L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une procédure médicale courante, mais comme toute intervention, elle n'est pas exempte de risques et peut parfois échouer. Cet article se penche sur les causes potentielles d'échec de l'IVG par aspiration, une méthode chirurgicale utilisée pour interrompre une grossesse.
Qu'est-ce que l'IVG par aspiration ?
L'IVG par aspiration, également appelée IVG chirurgicale, est une intervention qui consiste à aspirer le contenu de l'utérus pour interrompre une grossesse. Elle est généralement pratiquée jusqu'à la 12e semaine de grossesse. La procédure implique la dilatation du col de l'utérus, suivie de l'insertion d'une canule reliée à un aspirateur pour retirer l'œuf.
Taux de réussite de l'IVG par aspiration
L'IVG instrumentale est très efficace, avec un taux de réussite d'environ 99,7 %. Cela signifie que dans la grande majorité des cas, l'intervention permet d'interrompre la grossesse avec succès. Cependant, bien que rare, l'échec de l'IVG par aspiration est possible.
En comparaison, l'IVG médicamenteuse est efficace dans 95% des cas, ce qui signifie que dans 5% des cas, une intervention instrumentale ou un autre geste chirurgical complémentaire est nécessaire.
Causes potentielles d'échec
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'échec d'une IVG par aspiration :
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Aspiration insuffisante ou précoce : L'une des principales raisons de l'échec est une aspiration incomplète du contenu utérin. Cela peut se produire si l'aspiration est réalisée trop tôt dans la grossesse ou si elle n'est pas suffisamment approfondie.
Rétention de tissus : Après l'aspiration, il est possible que des débris ovulaires ou des tissus placentaires restent dans l'utérus. Cette rétention peut entraîner des complications et nécessiter une nouvelle intervention.
Grossesse ectopique non diagnostiquée : Dans de rares cas, une grossesse peut se développer en dehors de l'utérus, généralement dans une trompe de Fallope. Si une grossesse ectopique n'est pas détectée avant l'IVG par aspiration, l'intervention sera inefficace.
Facteurs anatomiques : Des anomalies utérines ou un col de l'utérus difficile à dilater peuvent compliquer la procédure et augmenter le risque d'échec.
Signes d'un échec d'IVG
Il est important de reconnaître les signes potentiels d'un échec d'IVG afin de consulter rapidement un médecin. Ces signes peuvent inclure :
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Persistance des symptômes de grossesse : Si les symptômes tels que la fatigue, les nausées ou la sensibilité des seins ne disparaissent pas dans les jours suivant l'IVG, cela peut indiquer que la grossesse se poursuit. Si ces symptômes persistent au-delà de sept jours, il est conseillé de consulter le professionnel de santé qui a réalisé l’IVG.
Saignements abondants ou prolongés : Des saignements plus abondants que des règles normales ou des saignements qui persistent pendant plusieurs semaines peuvent être le signe d'une rétention de tissus ou d'une complication.
Douleurs abdominales sévères : Des douleurs intenses et persistantes peuvent indiquer une infection, une lésion utérine ou une autre complication nécessitant une attention médicale.
Fièvre : Une température supérieure à 38 °C peut être le signe d'une infection post-opératoire.
Test de grossesse positif lors de la consultation de contrôle : La positivité du test s’explique généralement par la présence dans l’utérus de tissus restés en place après l’avortement. Dans de rares cas seulement, il s’agit d’une grossesse persistante.
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Que faire en cas d'échec ?
Si une IVG par aspiration échoue, plusieurs options peuvent être envisagées :
Nouvelle aspiration : Dans la plupart des cas, une deuxième aspiration est nécessaire pour retirer les tissus restants et interrompre complètement la grossesse.
Curetage : Dans certains cas, un curetage (grattage de la paroi utérine) peut être nécessaire pour enlever les tissus résiduels.
Traitement médicamenteux : Des médicaments peuvent être prescrits pour aider à expulser les tissus restants ou pour traiter une infection.
Surveillance : Dans de rares cas, si la grossesse est très précoce et qu'il n'y a pas de complications, le médecin peut choisir de surveiller l'évolution de la situation sans intervention immédiate.
Risques et complications
Bien que l'IVG par aspiration soit généralement une procédure sûre, elle comporte certains risques et complications potentielles :
Infection : Une infection de l'utérus ou des trompes de Fallope peut survenir après l'intervention. Pour éviter toute infection, il est conseillé de ne rien introduire dans le vagin durant les deux semaines qui suivent l’intervention, c’est-à-dire : ne pas utiliser de tampons, ne pas avoir de rapports sexuels, ne pas prendre de bain, ne pas nager ni vous baigner (la douche est cependant autorisée) et ne pas faire de douche vaginale.
Hémorragie : Des saignements excessifs peuvent survenir pendant ou après l'intervention.
Perforation utérine : Dans de rares cas, l'utérus peut être perforé par les instruments utilisés pendant l'aspiration.
Lésions du col de l'utérus : La dilatation du col peut entraîner des lésions.
Complications liées à l'anesthésie : Des réactions allergiques ou d'autres complications peuvent survenir en raison de l'anesthésie.
Synéchies utérines : Il y a aussi un risque de synéchie, c'est-à-dire d'adhérence cicatricielle, lorsque l'on a trop gratté les parois de l'utérus. En cas de synéchie du col, la conséquence principale étant que l'on va avoir du mal à poser un stérilet ensuite.
Fertilité après une IVG
Il n’est pas scientifiquement prouvé que les IVG entraînent une baisse de la fertilité. En effet, une IVG réalisée dans des conditions d'aseptie correctes n'entraine pas d'infection, et par conséquent pas d'infertilité. D’ailleurs, vous pouvez très vite retomber enceinte de nouveau. C’est pourquoi le choix d’une méthode contraceptive est abordé au cours de la procédure d'IVG.
Soutien psychologique
Après une IVG, il est important de prendre soin de sa santé mentale et émotionnelle. Parler, se sentir écoutée et soutenue peut s'avérer essentiel. N’hésitez pas à vous confier à une personne de confiance ou à en parler avec un professionnel de santé ou un psychologue. Vous pouvez aussi contacter l’antenne du la plus proche de chez vous ou le numéro vert national "IVG, , sexualité" (par téléphone ou via le tchat) afin d’être orientée vers des associations légitimes et adéquates, et/ou vers un psychologue.
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