La réforme des retraites suscite de nombreuses questions, notamment concernant l'impact d'un trimestre supplémentaire sur l'âge de départ et le montant de la pension. Cet article vise à éclaircir les différents aspects de cette réforme, en tenant compte de la suspension temporaire de certaines mesures.
Suspension de la Réforme : Ce que Cela Signifie
Contrairement à certaines idées reçues, la suspension de la réforme des retraites n'implique pas un retour à l'âge légal de départ de 62 ans. Il s'agit d'une suspension, et non d'une abrogation, de la réforme de 2023. Cette dernière prévoyait un recul progressif de l'âge de départ, à raison d'environ trois mois supplémentaires par an jusqu'en 2030, pour atteindre 64 ans.
Depuis le 1er janvier 2025, l'âge légal est fixé à 62 ans et 9 mois. C'est cet âge qui serait gelé jusqu'aux élections présidentielles de mai 2027, sous réserve de l'adoption effective de la mesure de suspension dans la loi de finances pour 2026.
Qui Est Concerné par la Suspension ?
Cette suspension concernerait principalement les salariés nés après 1963, qui pourraient partir dès qu'ils atteignent 62 ans et 9 mois, en principe jusqu'en 2027. Ainsi, par exemple, un salarié né le 1er août 1965 pourrait partir le 1er mai 2028, à 62 ans et 9 mois, au lieu de 63 ans et 3 mois selon la réforme initiale.
Il est important de noter que le délai réel pourrait être plus long, car il est peu probable qu'un nouveau président élu mette immédiatement fin à la suspension d'une réforme aussi contestée. Une nouvelle loi serait nécessaire, ce qui prendrait plusieurs mois.
Lire aussi: Auxiliaire de Puériculture : La VAE simplifiée
Nombre de Trimestres : Un Gel Partiel
Il est essentiel de distinguer l'âge légal, qui permet de demander sa retraite, de l'âge du taux plein, atteint lorsque le salarié a cotisé le nombre de trimestres nécessaires. La réforme de 2023 a prévu une période transitoire pour allonger la durée d'assurance, passant de 168 trimestres en 2023 à 172 trimestres en 2030 (43 ans de cotisation).
La suspension provoquerait un gel temporaire sur la période 2025-2027 : pendant cette phase, les salariés disposant de 170 trimestres pourraient partir à taux plein, alors que la réforme en exigeait 172 pour une retraite prise en 2027.
L'Importance du Taux Plein
Partir à taux plein est crucial, car la décote en cas de départ anticipé est lourde : 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres, soit une réduction maximale de 25 %. Un salarié peut donc subir une perte de 6,25 % pour 5 trimestres manquants, ou 25 % pour 20 trimestres ou plus. Heureusement, à 67 ans, tout salarié bénéficie du taux plein automatique, même s'il n'a pas cotisé le nombre de trimestres requis.
Les Français Face à la Réforme : Réalité et Opposition
Les Français sont conscients de la nécessité d'adapter le système de retraite à l'évolution démographique, notamment l'augmentation de l'espérance de vie. Cependant, la France reste l'un des pays européens où l'âge de la retraite est le plus bas, ce qui exerce une pression considérable sur les finances publiques, d'autant plus que les pensions françaises sont relativement élevées par rapport aux salaires d'activité.
Le véritable défi réside dans la sortie prématurée des seniors du marché du travail. En moyenne, les Français cessent de travailler à 60,4 ans, contre 63 ans dans la plupart des pays européens, et 66,5 ans au Danemark.
Lire aussi: Les trimestres dans la réforme des retraites Macron
L'Âge de 60,4 Ans : Un Point Sensible
Cette moyenne masque de fortes inégalités : les salariés qui travaillent jusqu'à 64 ans sont relativement préservés, mais ceux qui sont écartés dès 56 ans et ne retrouvent pas d'emploi vivent une situation difficile. Après 27 mois de chômage, beaucoup tombent dans le « halo autour du chômage » : sans emploi, sans revenu, trop jeunes pour la retraite. Certains vivent sur leurs économies pendant plusieurs années. Les cadres, souvent entrés tard sur le marché du travail, n'atteignent le taux plein qu'à 66 ou 67 ans. La France souffre ainsi d'une véritable discrimination structurelle envers ses salariés âgés.
