Les malformations de l'estomac chez le nourrisson, bien que rares, peuvent être source d'inquiétude pour les parents. Il est essentiel de comprendre les causes possibles des vomissements chez le nourrisson, de distinguer les vomissements bénins des situations nécessitant une attention médicale immédiate, et de connaître les options de diagnostic et de traitement disponibles.

Vomissements chez le nourrisson : Définitions et terminologie

Le vomissement est un phénomène fréquent chez le nourrisson, consistant en un rejet involontaire du contenu de l'estomac, qu'il s'agisse de nourriture ou de liquide gastrique. Il est important de distinguer le vomissement de la régurgitation, qui est un rejet de petites quantités de lait survenant juste après le biberon ou la tétée et considéré comme un phénomène normal.

Physiologie du vomissement

Le vomissement est un renvoi involontaire des aliments ou du contenu gastrique, causé par des contractions du diaphragme et des muscles abdominaux. Contrairement au renvoi qui a souvent naturellement lieu durant le rot, quand l’enfant a mangé trop ou trop vite, il est causé par un trouble. Le problème des vomissements est qu’ils peuvent causer une perte trop importante de liquide, ce qui peut engendrer une déshydratation.

Types de vomissements

Il existe plusieurs types de vomissements :

  • Vomissements alimentaires: Le nourrisson vomit des aliments après avoir mangé.
  • Vomissements bilieux: Le nourrisson vomit de la bile parce que son estomac est vide.
  • Vomissements hémorragiques: Les vomissements sont caractérisés par la présence de sang.

Causes courantes de vomissements chez le nourrisson

Les causes de vomissements chez le nourrisson sont variées, allant des causes digestives aux causes non digestives.

Lire aussi: Malformation du Palais chez le Nourrisson

Causes digestives

  • Infections gastro-intestinales: Les infections de l’appareil digestif sont assez fréquentes chez les enfants et notamment, chez le nourrisson. Il peut notamment attraper des infections gastro-intestinales virales comme la gastro-entérite, tout comme l’adulte.
  • Réaction allergique ou intolérance alimentaire: Une réaction allergique ou une intolérance alimentaire peuvent également causer des vomissements.
  • Reflux gastro-œsophagien (RGO): Ce trouble concerne les nourrissons qui ont une malformation du sphincter inférieur de l’œsophage. Ce dernier est trop faible et immature, il ne parvient pas à retenir les aliments au sein de l’estomac. L’acide gastrique remonte et provoque des remontées acides qui peuvent gêner le bébé. Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est très fréquent : le contenu acide et/ou alimentaire de l'estomac remonte dans l'œsophage vers la bouche, ce qui peut se manifester par des brûlures au creux de l'estomac et/ou le long de l'œsophage, parfois accompagnées de régurgitations. Le RGO survient plus souvent après les repas et est aggravé par la position couchée.
  • Suralimentation: La suralimentation peut provoquer des vomissements, notamment durant les premiers mois de vie du bébé.

Causes non digestives

  • Maladies infectieuses: Les maladies infectieuses comme l’otite, l’angine, ou dans les cas les plus graves, la méningite, peuvent provoquer des vomissements. Souvent, les vomissements sont associés à de la fièvre.
  • Effets secondaires des médicaments: Certains médicaments peuvent provoquer des effets secondaires tels que des vomissements. Si c’est le cas, cet effet secondaire sera indiqué.
  • Maladies métaboliques: Les maladies métaboliques sont des maladies causées par un dérèglement du métabolisme. Cela signifie que l’organisme n’assimile pas certains nutriments. C’est le cas de la galactosémie ou de la maladie métabolique des acides aminés. Dans un cas, le nourrisson n’assimile pas les glucides, dans l’autre cas, le bébé n’assimile pas bien les acides aminés. Ces problèmes métaboliques peuvent engendrer des vomissements.

