L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit en France, mais il est essentiel d'en comprendre les risques potentiels, tant physiques que psychologiques, pour prendre une décision éclairée. Chaque année, environ 220 000 Françaises ont recours à l'IVG, ce qui représente un avortement pour trois naissances. Cet article aborde l’IVG sous l’angle de la santé publique, tout en reconnaissant les questions éthiques plus larges qu'elle soulève.
Introduction : L'IVG, un Droit et une Décision Complexe
L'IVG est un droit fondamental pour les femmes en France, qu'elles soient mineures ou majeures. La loi garantit l'accès à cette procédure, mais il est crucial que les femmes qui envisagent un avortement soient pleinement informées des risques et des conséquences potentielles. Cet article vise à fournir une analyse approfondie de ces risques, en s'appuyant sur des études et des témoignages. Il est important qu’une femme envisageant l’avortement les connaisse.
Aspects Éthiques et Considérations Morales
Au-delà des aspects médicaux, l'IVG soulève des questions éthiques importantes. Quel statut accordons-nous à l'embryon ? Qui a le droit à la vie ? Quels sont les droits du père ? Quelle liberté accordons-nous aux professionnels de la santé, aux pharmaciens, etc. ? Ces questions sont complexes et méritent une réflexion approfondie. Les femmes qui ont choisi l’avortement, ou qui y ont consenti à cause de pressions parfois violentes, ont certes accepté un acte entraînant la mort d’un être humain, leur enfant. Cependant, le Docteur Pascale Pissochet nous met en garde contre un jugement simpliste sur cette décision et sur ces femmes.
Les Risques Physiques de l'IVG
Les conséquences de l’IVG pour la santé des mères peuvent être de trois ordres. Les premières sont des conséquences physiques. Les secondes sont les conséquences psychosomatiques : le corps de la femme est atteint d’un véritable problème de santé, mais celui-ci est provoqué par sa souffrance psychique. Enfin, les conséquences psychiques ou psychiatriques.
Le Syndrome du Cinquième Jour
Le moins grave, le syndrome du cinquième jour, concerne uniquement l’IVG par aspiration. Ce syndrome est caractérisé par des douleurs, qui peuvent aussi être accompagnées de fièvre, de saignements et/ou de caillots.
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Risques Infectieux
Des études montrent que c’est le risque le plus fréquent : 1 à 5 % des cas. Les risques infectieux incluent les infections à chlamydiae et les endométrites post-abortum. Cherline Louissaint pointe l’augmentation de ces risques selon le trimestre de grossesse. Le site de la Fédération du Planning Familial américain, l’organisme le plus actif du monde pour promouvoir l’avortement, mentionne lui-même la possibilité de ces risques. Le site Gènéthique attire notre attention sur un document du laboratoire qui produit le Mifeprex (mifepristone), l’un des produits ingérés pour les avortements chimiques.
Risque de Mortalité Maternelle et Législation
Gènéthique fait remarquer que la plupart des gens considèrent comme évident que les pays ayant le plus grand taux de mortalité maternelle sont ceux où le droit à l’avortement est très restreint, car cela entraîne des avortements illégaux et dangereux. Pourtant, les statistiques montrent le contraire. À niveau de développement équivalent, les pays ayant le plus faible taux de mortalité maternelle sont ceux qui limitent le plus l’avortement. Le site donne plusieurs exemples, dont celui du Chili où une loi interdisant l’avortement a été votée en 1989 (l’avortement a été totalement interdit au Chili entre 1989 et 2017). Suite à cette loi, non seulement le taux de mortalité maternelle n’a pas augmenté, mais il a diminué de moitié ! Il est passé de 41,3 (avant 1989) à 22 décès sur 100 000 en 2013.
Risques Associés au Délai Légal et aux Techniques d'Avortement
Le 3 mars 2022, le délai légal pour avorter en France est passé de 12 à 14 semaines de grossesse. À cette occasion, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a exprimé ses inquiétudes. La technique pour avorter à 14 semaines n’est pas la même que celle pour avorter à 12 semaines. C’est ce que révèle Gènétique : « Si l’avortement est chirurgical, ‘‘il faut dilater beaucoup plus le col’’, pointe le Dr Cyril Huissoud, avec de potentielles conséquences pour les futures grossesses. Les potentielles faiblesses ou béances cervicales occasionnées par l’avortement pourraient conduire ultérieurement ‘‘à des fausses couches tardives ou à des menaces d’accouchement prématuré’’.