Logique Financière des Entreprises
Ce phénomène s'explique aussi par la structure du capitalisme français, dominé par de grands groupes et des fonds d'investissement. Pour optimiser leurs coûts, ces entreprises se séparent massivement de leurs salariés âgés, notamment des cadres, dont la rémunération a augmenté avec l'expérience. Dès 50 ans, beaucoup vivent dans une peur diffuse d'être écartés. Cette insécurité fragilise la fin de carrière et alimente la mise à l'écart systématique des seniors, en contradiction totale avec les discours publics appelant à « travailler plus longtemps ».
Solutions Pour Lutter Contre la Discrimination
Éviter les Erreurs du Passé
Il est crucial d'éviter les mesures contre-productives comme la loi Delalande des années 1990, qui imposait une pénalité financière en cas de licenciement d'un salarié âgé. Loin de protéger les seniors, elle a bloqué leur embauche pendant près de vingt ans.
L'Index Senior : Une Piste Prometteuse
La Première ministre Élisabeth Borne avait instauré un index senior, obligeant les entreprises à publier la part de salariés âgés dans leurs effectifs, avec des sanctions financières à la clé. Ce dispositif, inspiré de l'index égalité femmes-hommes, aurait pu être un outil efficace de transparence et de responsabilisation. Mais le Conseil constitutionnel l'a censuré, estimant qu'il n'avait pas de lien direct avec la loi de financement de la Sécurité sociale.
Miser sur la Formation et la Valorisation de l'Expérience
Le meilleur moyen de lutter contre la discrimination n'est pas de sanctionner les entreprises, mais de les convaincre de l'intérêt économique et humain de conserver leurs salariés âgés. Cela suppose de former régulièrement les salariés tout au long de leur carrière, et non seulement à partir de 50 ans. La Finlande a montré la voie : en investissant massivement dans la formation continue des seniors, elle a reculé spectaculairement l'âge de cessation d'activité. Il n'y a aucune raison que des salariés bien formés soient considérés comme moins performants du seul fait de leur âge : leur expérience constitue un capital inestimable pour l'entreprise.
Lire aussi: Comprendre la réforme des retraites
Impact d'un Trimestre Supplémentaire
Trimestres Cotisés, Assimilés et Validés
Il est essentiel de comprendre la distinction entre les différents types de trimestres :
- Trimestres cotisés: Acquis grâce aux cotisations prélevées sur le salaire. Le nombre maximum est de quatre par an. La validation de ces trimestres cotisés est fonction des sommes sur lesquelles vous avez cotisé et non sur la durée du travail. Ainsi pour valider un trimestre cotisé il faut avoir perçu dans l'année l'équivalent d'un revenu égal à 150 fois le montant du smic horaire brut.
- Trimestres assimilés: Attribués durant des périodes d'interruption involontaire de travail (invalidité, arrêt maladie, congé maternité ou d'adoption, chômage indemnisé). Le cumul des trimestres cotisés et assimilés ne peut dépasser quatre par an et ils comptent pour la durée d'assurance.
- Trimestres validés: Calculés en additionnant les trimestres cotisés et les trimestres assimilés. Ils constituent la durée d'assurance.
Si vous êtes né à partir du 1er janvier 1965, vous devez avoir 172 trimestres validés, soit l'équivalent de 43 ans de carrière, pour avoir une retraite à taux plein.
Avantages d'Avoir des Trimestres Supplémentaires
Avoir des trimestres supplémentaires, c'est-à-dire au-delà du nombre requis pour une retraite à taux plein, peut avoir des avantages financiers, notamment la possibilité de bénéficier d'une surcote.
La Surcote
La surcote est un mécanisme qui permet d'augmenter le montant de votre pension de retraite de base si vous continuez à travailler après avoir atteint le nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein. Concrètement, chaque trimestre supplémentaire travaillé au-delà de l'âge légal de départ à la retraite vous permet d'obtenir une majoration de votre pension de retraite. Cette majoration est calculée sur la base d'un taux de surcote par trimestre supplémentaire.
