La grossesse est une période de changements et de préoccupations pour les futures mamans. Parmi les nombreuses questions qui peuvent surgir, la présence de vers intestinaux est une source d'inquiétude fréquente. Cet article vise à informer les femmes enceintes sur les risques potentiels des vers intestinaux pour le bébé, les traitements possibles et les mesures de prévention à adopter.
Vers intestinaux : un problème courant
Les vers intestinaux, tels que les oxyures et les ascaris, sont des parasites courants qui peuvent affecter les personnes de tous âges, y compris les femmes enceintes. Les enfants sont particulièrement vulnérables, surtout lors de l'entrée en crèche ou à l'école maternelle, où le risque d'infestation augmente en raison du contact étroit avec d'autres enfants et de l'exploration de leur environnement.
Modes de contamination
La contamination par les vers intestinaux se fait généralement par l'ingestion d'œufs présents sur des surfaces contaminées, des aliments mal lavés, de l'eau souillée ou par contact direct main-bouche. Les œufs d'helminthes peuvent contaminer la nourriture, l'eau, l'air, les excréments, les animaux domestiques et les objets tels que les sièges de toilettes et les poignées de porte. Une fois ingérés, les œufs éclosent dans l'intestin et les vers se développent et se multiplient.
Types de vers intestinaux
- Oxyures : Ces petits vers blancs, d'environ 1 cm de long, vivent dans le côlon et pondent leurs œufs autour de l'anus, provoquant des démangeaisons intenses, surtout la nuit.
- Ascaris : Ces vers ronds peuvent atteindre 30 cm de long et provoquer des troubles digestifs.
- Ténia : L'infection par le ténia est généralement diagnostiquée par la découverte d'œufs ou de segments de ténia dans les selles.
- Ankylostomes : Ces petits vers ronds intestinaux se contaminent par voie transcutanée et sont répandus dans toutes les zones tropicales. Situés au niveau du duodénum, ils sont hématophages et consomment en moyenne 0,1 ml de sang par jour et par ver.
Risques des vers intestinaux pendant la grossesse
Bien que les vers intestinaux ne traversent pas le placenta et ne mettent généralement pas le fœtus directement en danger, ils peuvent affecter la qualité de vie de la femme enceinte. Les symptômes tels que les démangeaisons nocturnes, les troubles du sommeil, l'irritabilité et la perte d'appétit peuvent accentuer la fatigue déjà présente pendant la grossesse.
Dans certains cas, les vers intestinaux peuvent entraîner des complications plus graves, notamment :
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- Anémie : L'ankylostomose, par exemple, peut provoquer une anémie ferriprive importante, augmentant le risque d'avortement et d'accouchement prématuré.
- Altération de l'état général : Si l'infestation n'est pas traitée, elle peut entraîner une altération de l'état général de la mère.
Paludisme et Grossesse
Il est important de noter que certaines parasitoses, comme le paludisme, sont plus graves que les infestations par les vers intestinaux. Le paludisme est l’affection parasitaire la plus fréquente et qui pose le plus de problèmes chez la femme enceinte. La grossesse s’accompagne d’une certaine diminution de l’immunité acquise, surtout chez la primigeste, entraînant donc une augmentation de la fréquence et de l’intensité de la parasitémie. Les accès fébriles peuvent provoquer un avortement au début ou un accouchement prématuré en fin de grossesse. Le paludisme est la principale cause d’anémie au cours de la grossesse.
Traitement des vers intestinaux pendant la grossesse
En général, les traitements antiparasitaires sont déconseillés pendant la grossesse, surtout en fin de parcours. Cependant, dans certains cas, le médecin peut décider de prescrire un traitement si les bénéfices potentiels pour la mère l'emportent sur les risques pour le fœtus.
- Médicaments antiparasitaires : Les médicaments tels que l'albendazole ou le mébendazole peuvent être prescrits sous contrôle médical.
- Traitement du paludisme : En cas de paludisme, le traitement doit être instauré d’urgence avec de la quinine. La Nivaquine® et la quinine ne sont ni abortives, ni tératogènes. S’il s’agit d’une souche de P. falciparum chloroquinorésistante, le meilleur traitement est l’association atovaquone-proguanil (Malarone®).
Il est crucial de consulter un professionnel de santé avant de prendre tout médicament pendant la grossesse, y compris les remèdes naturels.
Conduite à tenir en cas de prise accidentelle de médicament déconseillé
Si une femme enceinte a pris accidentellement un médicament antiparasitaire déconseillé, il est important de consulter rapidement un médecin. Dans le cas du flubendazole, par exemple, le risque pour le bébé est généralement considéré comme négligeable en raison de la très faible résorption du médicament.
Prévention des vers intestinaux pendant la grossesse
La prévention est essentielle pour éviter la contamination par les vers intestinaux pendant la grossesse. Voici quelques mesures d'hygiène à adopter :
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- Lavage des mains : Se laver les mains fréquemment à l'eau et au savon, surtout avant de manger et après être allé aux toilettes.
- Hygiène alimentaire : Laver soigneusement les fruits et légumes avant de les consommer, et cuire correctement la viande.
- Nettoyage de l'environnement : Nettoyer régulièrement les surfaces et les objets susceptibles d'être contaminés.
- Changement de literie : Changer et laver les draps et les sous-vêtements à haute température.
- Coupe des ongles : Couper les ongles courts pour éviter l'accumulation de saleté et d'œufs de parasites.
- Mesures de protection contre les moustiques : Éviter les piqûres de moustiques nécessite de revêtir des vêtements légers, mais longs et de dormir sous une moustiquaire, si possible imprégnée d’insecticide. On peut y adjoindre avec prudence l’application de produits répulsifs sur la peau.
Autres Parasitoses et Grossesse
Outre les vers intestinaux et le paludisme, d'autres parasitoses peuvent poser des problèmes pendant la grossesse :
- Amoébose (Amibiase) : La grossesse ou les suites d’accouchement ou d’avortement sont des circonstances favorables pour l’amoébose. Le traitement actuel est basé sur la prescription de dérivés imidazolés : métronidazole (Flagyl®), tinidazole (Fasigyne®). L’amoébose n’est pas transmissible au fœtus in utero, mais le traitement de la mère et un lavage soigneux et répété des mains sont nécessaires avant de s’occuper de son enfant.
- Bilharzioses (Schistosomoses) : L’atteinte ovarienne entraîne des ménométrorragies, une dysménorrhée puis une aménorrhée. En cas de grossesse, peut survenir un avortement ou un accouchement prématuré avec hypotrophie fœtale.
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