Impact sur les Grossesses Ultérieures
Le site Gènéthique mentionne des études indiquant que les femmes ayant déjà avorté ont 37 % de risques en plus d’accoucher plus tard d’enfants prématurés, et 64 % de risques en plus d’accoucher d’un grand prématuré, à moins de 32 semaines de grossesse. En effet, une femme qui a déjà avorté a un risque augmenté de 37% d’accoucher d’enfants prématurés par la suite.
Risque de Cancer du Sein : Études Contradictoires
En ce qui concerne un risque de cancer du sein plus important pour les femmes ayant avorté que pour les femmes ayant mené une grossesse à terme, les études se contredisent. D’après une étude indienne de 2014, l’avortement affaiblit le tissu musculaire des seins, ce qui est une cause de sensibilité accrue aux cellules cancérigènes. Cherline Louissaint explique que le risque de cancer du sein est corrélé avec la quantité d’œstrogènes sécrétés durant la vie. En 2005, le Collectif « 30 ans ça suffit ! » expliquait que l’augmentation des risques de cancer du sein liée à l’avortement était élevée surtout pour les femmes n’ayant jamais accouché d’un premier enfant. Dans le corps la femme enceinte, le niveau de plusieurs hormones augmente nettement. Trois d’entre elles : l’œstradiol, la progestérone, et surtout la hCG, stimulent les cellules des seins pour les faire parvenir à maturité. Un avortement provoque la chute brutale des niveaux de ces hormones, alors que les seins sont en plein processus de maturation.
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Les Risques Psychosomatiques et Psychologiques de l'IVG
Les conséquences de l’IVG pour la santé des mères peuvent être de trois ordres. Les premières sont des conséquences physiques. Les secondes sont les conséquences psychosomatiques : le corps de la femme est atteint d’un véritable problème de santé, mais celui-ci est provoqué par sa souffrance psychique. Enfin, les conséquences psychiques ou psychiatriques.
Troubles Psychosomatiques
De nombreuses femmes témoignent de troubles psychosomatiques à long terme après un avortement. Ces problèmes de santé sont réels : il ne faut pas confondre les problèmes de santé psychosomatiques avec l’hypocondrie, où la personne croit être malade sans l’être. Le Docteur Pascale Pissochet mentionne des témoignages de migraines, des troubles fonctionnels abdominaux, des douleurs abdominales, des troubles du sommeil et des troubles de la sexualité. Pour exprimer le traumatisme de l’IVG, le Docteur Pissochet parle de « rupture du cheminement naturel maternel » : « Il s’agit du triste constat d’une chair meurtrie dans une maternité qui n’intègre plus dans son corps le petit corps qui habitait ses entrailles. Oui, une chair qui finit par souffrir, non seulement du geste traumatique de l’avortement, mais aussi du vide abyssal laissé par le départ de son enfant. » C’est parfois des années après l’acte que des femmes se retrouvent totalement effondrées psychologiquement.
Dépression et Deuil
Comme la fausse couche, l’avortement est la perte d’un enfant, et entraîne un deuil. Philippe de Cathelineau nous fait remarquer combien le deuil est rendu plus difficile, lorsque tout le monde autour de soi nie la réalité de la perte. Le corps du défunt a été éliminé. Généralement, ce corps n’a même pas été vu par la mère. Les femmes ayant avorté présentent un risque d’être hospitalisées en psychiatrie dans les trois mois suivant l’accouchement ou l’avortement, de 53 % plus élevé que les femmes ayant porté leur enfant à terme. Le risque de dépression est de 37 % plus élevé (ou de 65 %, selon une autre étude). Les femmes qui avortent ont un risque bien plus élevé de tomber en dépression que les femmes qui ont accouché (plus élevé de 53%).
Risque d'Auto-Mutilation et de Suicide
Sans antécédents psychiatriques, les risques d’auto-mutilation sont de 70 % plus élevés pour les femmes ayant mis fin à leur grossesse que pour les femmes qui ont accouché. Les femmes ayant avorté se suicident plus que les autres femmes (155 % plus), tandis que celles qui ont accouché d’un enfant se suicident moins que la moyenne des femmes. Le risque d’automutilation est plus élevé de 70% chez les femmes qui ont avorté, et ce sur une population de femmes qui n’avaient pas d’antécédents psychiatriques.
