Introduction

Les Pays les Moins Avancés (PMA) représentent un groupe de nations confrontées à des défis de développement spécifiques et nécessitant un soutien international ciblé. Cet article explore le fonctionnement du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) en relation avec les PMA, en mettant en lumière les enjeux, les stratégies et les impacts de cette collaboration.

La Catégorie des Pays les Moins Avancés (PMA)

L'expression "pays les moins avancés" a été forgée en 1971 par le Conseil Économique et Social de l’ONU (CESNU, ECOSOC en anglais). Cette catégorie regroupe une liste de pays considérés comme étant en « difficulté » sur le plan du développement. En 2024, cette liste comprend 44 pays, dont 33 situés en Afrique, 8 en Asie, 3 en Océanie et un dans les Antilles. Ces États sont désavantagés dans leur processus de développement et peinent à s’extirper de la pauvreté, nécessitant un appui particulier de la part de la communauté internationale.

L'inscription sur la liste des PMA est soumise à l'acceptation des gouvernements, ce qui explique pourquoi certains pays, tels que le Zimbabwe, la Bolivie ou la Corée du Nord, n’en font pas partie. Depuis la création de cette catégorie, huit pays ont réussi à sortir de cette liste : le Botswana (1994), le Cap-Vert (2007), les Maldives (2011), les Samoa (2014), la Guinée Équatoriale (2017), le Vanuatu (2020), le Bhoutan (2023) et São Tomé-et-Principe (2024). Le Soudan du Sud l’a intégrée en 2011. Cependant, plusieurs pays en attente de sortie sont finalement prolongés, notamment en raison de la pandémie de COVID-19, parmi lesquels l'Angola, le Bangladesh, le Laos, le Népal et les Îles Salomon.

Le Rôle du PNUD dans le Développement Durable

Le forum politique de haut niveau sur le développement durable, placé sous les auspices du Conseil économique et social (ECOSOC), joue un rôle crucial dans la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable (ODD). Les discussions lors de ces forums mettent en évidence les interactions entre les différents ODD et la nécessité de partenariats efficaces pour accélérer leur mise en œuvre.

L'Égalité des Sexes et les ODD

Un thème récurrent est l'importance de l'égalité des sexes pour la réalisation de l'ensemble des ODD. Les intervenants s'accordent à dire que sans progrès en matière d’égalité des sexes, la réalisation de l’ensemble des ODD est menacée. Il est essentiel de passer d'efforts fragmentés à des approches pangouvernementales et pansociétales, en investissant dans les organisations dirigées par des femmes et des jeunes et en luttant contre la désinformation.

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L'égalité des genres permet également des avancées en matière de paix et de sécurité, car les accords de paix incluant les femmes ont plus de chance d’être mis en œuvre. Il est crucial d'investir davantage dans l’éducation des filles et des femmes et de reconnaître que l’égalité entre les sexes n’est pas le problème des femmes, mais une question de justice et de développement.

Les Défis Spécifiques des PMA et des PDSL

Lors des discussions, l'attention est portée sur la réalisation des ODD dans les pays africains et les pays en situation particulière, tels que les pays les moins avancés (PMA) et les pays en développement sans littoral (PDSL). Ces groupes de pays sont chacun confrontés à des défis uniques. Pour les PDSL, par exemple, l’amélioration des infrastructures et de la connectivité est cruciale pour surmonter leurs barrières géographiques et faciliter les échanges commerciaux.

Le manque d’investissement dans ces groupes de pays et les goulots d’étranglement sont des préoccupations majeures. Il est essentiel de combler l’écart entre les « excellentes intentions en matière de politiques » et la réalité souvent décevante de leurs mises en œuvre. La charge de la dette, qui limite la marge de manœuvre budgétaire pour investir dans des services sociaux essentiels, est un obstacle majeur pour de nombreux pays africains. Cette crise de la dette est aggravée par le poids de la « prime de risque africaine », qui soumet les pays africains à des coûts d’emprunt plus élevés que ceux d’autres pays en développement bénéficiant de notes de crédit comparables.

Les conflits armés, qui atteignent aujourd’hui leur plus haut niveau depuis la fin de la guerre froide, contribuent à une fragilité accrue dans de nombreuses régions d’Afrique. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) soutient plusieurs pays, dont six en Afrique, qui se sont engagés à soutenir des millions de personnes déplacées.

Le Rôle de l'AIEA et des Technologies Nucléaires

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) joue un rôle important en soutenant ces pays dans l’accélération de leur développement socioéconomique, grâce aux utilisations pacifiques des sciences et technologies nucléaires. L’agence onusienne travaille en étroite collaboration avec les pays africains, les PMA et les PDSL dans des secteurs clés, tels que la sécurité alimentaire et l’agriculture durable.

