L'allaitement maternel est largement reconnu pour ses nombreux avantages tant pour le bébé que pour la mère. Le lait maternel, bien plus qu'un simple aliment, est une substance biologique complexe et évolutive, parfaitement adaptée aux besoins du nourrisson. Il est recommandé d’allaiter jusqu’aux six mois de l’enfant. Même pour une plus courte durée, l’allaitement est bénéfique. Il évolue sans arrêt pour s’adapter aux besoins de chaque bébé et en fonction de son âge. Sa composition varie pendant la tétée, et aussi au cours de la journée et au fil des mois.
Que contient le lait maternel ?
« Le lait de femme, c’est un liquide biologique complexe mais c’est avant tout 85% à 90% d’eau ! », explique Frédérique Teurnier, sage-femme.
Le lait maternel contient :
- Eau : Constitue la majeure partie, assurant l'hydratation du nourrisson.
- Lipides : Environ 35 à 40g/L, essentiels pour la maturation cérébrale et rétinienne. La teneur des différents lipides dépend des apports alimentaires de la femme allaitante. Il est donc essentiel que la maman ait un régime alimentaire équilibré pendant la période d’allaitement. Ce n’est donc en aucun cas le moment de faire un régime draconien, supprimant toutes les graisses.
- Glucides : Fournissent 40% des calories dont le bébé a besoin.
- Lactose (70g/L) : Principal glucide du lait. Le lactose est essentiel pour le développement du système nerveux et du cerveau.
- Oligosaccharides du lait maternel (environ 5 à 15g/L) : Jouent un rôle dans la protection du bébé et la mise en place de son microbiote.
- Protéines : La teneur en protéines du lait maternel est comprise entre 8 et 12g/L et évolue au cours du temps (de la lactation ou même durant une tétée) pour suivre les besoins de bébé. Le lait maternel contient relativement moins de protéines que dans les laits infantiles.
- Vitamines : Le lait maternel contient peu de vitamine K (antihémorragique) et peu de vitamine D (essentielle à la synthèse des os). C’est la raison pour laquelle le bébé doit être supplémenté.
- Sels minéraux et oligo-éléments : 2 g/L, une quantité adaptée aux possibilités d'élimination rénale du bébé. Parmi ces oligo-éléments, le fer est le plus important pour votre enfant. Le lait maternel en contient.
Les oligosaccharides du lait maternel: des composants essentiels
Les oligosaccharides contenus dans le lait maternel sont peu digérés dans l'intestin grêle et se retrouvent essentiellement dans le colon. Ainsi, ils ont un rôle important dans l'installation de la flore intestinale dans le tube digestif du nourrisson. « Il est important que la flore du bébé se développe pour limiter les troubles digestifs bas (coliques, diarrhées…) », explique la sage-femme. Ils ont une vraie action prébiotique.
Les oligosaccharides du lait maternel favorisent la fabrication d’acides gras à courtes chaines, essentiels pour le développement du système neurologique du bébé. Comment ? La fermentation des oligosaccharides aide à découper en petits morceaux les acides gras qui arrivent dans l'organisme en une longue chaine, les rendant ainsi plus assimilables.
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Mais ce n’est pas tout ! Les oligosaccharides du lait maternel sont aussi, par leurs différents mécanismes, des agents anti-infectieux et anti-inflammatoires essentiels.
Pour résumé, les oligosaccharides du lait maternel sont de véritables alliés qui aident le bébé à éviter bien des désagréments.
Le colostrum, le lait de la naissance
Également qualifié de « premier lait », le colostrum est un liquide produit par les glandes mammaires au moment de l’accouchement. Il ne ressemble pas à du lait. Il est plus épais, parfois jaunâtre, presque doré. Particulièrement riche en nutriments et en oligo-éléments, le colostrum constitue la première substance nutritive que le nouveau-né va boire juste après la naissance. S’il est produit en des quantités assez faibles, le colostrum maternel reste un véritable concentré d’énergie et de protection, puisqu’il renferme d’innombrables anticorps. L’organisme de la femme adapte d’ailleurs sa production de colostrum de manière à répondre aux besoins du bébé. Tirant vers le jaune, la couleur du colostrum est particulièrement reconnaissable. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il dégage une odeur qui va attirer naturellement le nouveau-né vers le sein de sa mère, favorisant ainsi le réflexe de l’allaitement maternel.