Troubles Émotionnels et Stress Post-Traumatique
Les femmes ayant avorté sont plus souvent sujette à la tristesse et aux pleurs, à des peurs irraisonnées ou des attaques de panique. Elle expérimentent aussi plus souvent des changements brusques d’état émotionnel. Elles ont souvent de grandes difficultés à exprimer leurs émotions. Sans intervention thérapeutique, ces troubles peuvent évoluer vers un état de stress post-traumatique, qui est un trouble anxieux sévère.
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Manifestation Tardive des Troubles Psychiques
Les troubles psychiques expérimentés par certaines femmes ayant avorté n’apparaissent pas toujours tout de suite, ils peuvent se manifester pour la première fois des années après. Qu’ils commencent immédiatement ou non, ces troubles peuvent évoluer vers l’indifférence de la dépression, ou vers une hypersensibilité au monde extérieur. L’avortement peut entraîner à long terme des sentiments de vide et de solitude, d’exclusion.
Sentiments de Culpabilité et de Remords
Certaines femmes avaient déjà conscience de faire du mal au moment de l’acte. Pour les autres, il est bien entendu souhaitable qu’elles prennent conscience que leur acte n’était pas bon. Les femmes qui en avaient déjà conscience, et celles qui prennent conscience de la portée de l’acte d’avortement, peuvent éprouver des sentiments de honte, de remord, de culpabilité, voire des idées noires. Elles sont parfois saisies par le souvenir de l’IVG, qui les fait profondément souffrir. Leur souffrance peut être d’autant plus grande quand elles ont vécu plusieurs avortements.
Addictions et Répétition de l'Avortement
Pour faire face à leurs souffrances psychiques et à leurs remords, certaines femmes tombent dans l’addiction à des substances anxiolytiques : médicaments, tabac, alcool, drogues. Une étude canadienne confirme que les risques de dépendance à la drogue et à l’alcool sont plus élevés respectivement de 142 % et de 287 % pour les femmes ayant avorté que pour celles ayant mené leur grossesse à terme. Malheureusement, il existe aussi une forme d’addiction à l’avortement. La souffrance même vécue dans cet acte peut conduire certaines femmes à le reproduire, comme pour essayer de changer ce qu’elles ont vécu, ou pour se donner la preuve que ce n’est pas un acte grave. Certaines sont comme écartelées entre leur désir de maternité et leur sentiment qu’il est impossible de vivre celle-ci. Cette répétition compulsive de l’avortement concernerait 45 % des avortements. Les conséquences psychiques et physiques d’une multiplication des avortements peuvent être très graves.
Impact sur la Maternité et les Enfants Suivants
La naissance d’un enfant ne compense pas un avortement passé. Par ailleurs, si la mère vit une dépression ou d’autres troubles psychiatriques suite à son avortement, cet état peut avoir des conséquences sur la relation avec ses enfants, et même nuire à l’attachement à un nouveau bébé et conduire parfois à de la maltraitance. La maltraitance commise par une mère ayant avorté peut s’accompagner de paroles destructrices, comme : « C’est toi que j’aurais dû avorter ! Autre risque pour les enfants dont un membre de la fratrie a été avorté : peut-être que leurs parents ont avorté parce qu’ils croient en l’idéologie de l’enfant désiré, l’enfant qui répond à mon projet, et non l’enfant que j’accueille parce qu’il existe, parce qu’il est lui-même. Le risque, pour les enfants qui survivent à la planification, est qu’ils ne correspondent pas non plus à ce que leurs parents avaient désiré et planifié.
