L'allaitement maternel est une période cruciale pour la santé et le développement du nourrisson. L'alimentation de la mère joue un rôle essentiel dans la qualité du lait maternel et le bien-être du bébé. Parmi les nombreuses questions que se posent les nouvelles mamans, l'impact de la consommation de sirop de menthe pendant l'allaitement est souvent source d'interrogations. Cet article vise à explorer les dangers potentiels et les considérations importantes liés à la consommation de sirop de menthe pendant l'allaitement.

La menthe : propriétés et utilisations

La menthe, et plus particulièrement la menthe poivrée (Mentha piperita), est une plante médicinale utilisée depuis des siècles pour ses propriétés thérapeutiques. Cultivée et utilisée surtout depuis le XVIIe siècle, la menthe poivrée est issue d'une hybridation entre différentes espèces de menthe (M. aquatica, M. longifolia et M. rotundifolia). Ses feuilles séchées ou l'huile essentielle obtenue à partir des fleurs sont utilisées à des fins médicinales.

La menthe poivrée est reconnue pour ses propriétés antispasmodiques et décongestionnantes, souvent mises à profit lors de nausées ou d’affections respiratoires. L'huile essentielle de menthe poivrée a été traditionnellement utilisée en friction sur les tempes pour soulager les maux de tête, ou en inhalation lors de rhume ou de toux. À faible dose, la menthe poivrée est considérée comme sédative (calmante). Historiquement, elle était également réputée pour augmenter la montée de lait et favoriser des règles régulières. Elle est également proposée dans les bronchites, les infections urinaires et les diarrhées.

Le menthol et le menthone sont les deux principes actifs majoritaires de la menthe poivrée. Des études ont montré que ces composés ont une action antispasmodique sur les fibres musculaires de l’appareil digestif et respiratoire. L’Agence européenne du médicament considère comme « médicalement bien établi » l’usage de l’huile essentielle de menthe poivrée pour « soulager les flatulences et les douleurs abdominales notamment lors d’intestin irritable ». Elle considère également « médicalement bien établie » l’utilisation par application cutanée de l’huile essentielle de menthe poivrée pour « soulager les maux de tête » chez les adultes. L’EMA considère également comme « traditionnellement établi » l’usage de l’huile essentielle de menthe poivrée en inhalation « contre les toux et les rhumes, et par voie cutanée contre les douleurs musculaires et les petites démangeaisons cutanées ».

L’Organisation mondiale de la santé reconnaît que l’utilisation de l’huile essentielle de menthe poivrée est « scientifiquement établie dans le traitement du syndrome du côlon irritable, et dans les affections digestives comme les flatulences et les gastrites ; par voie externe, l’huile essentielle est efficace contre les douleurs musculaires et les maux de tête ». De même, La Coopération scientifique européenne en phytothérapie reconnaît l’usage de la menthe poivrée dans « le traitement des symptômes de troubles digestifs tels que les flatulences, le syndrome de l’intestin irritable, ainsi que dans celui de la toux et du rhume ».

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Sirop de menthe et allaitement : les dangers potentiels

Bien que la menthe présente des avantages, sa consommation sous forme de sirop de menthe pendant l'allaitement nécessite une attention particulière.

Diminution de la production de lait

La menthe, en particulier la menthe poivrée, est réputée pour ses propriétés anti-galactogènes, c'est-à-dire qu'elle peut potentiellement diminuer la production de lait maternel. Certaines plantes comme le chou, le persil, la sauge, l’aneth, la menthe ou encore l’oseille ont la réputation de diminuer la production de lait. De même, pour éviter les engorgements, lors du sevrage par exemple, il est préconisé en médecine naturelle de manger du persil frais ou de la menthe fraîche. Cette propriété est mise à profit lors du sevrage, lorsque la mère souhaite réduire ou arrêter la lactation. Cependant, pendant l'allaitement, une consommation excessive de menthe pourrait entraîner une diminution de la production de lait, ce qui pourrait affecter l'apport nutritionnel du bébé.

Risques liés à l'huile essentielle de menthe poivrée

Le sirop de menthe contient généralement de l'extrait ou de l'huile essentielle de menthe. L’huile essentielle de menthe poivrée doit être conditionnée en comprimés ou en gélules gastro-résistantes (qui résistent à l’acidité de l’estomac) afin d’éviter des spasmes du larynx ainsi qu’une irritation de l’œsophage et de l’estomac. Un surdosage accidentel d’huile essentielle de menthe poivrée peut être à l’origine d’une éruption cutanée, de maux de tête, d’un ralentissement du rythme cardiaque et de vertiges nécessitant une prise en charge médicale rapide. Chez les jeunes enfants, on a relevé des effets indésirables graves de type convulsions en cas d’utilisation d’huile essentielle de menthe.

Il est crucial de noter que l’usage de l’huile essentielle de menthe poivrée chez les enfants de moins de huit ans est fortement déconseillé. En 2008, l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) a émis des recommandations concernant l’usage de cosmétiques contenant du menthol chez les enfants de moins de six ans. Leur teneur en menthol doit être réduite (moins de 4,5 % de menthol).

Interactions médicamenteuses

La menthe poivrée peut interagir avec de très nombreux médicaments, car elle semble inhiber certaines des molécules responsables de leur élimination par l’organisme. La prudence est donc de mise. De plus, l’huile essentielle de menthe poivrée diminue l’efficacité de certains médicaments pour le cœur (inhibiteurs calciques). Il est donc essentiel de consulter un professionnel de santé avant de consommer régulièrement du sirop de menthe, surtout en cas de prise de médicaments.

