Un accouchement est considéré comme prématuré lorsqu'il survient avant la fin de la 37e semaine de grossesse (SA). Accoucher à 35 semaines d’aménorrhée implique donc une naissance prématurée, où le bébé arrive cinq semaines avant le terme théorique. Bien que les avancées médicales aient considérablement amélioré les pronostics pour les bébés nés à ce stade, la prématurité peut toujours représenter des risques pour leur développement et leur santé, nécessitant une prise en charge immédiate, plus ou moins longue et complexe. En France, un bébé naît prématurément toutes les 8 minutes.

Définition de la Prématurité

Une naissance est prématurée lorsqu’elle survient avant 37 semaines d’aménorrhée (SA), dont le calcul commence le premier jour des dernières règles, ou avant 8 mois de grossesse. On distingue différents niveaux de prématurité :

  • Très grande prématurité : Naissance entre 24 et 28 SA.
  • Grande prématurité : Naissance entre 28 et 32 SA.
  • Prématurité moyenne : Naissance entre 32 et 36 SA.
  • Prématurité tardive : Naissance entre 35 et 37 SA.

Accoucher à 35 semaines est classé comme un accouchement « tardivement prématuré ». À partir de 37 SA, le bébé est considéré à terme.

Causes et Facteurs de Risque de l'Accouchement Prématuré

La prématurité peut être spontanée ou induite. Environ 70 % des naissances prématurées sont spontanées, dues à des contractions précoces ou à la rupture prématurée des membranes fœtales, parfois d’origine infectieuse. Les autres naissances prématurées sont provoquées par décision médicale, en raison d’un risque majeur pour la santé du fœtus ou de la mère.

Plusieurs facteurs peuvent favoriser l'accouchement prématuré :

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  • Antécédents d'accouchement prématuré : Une femme ayant déjà eu un bébé prématuré présente un risque accru pour les grossesses suivantes.
  • Problèmes médicaux : Des pathologies comme le diabète, l'hypertension, et les infections (notamment la parodontite) peuvent augmenter le risque. On parle d’hypertension lorsque la pression artérielle systolique est supérieure ou égale à 140 mm Hg et/ou la pression artérielle diastolique supérieure ou égale à 90 mm Hg.
  • Infections: Au moins 15% des femmes accouchant après un travail prématuré spontané seraient porteuses d’une infection utérine (chorioamniotite). Dans un tiers des cas, la rupture précoce des membranes est provoquée par une infection intra-utérine : la chorioamniotite, également appelée infection intra-amniotique, qui touche le placenta et/ou le liquide amniotique.
  • Tabagisme, alcool et drogues : La consommation de ces substances peut augmenter le risque.
  • Stress : Un niveau élevé de stress chez la mère peut contribuer à déclencher un accouchement prématuré.
  • Âge maternel : Les adolescentes et les femmes de plus de 35 ans ont un risque légèrement plus élevé.
  • Grossesses multiples : Les femmes attendant des jumeaux, triplés ou plus ont un risque plus élevé. Le taux de naissances prématurées est également plus élevé en cas de grossesses multiples : il atteint 52,6 %, contre 5,5 % lorsque la mère porte un seul enfant. L'âge moyen à la naissance de jumeaux est de 36 semaines de grossesse - 32 SA pour les triplés et 31 SA pour les quadruplés.
  • Problèmes utérins ou cervicaux : Les anomalies anatomiques peuvent parfois entraîner un accouchement prématuré.
  • Décollement prématuré du placenta : Lorsque le placenta se détache trop tôt, cela peut conduire à un accouchement prématuré. Elles correspondent à des saignements abondants qui mettent en danger la mère et l’enfant.
  • Rupture prématurée des membranes: Il s’agit d’une rupture de la poche des eaux qui se produit avant le terme normal de la grossesse (37 SA) et avant le début du travail. Une des pistes pour expliquer la survenue d’une rupture prématurée des membranes est celle de l’infection.
  • Travail prématuré spontané: Il correspond à un début de travail avant le terme normal de la grossesse (37 SA), les membranes étant intactes (poches des eaux non rompues au moment du début du travail). Le rôle des infections est là encore fortement suspecté.

D’autres facteurs comme des conditions socio-économiques défavorables, un âge plus avancé des mères, le stress ou encore la consommation de tabac sont aussi impliqués. Par exemple, le risque d’un accouchement prématuré est deux fois plus faible chez les femmes cadres que chez les ouvrières et les employées.