Conséquences sur la Vie de Couple et les Relations
Il n’est pas étonnant que les blessures psychiques des femmes ayant avorté aient des répercussions sur leur vie de couple et leurs relations avec leur conjoint, le père de l’enfant avorté ou un autre. En effet, ce sont des relations avec un homme qui sont à l’origine de l’évènement traumatisant. On peut supposer que les conséquences relationnelles varient selon que l’homme avec qui la femme est en couple est le père de l’enfant avorté ou non. Suite à leur avortement, certaines femmes peuvent ressentir de la haine envers leur conjoint, un dégoût de la sexualité, voire un rejet envers tous les hommes. Des dysfonctionnement sexuels se produisent chez 31 % des femmes ayant avorté et chez 18 % de leurs conjoints. Certains hommes sont indifférents à l’avortement de leur compagne. D’autres ont fait pression sur celle-ci pour qu’elle avorte. Mais l’avortement est souvent décidé d’un commun accord, parce que les deux parents pensent que leur situation ne leur permet pas d’accueillir l’enfant. Parfois aussi, la femme avorte à l’insu du père, qui ne sait pas toujours qu’elle a été enceinte. Le Docteur Pissochet mentionne une étude comparative entre hommes et femmes, qui montre que, si les femmes sont 56,9 % à vivre une détresse psychologique après un avortement, les hommes sont tout de même 40,7 %.
Impact sur les Hommes : Témoignage
En 2007-2009 j’étais dans la ville thaïlandaise de Pattaya, pour des activité humanitaires de soutien aux femmes prostituées. J’ai eu l’occasion de connaître un homme anglais de 36 ans, qui m’a raconté comment son chemin l’avait mené jusqu’à une ville comme Pattaya, ville organisée pour la prostitution pour les touristes. Quelques années plus tôt, cet homme avait une compagne qui a conçu un enfant de lui. Sans le lui dire, elle a pris les comprimés pour faire un avortement dit « médicamenteux ». Elle a expulsé l’embryon dans les toilettes, et elle l’a montré à son compagnon. La vision de son enfant mort dans les toilettes a été un traumatisme terrible pour cet Anglais habité du désir de devenir père. Pendant un an, il est resté enfermé chez lui dans le noir, sans rien faire et sans voir personne. Quand il a pu sortir, il a décidé de chercher l’oubli auprès des prostituées thaïlandaises.
Impact sur les Frères et Sœurs
Les frères et sœurs d’enfants avortés sont confrontés à la souffrance portée par leur mère et peut-être par leur père. Mais, quand ils apprennent l’existence de cet avortement, ce qui est nécessaire à un moment de leur vie, ils sont confrontés au choc du fait que l’un des membres de la fratrie a été éliminé par les parents. L’une des questions qui peut les perturber est : « Et si ça avait été moi ? », et donc « Est-ce que maman s’est posé la question pour moi ? ». Le syndrome du survivant que peuvent vivre les frères et sœurs d’enfants avortés entraîne parfois des troubles psychologiques profonds. Ces enfants peuvent vivre les mêmes conflits psychologiques que ceux dont un frère ou une sœur est mort dans un accident ou une maladie. - La culpabilité existentielle. La personne pense que c’est elle qui aurait dû mourir. Ce trait se retrouve toujours dans le syndrome du survivant. - L’angoisse existentielle : « Je veux vivre mais il va forcément m’arriver quelque chose, puisque je suis coupable d’être vivant à la place de mon frère ou de ma sœur. - L’attachement anxieux et l’ambivalence affective. Des doutes concernent d’abord l’amour des parents, par qui l’enfant se sent aimé, tout en pensant qu’ils sont capables de le tuer. - La peur de la vérité. Elle résulte des non-dits concernant l’avortement. - La culpabilité ontologique. Elle peut s’ajouter à la culpabilité existentielle. La personne pense n’avoir pas de valeur, et elle renonce à développer ses talents. - La violence. La révolte entraîne d’abord une agressivité envers les parents, qui va parfois jusqu’au meurtre. - Le dédoublement de personnalité. Il existe surtout pour les enfants qui ont été mis au monde pour remplacer l’enfant avorté. - La perte du sens moral : la perte du respect d’autrui et de soi-même. - La tendance à avorter à son tour. - Le refus de Dieu.
Interruption Médicamenteuse de Grossesse (IMG) et Risques Tératogènes
Votre sœur a tenté de faire une IVG médicamenteuse, supposons-nous, qui a échoué. Elle a ensuite décidé de continuer sa grossesse. En cas d'échec de la procédure d’IVG médicamenteuse et de poursuite de votre grossesse : si vous désirez toujours interrompre votre grossesse, votre médecin ou votre sage-femme vous orientera vers une nouvelle procédure d’interruption de grossesse ; si vous choisissez de poursuivre votre grossesse jusqu’à son terme, un suivi particulier du futur enfant devra être effectué. En effet, les médicaments utilisés dans l’IVG médicamenteuse sont tératogènes c’est-à-dire qu’ils peuvent provoquer des malformations graves chez les enfants exposés pendant la grossesse (au niveau des membres, de la face, du cerveau). Une surveillance prénatale attentive et des échographies répétées doivent être effectuées dans un centre spécialisé.
