La pré-éclampsie est une complication de la grossesse qui nécessite une surveillance attentive. Autrefois appelée toxémie gravidique, cette pathologie spécifique de la grossesse peut avoir des conséquences graves si elle n'est pas détectée et prise en charge à temps. Elle concerne environ 2% à 5% des grossesses et se manifeste généralement après la 20e semaine d'aménorrhée (SA).

Qu'est-ce que la Pré-éclampsie ?

La pré-éclampsie est définie par l’apparition, après 20 semaines d’aménorrhée (SA), d’une hypertension artérielle (≥ 140/90 mmHg) associée à au moins un signe de dysfonction d’organe maternel et/ou fœtal. Elle résulte d’un mauvais fonctionnement du placenta lié à une mauvaise vascularisation (ensemble des vaisseaux sanguins permettant l’irrigation) de ce dernier. La croissance du futur bébé, notamment pendant la deuxième partie de grossesse, nécessite un flux sanguin considérable. Le manque d’efficacité du placenta conduit à une perturbation de la croissance de l’enfant et à une libération de substances toxiques dans le sang maternel.

Plus précisément, la pré-éclampsie se manifeste par :

  • Une hypertension artérielle (≥ 140/90 mmHg à deux reprises, à 4 heures d’intervalle) non connue avant la grossesse.
  • Associée soit à la présence de protéine dans les urines (protéinurie ≥ 0,3 g/24 h ou rapport protéine/créatinine ≥ 30 mg/mmol),
  • Soit, en l’absence de protéines dans les urines, à un ou plusieurs signes de gravité : atteinte rénale, atteinte hépatique, diminution des plaquettes, signes neurologiques (maux de têtes, troubles visuels), œdème pulmonaire, retard de croissance intra-utérin ou anomalies du doppler utéroplacentaire (trouble de la circulation du sang entre le placenta et le foetus).

On peut résumer la pré-éclampsie par : Hypertension artérielle + Atteinte d’un organe maternel et/ou fœtal après 20 SA. Le plus souvent, elle reste sans gravité si elle est détectée et surveillée à temps.

Signes à Surveiller

Dans de nombreux cas, la future maman ne ressent aucun symptôme, d'où l'importance cruciale d'un suivi médical régulier. Cependant, certains signes doivent alerter :

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  • Des maux de tête persistants ou inhabituels.
  • Des troubles de la vision (vue floue, lumières, mouches devant les yeux).
  • Des douleurs au niveau du ventre ou sous les côtes.
  • Des gonflements soudains du visage, des mains ou des pieds.
  • Une prise de poids rapide (liée à la rétention d’eau).

En cas de doute, il est impératif de contacter rapidement votre sage-femme, votre gynécologue ou la maternité.

Pourquoi la Pré-éclampsie est-elle Préoccupante ?

Sans prise en charge appropriée, la pré-éclampsie peut évoluer vers des formes graves, incluant :

  • Éclampsie : survenue de convulsions chez la mère.
  • Syndrome HELLP : atteinte du foie et baisse importante des plaquettes sanguines.
  • Décollement placentaire : séparation prématurée du placenta, pouvant provoquer des saignements importants.
  • Retard de croissance intra-utérin ou souffrance fœtale, liés à une mauvaise oxygénation du bébé.
  • L’hématome rétroplacentaire, un hématome situé au niveau de la zone de fixation du placenta et de la paroi interne de l’utérus. Cette situation peut provoquer le décollement du placenta, supprimant ainsi (plus ou moins, en fonction du degré de décollement) les échanges nécessaires entre la mère et son bébé. L’hématome rétroplacentaire se reconnaît par : des douleurs brutales au ventre, des pertes de sang noirâtres, des contractions utérines et un rythme cardiaque fœtal anormal.

Prise en Charge et Traitement

Le traitement de la pré-éclampsie dépend de la gravité et de l’avancement de la grossesse. Les principales approches incluent :

  • Suivi médical rapproché : Surveillance régulière de la tension artérielle et des analyses urinaires pour détecter toute anomalie.
  • Médicaments antihypertenseurs : En cas d’hypertension sévère, des médicaments peuvent être prescrits pour contrôler la pression artérielle. L’objectif de cette prise en charge est de prolonger la grossesse le plus longtemps possible, afin que le fœtus puisse continuer à se développer in utero, sans conséquences sur sa santé ni celle de sa mère. Plusieurs médicaments doivent être administrés, dont un incontournable : un traitement antihypertenseur par voie intra-veineuse, puis par voie orale si possible.
  • Repos et hospitalisation : Un repos strict, voire une hospitalisation, peuvent être nécessaires.
  • Accouchement anticipé : Si les risques pour la mère ou l’enfant sont trop importants, il peut être nécessaire d’initier l’accouchement, même si la grossesse n’est pas à terme.
  • Lorsque le diagnostic est posé, la future maman est rapidement hospitalisée dans une maternité dotée d’un équipement permettant sa prise en charge, ainsi que celle de son enfant. Et ce, afin d’établir un bilan fœto-maternel : l’évaluation de la sévérité de la prééclampsie et de la vitalité du fœtus. Mais aussi pour la traiter au plus vite.