Causes plus graves

Certaines causes, beaucoup plus rares, peuvent mettre en jeu le pronostic vital du bébé. C’est le cas pour :

  • Le rétrécissement ou obstruction de la sortie de l’estomac. Il s’agit de la sténose du pylore. La sténose du pylore est une maladie de l'estomac essentiellement retrouvée chez les bébés. Le pylore est un orifice situé entre l’estomac et le duodénum. Il est divisé en deux parties qui le relient respectivement à l’un et à l’autre. Le pylore a pour fonction le passage du bol alimentaire de l’estomac en direction du duodénum en petite quantité et ce, grâce à un important sphincter (une sorte de robinet). La sténose du pylore est une malformation du tube digestif. La sténose est une modification anatomique qui se manifeste par un rétrécissement d'une structure, ici le pylore.
  • L’obstruction intestinale causée par une malformation congénitale comme la torsion ou le rétrécissement de l’intestin.
  • Le glissement d’un segment de l’intestin dans un autre segment. Il s’agit d’une invagination.

Une autre malformation congénitale rare est l'atrésie de l'œsophage. L'atrésie de l'œsophage est une anomalie de l'œsophage (tube reliant la bouche à l'estomac). Cette malformation est rare et non héréditaire. Une atrésie de l’œsophage est une malformation rare affectant l’œsophage à la naissance. L’œsophage appartient au système digestif. C’est le conduit reliant la bouche à l’estomac. On parle d’atrésie de l’œsophage lorsque celui-ci est interrompu chez un nouveau-né formant alors un cul-de-sac. Dans cette situation, ni les aliments ni la salive ne parviennent à l’estomac. Par ailleurs, dans la majorité des cas, l’atrésie est associée à une connexion anormale entre l’œsophage et la trachée. La trachée est le conduit permettant de mener l’air aux poumons. Normalement, l’œsophage qui transporte les aliments, et la trachée qui conduit l’air, sont totalement indépendants l’un de l’autre. Ainsi, lorsqu’ils sont liés, on parle de fistule trachéo-œsophagienne. L’atrésie de type I concerne 7 à 10% des patients. Elle est caractérisée par un éloignement important entre l’œsophage supérieur et l’œsophage inférieur. L’atrésie de type II est très rare puisqu’elle touche seulement 1% des patients. Comme dans le type I, une longue distance sépare les deux parties de l’œsophage. On note la présence d’une fistule reliant l’œsophage supérieur à la trachée. L’atrésie de l’œsophage de type III est la forme la plus fréquente. Elle représente entre 80 à 85% des cas. La distance séparant les deux extrémités de l’œsophage est moins importante que dans les formes précédentes. L’atrésie de type IV est une variante de la forme III. Cependant, elle ne concerne que 4% des patients. L’atrésie de type V représente 2 à 3% des cas. L’atrésie de l’œsophage est un problème lié au développement de l’embryon se produisant en début de grossesse. On estime qu’environ un enfant sur 3000 naît avec cette malformation. Elle touche tant les filles que les garçons et elle est présente dans toutes les populations. Les nouveau-nés présentant une atrésie de l’œsophage ne parviennent pas à avaler leur salive ou le lait. Leur alimentation est alors impossible. En effet, tout liquide introduit par la bouche s’accumule dans la partie supérieure de l’œsophage et finit par retourner dans la bouche. En cas de fistule associée, la respiration est altérée puisqu’une partie de l’air inspiré s’engouffre dans l’œsophage. A l’inverse, la salive ou le lait peuvent être dirigés vers les poumons. On parle alors de fausse route avec un risque d’étouffement. Près de la moitié des petits patients atteints d’atrésie de l’oesophage présentent également d’autres anomalies pouvant affecter les vertèbres, le cœur, les reins, les membres, le système digestif ou urinaire. Les anomalies trachéales sont toujours présentes. Généralement, elles se traduisent par une trachée trop molle pouvant gêner la respiration. Cependant, l’évolution de cette anomalie est favorable. Les anomalies cardiaques sont présentes dans 30% des cas. Ce sont les anomalies les plus fréquemment associées à l’atrésie de l’œsophage. Elles peuvent être plus ou moins sévères. La persistance du canal artériel. Le canal artériel relie l’aorte et l’artère pulmonaire et se ferme normalement quelques heures après la naissance. Si celui-ci ne se ferme pas, il peut entraîner des difficultés respiratoires, des infections pulmonaires, des difficultés à prendre du poids et un risque de complications graves. Les difficultés respiratoires se traduisent par une teinte bleutée de la peau du nouveau-né. Les anomalies digestives sont associées à la malformation de œsophage dans environ 25% des cas. Des malformations de l’anus et du rectum sont fréquentes. Ainsi, dans certains cas, il arrive que l’anus ne soit pas ouvert mais recouvert d’une membrane. L’intestin peut également être touché, soit en étant rétréci ou bouché, perturbant alors le transit intestinal. Les anomalies du système urinaire concernent 15% des petits patients. Ce sont les reins qui sont les plus fréquemment atteints. En effet, ils peuvent se trouver fusionnés, insuffisamment développés ou il peut aussi en manquer un. Ce type de malformation peut être très grave ou au contraire sans aucune incidence lorsque les reins fonctionnent correctement malgré l’anomalie. Des anomalies du squelette sont présentes dans 10% des cas.