Pour profiter d'une surcote de sa pension de retraite de base, il faut travailler au-delà de l'âge légal de départ à la retraite, soit 64 ans depuis la réforme des retraites 2023, et avoir acquis la durée d'assurance requise pour bénéficier du taux plein. Si vous ne demandez pas la liquidation de votre retraite de base et que vous continuez à travailler au-delà de l'âge légal de départ à la retraite, chaque trimestre civil entier cotisé supplémentaire vous permettra d'obtenir une majoration du montant brut annuel de votre pension.
Par exemple, si vous avez validé 4 trimestres supplémentaires par rapport au taux plein, votre nouveau taux de liquidation sera calculé comme suit :
Taux de liquidation avec surcote = Taux plein 50 % + Surcote [50 % X (1,25 % X 4)] = 50 % + 2,5 % = 52,5 %
Ici, votre pension de retraite au régime de base ne sera pas calculée sur la base du taux plein fixé à 50 %, mais sur la base d'un taux majoré égal à 52,5 %.
Le nombre de trimestres retenu correspond au nombre de trimestres civils entiers cotisés au-delà de l'âge légal de départ à la retraite. Si vous êtes né en janvier, le premier trimestre de surcote débutera au 1er avril. En revanche, si vous obtenez le nombre de trimestres requis au-delà de l'âge légal de départ à la retraite, la prise en compte des trimestres supplémentaires commencera dès le premier jour du mois suivant.
La Décote
Le pendant inverse de la surcote existe aussi : c'est la décote. Elle intervient lorsque vous partez à la retraite sans avoir acquis le nombre de trimestres requis fixé pour votre génération et sans avoir atteint l'âge du taux plein automatique (67 ans). La décote par trimestre manquant vient en déduction de votre pension si vous partez à la retraite avant d'avoir validé le nombre de trimestres requis pour le taux plein. Cette décote est calculée en fonction du nombre de trimestres manquants.
Impacts Spécifiques pour les Fonctionnaires
La suspension de la réforme des retraites de 2023 modifie l'âge de départ à la retraite et la durée d'assurance pour certaines générations de fonctionnaires, sans changer les règles de calcul de la pension. Prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, la suspension de la réforme des retraites entraîne des aménagements significatifs pour les fonctionnaires relevant des catégories sédentaire et active.
Agents Relevant de la Catégorie Sédentaire
- Âge d'ouverture des droits:
- Pour les agents nés en 1964 et au 1er trimestre 1965 : l'âge légal reste fixé à 62 ans et 9 mois.
- Pour les agents nés à partir du 1er avril 1965 : l'âge légal augmente ensuite progressivement d'un trimestre pour atteindre 64 ans pour la génération 1969.
- Durée d'assurance requise (taux plein):
- La durée d'assurance est réduite de :
- 1 trimestre pour les agents nés en 1964.
- 2 trimestres pour les agents nés au 1er trimestre 1965.
- La durée cible de 172 trimestres ne sera atteinte que pour la génération 1966.
- La durée d'assurance est réduite de :
Agents Relevant de la Catégorie Active
- Âge d'ouverture des droits:
- Pour les assurés nés entre le 1ᵉʳ janvier et le 31 août 1966 : l'âge reste fixé à 57 ans.
- Pour les assurés nés à partir du 1ᵉʳ janvier 1974 : l'âge légal est porté à 59 ans.
- Durée d'assurance requise (taux plein):
- La durée d'assurance évolue pour les générations 1969 et 1970 :
- Pour les assurés nés du 1ᵉʳ janvier 1969 au 31 mars 1970 : 170 trimestres.
- Pour les assurés nés du 1ᵉʳ avril 1970 au 31 décembre 1970 : 171 trimestres.
- La durée d'assurance évolue pour les générations 1969 et 1970 :
Départ Anticipé au Titre des Carrières Longues
Les bornes d'âge restent inchangées. En revanche, pour les assurés, nés en 1964 et au 1er trimestre 1965, le nombre de trimestres cotisés requis est abaissé à 170 trimestres (au lieu de 172 pour les agents nés au 1er trimestre 1965 et 171 pour les agents nés en 1964).
Calcul de la Pension
La suspension de la réforme n'a aucune incidence sur les règles de calcul de la pension CNRACL. Seule la durée d'assurance requise pour le taux plein varie selon la génération. Pour bénéficier d'une surcote, l'agent doit continuer à cotiser après son âge de la surcote et dépasser la durée d'assurance nécessaire au taux plein.