Ce premier fluide maternel, produit naturellement par les seins, n’a pas pour but de rassasier. Il a une fonction spécifique : préparer, protéger, guider. Il tapisse les intestins, renforce les défenses naturelles, aide à l’expulsion du méconium et amorce la transition vers une lactation régulière. C'est le premier lait sécrété par la femme enceinte en fin de grossesse et dans les premiers jours suivant l’accouchement. Contenant des protéines, des anticorps et des nutriments essentiels, le colostrum joue un rôle clé dans le développement du système immunitaire du nouveau-né. Il s’agit d’un concentré de bienfaits, parfaitement adapté aux besoins du bébé dès la naissance. Il est souvent appelé « or liquide », en référence à sa couleur et à sa composition exceptionnelle. C’est un véritable soin naturel, à la fois nutritif et protecteur, offert par le corps maternel dès les premières heures de vie.
Le colostrum se distingue facilement du lait mature. Sa texture est plus dense, presque sirupeuse. Il a une couleur jaune, dorée, parfois légèrement transparente. Son goût est légèrement salé, différent du lait plus sucré qui viendra ensuite. Les quelques gouttes émises sont parfois si discrètes qu’elles passent inaperçues. Pourtant, elles sont précieuses. La production débute généralement au cours du troisième trimestre de la grossesse. Certaines femmes constatent de petites fuites dès le sixième mois, sans que cela soit systématique ou inquiétant. Après l’accouchement, il continue d’être sécrété pendant deux à cinq jours. Puis, la lactation évolue naturellement vers un lait de transition, puis vers le lait mature, plus fluide et plus abondant. La phase de colostrum constitue donc la première étape de la lactation. A noter : lorsque l'enfant et sa maman sont séparés (maladie, prématurité, …), il est possible d'utiliser l'expression manuelle pour recueillir une petite quantité de ce trésor.
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La composition du colostrum est parfaitement adaptée aux capacités digestives du nouveau-né. Il est facile à absorber, même en très petite quantité. L’un des rôles majeurs du colostrum est la protection immunitaire. Grâce à sa teneur élevée en anticorps, notamment les IgA sécrétoires, le colostrum aide à créer une barrière protectrice sur les muqueuses digestives et respiratoires. Le colostrum contient également de la lactoferrine, une protéine qui empêche la prolifération des bactéries et soutient la croissance des bonnes bactéries intestinales. Le colostrum possède un léger effet laxatif. Cela permet de prévenir l’ictère du nouveau-né (jaunisse). Le colostrum contient des facteurs de croissance qui accompagnent la maturation de l’intestin, du cerveau et de la peau. Chez les bébés prématurés ou fragiles, ces propriétés sont encore plus importantes. Les jours suivant la naissance, le nourrisson n’a besoin que de très petites quantités d’aliment. Son estomac ne peut contenir que quelques millilitres à la fois. Sa composition riche en protéines, en nutriments et en anticorps lui permet d’agir comme un concentré vital, même en très faible volume. Dès la mise au sein, le bébé stimule les récepteurs présents sur les seins. Même si le bébé ne tète pas de manière très efficace au début, ce simple contact en peau à peau favorise l’attachement et la sécrétion du colostrum. Cette phase initie le développement du lien mère-enfant, ainsi que la montée de lait. Ce contact initial est précieux. Il constitue une sorte de lot de démarrage pour l’enfant : un mélange de chaleur, de sécurité, d’alimentation et d’immunité. Les mamans peuvent se rassurer : tant que le bébé tète souvent et montre des signes de bien-être, tout se passe normalement. Il n’est pas seulement bénéfique pour le bébé : appliqué localement, il possède aussi un pouvoir cicatrisant naturel qui favorise la réparation des mamelons sensibles ou fragilisés après les premières tétées.