Causes et Facteurs de Risque

Les causes exactes de la pré-éclampsie ne sont pas entièrement comprises, mais plusieurs facteurs semblent jouer un rôle dans son apparition : L’élément déclencheur de la prééclampsie, ou toxémie gravidique, est un dysfonctionnement du placenta (l’organe qui assure les échanges entre la mère et le fœtus et la sécrétion des hormones de grossesse). En cas de prééclampsie, son développement s’est anormalement effectué et il fonctionne mal, en raison notamment d’une mauvaise vascularisation . Autrement dit, l’ensemble des vaisseaux sanguins permettant d’irriguer le placenta ne jouent pas pleinement leur rôle.La prééclampsie se déclare le plus souvent pendant le 2e trimestre de grossesse et après la 20e semaine d’aménorrhée. Cela s’explique par le fait que le flux sanguin augmente considérablement durant cette période, afin de favoriser la croissance du fœtus. Toute femme enceinte peut souffrir de prééclampsie.

  • Antécédents médicaux : Hypertension artérielle chronique, maladies rénales ou pré-éclampsie dans une grossesse précédente. Une femme qui a déjà souffert de prééclampsie a une chance sur quatre d’avoir à nouveau une prééclampsie lors d’une nouvelle grossesse.
  • Grossesse multiple : Les femmes enceintes de jumeaux ou plus présentent un risque accru.
  • Âge maternel : Les femmes de moins de 20 ans ou de plus de 40 ans sont plus susceptibles de développer une pré-éclampsie.
  • Obésité : Un indice de masse corporelle (IMC) élevé avant ou pendant la grossesse peut augmenter le risque.
  • Maladies chroniques : Le diabète, les maladies cardiaques ou les troubles auto-immuns augmentent également le risque de pré-éclampsie.

Ces facteurs ne signifient pas qu’une pré-éclampsie va forcément survenir, mais elles justifient une surveillance renforcée.

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Prévention de la Pré-éclampsie

Certaines précautions peuvent aider à réduire le risque :

  • Suivre toutes les consultations de grossesse (même si tout va bien).
  • Surveiller votre tension et vos urines comme cela est recommandé. En tant que femme enceinte, vous êtes normalement suivie chaque mois par votre sage-femme, votre gynécologue ou votre médecin traitant. Ces professionnels de santé mesurent votre tension lors de chaque consultation et vérifient vos résultats d’analyse de sang et d’urine, également effectuées chaque mois.
  • Adopter une alimentation équilibrée et boire suffisamment d’eau.
  • Bouger régulièrement (selon les conseils de votre médecin).
  • Dans certains cas, votre médecin peut proposer un traitement préventif, comme une faible dose d’aspirine. Cas particulier : un traitement préventif par aspirine à faible dose peut être prescrit aux patientes avec un antécédent de prééclampsie.

Après l'Accouchement

La plupart du temps, tout rentre dans l’ordre après la naissance du bébé. Cependant, un suivi de la tension artérielle et la réalisation de bilans sanguins peuvent être nécessaires pendant quelques semaines. La prééclampsie peut toujours survenir après la naissance du bébé : immédiatement ou jusqu’à 6 semaines après. Un suivi post-partum (après la grossesse), est important pour éviter toute récidive ou complication tardive. Voici pourquoi le suivi médical mis en place consiste à surveiller régulièrement la tension artérielle et la présence de protéines dans les urines, mais aussi à adapter le traitement antihypertenseur lorsque nécessaire et surveiller les facteurs de risque cardio-vasculaire.

La contraception prescrite est décidée en fonction de l’état de santé de la mère : une contraception non hormonale est proposée en première intention. En effet, la contraception hormonale oestroprogestative est déconseillée jusqu’à 6 semaines après l’accouchement, en raison des effets secondaires qu’elle peut provoquer dans ce contexte.

Idées reçues

L’hypertension artérielle gravidique et la prééclampsie ne sont pas dues au stress ou à un excès de travail, mais à des anomalies de la formation des vaisseaux sanguins du placenta, l’organe qui permet les échanges entre la mère et le fœtus. Du fait de ces anomalies, celui-ci ne reçoit pas suffisamment de nutriments et d’oxygène et développe un retard de croissance.

Lire aussi: Comprendre la pré-éclampsie

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