéré dès qu'il pèse 6 kg, poids à partir duquel sa masse sanguine permet une opération en toute sécurité. En général, l'opération a donc lieu entre 3 et 9 mois. Celle-ci se pratique sous anesthésie générale, et a pour but de remodeler le crâne de notre bébé : ses os crâniens vont être découpés, retirés puis replacés de façon à laisser plus de place à son cerveau. Bien que très impressionnante, cette opération ne devrait causer aucune séquelle à l'enfant, si ce n'est une cicatrice qui va d'une oreille à l'autre et qui sera vite cachée par la pousse de ses cheveux.

Autres causes possibles de bosses sur le crâne

Bien que moins fréquentes, d'autres affections peuvent se manifester par des bosses sur le crâne des nourrissons :

  • Hamartome fibreux infantile : Tumeur bénigne rare survenant dans 90 % des cas avant l'âge de 1 an.
  • Neuroblastome : Tumeur maligne la plus fréquente de l'enfant, révélée par des métastases sous-cutanées.
  • Rhabdomyosarcome : Sarcome le plus fréquent de l'enfant, avec des localisations cutanées/sous-cutanées dans 5 à 12 % des cas.
  • Fibromatosis colli : Tuméfaction dure, non-inflammatoire, développée aux dépens d'un des muscles sterno-cléido-mastoïdiens, associée à un torticolis congénital.
  • Myofibromatose infantile : Tumeur rare et bénigne des tissus mous survenant dans 90 % des cas avant l'âge de 2 ans.
  • Exostose et tumeurs osseuses malignes : Tuméfaction sous-cutanée dure, non-douloureuse et non-mobile au niveau des membres, faisant suspecter une tumeur osseuse.
  • Kystes synoviaux : Hernie de la synoviale au travers de la capsule articulaire, fréquente à la face dorsale du poignet et dans le creux poplité.

Il est important de noter que l'échographie seule est à proscrire en première intention car elle peut mener à des errances diagnostiques. Au moindre doute, une lésion non-caractérisable cliniquement et en imagerie doit être biopsiée. La prise en charge diagnostique doit se faire dans un centre spécialisé du fait de la difficulté diagnostique que peuvent représenter certaines tumeurs.

Prévention des bosses sur le crâne

Pour prévenir et réduire les risques liés aux bosses sur le crâne, quelques conseils pratiques peuvent être adoptés :

  • Changement de position de sommeil régulier : Pour éviter qu'une pression continue ne déforme le crâne.
  • Coussins spéciaux : Investir dans des coussins spécialement conçus pour redistribuer la pression de manière uniforme peut offrir un confort supplémentaire.
  • Éviter de masser la zone blessée : En cas de choc, gardez un œil attentif sur l'évolution de la bosse.

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