Signes d’un Travail Prématuré

Certains signes, s’ils sont présents avant la 37ème semaine d’aménorrhée, peuvent indiquer un risque d'accouchement prématuré :

  • Contractions utérines fréquentes : Lorsqu’une femme ressent des contractions régulières (plus de 4 par heure), cela peut indiquer que le travail a commencé. Vérifie si les contractions durent plus d'une heure, si elles sont espacées de cinq à dix minutes et si elles durent plus de 30 secondes.
  • Douleurs abdominales ou pelviennes : Des douleurs persistantes ou une sensation de pression accrue dans le bas de l'abdomen ou dans la région pelvienne peuvent indiquer un début de travail.
  • Saignements vaginaux : Des saignements vaginaux, même légers, avant la date prévue d'accouchement peuvent être un signe de début de travail. Les saignements peuvent être le signe d'un décollement prématuré du placenta.
  • Rupture prématurée de la poche des eaux:
  • Modifications des pertes vaginales : Changement de consistance, aspect plus liquide.

Si vous êtes enceinte et que vous ressentez l'un de ces symptômes, il est essentiel de consulter rapidement un professionnel de santé pour évaluer la situation. L'identification précoce des signes d'accouchement prématuré peut permettre de prendre des mesures pour retarder le travail et donner au bébé plus de temps pour se développer dans l'utérus.

Comment Ralentir le Travail Prématuré ?

Pour réduire le risque d’accouchement prématuré, les médecins peuvent utiliser plusieurs méthodes, selon la situation et le stade de la grossesse :

  • Alitement : Le repos au lit est souvent recommandé pour réduire l'activité physique et soulager la pression sur le col de l'utérus.
  • Médicaments : Des médicaments appelés tocolytiques peuvent être prescrits pour détendre l'utérus et arrêter les contractions. Ces médicaments ne peuvent certes pas traiter la cause des contractions, mais ils offrent à la future mère et au bébé un peu de temps supplémentaire dont ils ont grand besoin.
  • Cerclage cervical : Il s’agit d’une intervention chirurgicale où un cerclage est placé autour du col de l'utérus pour le maintenir fermé et retarder le travail.
  • Hospitalisation : Dans les cas les plus graves, une hospitalisation peut être nécessaire pour surveiller de près la mère et le bébé.
  • Corticostéroïdes : Ils sont administrés pour stimuler le développement pulmonaire du fœtus en cas de risque d'accouchement prématuré imminent. En cas de menace d’accouchement très prématuré, une administration de corticoïdes dans les 10 jours précédents la naissance permet d’accélérer la maturation pulmonaire du fœtus, et dans certains cas d’éviter des difficultés respiratoires et cérébrales néonatales ainsi que des décès.

Chaque grossesse est unique et nécessite une approche personnalisée en fonction notamment de la santé de la mère, de l'âge gestationnel et de différents paramètres médicaux. Si le travail prématuré ne peut être arrêté, les professionnels de santé veilleront à gérer la situation de manière à minimiser les risques pour la mère et le bébé.

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Méthodes Préventives à Adopter Durant la Grossesse

Certaines mesures peuvent aider à réduire le risque d’accouchement prématuré :

  • Suivi médical régulier : Assurez-vous de vous rendre à tous vos examens prénataux mensuels et suivez les recommandations du médecin qui suit votre grossesse. Le suivi médical au cours de la grossesse permet de repérer des situations à risques et de dépister des complications susceptibles de conduire à un accouchement prématuré (retard de croissance, hypertension maternelle…).
  • Adopter un mode de vie sain : Manger équilibré et rester active (avec l'approbation de votre médecin).
  • Éviter les substances : Arrêter ou réduire drastiquement sa consommation de tabac, d'alcool et de drogues peut contribuer à réduire le risque.
  • Gestion du stress : Trouver des moyens efficaces pour gérer le stress peut être bénéfique. Des techniques de relaxation ou des activités apaisantes telles que le yoga prénatal peuvent aider.
  • Éviter les infections : Prenez des précautions en adoptant une bonne hygiène des mains afin de réduire le risque de transmission virale. Pendant la grossesse, il est également nécessaire d’adapter ses habitudes alimentaires afin d’éviter toute infection alimentaire (nettoyage des fruits et légumes, pas de consommation d’aliment à base de lait cru, éviter certains aliments crus tels que la viande, le poisson et l’œuf…).
  • Traitement des problèmes médicaux : Si vous vous présentez des problèmes médicaux comme du diabète ou de l'hypertension, assurez-vous de bien les contrôler avec l'aide de votre médecin.
  • Éviter les grossesses rapprochées : Un intervalle d’au moins 12 mois entre les grossesses peut aider à réduire le risque de travail prématuré.
  • Prenez des précautions supplémentaires si vous êtes à risque : Si vous avez des antécédents d’accouchement prématuré, une pathologie gynécologique ou d'autres facteurs de risque, discutez-en avec votre gynécologue ou votre sage femme afin d’élaborer un plan de prévention adapté.

