L'article suivant explore le concept du "picto parler à voix basse", en s'appuyant sur divers domaines tels que l'aviation, la sémiotique et la communication interpersonnelle. Le but est de donner une définition complète et de montrer comment ce concept se manifeste dans différents contextes.
Le Signaleur d'Aéroport : Un Exemple Concret de Communication Non Verbale
Dans le domaine de l'aviation, la communication visuelle est primordiale. Après l'atterrissage, lorsqu'un avion s'approche de l'aérogare, un agent de piste appelé signaleur, placeur ou marshaller (en anglais), casque sur les oreilles, guide l'appareil vers son point de stationnement. Il utilise ses bras ou deux bâtons lumineux pour diriger le pilote.
Les signaux sont précis et codifiés :
- La main droite levée au-dessus de la tête avec le bâton vers le haut, tandis que le bâton de la main gauche est pointé vers le bas du corps.
- Le bras droit et le bâton tendus à 90 degrés par rapport au corps, signalant "en avant" avec la main gauche. La rapidité du mouvement du bras indique au pilote le taux de virage de l'avion.
- Le bras gauche et le bâton tendus à 90 degrés par rapport au corps, signalant "en avant" avec la main droite.
- La main levée juste au-dessus de la hauteur des épaules, paume ouverte, puis se fermant en un poing, tout en maintenant un contact visuel avec le personnel navigant.
- La main levée et fermée en poing juste au-dessus de la hauteur des épaules, puis s'ouvrant, toujours en assurant un contact visuel avec l'équipage.
- Les bras et les bâtons complètement étendus au-dessus de la tête, déplaçant les bâtons vers l'intérieur dans un mouvement rapide jusqu'à ce qu'ils se touchent.
- Les bras et les bâtons complètement étendus au-dessus de la tête, déplaçant les bâtons vers l'extérieur dans un mouvement rapide.
- Les bras devant le corps à la hauteur de la taille, tournant les bras vers l'avant.
- Les bras complètement étendus et les baguettes vers le bas à un angle de 45 degrés sur les côtés.
- Un salut standard avec la main droite et/ou la baguette pour envoyer l'avion.
- Les bras complètement au-dessus de la tête, ouvrant la main gauche à l'horizontale et déplaçant le bout des doigts de la main droite dans la paume ouverte de la main gauche (formant un "T").
- Les bras complètement au-dessus de la tête, le bout des doigts de la main droite touchant la paume horizontale ouverte de la main gauche (formant un "T") ; puis éloigner la main droite de la gauche.
Cette communication non verbale, précise et standardisée, est essentielle pour la sécurité et l'efficacité des opérations aéroportuaires. De même, il est crucial de ne pas débrancher l'alimentation électrique avant d'y être autorisé par l'équipage de conduite.
Si l'avion est au contact avec l'aérogare, un pushback (repoussage) est effectué pour l'éloigner de son stand et le placer sur le taxiway (voie de circulation), lui permettant de circuler de façon autonome. Plusieurs types de tracteurs de repoussage existent, dont le tracteur muni d'une barre de tractage, fixée d'un côté au tracteur et de l'autre côté sur l'essieu des roues avant de l'avion. Durant le repoussage, l'équipage déconnecte l'orientation de la roue de nez (nose-wheel steering) pour permettre au tracteur de faire tourner l'avion. Tous les parkings d'aéroport ne nécessitent pas forcément un pushback. Avec l'augmentation des distances entre les hangars de maintenance et les parkings des aérogares, un nouveau type de tracteur sans barre a fait son apparition, avec la roue avant de l'avion montée sur la plate-forme du tracteur. Dans les années 2018/2019, les premiers tracteurs télécommandés ont été développés, tirant parti des avancées dans le développement des batteries. Le tracteur peut être branché sur la roue avant, déconnectée par les pilotes, ou sur une roue du train principal, auquel cas l'équipage contrôle la direction du repoussage par l'intermédiaire de la roue avant (nose-wheel steering) sur ordre du placeur.
Lire aussi: Tout savoir sur les Pictogrammes de Tables à Langer
Sémiotique et Communication Visuelle en Entreprise
La sémiotique, l'étude des signes et des symboles et de leur utilisation ou interprétation, offre un cadre théorique pour comprendre comment les images et les supports visuels contribuent à la communication, notamment dans le contexte institutionnel. L'analyse sémiotique du texte syncrétique ou multimodal, qui combine différentes substances sémiotiques, permet d'étudier les contraintes qu'un système de signes impose à la production et à la circulation du sens.
Dans le cadre des rapports annuels d'entreprise, par exemple, la dimension visuelle des supports de communication joue un rôle crucial. Une étude qualitative de la communication institutionnelle de grandes entreprises belges et françaises opérant dans les domaines de la pétrochimie et de la production et distribution d'énergie a révélé comment les images et la mise en page contribuent à la construction du sens.
L'analyse sémiotique s'articule en différents niveaux :
- Le plastique : comment les formes, les couleurs, les positions et les dimensions influencent le sens.