Les Débats Parlementaires Autour de la Réforme
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (PLFSS 2026) a fait l'objet de nombreux débats parlementaires. Le premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une suspension de la réforme des retraites de 2023. Le gouvernement a déposé à l'Assemblée nationale le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 contenant plusieurs articles concernant les retraites.
Les Étapes Clés
- Le 26 novembre, après l'Assemblée nationale, puis une réécriture au Sénat, s'est réunie la commission mixte paritaire sur le PLFSS 2026. Face aux divergences, dont la suspension de la réforme des retraites, les quatorze parlementaires n'ont pas abouti à un texte commun. Le PLFSS 2026 adopté par le Sénat terminera son parcours parlementaire avec un nouveau passage à l'Assemblée nationale.
- Le 9 décembre, les députés ont adopté en nouvelle lecture le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 par 247 voix contre 234, avec 93 abstentions. En résumé sont retirés du projet du gouvernement le gel des retraites et le gel du barème des cotisations sociales. Le Sénat est à nouveau consulté (vote prévu le 12 décembre), puis dernier vote des députés (le 12 décembre aussi car dernier délai constitutionnel). L'incertitude continue !
- Le 11 décembre, le rapport de la commission des affaires sociales du Sénat propose aux sénateurs de voter une question préalable le 12 décembre. L'adoption d'une telle motion entraîne le rejet du texte. Selon l'article 45 de la Constitution, l'Assemblée nationale pourra reprendre en lecture définitive « le dernier texte voté par elle, modifié le cas échéant par un ou plusieurs des amendements adoptés par le Sénat ».
- Le 16 décembre, les députés ont à nouveau adopté dans les mêmes termes le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 que celui du 9 décembre (247 pour et 232 contre). Le projet devrait être soumis au conseil constitutionnel par des parlementaires. Beaucoup d'articles ont été ajoutés, ceux concernant les retraites sont conformes.
- Le 30 décembre 2025, le Conseil constitutionnel valide la majorité des articles dont il était saisi de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.
- Le 31 décembre 2025 la LOI 2025-1403 de financement de la sécurité sociale du 30 décembre parait au Journal officiel.
La Suspension de la Réforme en Détail
- La « suspension de la réforme des retraites » figure d'abord dans le discours du premier ministre Sébastien Lecornu le 14 octobre : « Je proposerai au Parlement que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu'à l'élection présidentielle. Le 23 octobre, le gouvernement adopte La lettre rectificative au PLFSS 2026.
- Le 31 octobre, la commission des affaires sociales a voté en majorité l'article sur la « suspension ».
- Le 12 novembre, le gouvernement propose un long amendement à l'article 45 bis. Dans le projet initial, la suspension s'appliquait à la date de parution de la loi au JO. L'amendement repousse l'application à septembre 2026 (comme demandé par le directeur de l'assurance retraite). Pourtant en 2023, la loi n'avait laissé que 4 mois aux caisses de retraite pour appliquer une réforme bien plus complète et complexe. Le 12 novembre, les députés ont adopté l'article 45 bis modifié. Les groupes Droite Républicaine et LFI ont voté contre.
- Le 15 novembre, la commission des affaires sociales du Sénat supprime l'article 45 bis sur la suspension avec pour argument que c'est « du pur effet d'annonce » !
- Le 25 novembre, une majorité de sénateurs supprime l'article 45 bis sur la suspension. Soutenus par le président du Sénat Gérard Larcher (LR), 190 voix sont pour la suppression et 108 contre.
Retraite Anticipée Carrière Longue
La retraite anticipée carrière longue sera concernée, selon le gouvernement. L'analyse s'appuie sur le code de la sécurité sociale (CSS L351-1-1 ; D351-1-1).
Catégories Actives des Régimes de Retraite des Fonctions Publiques
L'amendement déposé par le gouvernement le 12 novembre étend la suspension aux catégories active des régimes de retraite des fonctions publiques.
Autres Mesures et Dispositions
Revalorisation des Retraites
Si l'indice des prix en moyenne annuelle constate une hausse de 1%, les retraites ne seront revalorisées que de 0,1% en 2027 et 0,6% de 2028 à 2030. En langage officiel, on écrit : « sont revalorisés (…) d'un coefficient égal à 0,004 pour les années 2028 à 2030, sans toutefois pouvoir être inférieur à un ».
