La surveillance du rythme cardiaque fœtal (RCF) est un élément essentiel du suivi de grossesse et de l'accouchement. Les anomalies du RCF, telles que la tachycardie fœtale, peuvent indiquer un problème sous-jacent nécessitant une intervention. Cet article explore les causes de la tachycardie fœtale, sa prise en charge et son impact sur l'accouchement.

Introduction

Pendant la grossesse, le cœur du fœtus bat plus rapidement que celui d'un adulte. Un rythme cardiaque fœtal normal se situe entre 110 et 160 battements par minute (bpm). La tachycardie fœtale est définie comme un rythme cardiaque supérieur à 160 bpm pendant plus de 10 minutes. Bien que la majorité des changements cardiaques pendant la grossesse soient normaux et attendus, il est essentiel de comprendre la nature et les causes des arythmies durant cette période délicate.

Causes de la tachycardie fœtale

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la tachycardie fœtale :

  • Infection: Une infection chez la mère ou le fœtus peut provoquer une tachycardie. On recherche alors la cause avec des prélèvements vaginaux, urinaires, et parfois sanguins. La future mère peut être traitée directement avec des antibiotiques, qui passeront chez le fœtus via le placenta.
  • Fièvre maternelle: L'augmentation de la température corporelle de la mère peut accélérer le rythme cardiaque du fœtus.
  • Médicaments: Certains médicaments pris par la mère peuvent affecter le rythme cardiaque du fœtus.
  • Hypoxie fœtale: Un manque d'oxygène chez le fœtus peut entraîner une tachycardie compensatoire. L'hypoxie fœtale peut être due à une insuffisance placentaire, une compression du cordon ombilical ou d'autres complications.
  • Anémie fœtale: Une diminution du nombre de globules rouges chez le fœtus peut provoquer une tachycardie.
  • Arythmies fœtales: Dans certains cas, la tachycardie fœtale peut être causée par une anomalie du système électrique du cœur du fœtus. Les extrasystoles sont des irrégularités du rythme cardiaque fœtal, particulièrement fréquentes en fin de grossesse. Ces extrasystoles sont habituellement bénignes et ne justifient pas de traitement, mais doivent être surveillées jusqu’à la fin de la grossesse pour dépister une éventuelle tachycardie supraventriculaire.
  • Hyperthyroïdie maternelle: Une production excessive d'hormones thyroïdiennes chez la mère peut entraîner une tachycardie fœtale.

Diagnostic de la tachycardie fœtale

La tachycardie fœtale est généralement détectée lors d'un examen de routine utilisant un monitoring fœtal. Le monitoring fœtal est un enregistrement continu du rythme cardiaque du fœtus et des contractions utérines. Si une tachycardie est détectée, des examens complémentaires peuvent être nécessaires pour en déterminer la cause.

Celle-ci inclut un examen physique, l’échographie obstétricale, l’échographie cardiaque fœtale et des prises de sang.

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Prise en charge de la tachycardie fœtale

La prise en charge de la tachycardie fœtale dépend de la cause sous-jacente. Dans certains cas, aucun traitement n'est nécessaire. Dans d'autres cas, un traitement peut être nécessaire pour traiter l'infection, corriger l'anémie ou gérer l'arythmie.

Une tachycardie fœtale soutenue justifie une hospitalisation urgente dans une maternité de niveau 3 (le plus haut niveau de sécurité) pour une évaluation obstétricale et cardiologique.

Actions correctrices

Devant des anomalies à risque d’acidose, il faut tenter une action correctrice. Si les anomalies persistent, il est conseillé de mettre en œuvre un moyen de surveillance de deuxième ligne (mesure du pH au scalp, lactates….).

Plusieurs actions correctrices peuvent être envisagées :

  • Décubitus latéral: Il améliore significativement la saturation fœtale et est susceptible de faire disparaître certaines anomalies du RCF.
  • Oxygénothérapie maternelle: Elle améliore significativement la saturation fœtale pendant le travail qu’il y ait ou non des anomalies du RCF.
  • Amnio-infusion: L'amnio-infusion prophylactique pour oligoamnios réduit la fréquence des anomalies du RCF et des césariennes qu’elles entrainent sans avoir démontré de bénéfices néonatals.
  • Tocolytiques: Les tocolytiques ou apparentés peuvent réduire l’hyperactivité utérine et améliorer les anomalies du RCF associées.

Impact de la tachycardie fœtale sur l'accouchement

La tachycardie fœtale peut avoir un impact sur la gestion de l'accouchement. Si la tachycardie est sévère ou persistante, elle peut indiquer une souffrance fœtale et nécessiter une intervention obstétricale, telle qu'un accouchement par césarienne. Quant à l’article R. Toute la difficulté est de savoir à partir de quel moment un accouchement devient dystocique, c’est-à-dire qu’il survient une complication nécessitant un passage de relais à l’obstétricien.

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Dans le cas d’un cœur qui ralentit et montre des signes de faiblesse au monitoring, on parle rapidement de souffrance fœtale, surtout si l’anomalie ne se corrige pas rapidement. « Une bradycardie indique un futur bébé qui n’est pas au mieux de sa forme, et qu’il faut bien souvent extraire rapidement du ventre de sa maman », selon la Dr Kubat.