- Le niveau figuratif ou iconique : comment le texte met en scène des objets.
- La dimension de l'énonciation : comment le texte construit une interaction avec le destinataire.
- La dimension narrative.
- Les valeurs et les axiologies : comment certains contenus émergent comme porteurs d'une valorisation.
L'analyse de la structuration du texte sur la page porte sur la dimension plastique du texte syncrétique, verbo-visuel, qui émerge de la combinaison des substances sémiotiques verbale et visuelle.
Le rapport annuel d'entreprise est un genre textuel analysé sous différents angles (linguistique, narratif, discursif). Il rend compte annuellement des activités et de l'état global de l'entreprise, en particulier de l'état financier, et s'adresse à différents publics (actionnaires, journalistes, analystes, etc.). Une version spécifique du rapport s'est développée, axée sur le développement durable et la responsabilité sociétale ou sociale des entreprises (RSE). En France, la législation a rendu le reporting RSE obligatoire pour les entreprises cotées en bourse à partir de 2001.
Lire aussi: Quand bébé commence à parler ?
Une étude portant sur les rapports annuels de six entreprises françaises et belges (Elia, GDF Suez, Solvay, Air Liquide, Total et EDF) a analysé la structuration spatiale du texte (layout) en utilisant des catégories définissant l'articulation des blocs écrits et des images : présence d'une ou plusieurs colonnes, dimensions des paragraphes, utilisation de formes particulières de mise en évidence des titres et chapeaux, répartition du texte verbal (filets, couleurs). Ces catégories permettent de distinguer des textes continus (paragraphes longs, peu d'espacement) et des textes segmentés (paragraphes courts, séparation évidente, encadrés, structure par "collage"), manifestant l'opposition entre continuité et discontinuité.
L'analyse de l'image s'est concentrée sur les types de contenus dominants, la manière dont l'image qualifie, valorise et contribue à la signification du rapport et de l'entreprise.
Par exemple, le rapport RSE de Total est structuré sur deux colonnes : une avec le texte principal et une colonne plus petite avec des résumés, des liens, des chiffres clés, des citations, etc. Cette disposition favorise une lecture par "bouchées", par petites unités, exaltant la discontinuité pour faciliter la "digestion" du contenu et construire une connotation de facilité d'accès. Le rapport est ponctué de pictogrammes donnant des instructions de lecture (citation, lien, info supplémentaire, "performance intégrée") et de petites figures stylisées représentant les objets dont on parle, redoublant visuellement le discours. Ces images ont une fonction d'illustration et de "décoration", ouvrant vers des significations comme la légèreté, la joie, la simplicité. L'aspect visuel du rapport inclut également des photos (portraits du PDG et de salariés, enfants, installations et espaces de travail), avec une tendance à montrer des visages humains, unissant humanisation, simplification, infantilisation ludique et facilité de lecture.
Le rapport annuel d'Air Liquide présente un style visuel riche, avec de grands portraits du président et du conseil d'administration, mettant en scène l'énonciateur doté d'autorité. Les images sont souvent à toute page, créant un effet référentiel, d'actualité et de prise sur le vif. Le monde visuel inclut également des idéogrammes (flèches) redoublant visuellement le concept exposé sur la stratégie d'innovation de l'entreprise, et des schémas illustrant des connexions et des transformations. La mise en page alterne des blocs de texte plus ou moins longs et des parties où l'effet collage est évident, avec des notes para-textuelles en marge des blocs principaux.
Le rapport d'EDF combine RSE et performance économique en un texte richement illustré, proche de la structuration d'un magazine. Il s'ouvre avec un reportage photographique, mettant à l'honneur l'image pour représenter la gloire technologique de l'entreprise et héroïser ses salariés. Ces photos sont encadrées et légendées, se voulant des documents référent précisément à des morceaux de réalité spécifique, en opposition aux illustrations "anonymes". La spectacularisation se veut donc liée à l'actualité et à la réalité des métiers et des machines de l'entreprise. La présence de photos légendées est récurrente, indiquant un lien avec des lieux et des temps précis. Les parties sur l'actualité et la stratégie de l'entreprise et le dossier sur l'évolution de l'énergie présentent un style proche de celui des magazines, avec la recherche de l'équilibre entre images, titres, texte, encadrés et graphiques. La partie "engagement", plus directement RSE, utilise largement la couleur verte et l'abondance de visages (anonymes ou pas) humanise le discours. La rubrique "essentiel" présente une iconographie plus réduite, avec des histogrammes, des graphiques, une carte du monde et une série de pictogrammes (silhouettes de personnes, argent, CO2 émis) accompagnant la présentation des données chiffrées, produisant un effet global de lisibilité et d'accessibilité.
Lire aussi: Développement du langage : "Parler Bambin"
La politique visuelle du rapport Solvay prévoit une séparation entre la présentation de la stratégie de l'entreprise et la présentation des résultats des indicateurs d'évaluation des performances extra-financières. Dans ce dernier cas, le visuel est réduit aux graphiques. Dans la première partie, les "chapitres" du texte sont séparés par des grandes pages occupées par une photographie du ciel, et d'autres pages montrent une personne de dos qui court.