Cotisations Sociales
Le 25 novembre le Sénat rétablit l'article 44 amendé en créant une différence entre les cotisants : seuls ceux ayant un total de retraites de moins de 1400 € seraient revalorisées en 2026. Le conseil constitutionnel avait déjà pris position contre ce type de mesure car les retraites sont le résultat des cotisations versées en activité.
Cumul Emploi-Retraite
Le gouvernement reprend une des mesures issues de la « délégation paritaire permanente » refusée par le patronat au début 2025 (appelée « conclave » par le premier ministre Bayrou). La retraite repose sur le salaire annuel moyen des 25 meilleures années de la carrière, salaires revalorisés comme les retraites.
Carrière Longue
La mesure ajoute deux trimestres réputés cotisés à la liste des trimestres nécessaires pour avoir une carrière longue.
Cumul Emploi-Retraite
Le projet de loi cite le rapport de mai 2025 de la Cour des comptes intitulé « Le cumul emploi-retraite : un coût élevé, une cohérence à établir ». Cette réforme ne s'applique pas à la retraite progressive. La loi prévoit une application aux assurés bénéficiant de leur première retraite de base à compter du 1er janvier 2027.
Barème CSG
Le RFR figurant l'avis d'impôt reçu en cette année 2025 est calculé sur les revenus de 2024. Le barème 2026 aurait dû être revalorisé comme l'indice des prix constaté fin 2024, soit 1,8%. Mais à présent, le barème gelé s'applique à des retraites ayant bénéficier de la plus forte revalorisation des retraites depuis au moins 20 ans, soit 5,3%.
Le gouvernement indique dans son exposé des motifs que le lissage va s'appliquer pour les retraités modestes. C'est inexact. Les retraités exonérés vont tout de suite passer à 4,3% (3,8 CSG +0,5 CRDS). Seuls les retraités déjà à 4,3% vont attendre un an pour subir la hausse (lissage). Il manque une mesure de lissage sur le taux zéro, ou l'exonération. Pour une personne, cela correspond à un revenu mensuel maximum d'environ 960 euros en 2023 (barème 2025).
Le 27 octobre la commission des affaires sociales de l'assemblée nationale du 27 octobre adopte plusieurs amendements déposés par différents groupes proposant de supprimer cet article. Le 5 novembre les députés suppriment l'article 6 figeant la barème CSG. Ils ont aussi adopté un amendement du groupe PS créant un article 6 ter reprenant une proposition de la CFDT Retraités de créer un lissage pour chaque changement de taux de CSG et pas seulement du taux de 3,8% au taux de 6,6%. Le 15 novembre, la commission des affaires sociales du Sénat rétablit l'article 6 avec le même barème en 2026 qu'en 2025. Le 21 novembre, le Sénat rétablit l'article 6 avec le même barème en 2026 qu'en 2025.
Lissage de la CSG
Les retraités habitués du site de la CFDT Retraités savent que nous revendiquons depuis des années l'extension du mécanisme de lissage sur chaque franchissement de taux de CSG. Le lissage actuel permet aux retraités dépassant de peu le seuil haut du taux de 3,8% de CSG une première année de conserver ce taux. Toute la CFDT Retraités dans les départements s'est mobilisée en écrivant à leurs députés pour leur demander d'adopter un amendement au code de la sécurité sociale instaurant le lissage sur tous les taux, avec un argumentaire. Certes, les bénéficiaires ne sont pas très nombreux, mais ce sont des retraités modestes. Le 5 décembre nous découvrons la disparation de l'article dans le projet de loi.
Majoration de Durée d'Assurance pour Enfants
Le gouvernement a déposé un autre amendement le 12 novembre juste avant le débat à l'article 45. Il ajoute UN trimestre de bonification pour chaque enfant né à partir de 2004 et après le recrutement. Pourquoi ? Pour donner suite à une jurisprudence, les règles ont dû changer en 2004. Les femmes ayant accouché après leur recrutement bénéficient d'une majoration de durée d'assurance de 2 trimestres pour chaque enfant né depuis 2004. Cette majoration compte uniquement pour la durée d'assurance et non pour la liquidation de la pension. En résumé, une femme fonctionnaire aura toujours deux trimestres par enfant, mais UN comptera pour la retraite.
