La présence d'une bosse sur le front d'un bébé à la naissance peut être une source d'inquiétude pour les parents. Cet article vise à informer sur les causes possibles de ces bosses, en particulier la bosse séro-sanguine, le céphalhématome, les bosses post-traumatiques et la craniosténose, ainsi que sur les démarches à suivre et les signes d'alerte à surveiller.
Bosses séro-sanguines et céphalhématomes : des causes fréquentes à la naissance
À la naissance, il n'est pas rare qu'un enfant ait la tête déformée par une bosse. Il s’agit généralement d’une bosse séro-sanguine. Cette tuméfaction superficielle molle contient une collection de sang et de liquide et va s’effacer avec le temps sans qu’un traitement ne soit nécessaire. La "bosse séro-sanguine" est l'équivalent d'un bleu, un petit saignement sous la peau. Le "céphalhématome" est également un petit saignement, mais celui-ci se situe entre les os du crâne et le périoste (la peau collée contre l'os).
Une maman témoigne de l'expérience suivante : après un accouchement par voie basse où une ventouse a été utilisée à deux reprises, son bébé présentait toujours une bosse 5 mois et 18 jours après la naissance, bien que moins prononcée. On lui avait assuré qu'elle se résorberait rapidement, mais ce n'a pas été le cas.
Bosses dures sur le front : traumatismes et autres causes
Outre les bosses liées à la naissance, d'autres causes peuvent expliquer l'apparition de bosses sur le front d'un bébé. Les traumatismes crâniens, même légers et parfois passés inaperçus, peuvent provoquer des bosses.
Un autre témoignage relate le cas d'un enfant de 18 mois qui, après être tombé de son lit et s'être cogné à plusieurs reprises en apprenant à marcher, a développé plusieurs petites bosses dures sur la droite du front. Malgré une échographie infructueuse, les médecins ont finalement conclu à l'absence d'inquiétude en l'absence d'évolution.
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Ganglions lymphatiques gonflés
Chez les bébés plus âgés, une bosse dure localisée peut être la manifestation d’un ganglion lymphatique gonflé. Ces ganglions, situés un peu partout sous la peau, réagissent aux infections locales : otite, rhume, petite plaie du cuir chevelu… Une bosse peut aussi apparaître après un traumatisme crânien léger, parfois passé inaperçu. Une bosse sur le côté de la tête fait penser à une infection de l’oreille, sans que ce ne soit forcément grave. Elle peut aussi être due à une plaie sur le cuir chevelu. Si la tuméfaction du ganglion dépasse 1cm de diamètre, cela signifie qu’il ne réagit pas seulement face à l’infection dans la zone qu’il protège, mais que l’infection l’a atteint. Il sera alors douloureux à la pression. Normalement, un ganglion roulé avec les doigts ne doit pas faire mal. La pression sur un ganglion peut faire augmenter davantage son volume.
Protubérances osseuses
Si votre bébé a une bosse dure et osseuse d’un côté de la tête, il s’agit probablement d’une protubérance de l’os temporal. En effet, les ganglions sont des organes de drainage placés en chaînes et répartis dans tout l’organisme. Ils se chargent de la défense immunitaire. Quand une infection surgit dans une zone particulière du corps, les ganglions en charge de cette zone vont produire plus de globules blancs et vont donc augmenter de volume. C’est le phénomène qui se produit quand une plaie de la jambe s’infecte : les ganglions au niveau de l’aine enflent.