Le colostrum est bien plus qu’un simple liquide. Mieux comprendre sa composition, son rôle et la manière de l’accompagner permet de vivre les débuts de l’allaitement maternel avec plus de sérénité. Ce lait est un cadeau naturel, précieux et unique.
Entre colostrum et lait mature : le lait de transition
Entre le premier lait - le fameux colostrum - et le lait maternel « mature », il y a une phase de transition par laquelle le lait va passer avant d’acquérir les propriétés nécessaires pour être consommé sur le long terme par bébé. On parle donc de lait de transition pour qualifier la substance nutritive que les nouveau-nés boivent pendant leurs deux premières semaines de vie, soit juste après avoir consommé le colostrum. La composition du lait de transition va alors évoluer progressivement. La composition du lait maternel va ainsi se « normaliser » pour satisfaire les besoins nutritionnels du nouveau-né en constante évolution, et ce, dès l’accouchement.
Le lait mature, l’équilibre parfait
Le lait maternel est loin d’être une substance figée. Sa composition évolue considérablement lors des premières semaines de vie du nouveau-né. Si l’on se réfère à sa définition, le lait mature est celui qui va permettre au bébé de grandir. Il contiendra alors tous les éléments indispensables pour assurer la croissance et le développement physique et cognitif du nouveau-né. Et cela tombe bien, car la première poussée de croissance forte du bébé survient vers la 3e semaine environ ! C’est pour cette capacité à s’adapter aux besoins de l’enfant que le lait maternel constitue le mode d’alimentation recommandé par les pédiatres dans les premières semaines après la naissance.
La composition du lait mature est atteinte très rapidement, 4 à 5 jours après le début de l’allaitement.
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Protéines et substances azotées
La teneur en protéines du lait de femme, comprise entre 8 et 12 g/L, est nettement inférieure à celle des autres mammifères. Néanmoins, elle est parfaitement adaptée aux besoins du nourrisson en raison d’une excellente absorption et d’une parfaite adéquation du profil de ses acides aminés.
Les protéines du lait de femme sont aussi très spécifiques ; même les caséines, qui ne représentent que 40 % des protéines (contre 80 % dans le lait de vache) sont différentes. Les caséines du lait de femme forment des micelles beaucoup plus petites que celles du lait de vache. Il s’agit surtout de la caséine - dont l’hydrolyse conduit à des peptides (caséomorphines) à propriétés opioïdes et de la caséine - hautement glycosylée, dont la fraction C terminale a des effets bifidogènes. Ce pourcentage élevé de protéines solubles et les micelles de caséine de petite taille expliquent la coagulation plus fine du lait de femme dans l’estomac du nourrisson, contribuant à une vidange gastrique plus rapide. La teneur en protéines du lait maternel mature est remarquablement faible, entre 0,8 et 1,0 g/100mL, démontrant une excellente absorption et une parfaite adéquation du profil en acides aminés avec les besoins du nourrisson. Les protéines qui ne précipitent pas avec les caséines, appelées protéines solubles, représentent 60% des protéines du lait maternel. Parmi les protéines solubles du lait maternel, certaines ont des rôles fonctionnels essentiels et que l’on ne retrouve pas dans le lait de vache commercialisé, comme les immunoglobulines, la lactoferrine, des enzymes, des facteurs de croissance.
Lipides
La cholestérolémie est d’ailleurs plus élevée chez le nourrisson au sein. Il faut rappeler le rôle du cholestérol dans la structure des membranes, comme précurseur hormonal et dans le développement cérébral.