Comprendre le Calcul de la Retraite
La pension de base résulte d'un pourcentage appelé « taux ». On applique ce taux au salaire annuel moyen. Le taux normal de 50 % sera réduit par une décote si une condition n'est pas remplie. « L'âge légal » permet d'obtenir une retraite. Le taux plein (50 % sur le salaire annuel moyen) est acquis si l'assuré a le nombre de trimestres requis.
Conditions d'Obtention du Taux Plein
- Le taux plein de 50 % est accordé sans condition à partir de 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres validés.
- Par dérogation, le taux plein s'applique à partir de 62 ans aux assurés reconnus inaptes au travail.
Décote et Minoration du Taux
Si on demande la liquidation de sa pension avant 67 ans, sans avoir le nombre de trimestres nécessaires tous régimes confondus, le taux est minoré. Le coefficient de minoration du taux plein est de 1,25 % par trimestre manquant (soit 5% par an). Cela correspond à une décote sur le taux de 0,625 par trimestre manquant. L'assuré doit donner son accord pour l'attribution de la pension de vieillesse à taux minoré. Il faut avoir conscience qu'une décote sur la pension s'applique pour le reste de sa vie, soit plus de 25 ans en moyenne.
Surcote et Majoration de la Retraite
L'assuré ayant dépassé l'âge légal et ayant obtenu la durée d'assurance exigée pour le taux plein peut bénéficier d'une surcote, soit une majoration de sa retraite (et non du taux). Cette majoration est de 1,25 % par trimestre civil depuis 2009 (soit 5 % par an). Le montant de la surcote s'ajoute au montant de la pension porté au minimum contributif. Elle est prise en compte pour la majoration de pension pour enfants de 10 %. Attention, on retient un nombre de trimestres égal au nombre de trimestres civils entiers suivant celui au cours duquel est survenu l'anniversaire de l'âge légal. Toutefois, si le nombre de trimestres requis est atteint après l'âge légal, le décompte des trimestres de surcote commence dès le premier jour du mois suivant. La surcote est appliquée au montant annuel brut de la pension de vieillesse. La surcote peut donc conduire à verser une pension supérieure au maximum.
Surcote Parentale
Une surcote parentale est instaurée par la réforme de 2023. La surcote parentale est calculée à raison d'une majoration de la retraite de 1,25% par trimestre civil cotisé au-delà du nombre de trimestres exigés pour le taux plein si celui-ci est atteint au cours de l'année précédant l'âge légal de départ en retraite de 63 ans ou plus.
Majoration de Durée d'Assurance pour Enfants
La réforme des retraites de 2023 a mis en place une nouvelle compensation pour les parents : la surcote parentale. Un changement d'attribution des trimestres « éducation » a également lieu. Désormais, 2 des 4 trimestres « éducation » acquis pour chaque enfant sont attribués automatiquement à la mère. Les 2 autres peuvent être attribués à la mère ou au père. L'option choisie pour chaque enfant doit être exprimée par les parents dans le délai de 6 mois à partir du 4e anniversaire de sa naissance ou de son adoption, via le formulaire de déclaration. En cas de désaccord, le parent doit se manifester dans le même délai de 6 mois, à l'aide du même formulaire. Si les parents ne transmettent pas leur choix dans ce délai de 6 mois, les trimestres sont attribués à la mère. L'attribution des trimestres est définitive. Elle ne peut être modifiée qu'en cas de décès du bénéficiaire de la majoration avant la majorité de l'enfant. Les tiers éduquants (personnes qui ont reçu la délégation totale de l'autorité parentale ou auxquelles le juge a confié l'enfant) peuvent, sous certaines conditions, bénéficier de la majoration éducation. Le parent qui a obtenu un congé parental d'éducation a droit à une majoration de sa durée d'assurance égale à la durée effective de ce congé. Vous pouvez bénéficier d'une majoration de durée d'assurance, dans la limite de 8 trimestres, si vous élevez ou avez élevé un enfant handicapé. Si vous ne réunissez pas le nombre de trimestres nécessaire pour obtenir une retraite au taux maximum, vous pouvez tout de même en bénéficier dès 65 ans.
tags: #reforme #retraite #impact #trimestre #supplémentaire