Craniosténose : une cause plus rare de déformation du crâne
La craniosténose est une déformation du crâne des nouveau-nés qui se produit lorsque les os se soudent trop tôt. Le crâne des nouveau-nés est souple à certains endroits. Les os sont simplement reliés entre eux par une zone de transition (suture) qui va s’ossifier au cours des premières années. Quand ces os se soudent trop tôt, parfois dès le ventre maternel, cela entraîne une déformation du crâne qu’on appelle la craniosténose. Dans la grande majorité des cas, les craniosténoses sont isolées (non syndromiques) et on ne connaît pas toujours leur origine. Cette malformation est généralement diagnostiquée au cours des premiers jours ou mois de vie. La prise en charge des patients est multidisciplinaire. Le traitement de la craniosténose est chirurgical consistant à remodeler la boite crânienne afin de recréer une meilleure morphologie et compliance pour le cerveau sous-jacent. La craniosténose concerne une naissance sur 2 500 environ. Pour 20 % d’entre elles, la craniosténose n’est pas isolée et s’inscrit dans une maladie plus complexe qui touche bébé, comme le syndrome de Crouzon, le syndrome d’Apert ou le syndrome de Pfeiffer. On parle alors de craniosténose syndromique. Le seul signe visible extérieur de la craniosténose - appelée aussi craniosynostose - est l’aspect déformé du crâne du bébé. C’est cette malformation qui encouragera les soignantes et soignants à pousser plus loin les premiers examens médicaux de notre nourrisson. Des examens radiologiques vont être effectués, mais aussi des examens génétiques car dans certains cas, environ 20 %, la craniosténose est liée à une maladie plus complexe, comme les syndromes de Crouzon, d’Apert ou de Pfeiffer. Le diagnostic est posé dans la majorité des cas durant les quelques jours suivant la naissance. La craniosténose est due à la façon dont se sont soudés les os du crâne de notre bébé. Le crâne d’un nourrisson est souple à certains endroits, ces zones molles étant appelées fontanelles. Dans la majorité des cas, les fontanelles s’ossifient progressivement au cours des premières années de vie. Il existe plusieurs formes de craniosténose ou craniosynostose, en fonction des fontanelles qui se sont ossifiées. L’une d’elles est la plagiocéphalie, sa particularité étant qu’elle va entraîner une asymétrie droite-gauche sur le visage de bébé. À noter : bébé peut avoir une plagiocéphalie indépendamment d’une craniosténose, puisque cette asymétrie, dite « syndrome de la tête plate » et bien plus courante que la craniosténose, peut également être le résultat de la position couchée sur le dos du nourrisson.
Risques et traitements de la craniosténose
La craniosténose peut s’avérer très dangereuse pour notre nouveau-né. Le risque principal est celui de l’hypertension crânienne : les fontanelles étant déjà soudées, le cerveau se retrouve comprimé et la pression du liquide céphalo-rachidien à l’intérieur de la boîte crânienne est trop élevée. La craniosténose doit donc être diagnostiquée et prise en charge médicalement au plus vite pour le bien-être et la santé de notre enfant. La microcéphalie est l’une des conséquences de la craniosténose, il s’agit de l’absence d’évolution du périmètre crânien. Le plus tôt est le mieux pour opérer bébé d’une craniosténose. Un enfant peut être opéré dès qu’il pèse 6 kg, poids à partir duquel sa masse sanguine permet une opération en toute sécurité. En général, l’opération a donc lieu entre 3 et 9 mois. Celle-ci se pratique sous anesthésie générale, et a pour but de remodeler le crâne de notre bébé : ses os crâniens vont être découpés, retirés puis replacés de façon à laisser plus de place à son cerveau. Bien que très impressionnante, cette opération ne devrait causer aucune séquelle à l’enfant, si ce n’est une cicatrice qui va d’une oreille à l’autre et qui sera vite cachée par la pousse de ses cheveux. Pour traiter une craniosténose, le traitement est uniquement chirurgical.
Quand s'inquiéter et consulter ?
Dans la plupart des cas, une bosse sur le front d'un bébé est bénigne et disparaît spontanément. Cependant, certains signes doivent alerter et motiver une consultation médicale rapide :
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- La bosse augmente rapidement de volume en quelques heures.
- La bosse devient rouge, chaude au toucher ou douloureuse.
- Une fièvre supérieure à 38,5°C accompagne la bosse.
- Le bébé présente des modifications du comportement : somnolence inhabituelle, irritabilité excessive, pleurs inconsolables, refus de s'alimenter ou vomissements.
- La bosse s'accompagne d'une plaie ouverte mesurant plus de 2 cm, d'un écoulement de liquide clair ou sanguinolent.
- Les pupilles du bébé sont de tailles différentes ou ne réagissent pas normalement à la lumière.
- Chez les bébés de moins de 6 mois, un hématome doit toujours motiver une consultation.
Une visite chez le pédiatre peut calmer votre inquiétude car il sera en mesure de palper la bosse sur la tête de votre bébé et d’en déterminer l’origine. Il pourra également prescrire le traitement adapté à une éventuelle infection.
Que faire en cas de bosse sur la tête de bébé ?
En cas de bosse sur la tête de bébé, voici les bons gestes à adopter :
- Rassurer l’enfant et l’éloigner de l’agitation.
- Appliquer du froid : de la glace enveloppée dans un linge propre ou un torchon, jamais directement sur la peau pour éviter une « brûlure » par le froid. Après un an, on peut utiliser des coussins thermiques.
- Comprimer légèrement si possible, pendant une dizaine de minutes, sans trop serrer ni prolonger la pression. Le froid et la compression limitent la diffusion du sang sous la peau. Le but est de réduire la taille de la bosse et de soulager la douleur.