Risques Associés à un Accouchement Prématuré à 35 Semaines

Un accouchement prématuré peut engendrer de nombreux risques pour la santé de l'enfant :

  • Problèmes respiratoires : Les poumons du bébé prématuré peuvent ne pas être suffisamment développés, ce qui peut entraîner des difficultés respiratoires, nécessitant parfois une assistance respiratoire. Normalement, les poumons sécrètent une substance appelée « surfactant », chargée de tapisser la surface des alvéoles pulmonaires et de contribuer ainsi à une bonne fonction respiratoire. L’immaturité pulmonaire est une complication fréquente.
  • Problèmes cardiaques : Certains bébés prématurés peuvent avoir des troubles cardiaques en raison de l'immaturité de leur système cardiovasculaire. L’immaturité du rythme cardiaque peut entraîner des pauses respiratoires ou apnées.
  • Problèmes neurologiques : Un accouchement prématuré peut augmenter le risque de troubles neurologiques chez le bébé, tels que des saignements dans le cerveau. A la tête du développement des fonctions neurologiques de l’enfant, le cerveau (ou système nerveux central) dispose de régions plus ou moins sensibles à la prématurité.
  • Difficultés alimentaires : Les bébés prématurés peuvent avoir des difficultés à téter ou à avaler, nécessitant parfois une alimentation spéciale ou une nutrition par sonde. Les besoins nutritionnels du bébé prématuré différent fortement de ceux d’un nouveau-né arrivé à terme, puisque ses différentes fonctions digestives ne sont pas complètement formée.
  • Infections : Les bébés nés prématurément peuvent être plus sensibles aux infections en raison d'un système immunitaire moins développé. En cas de naissance prématurée, et en particulier en cas de grande prématurité, les enfants concernés restent fragilisés, avec une sensibilité particulière face aux risques d’infections et d’agressions extérieures.
  • Problèmes de croissance et de développement : Les prématurés peuvent avoir un retard de croissance ou des retards dans le développement moteur, cognitif ou sensoriel. Le retard de croissance est généralement diagnostiqué ou repéré grâce à l’échographie pendant la grossesse. Le retard de croissance est en partie lié à des anomalies de la vascularisation entre l’utérus et le placenta. Les échanges entre la mère et le fœtus ne s’effectuant plus dans de bonnes conditions, les apports nutritionnels et en oxygène deviennent insuffisants.

Il est important de noter que tous les bébés prématurément ne présentent pas nécessairement ces complications et que de nombreux prématurés se développent normalement avec des soins médicaux appropriés. Cependant, le risque de pathologies est plus élevé chez les bébés nés prématurément par rapport à ceux nés à terme. Étant donné qu'en cas de naissance prématurée, un temps de développement important a été perdu dans le ventre de la mère, les enfants du même âge peuvent avoir une longueur d'avance en matière de développement. Les prématurés ont souvent besoin de quelques années pour rattraper cette avance. Ainsi, à l'âge de trois ou cinq ans, il y a souvent encore de grandes différences entre les prématurés et les enfants nés à terme.

Un accouchement prématuré peut également comporter des risques pour la santé de la mère :

  • Stress émotionnel : L'expérience d'un accouchement prématuré peut être très stressante et émotionnellement difficile pour la jeune mère, en raison des préoccupations pour la santé de son enfant né prématurément
  • Risque accru pour les grossesses futures : Les femmes ayant déjà eu un accouchement prématuré ont un risque plus élevé de connaître des accouchements prématurés pour leurs grossesses futures.
  • Problèmes de santé mentale : Le stress et l'anxiété liés à un accouchement prématuré peuvent augmenter le risque de problèmes de santé mentale tels que la dépression post-partum. Une naissance prématurée est une lourde charge pour les parents. Non seulement ils s'inquiètent pour le bien-être de leur petit bébé, mais ils se sentent souvent coupables et ont le sentiment d'avoir échoué - même s'ils ne sont en fait absolument pas responsables de la naissance prématurée.

Suite à une naissance prématurée, il est important d’avoir un soutien médical et émotionnel approprié pour récupérer au mieux de l’accouchement.