Le lait de femme contient des acides gras poly-insaturés (AGPI), acides gras essentiels mais aussi leurs homologues supérieurs, en particulier acide arachidonique (AA : 0,46 g/100 g d’acides gras) dans la série linoléique (n-6) et acide docosahexaénoïque (DHA : 0,25 g/100 g d’acides gras) dans la série _-linolénique (n-3). Cette teneur dépend des apports alimentaires en acides gras n-6 et n-3 de la femme allaitante (Heird, 2000). Le lait maternel est riche en graisses adaptées aux besoins essentiels de votre bébé à ce stade. Ces graisses de haute qualité présentent une excellente répartition et sont facilement digestibles et absorbables. Enfin, le lait maternel contient des acides gras polyinsaturés (AGPI), acides gras essentiels (AGE) des familles Oméga 6 et Oméga 3 (respectivement acide linoléique et acide alpha-linolénique), et aussi des AGPI-CL à plus longue chaîne, en particulier l’acide arachidonique et l’acide docosahexaénoïque (DHA).
Le lait des femmes qui accouchent prématurément est plus riche en AGPI ( Acides gras polyinsaturés), ce qui correspond aux besoins plus élevés des prématurés en ces AGPI pour la maturation cérébrale.
En cours de têtée, la composition du lait change et s’enrichit en graisses et en micelles de caséine.
Glucides
Le lait maternel contient environ 7,5g/100mL de glucides, dont 6,3 g de lactose et 1,2 g d’oligosaccharides, alors que le lait de vache ne contient que du lactose. Le lait maternel est riche en glucides, surtout en lactose, qui fournit de l’énergie à votre enfant.
Autres composants du lait de femme
La teneur relativement faible en azote et en sels minéraux (2,50 g/L) permet de limiter la charge osmolaire rénale à des valeurs assez faibles (93 mOsm/L), alors qu’elle est beaucoup plus élevée pour le lait de vache (308 mOsm/L).
Le lait de femme : un aliment évolutif
Durant les trois premiers jours de l’allaitement, le lait de femme, alors appelé colostrum, a une composition différente du lait mature. Tous ces éléments contribuent à protéger le nouveau-né qui est particulièrement vulnérable aux infections. En quelques jours, la composition rejoint celle du lait mature.
Bienfaits de l'allaitement maternel
L’allaitement maternel a de nombreux effets positifs pour la santé des bébés et des mères. Le lait maternel est bien toléré par le tube digestif fragile de bébé, ses reins et son foie. Le lait maternel contient des anticorps et différents moyens de défense contre les microbes qui apportent une protection contre certaines infections. Il ne s’agit pas d’une simple fonction nutritive ; ses nombreuses propriétés biologiques sont très importantes pour votre bébé !
Allaiter a aussi des effets sur la santé à court et long terme pour la mère. diminue le risque de cancer du sein. Même si aujourd'hui, on ne peut pas encore le confirmer, d'autres bienfaits sont également mis en avant dans les études. L’allaitement permet des interactions privilégiées qui mobilisent tous les sens. En tétant le sein de sa maman, bébé est au contact de sa peau, il reconnaît son odeur, il entend les bruits de son cœur. Maman et bébé se touchent, se caressent, s'observent. Ces échanges sont importants et sont une des façons de créer un lien, de se connecter à son bébé. Bébé et maman partagent chaleur, amour et sécurité. Ainsi, l’allaitement est agréable pour la mère et son bébé.
Avis de l'ANSES sur l'allaitement maternel
De nombreux éléments convergent aujourd’hui pour souligner l’influence de l’environnement et de l’alimentation sur la santé dès le stade fœtal. Saisie par la Direction générale de la santé, l’Anses a mené deux expertises centrées sur l’allaitement maternel :
- une évaluation des risques liés à l’exposition aux contaminants chimiques des enfants allaités, dans la continuité de son étude de l’alimentation totale infantile (EATi) ;
- un état des lieux des connaissances sur les bénéfices nutritionnels de l’allaitement pour la santé de l’enfant.
Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du Programme national nutrition santé et du plan d’action engagé par les pouvoirs publics autour des 1000 premiers jours de l’enfant, de la période in utero jusqu’à l’âge de deux ans.
Présence de substances issues de la contamination de l’environnement
Dans cette expertise, l’Anses a estimé les niveaux d’exposition aux substances chimiques des enfants âgés de moins de 6 mois via le lait maternel et les aliments introduits lors de la diversification alimentaire. Trente-deux substances ou familles de substances ont été examinées, sur la base de scénarios simulant de nombreux cas de figure d’exposition différents. Pour la majorité des substances étudiées, le niveau d’exposition n’est pas préoccupant pour la santé : 20 d’entre elles ne dépassent pas les valeurs sanitaires de référence pour la voie alimentaire.
Toutefois, pour 12 substances ou familles de substances, l’Anses montre que le niveau d’exposition des enfants allaités peut dépasser les valeurs sanitaires de référence. Il s’agit d’éléments-trace métalliques - arsenic inorganique, cadmium, chrome, manganèse, nickel et plomb - et de composés polychlorés (PCB, dioxines et lindane), polyfluoroalkylés (PFOS et PFOA) et polybromés (PBDE). Ces substances sont présentes dans divers aliments, l’eau ou encore l’air.
L’estimation des expositions aux contaminants du lait maternel s’appuie sur une étude nommée CONTA-LAIT, basée sur l’analyse de 180 échantillons de lait maternel recueillis dans différentes grandes régions de France de 2013 à 2015. Elle a été réalisée par les hôpitaux de Paris (AP-HP), le LABERCA (Oniris VetAgroBio) et le laboratoire d’analyse chimique Ultra Traces Analyses Aquitaine (UT2A) et l’Anses.
Pour les contaminants présents dans les autres aliments du nourrisson, l’expertise intègre les données produites par l’étude de l’alimentation totale infantile (EATi). Cette étude publiée en 2016 par l’Anses a permis d’évaluer l’exposition alimentaire des enfants non allaités de moins de 3 ans aux contaminants chimiques. Les analyses ont porté sur 670 substances recherchées dans les préparations infantiles et les aliments introduits pendant la diversification alimentaire.
Agir collectivement pour réduire la contamination de l’environnement et des aliments
Les résultats de cette expertise ne sont pas destinés à prédire l'état de santé futur des enfants allaités. Cependant, ils soulignent le besoin d'agir collectivement sur 12 substances préoccupantes.
La majorité des substances chimiques identifiées comme problématiques sont connues pour polluer durablement l’environnement et s’accumuler dans les tissus gras ou osseux du corps humain. Leur présence dans l’organisme des mères allaitantes provient de toutes leurs expositions passées. L’exposition des nourrissons aux contaminants métalliques provient quant à elle majoritairement des aliments couramment introduits pendant la diversification alimentaire.
Ces substances étant très présentes dans l’environnement et les aliments, de façon générale, iI n’est pas pertinent de recommander aux femmes des actions individuelles pour limiter leur exposition et celle de leur enfant. Toutefois, l’Anses a formulé en 2019 des recommandations de consommation de poissons pour les femmes enceintes et allaitantes afin de maîtriser l’exposition aux contaminants chimiques de cette famille d’aliments.
L’Anses appelle donc à renforcer l’action collective déjà engagée par les pouvoirs publics pour réduire la contamination de l’environnement et des aliments. Cela passe notamment par l’encadrement réglementaire des substances, l’identification et la maîtrise des sources de contamination et par la surveillance de la chaîne alimentaire.
Cette expertise souligne également le besoin de réaliser des études complémentaires. Il est notamment nécessaire de décrire plus précisément la contamination du lait maternel en France et de suivre cette contamination dans le temps ainsi que son impact possible sur le développement des jeunes enfants.
Confirmation des bénéfices nutritionnels du lait maternel pour la santé de l’enfant
En parallèle, l’Anses a dressé un état des lieux des connaissances scientifiques sur les bénéfices nutritionnels du lait maternel sur la santé de l’enfant. Cette expertise s’appuie sur de nombreuses études épidémiologiques qui mettent en évidence des bénéfices du lait maternel pour la santé de l’enfant.
