La vie de Cécile Brossard, marquée par une relation passionnelle destructrice avec le banquier Edouard Stern, a été dévoilée au grand jour lors de son procès devant la cour d'assises de Genève. Son parcours, de vendeuse dans un duty-free à call-girl de luxe, puis meurtrière, est une plongée dans les méandres d'une existence complexe.
Une maison à Nanteuil-le-Haudouin, témoin de secrets
La maison de Cécile Brossard située rue Le Chatelier à Nanteuil-le-Haudouin, dans l'Oise, a longtemps gardé enfouis les secrets de sa vie intime. C'est dans cette demeure que les gendarmes ont découvert des éléments clés permettant de reconstituer son parcours sulfureux. Des images et des enregistrements de sa relation avec Edouard Stern y étaient accumulés, révélant une liaison passionnée et tumultueuse.
Cette maison de campagne, d'apparence banale, contraste fortement avec la vie d'excès que menait Cécile Brossard. Elle y conviait son amant, Edouard Stern, pour l'initier à des jeux sexuels. Le banquier n'était pas étranger à la région, puisque le château de Villette, ancienne propriété familiale, se dresse à quelques kilomètres de Nanteuil, à Pont-Sainte-Maxence.
Call-girl de luxe
L'enquête a révélé que Cécile Brossard était une call-girl de luxe. D'ancienne vendeuse dans un duty-free de Roissy, elle gardait des clichés des soirées libertines qu'elle organisait. Les documents découverts dans sa maison de Nanteuil indiquaient qu'elle tarifait ses ébats 40 000 F (6 097 â?¬) le week-end dans des palaces parisiens. Elle proposait également des divertissements des plus incongrus, comme des rencontres avec des hermaphrodites. Le dossier compilait 5 000 pages de pièces, dont plus de 700 SMS.
Une relation destructrice
Les amis proches de Cécile Brossard ont témoigné devant la cour d'assises de Genève de la relation destructrice qu'elle entretenait avec Edouard Stern. Svetlana L., une amie de Cécile, a raconté leur rencontre chez le galeriste parisien Albert Benamou, celui qui avait présenté Cécile à Edouard Stern. Elle a décrit la dégradation progressive de l'état de Cécile, devenue de plus en plus maigre et obsédée par sa relation avec Edouard. "Elle l'aimait, elle l'aimait beaucoup trop. C'était devenu une relation ingérable. Dès qu'elle essayait de rompre, il revenait."
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Svetlana a également raconté une soirée où Cécile lui avait demandé de participer à une relation sexuelle à trois avec Edouard Stern. Elle et Cécile étaient déguisées en écolières. Après la relation, Edouard Stern s'était montré distant et déçu de ne pas figurer dans un magazine sur les 100 personnes les plus riches du monde. Cécile était effondrée par son comportement.
Daniel F., un ami de Cécile Brossard, a également témoigné de la transformation de la jeune femme. Il l'avait connue gaie et curieuse, mais l'avait vue changer et se détruire peu à peu. Il avait assisté à la naissance de son idylle avec Edouard Stern, qu'il trouvait à la fois tendre et humiliant envers elle.
Michel Roussel, un artisan de Nanteuil-le-Haudouin, a décrit Cécile comme une fille simple et gentille, qui retapait elle-même sa maison. Il a témoigné de la passion dévastatrice qu'elle éprouvait pour Edouard Stern, pour qui elle était prête à tout. Il a également raconté comment le banquier avait tenté de le soudoyer pour qu'il l'espionne. Il se souvient d'une scène où Edouard Stern avait forcé l'entrée de la maison de Cécile et l'avait poursuivie dans la rue. Le soir même, Michel Roussel l'avait retrouvée cachée dans la cave, un oeil au beurre noir. "J'ai eu l'impression que tous les deux étaient en train de perdre les pédales. Ils ont monté un monde à eux qu'ils n'ont pas pu dominer. Cécile, c'était une femme en perdition…"
Le meurtre d'Edouard Stern
Le 28 février 2005, Cécile Brossard abat Edouard Stern de quatre balles pendant un jeu érotique. Le corps du banquier est retrouvé à son domicile genevois, vêtu d'une combinaison de latex. Cécile Brossard avoue d'emblée un "crime passionnel" et indique aux policiers l'endroit où elle a jeté l'arme du crime dans le lac Léman.
Le procès et la condamnation
Lors de son procès, les psychiatres décrivent Cécile Brossard comme une personnalité "borderline", avec un QI de 80, "à la limite inférieure de la norme". Ils évoquent une enfance malheureuse, marquée par la dépression de sa mère, l'exhibitionnisme de son père et un viol par un oncle maternel. Pour les experts, Cécile Brossard croit "que le fait de tuer quelqu'un permet d'avoir une relation éternelle avec cette personne".
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En juin 2009, Cécile Brossard est reconnue coupable du meurtre d'Edouard Stern et condamnée à huit ans et demi de détention. Elle a été libérée en novembre 2010.
Adaptations et ouvrages inspirés de l'affaire
L'affaire Cécile Brossard a suscité un grand intérêt médiatique et a inspiré de nombreuses œuvres. Pas moins de deux biographies, quatre romans et deux films ont été consacrés à cette affaire criminelle hors du commun. Parmi ces adaptations, on peut citer le film "Une histoire d'amour" d'Hélène Fillières, librement inspiré du roman "Sévère" de Régis Jauffret. Le film met en scène Laetitia Casta et Benoît Poelvoorde dans les rôles principaux.
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