Symptômes associés aux vomissements du nourrisson

Les vomissements peuvent s’accompagner de divers symptômes, qu’ils soient digestifs ou généraux.

Symptômes digestifs

  • Douleurs abdominales.
  • Diarrhée.
  • Nausée.
  • L’enfant bave beaucoup.

Symptômes généraux

  • Fièvre.
  • Fatigue.
  • Pleurs.
  • Irritation.

Signes de déshydratation

Des signes de déshydratation peuvent également survenir. Dans ce cas, il faut consulter un médecin :

  • Le bébé est tout le temps fatigué, il a des cernes sous les yeux.
  • Ses mains et ses pieds sont pâles et froids.
  • La peau du bébé est fripée.
  • Bébé est grognon.
  • Il ne mouille pas sa couche durant 8 heures.

Signes d'alerte spécifiques

Dans certains cas, les symptômes indiquent que l’état du bébé n’est pas normal et grave. Il faut alors se diriger le plus rapidement possible aux urgences.

Lire aussi: Comprendre les malformations des orteils

  • Un état léthargique et apathique.
  • Au contraire, un état d’agitation intense.
  • Le nourrisson est inconsolable et irritable.
  • Le bébé présente des espaces membraneux entre les os du crâne.
  • La nuque est raide et l’enfant fuit la lumière : cela peut être un signe de méningite.
  • Un gonflement abdominal.
  • Des vomissements sanglants ou vert clair.
  • Des selles avec du sang.

Diagnostic du vomissement chez le nourrisson

Si le vomissement est un symptôme fréquent et banal, il peut, dans certains cas, révéler des pathologies bénignes ou sévères. En effet, le vomissement peut être à l’origine de troubles plus graves. Il est donc indispensable de consulter un médecin afin d’avoir un diagnostic.

Examen clinique

Avant de réaliser un examen clinique, le médecin va également procéder à un interrogatoire. Il va notamment demander quelles sont les caractéristiques des vomissements, quelle est l’alimentation de l’enfant, quels sont les symptômes, etc. Ensuite, le médecin va procéder à l’examen physique. Il va notamment rechercher quels sont les retentissements des vomissements (déshydratation, dénutrition, encombrement respiratoire) et quelles sont les potentielles causes. Il va donc ausculter le patient en écoutant ses battements du cœur, son état ORL…

Tests de laboratoire

En cas de suspicion de trouble métabolique, le médecin peut prescrire des analyses sanguines.

Imagerie médicale

En cas de suspicion d’anomalies à l’abdomen, le médecin peut demander un examen d’imagerie médicale. La radiographie ou échographie de l’abdomen permet de déceler une anomalie rénale, au niveau des côtes ou de l’intestin. Une échographie cardiaque est utile pour visualiser le cœur et d’éventuelles malformations.

Référence à un spécialiste

En cas de suspicion de maladie gastro-intestinale, le médecin généraliste peut réorienter le patient vers un gastro-entérologue pédiatrique.

Lire aussi: Diagnostic des malformations congénitales chez le chiot

Gestion et traitement du vomissement

La gestion et le traitement du vomissement chez le nourrisson dépendent de la cause sous-jacente et de la gravité des symptômes.

Gestion à domicile

Bien souvent, lorsque les vomissements sont bénins, ils s’arrêtent spontanément, sans traitement.