Les conclusions de l’Anses confirment la relation positive entre la consommation de lait maternel et la réduction du risque de surpoids à tous les âges, ou encore un effet favorable sur le développement cognitif.
Lait maternel vs lait artificiel
Le lait maternel n’est pas un simple « véhicule » de nutriments. Il s’agit d’un produit biologique extrêmement complexe, très différent du lait de vache. Le lait de vache n’est pas recommandé car il ne couvre pas les besoins nutritionnels du nourrisson. Le lait artificiel tente de reproduire le lait maternel. Par exemple, il existe environ la même quantité de fer dans le lait maternel que dans le lait de vache, mais ce fer ne présente pas la même forme chimique et biologique.
Conseils pour un allaitement réussi
Si vous avez décidé d’allaiter votre bébé, c’est super bravo !! Sachez que l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé) recommande l’allaitement précoce, c’est-à-dire dans l’heure qui suit la naissance.
On n'hésite pas à parler avec son partenaire des bienfaits de l’allaitement et à y réfléchir à deux.
Je conseillerais donc aux mamans de s’informer dès la grossesse, et éventuellement de rejoindre un groupe de mamans qui allaitent pour pouvoir discuter.
Aujourd’hui, vous êtes donc devenue conseillère en allaitement. Il s’agit souvent plus d’une méconnaissance qu’un vrai problème. D’où l’importance des groupes de préparation à l’allaitement auxquels je crois beaucoup car ils permettent d’évoquer ces sujets pendant la grossesse. Dans ma région, j’organise ainsi des groupes d’allaitement. D’autres mamans viennent me consulter quand elles ont besoin d’aide pour arrêter leur allaitement. Et en effet : on nous apprend comment allaiter, mais souvent pas comment arrêter. Un allaitement heureux est un allaitement qui se passe bien, et se déroule comme le désire la maman. Mon travail consiste à respecter cette décision, en l’aidant pour que tout se passe au mieux.
L'expérience d'Ester Artells, conseillère en allaitement
Après un parcours de biologiste spécialisée dans la génétique, la biologie moléculaire et la chimie des protéines, Ester Artells décide de devenir conseillère en allaitement maternel. Entre temps (et contre toute attente comme elle nous en parlera), elle a donné naissance à un petit garçon et, au fil des mois, a mis ses connaissances scientifiques au profit de la compréhension de l’allaitement maternel.
Ester Artells explique que son bagage universitaire (en biologie moléculaire et chimie des protéines) l'a aidée dans son activité de conseillère en allaitement. Elle souligne l'importance d'expliquer aux mamans que, d'un point de vue biologique, si les mamans n’étaient pas capables d’allaiter, ce serait l’extinction de l’espèce. La glande mammaire devrait marcher correctement (sauf dans des cas pathologiques peu nombreux), car elle s’est développée avec l’évolution de l’espèce.
Ester Artells a vécu en Espagne et en France et a constaté de nombreuses différences entre la France et l’Espagne sur la question de l’allaitement. En France, l’approche sociale autour de l’allaitement maternel est celle qu’elle observait en Espagne il y a 15-20 ans : les mamans allaitent peu, sur une courte durée (1 ou 2 mois maximum) et interrompent généralement leur allaitement quand elles retournent au travail. Pour elle, la liberté de la femme passe par ses choix de vie. Il faudrait donc que la femme puisse avoir le choix de continuer à allaiter tout en travaillant.
Ester Artells propose différents types d’accompagnements, en présentiel et à distance. Elle propose également des formats innovants via l’outil Télégramme. Il s’agit d’un programme de 4 semaines, interactif et sans contraintes d’horaires, que chacune peut suivre à son rythme. Ce programme comprend des exercices (envoyés tous les lundis), des questions et des débats.
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