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Prise en Charge du Bébé Né à 35 Semaines

Dès leur naissance, les bébés prématurés sont pris en charge dans un service de néonatologie. Différents soins techniques, d’hygiène et de confort personnalisés leur sont prodigués. Ils nécessitent une médecine particulièrement précise, en raison de la surveillance de tous les instants qui doit être mise en place. Les prématurés extrêmes et grands prématurés sont accueillis en service de réanimation néonatale. Ils sont ensuite orientés vers les soins intensifs, puis en service de néonatalogie quand leur état de santé est stable.

Les principaux équipements utilisés sont :

  • L’incubateur fermé ou couveuse : Ce « berceau fermé » en plastique transparent reproduit le plus fidèlement possible les conditions de vie intra-utérine du nouveau-né. Il aide à réguler sa température grâce à une sonde thermique placée au niveau du ventre ou du dos. Les prématurés sont placés dans des couveuses chauffées et humidifiées pour maintenir leur température centrale entre 36,5°C et 37,5°C. Les enfants peuvent sortir de ces couveuses lorsque leur poids et leur capacité à réguler leur température le leur permettent.
  • Le ventilateur (ou respirateur) : Il donne au bébé le débit d’oxygène dont il a besoin, grâce à un système de ventilation assistée ou artificielle.
  • Les moniteurs (ou scopes) : Ceux-ci affichent en permanence le rythme cardiaque, la fréquence respiratoire, la pression artérielle et le taux d’oxygène sanguin du bébé.
  • L’oxymètre de pouls ou de saturation.
  • La sonde naso-gastrique.
  • Les cathéters.

Les enfants bénéficient aussi d’une surveillance neurologique renforcée (électroencéphalogramme et imagerie), à la recherche d’anomalies neurologiques précoces, d’une surveillance de la fonction pulmonaire pour repérer les éventuelles apnées (pauses respiratoires) qui sont fréquentes en cas de naissance avant 34-36 semaines de grossesse, ainsi que d’une surveillance cardiaque.

Importance du Peau-à-Peau et de l'Allaitement

Dès le début de son hospitalisation, les parents sont accompagnés par l’équipe soignante qui leur apprend à participer aux soins prodigués à leur enfant, lorsque c’est possible. Si son état de santé le permet, le peau-à-peau est un moyen incontournable de tisser des liens avec votre bébé, d’apprendre mutuellement à vous connaître, de le rassurer mais aussi de l’aider à mieux dormir et gérer la douleur lors d’un soin particulièrement désagréable pour lui.

L’information sur les modalités d’alimentation d’un nouveau-né prématuré est également fondamentale pour permettre aux mères qui le souhaitent de mettre en route une lactation de façon optimale et au père ou au coparent de soutenir cet allaitement. Le lait maternel des mères qui ont accouché prématurément contient une concentration particulièrement élevée de nutriments essentiels et fournit en outre au bébé des substances immunitaires. Il est donc important que le bébé reçoive du lait maternel le plus tôt possible. Toutefois, il arrive souvent que les bébés prématurés ne soient pas en mesure de téter eux-mêmes. Les mères doivent alors tirer leur lait et le bébé le reçoit par gavage. Si le bébé n'est pas encore en mesure de digérer le lait maternel, il reçoit d'abord un mélange d'eau et de sucre.

Suivi et Accompagnement Après la Sortie de l'Hôpital

Généralement, les enfants peuvent rentrer à la maison lorsqu’ils sont devenus autonomes du point de vue respiratoire et digestif, et que leur croissance est satisfaisante. Au moment de la sortie de l’hôpital, des modalités d’accompagnement et de suivi doivent être mises en place avec des relais en ville (médecin traitant, pédiatre, PMI…). Une surveillance systématisée et organisée des enfants prématurés est également mise en place par le biais des « réseaux de suivi des enfants vulnérables ».

Par la suite, le développement de l’enfant est suivi dans des consultations dédiées afin de pouvoir dépister précocement des trajectoires neurodéveloppementales atypiques qui pourraient bénéficier de prise en charge. Les consultations de suivi ont également pour objectifs de soutenir les parents dans cette parentalité atypique et de dépister les syndromes dépressifs ou de stress post-traumatique, plus fréquents chez les parents d’enfants nés prématurément que dans la population générale.

Quand Consulter ?

Il est essentiel de consulter immédiatement un professionnel de santé ou la maternité dans laquelle l’accouchement est prévu si vous pensez être en train d'accoucher prématurément ou si vous présentez des signes de travail prématuré, tels que :

  • Des contractions régulières, douloureuses ou non, toutes les 10 minutes ou plus fréquentes.
  • Des saignements vaginaux.
  • Une pression dans le bas de l'abdomen ou une sensation de pesanteur dans le bassin.
  • Des douleurs abdominales persistantes.
  • Toute autre préoccupation ou symptôme inhabituel durant la grossesse.

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