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Effets potentiels sur le bébé

Certains aliments peuvent donner un arôme particulier au lait, qui peut alors gêner ou favoriser l’allaitement de bébé. Si les principes actifs de la menthe passent dans le lait maternel, cela pourrait potentiellement affecter le bébé. Bien que cela ne soit pas systématique, certains bébés peuvent être sensibles à la menthe et présenter des réactions telles que :

  • Irritabilité ou agitation : La menthe peut avoir un effet stimulant chez certains bébés, entraînant une irritabilité accrue ou des difficultés à s'endormir.
  • Problèmes digestifs : Dans de rares cas, la menthe peut provoquer des troubles digestifs chez le bébé, tels que des coliques ou des diarrhées.
  • Refus du sein : Si le goût du lait est altéré par la menthe, certains bébés peuvent refuser de téter.

Alternatives et précautions

Si vous aimez le goût de la menthe et souhaitez en consommer pendant l'allaitement, voici quelques alternatives et précautions à prendre :

  • Modération : La clé est la modération. Évitez de consommer de grandes quantités de sirop de menthe de manière régulière. Une consommation occasionnelle et en petites quantités est généralement considérée comme moins risquée.
  • Tisanes légères : Plutôt que le sirop de menthe, optez pour des tisanes légères à base de feuilles de menthe. Assurez-vous que la concentration en menthe est faible et surveillez attentivement la réaction de votre bébé. L'usage des feuilles de menthe poivrée en tisane ne nécessite guère de précautions particulières (sauf chez l'enfant de moins de quatre ans).
  • Surveillance du bébé : Après avoir consommé de la menthe, soyez attentive aux réactions de votre bébé. Si vous remarquez des changements de comportement, des problèmes digestifs ou un refus du sein, réduisez ou cessez votre consommation de menthe.
  • Consultation médicale : Avant d'intégrer régulièrement du sirop de menthe à votre alimentation pendant l'allaitement, consultez votre médecin ou une consultante en lactation. Ils pourront vous fournir des conseils personnalisés en fonction de votre situation et de la santé de votre bébé.
  • Privilégier les aliments favorisant l'allaitement : En plus de surveiller votre consommation de menthe, assurez-vous d'avoir une alimentation équilibrée et riche en aliments qui favorisent la lactation. Parmi les aliments recommandés, la bière (sans alcool bien sûr) ou levure de bière en paillettes pourront augmenter la quantité de lait produite. De même que certaines plantes comme le fenouil, l’anis, la verveine, ou encore la feuille de framboisier rouge. Les lentilles, amandes, noix de cajou, et dattes ont également une influence positive.

Alimentation de la mère allaitante : conseils généraux

Allaiter demande énormément d’énergie, la nouvelle maman devra donc être attentive à son alimentation, afin de ne pas développer de carences, mais aussi fournir à bébé tous les apports dont il a besoin. Il est important de rester en forme et éviter les carences.

Apports nutritionnels essentiels

  • Magnésium : Lorsque vous allaitez, l’apport recommandé en magnésium augmente, il faut donc trouver des sources pour éviter les carences. Pour cela, vous pouvez consommer des céréales complètes, du chocolat, ainsi que des légumes verts comme les haricots, les épinards, ou encore l’artichaut qui est aussi riche en fer.
  • Calcium : Pour avoir des os solides, vous pouvez insister sur les produits laitiers : le lait, le fromage et les yaourts. Cependant, d’autres aliments sont également des sources, souvent méconnues, de calcium : les amandes, le tofu ou encore les légumes verts comme le brocoli, le cresson ou le chou.
  • Vitamines : Parmi les vitamines à privilégier, la vitamine D est nécessaire à la croissance et au bon développement de bébé. Cette vitamine est présente notamment dans de nombreux poissons, le lait, la margarine ou encore le jaune d’œuf. La vitamine C permet de renforcer votre système immunitaire, comme celui de bébé, mais également de lutter contre les infections. Vous pouvez consommer du poivron, kiwi, fraise, litchi ou encore des agrumes comme l’orange ou le citron.

Hydratation

Les femmes qui allaitent ont besoin d’énormément d’eau ou autres boissons. En effet, le lait maternel étant constitué à presque 90% d’eau, il vous faudra donc augmenter votre consommation. N’hésitez pas à boire très régulièrement, y compris quand vous donner le sein, moment où vous aurez le plus soif.

Aliments à éviter ou à limiter

De même que pendant une grossesse (voir notre dossier sur les aliments déconseillés durant la grossesse), certains aliments sont déconseillés durant l’allaitement. Les boissons énergétiques, caféine, thé, boissons gazeuses ou encore l’alcool sont à éviter si vous allaitez (d’après un rapport de mai 2012 de l’ANAES[1] et d’après l’INPES). En effet, les stimulants présents dans ces boissons sont véhiculés par votre lait maternel et donc consommées aussi par bébé. Si vous faîtes un écart et consommez de l’alcool, sachez que le taux sera plus fort l’heure suivante, et que l’élimination complète prendra plusieurs heures.

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Certains poissons peuvent être nocifs pour votre enfant car ils contiennent des polluants, notamment du mercure. Par exemple le brochet, la truite grise, l’achigan ou encore le caviar et le foie de poisson absorbent en plus grande quantité ces polluants, qui sont de plus en plus présents dans la nature.

Durant la diversification alimentaire, étape où votre enfant commencera à consommer d’autres aliments que le lait, certains fruits ou légumes devront être introduit plus tard à cause des risques d’allergies possibles. Parmi les produits réputés comme allergènes, on retrouve notamment les fraises, les fruits exotiques en général ou encore certains agrumes. Heureusement, il n’y aurait à priori pas de lien entre votre alimentation et les risques d’allergies pour les enfants allaités. Vous pouvez donc consommer sans craintes tous ses aliments, excepté s’il y a un terrain familial « à risque », il est déconseillé, d’après l’INPES, de consommer des aliments contenant de l’arachide.

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