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Grâce à des techniques nucléaires et isotopiques, l’AIEA aide les agriculteurs à accroître la résilience des cultures, à optimiser l’utilisation de l’eau et à lutter contre les ravageurs qui menacent la production alimentaire, comme la chenille légionnaire d’automne et la mouche tsé-tsé. L’AIEA collabore également avec des scientifiques pour collecter des données sur les glaciers afin de prévoir les effets en cascade de la fonte des glaces sur les écosystèmes.

L'Intelligence Artificielle et le Développement Socioéconomique

Le développement de l’intelligence artificielle (IA) et des technologies émergentes est également crucial pour le développement socioéconomique, puisqu’elles pourraient « doubler le PIB des pays africains d’ici à 2035 ». Il est essentiel de tirer parti du « capital humain » pour absorber les capacités de l’IA.

Les Pays à Revenu Intermédiaire (PRI)

Plus de la moitié des pays du monde sont classés comme pays à revenu intermédiaire (PRI). Ils regroupent environ 75% de la population mondiale et représentaient, en 2024, plus de 57% du PIB mondial. Paradoxalement, les PRI concentrent plus de 62% de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté, révélant une hétérogénéité structurelle que les systèmes de classification actuels ne parviennent pas à saisir correctement.

Historiquement, les PRI ont eu du mal à maintenir une croissance du produit intérieur brut par habitant suffisante pour élever le niveau de vie à celui des pays développés. Le « piège du revenu intermédiaire » est exacerbé par des « critères obsolètes » qui limitent également leur accès aux financements concessionnels et aux mécanismes multilatéraux pour le climat.

Les PRI ont identifié des priorités stratégiques pour tracer leur chemin vers la transition, notamment lors de la Conférence de haut niveau des PRI tenue à Manille en avril et à travers son document final, la Déclaration de Makati sur les pays à revenu intermédiaire.

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L'Influence de la Chine et des Autres Pays Émergents

Le rôle de la Chine, ainsi que celui de la Turquie, de l’Inde et du Brésil, est important dans le financement des infrastructures (routes, aéroports…) et dans les échanges de marchandises avec les PMA. Cependant, il est à noter que si la Chine se tourne vers son marché domestique, les PMA pourraient souffrir, car la Chine a joué par le passé un rôle « important » dans la réduction de leurs déficits commerciaux.

Les Mesures d'Appui aux PMA

La Cnuced parle de « reclassement dynamique » pour expliquer que les pays sortis de la catégorie des PMA ont développé à la fois des capacités productives, du capital financier, humain et technologique. Après leur reclassement, le Cap Vert, les Samoa et les Maldives ont réussi à attirer plus d’investissements directs étrangers (IDE).

L’ADP est une des nombreuses mesures d’appui dont bénéficie l’économie des PMA. Il en existe d’autres, comme les préférences en matière d’accès au marché et de règles d’origine, ou encore l’assistance technique renforcée et des transferts de technologie. Dans le domaine commercial, l’Union européenne (UE) accorde le régime Tout sauf les armes (TSA), qui offre un accès au marché européen à droit de douane zéro et sans quota.

L’application du principe de « transition en douceur » est d’autant plus nécessaire que la fin du statut de PMA et donc de certaines préférences commerciales se traduit inévitablement par un recul des recettes d’exportation. Certains pays sont beaucoup plus atteints que d’autres, à l’instar du Vanuatu, du Cambodge, de la Somalie, de l’Éthiopie et du Sénégal.

La Cnuced propose également la mise en place d’un mécanisme de financement en faveur des PMA, les dispositifs actuels étant parfois très complexes. En matière commerciale, l’institution internationale prône aussi un accès à taux zéro et sans quota des exportations de tous les PMA.

L'Évaluation de l'Impact de l'Appartenance à la Catégorie PMA

Il est essentiel d'évaluer l'impact de l'appartenance à la catégorie PMA sur le développement des pays membres. Bien que les difficultés méthodologiques soient considérables, plusieurs résultats de travaux peuvent être avancés en faveur d’un tel impact.

Impact Global des Mesures de Soutien

Il est important de considérer quand et comment l'impact des mesures de soutien sur la croissance et la pauvreté peut surmonter celui des handicaps structurels.

L'APD et le Statut des PMA

Il est également crucial d'évaluer dans quelle mesure le statut des PMA leur a permis d’attirer une APD plus forte et plus efficace.

La Marginalisation Commerciale et le Statut des PMA

Enfin, il convient d'examiner si la tendance à la marginalisation commerciale des PMA a été inversée grâce à leur statut.

Amélioration des Mesures de Soutien International

La table ronde finale discute dans quelle mesure l’appartenance à la catégorie PMA a-t-elle permis de réduire les handicaps structurels des PMA et comment les mesures de soutien international peuvent-elles être améliorées.

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