La Méthode DESC : Communication Constructive en Milieu Professionnel
Dans le domaine de la communication interpersonnelle, la méthode DESC (Décrire, Exprimer, Suggérer, Conclure) est un outil de médiation pour résoudre un conflit ou formuler une critique constructive. Développée par les Américains Sharon A. Bower et Gordon H. Bower dans les années 1970, cette méthode permet de traiter une erreur commise par un interlocuteur tout en préservant la relation.
L'efficacité de cette approche repose sur l'affirmation du manager, la responsabilisation de son interlocuteur, les solutions à mettre en œuvre et l'envie de traiter le problème.
Les étapes de la méthode DESC sont les suivantes :
Décrire (D) : Décrire objectivement les faits et expliciter les conséquences. Utiliser le "je" pour décrire la situation de façon neutre et factuelle, puis indiquer les conséquences négatives ou les risques pour en montrer l'importance. Exemple : "Je constate que je n'ai pas reçu le dossier X alors que nous étions d'accord pour que je le transmette à 17h à Barbara, voilà les conséquences…"
Exprimer (E) : Exprimer son ressenti face à la situation de travail. Utiliser le "je" pour exprimer son ressenti de manière authentique, libre et positive. Exemple : "Je suis agacé quand tu ne réponds pas au téléphone."
Suggérer (S) : Proposer une solution pour cette situation spécifique. Avec un collègue, impliquer l'interlocuteur et lui demander des propositions concrètes de solutions. Avec sa hiérarchie, proposer plusieurs propositions concrètes de solution.
Conclure (C) : Conclure positivement. Reformuler et valider les engagements réciproques, mettre en évidence les bénéfices du changement pour l'interlocuteur, pour soi-même, pour l'équipe, assurer de sa confiance dans la réussite future de l'interlocuteur et planifier un entretien de suivi.
Se former à la méthode DESC permet de traiter une problématique en objectivant les faits, d'éviter de tomber dans le piège du jugement et de sortir par le haut en proposant des solutions pour conclure positivement.
Nuances Musicales : Intensité Sonore et Expressivité
Dans le domaine de la musique, les nuances indiquent l'intensité des sons, c'est-à-dire le volume sonore des notes. Dans la musique baroque, il y a peu de nuances écrites, un peu plus dans la musique classique et encore davantage dans la musique romantique. Le volume sonore des sons peut être augmenté ou diminué, et cela est indiqué sur la partition. Les augmentations et diminutions de l'intensité sonore apportent une expressivité importante.
Troubles du Neurodéveloppement (TND) et Accueil Inclusif
Les troubles du neurodéveloppement (TND) peuvent entraîner des comportements atypiques et imprévisibles. Des initiatives comme les représentations labellisées "Relax" proposent un dispositif d'accueil inclusif et bienveillant visant à faciliter la venue de personnes avec autisme, polyhandicap, handicap intellectuel, handicap psychique ou maladie d'Alzheimer.
La Voix : Production et Troubles
La voix est un son produit par les cordes vocales sous l'influence de l'air expiré. Lors de la phonation, les muscles des cordes vocales se rapprochent sous contrôle du nerf laryngé inférieur, branche du nerf vague (X), puis l'air des poumons est expulsé par la contraction des muscles abdominaux. Les dysarthries des coordinations pneumophoniques et de la musculature intrinsèque du larynx provoquent des dégradations de la voix dénommées dysphonies.
Le larynx est le premier élément des voies aériennes supérieures, constitué de pièces cartilagineuses. De nombreux muscles et ligaments intrinsèques permettent la mise en tension des cordes vocales, leur abduction lors de la respiration et leur adduction lors de la phonation. La corde vocale est constituée du muscle thyro-aryténoïdien, recouvert du ligament vocal, lui-même doublé d'une muqueuse dont la vibration produit le son laryngé. L'innervation du larynx est assurée par le nerf laryngé inférieur (moteur) et le nerf laryngé supérieur (sensitif).
La phonation nécessite l'adduction des cordes vocales et le maintien d'une pression sous-glottique suffisante pour permettre la vibration de la muqueuse.
L'interrogatoire et l'examen clinique sont essentiels pour orienter le diagnostic d'une dysphonie. L'examen laryngoscopique est l'examen de base à réaliser devant une dysphonie dont l'évolution n'est pas rapidement favorable. Le scanner ou l'IRM sont utiles pour le diagnostic étiologique.
On distingue les dysphonies par paralysie laryngée (voix soufflée ou bitonale, fausses routes) et les dysphonies organiques (voix rauque, difficultés dans les aigus). La suspicion de cancer doit être constante devant toute dysphonie durant plus de 3 semaines chez un homme d'âge mûr alcoolo-tabagique.
Les troubles de la parole associés à une dysphonie et une dysarthrie touchent la respiration, la phonation, les résonances, l'articulation et la prosodie.
tags: #picto #parler #a #voie #basse #definition