- Administrer du paracétamol (Doliprane) en cas de douleur importante (après accord des parents).
- Arnica : certains utilisent un gel à base d’Arnica localement, ou des granules d’Arnica montana par voie orale (à partir de 18 mois).
Évitez de masser la zone blessée et gardez un œil attentif sur l'évolution de la bosse.
Déformations crâniennes positionnelles : attention à la position de sommeil
Depuis la recommandation de la Haute Autorité de Santé (en 1996) de placer les bébés sur le dos pour dormir afin d’éviter la mort subite du nourrisson, on observe une augmentation des déformations du crâne chez les nouveau-nés. Les dernières études scientifiques démontrent que ces déformations pourraient présenter des conséquences sur le développement des enfants.
La tête d’un bébé est fragile, mais elle est surtout molle et très malléable. C’est pourquoi une pression ou un appui (prénatale et Postnatale) trop prolongé ou trop intense sur le crâne du bébé risque d’entrainer un syndrome de la tête plate. Ces déformations peuvent être présentent dès la naissance ou s’installer progressivement au cours des premiers mois de la vie des bébés. Il existe 3 types de déformations crâniennes positionnelles pouvant affecter les enfants : la Plagiocéphalie, la Brachycéphalie et la Dolichocéphalie.
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- La plagiocéphalie est la plus fréquente des déformations crâniennes des nourrissons (85% des cas). La plagiocéphalie positionnelle se caractérise par un aplatissement asymétrique (droite ou gauche) de l’arrière du crâne de l’enfant. Dans les formes les plus marqués, on observe une avancée de l’hémifront du côté atteint : apparition d’une bosse frontale et un décalage des oreilles. La tête des bébés prend la forme d’un « parallélogramme ». A noter, que la présence d’un torticolis ou d’une rotation préférentielle de la tête du bébé d’un côté provoque très souvent une plagiocéphalie.
- La brachycéphalie positionnelle se caractérise par un aplatissement de l’ensemble de l’arrière du crâne. Plus fréquente chez les bébés « costaux » ou moins tonique. On remarque, chez ces enfants, une perte de l’arrondi de la partie postérieur du crâne, un élargissement du haut de la tête et un front avancé. La tête des bébés est décrite en forme de « pain de sucre ».
- La dolichocéphalie positionnelle est une déformation crânienne peu fréquente. Elle est principalement présente chez les bébés prématurés et ceux ayant été « en position de siège » au cours de la grossesse. Le crâne de l’enfant est allongé et plus étroit.
Certains enfants peuvent présenter des déformations plus complexes, qui correspond à la combinaison de 2 déformations crâniennes : Plagiocéphalie + Brachycéphalie / Plagiocéphalie + dolichocéphalie.
Causes des déformations crâniennes positionnelles
Les causes qui ont été admises par la communauté scientifique peuvent apparaitre dans différentes circonstances : Avant, Pendant et Après l’accouchement.
- Pendant la grossesse : Mauvaise position du bébé (siège, transverse, engagé trop tôt), manque de liquide amniotique, manque place dans l’utérus, grossesse multiple, manque de vitamine D de la maman, alitement de la maman, engagement précoce du bébé peuvent créer des pressions prolongées sur le crâne du bébé et provoquer des déformations.
- L’accouchement : Travail trop long, maman avec un bassin étroit, mauvaise présentation du bébé, passage difficile du bébé, aide instrumental (forceps, ventouse, cuillère), prématurité, péridurale ?, déclenchement par ocytocine trop fortement dosée ? Ces contraintes de l’accouchement peuvent causer des asymétries du crâne du bébé.
- Les premières semaines de la vie de bébé : Manque de mobilité globale du bébé, torticolis, existence d’une rotation préférentielle de la tête du bébé, position prolongée sur le dos, contact prolongé de la tête sur une surface dure (transat, siège bébé, cosy, siège-auto), trop peu de temps d’éveil sur le ventre, manque de portage, bébé nourri toujours du même côté Ces circonstances provoquent progressivement des déformations de la tête du bébé.
Certains facteurs de risques augmentent la probabilité de développer des déformations du crâne chez le Nourrisson, ils concernent en priorité : les premiers-nés, les garçons (souvent moins actif avec une tête plus lourde), les prématurés, le manque de mobilité globale du bébé, la présence d’un Torticolis, un enfant qui passe beaucoup de temps sur le dos, le manque de stimulation du bébé par les parents, une alimentation exclusive au biberon (la tête de l’enfant reposant toujours du même côté dans les bras de l’adulte).
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