Souffrance fœtale

Pendant la grossesse ou lors de l’accouchement, le terme de souffrance fœtale peut être employé pour parler de votre bébé. Que recouvre-t-il réellement ? Doit-on en avoir peur ? Et quelles sont les solutions ? Médicalement parlant, la souffrance fœtale ne signifie pas qu’un bébé a mal quelque part, mais désigne différentes situations, comme un défaut d’apport en oxygène ou en nutriments, qui sont nécessaires au bon développement et à la survie du fœtus. « Dans le jargon médical, une souffrance fœtale représente un bébé qui ne va pas ou ne va plus bien, c’est la diminution du bien-être fœtal », analyse la Dr Fanny Kubat, pédiatre en milieu hospitalier. Une souffrance qui peut être soit aiguë, en fin de grossesse et lors de l’accouchement, soit chronique au cours de la grossesse et qui intervient pour différentes raisons.

La souffrance fœtale aiguë se définit comme une perturbation grave de l’oxygénation fœtale survenant au cours de l’accouchement.

Causes de la souffrance fœtale

La souffrance fœtale peut être due à plusieurs facteurs :

  • Insuffisance placentaire: L'état qui se manifeste chaque fois que le fœtus est victime d'une insuffisance importante ou prolongée du fonctionnement du placenta, entraînant une réduction des échanges respiratoires et métaboliques.
  • Compression du cordon ombilical: État correspondant à la suppression temporaire de l’apport d’oxygène au fœtus. Elle peut survenir pendant la grossesse, lors d’un hématome rétro-placentaire ou d’une hypotension maternelle. Elle se produit le plus souvent pendant le travail, à cause d’une compression ou d’une procidence du cordon, d’une hypercinésie ou d’une contracture du myomètre, ou enfin de l’altération du placenta, p. ex. par une toxémie gravidique.
  • Contractions utérines excessives: L'hypertonie utérine spontanée ou provoquée par les ocytociques peut être une cause de la souffrance fœtale aiguë.
  • Maladies maternelles: Certaines maladies cardiaques, des déséquilibres électrolytiques dans le corps ou même des facteurs génétiques peuvent influencer la régularité du rythme cardiaque.

Signes de souffrance fœtale

Pendant l'extraction, des signes peuvent annoncer une souffrance aigüe : ce sont, par ordre chronologique, une accélération de la fréquence cardiaque du fœtus, puis une bradycardie et enfin l'expulsion de méconium dans le liquide amniotique.

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  • Ralentissements répétés du RCF: Devant les ralentissements répétés du rythme cardiaque fœtal, elle aurait dû être alertée sur l'existence d'une souffrance fœtale et faire appel à l'obstétricien de garde.
  • Bradycardie: Un rythme inférieur à 110 battements par minute pendant plus de 10 minutes est synonyme d’une bradycardie. C’est un petit cœur qui bat trop lentement. À savoir que cette anomalie du rythme peut être le signe d’une souffrance fœtale.
  • Présence de méconium dans le liquide amniotique: L’émission du méconium (les premières selles du bébé) dans le liquide amniotique est aussi un signe de souffrance fœtale et la conséquence d’une hypoxie. En effet, la vasoconstriction stimule les mouvements de l’intestin fœtal et le relâchement anal qui aboutit à l’émission du méconium.
  • Acidose fœtale: Accumulation d'ions H+ dans la circulation et les tissus du fœtus et donc baisse du pH plasmatique et cellulaire en dessous de 7,20. Elle peut s’abaisser à 7,10, dans les acidoses majeures qui exposent à la souffrance cérébrale.

Conséquences de la souffrance fœtale

Le risque principal de la souffrance fœtale reste l’hypoxie, c’est-à-dire un manque d’oxygène sévère, qui peut causer des séquelles neurologiques. Dans de rares cas, aujourd’hui, en France, cette souffrance fœtale peut aboutir à un décès.

En cas de souffrance fœtale, on constate à la naissance une hypoxie profonde, une acidose métabolique majeure avec souvent une forte hyperlactacidémie. Le score d'Apgar est très bas.

Surveillance et prévention de la souffrance fœtale

Une surveillance fœtale par enregistrement du rythme cardiaque fœtal (RCF) pendant le travail, réalisée en fonction du contexte clinique et des paramètres maternels (prééclampsie, diabète, …) et/ou fœtaux (prématurité, retard de croissance intra-utérin,…) permet de prévenir cette asphyxie fœtale.

Une souffrance fœtale se découvre lors de différents examens effectués au cours de la grossesse, juste avant ou pendant l’accouchement. Est-ce que bébé bouge bien ? A-t-il suffisamment de liquide amniotique ? Est-ce que le monitoring, qui enregistre le rythme cardiaque de bébé, est correct ? Le monitoring est un capteur à ultrasons posé sur le bas-ventre de la maman, qui enregistre en continu le rythme des battements cardiaques du fœtus. Dans le cas d’une souffrance chronique, l’anomalie peut aussi être repérée lors d’un doppler utérin.

En dehors des comportements à risque évidents (comme la prise de toxiques ou d’alcool, par exemple) qui mettent le fœtus en danger, il n’existe pas réellement de prévention possible pour éviter une souffrance fœtale. « Il faut surtout rappeler aux mères que ce n’est pas leur faute. On sait que les femmes souffrant d’hypertension, par exemple, font de plus petits bébés et que cette pathologie reste une source de retard de croissance, mais les mamans ne sont pas fautives. Cela arrive, nous surveillons et nous faisons tout pour sauver un bébé en souffrance.

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