Information pour les Professionnels de Santé
Si l’IVG médicamenteuse a échoué, il est essentiel que vous échangiez avec la patiente sur les possibilités qui lui sont offertes et les risques éventuels associés : si elle confirme son souhait d’interrompre sa grossesse, une nouvelle procédure d’IVG pourra lui être proposée lors de la visite de contrôle ; si elle décide de poursuivre sa grossesse, informez-la du risque tératogène des médicaments utilisés. En effet, l’exposition prénatale au misoprostol ou à la mifépristone a été associée à une augmentation du risque malformatif multipliée par trois par rapport aux enfants dont les mères n’ont pas été exposées à l’une de ces molécules pendant la grossesse. Ces malformations graves peuvent notamment toucher les membres, la face, le cerveau. Précisez-lui également les précautions particulières qui devront être mises en œuvre au cours du suivi prénatal : ce suivi sera renforcé, avec réalisation d’échographies prénatales répétées en centre spécialisé qui porteront une attention particulière aux membres et à la tête.
Risques Associés à la Mifépristone (RU 486)
Chez l’Homme, les données disponibles chez les femmes enceintes exposées à la mifépristone au 1er trimestre de la grossesse sont peu nombreuses, mais on dénombre à ce jour cinq anomalies du cervelet (3 dans la littérature et 2 au CRAT) : Deux hypoplasies cérébelleuses, Deux agénésies unilatérales d’un lobe, Une atrophie cérébelleuse sévère. Les prises de mifépristone ont eu lieu à 6, 9 ou 10 SA. Dans trois cas, une prostaglandine était associée (géméprost ou misoprostol). Dans l’attente de données complémentaires, une surveillance prénatale du cervelet fœtal est souhaitable en cas d’exposition à la mifépristone au 1er trimestre de la grossesse.
Risques Associés au Misoprostol
Les malformations décrites comportent notamment : Des anomalies des noyaux des paires crâniennes : syndrome de Moebius (paralysie le plus souvent bilatérale des 6ème et 7ème nerfs crâniens, avec parfois atteinte d’autres paires crâniennes), trismus sévère avec rétrognathie. Des anomalies de membres : arthrogrypose, pieds bots, anomalies réductionnelles distales, « anneaux de constriction », syndactylies ou camptodactylies. Quelques cas d’hydrocéphalie associée aux anomalies précédentes. L’incidence des malformations de ce tableau est encore difficile à déterminer avec précision compte tenu des données existantes, mais elle pourrait être de l’ordre de 2% en cas d’exposition au 1er trimestre de la grossesse. Pour le syndrome de Moebius, qui est extrêmement rare dans la population générale (environ 1 pour 50 000), l’exposition au misoprostol multiplierait le risque par 30 à 50. Pour les anomalies réductionnelles transverses des membres, le risque serait multiplié par environ 24 par rapport à la population générale (de l’ordre de 1 pour 5000 à 1 pour 2500).
Surveillance Échographique
On proposera une surveillance échographique fœtale ciblée sur les membres, la motilité fœtale, le système nerveux central et le massif facial (rétrognathie, mouvements oculaires, troubles de la déglutition et absence de mimique).
Soutien et Guérison
Toutes ces souffrances ne sont pas une fatalité, l’aide d’une thérapie peut aboutir à de vraies résurrections. Bien sûr, rien ne pourra faire que l’enfant avorté n’ait pas été avorté. Mais Dieu nous demande de ne pas rester figés dans le mal qui a été fait. L’Église sait combien de conditionnements ont pu peser sur votre décision, et elle ne doute pas que, dans bien des cas, cette décision a été douloureuse, et même dramatique. En réalité, ce qui s’est produit a été et demeure profondément injuste. Mais ne vous laissez pas aller au découragement et ne renoncez pas à l’espérance. C’est à ce même Père et à sa miséricorde qu’avec espérance vous pouvez confier votre enfant.