  • Alimentation et hydratation: L’alimentation permet de soulager la nausée, mais il ne faut pas forcer son enfant. Pour éviter la déshydratation, il est indispensable de lui donner de l’eau avec un biberon. Veillez à ce que ce dernier boive à son rythme. Ne le forcez pas. Le mieux est de donner des solutés de réhydratation ou à défaut de l’eau minérale en petite quantité très régulièrement en fonction de l’intensité et de la durée des vomissements. En effet il faut pouvoir compenser les pertes suite aux vomissements

  • Positionnement du bébé: Pour aider votre enfant à soulager ses vomissements, vous pouvez l’aider à trouver des positions plus confortables :

    • Votre enfant doit vomir la tête penchée pour qu’il crache son vomi et éviter que ce dernier n’entre dans les voies respiratoires.
    • Ne couchez pas votre bébé tant qu’il vomit, pour ne pas qu’il n’aspire les matières régurgitées.
    • Essayez de rassurer votre enfant et de le détendre. Faites des gestes pour le réconforter.
  • Observation des symptômes: Observez également les symptômes de votre enfant. S’il ne présente que des symptômes bénins, tentez d’apaiser votre enfant et regardez si les symptômes persistent. Si c’est le cas, vous pouvez consulter un médecin. Vous pouvez d’ailleurs demander conseil en ligne en téléconsultation auprès d’un médecin. Si les symptômes sont graves, que votre enfant présente une raideur du cou, des taches rouges, une intolérance à la lumière, des maux de têtes, ou tout symptôme suspect, il faut aller aux urgences.

Intervention médicale

  • Médicaments: Les médicaments antinauséeux ou anti histaminiques peuvent être prescrits par le médecin, cependant, peu de médicaments de ce type conviennent aux nourrissons. En cas de reflux gastro-œsophagien, des traitements médicamenteux peuvent permettre de diminuer l'acidité de l'estomac et/ou de limiter les remontées du contenu gastrique. Certains doivent être pris 10 à 15 minutes avant le repas pour être efficaces.
  • Hospitalisation: En cas d’urgence, c’est-à-dire dès l’apparition de symptômes graves, une hospitalisation sera nécessaire. L’enfant sera réhydraté par intraveineuse en cas de besoin. Les médecins pourront lui administrer les soins nécessaires en cas de trouble ou de pathologie grave. Pour rétablir la continuité de l'œsophage et fermer la fistule oeso-trachéale s'il y en a une, l'enfant doit être opéré. Dans la plupart des cas, l'opération chirurgicale a lieu dans les premiers jours de vie ; l'enfant est nourri par voie veineuse dans l'intervalle. Parfois néanmoins, cette intervention doit être différée, soit en raison de l'état de santé de l'enfant (petit poids de naissance, prématuré, autres malformations graves…), soit du fait d'une forme particulière d'atrésie de l'œsophage. Une gastrostomie est alors pratiquée : une communication est créée chirurgicalement entre l'estomac et la peau du ventre, ce qui permet d'introduire l'alimentation directement dans l'estomac, par l'intermédiaire d'une petite sonde. En attendant que l'atrésie de l'œsophage soit opérée, l'enfant peut ainsi être nourri par voie digestive (entérale), tout en court-circuitant la bouche et l'œsophage. L'opération de la sténose du pylore s’appelle pyloromyotomie extramuqueuse. Elle s’effectue sous anesthésie générale en 30 à 40 minutes. Elle est souvent effectuée par voie trans-ombilicale ou par laparotomie et a pour but de réparer le pylore. La mise en oeuvre de cette opération est la même depuis presque 100 ans.

Prévention et conseils

Mesures préventives générales

  • Alimentation et habitudes favorables: Vous pouvez mettre en place des habitudes alimentaires et quotidiennes pour éviter les vomissements :

    • Faites manger votre enfant en position assise et évitez de le suralimenter.
    • Contrôlez ses portions alimentaires pour qu’il ne mange ni trop, ni trop vite.
    • Vous pouvez utiliser des médicaments préventifs si votre enfant vomit régulièrement.
  • Vaccination: Pour éviter tout risque d’attraper des maladies dont l’un des symptômes est le vomissement, veillez à bien faire vacciner votre enfant. Cela permet également au médecin d’écarter certaines pistes rapidement durant le diagnostic.

  • Rôle de l'allaitement maternel: L’allaitement maternel permet de renforcer le système immunitaire de bébé. Il permet d’accélérer la guérison de manière générale. D’ailleurs, des études montrent que les enfants allaités sont moins à risques de souffrir de troubles digestifs dont les vomissements.

tags: #malformation #estomac #nourrisson #causes #symptômes #traitement

Articles populaires: