L'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), communément appelée avortement, est un droit fondamental pour les femmes en France. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète de l'IVG, en abordant son cadre légal, les différentes méthodes disponibles, les étapes préalables, et les aspects liés à la confidentialité et à la prise en charge financière.

Cadre Légal de l'IVG en France

En France, l'IVG est légale depuis la loi Veil, votée en 1974 et modifiée en 2001. Cette loi autorise l'IVG pour mettre fin à une grossesse non désirée. Le droit à l’avortement est un acquis majeur des femmes et le fruit d’un long combat pour leur droit à disposer de leur corps. Ce droit est un élément structurant de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Délai Légal

Une IVG peut être pratiquée jusqu’à la fin de la 14ème semaine de grossesse (SG), soit 16 semaines d’aménorrhée (SA) ou absence de règles après le 1er jour des dernières règles. Ce délai maximal peut varier selon la méthode choisie :

  • IVG médicamenteuse: possible jusqu'à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines après le 1er jour des dernières règles ou 9 semaines d'aménorrhée).
  • IVG instrumentale: possible jusqu'à 14 semaines de grossesse (soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles ou 16 semaines d'aménorrhée).

IVG Tardive : Interruption Médicale de Grossesse (IMG)

L’interruption de grossesse est également autorisée, sans délai limite d’intervention, lors de malformations fœtales importantes ou de maladie grave de la mère. On parle alors d’interruption médicale de grossesse (IMG).

Entrave à l'IVG

Le droit à l'IVG est garanti par la loi. L’entrave à l’IVG constitue un délit puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

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Étapes Préalables à l'IVG

Avant de procéder à une IVG, deux temps sont nécessaires avec un médecin (généraliste ou gynécologue) ou une sage-femme : un temps d'information et un temps de recueil de votre consentement. Il n’y a pas de délai minimal de réflexion entre le premier et le second temps ; ils peuvent avoir lieu au cours d'une seule et même consultation si vous le souhaitez. Vous prenez le temps de réflexion que vous jugez nécessaire pour votre décision, en tenant compte du délai légal pour la réalisation de l'IVG (14 semaines de grossesse).

Premier Temps : Information

Lors de ce premier temps, vous faites votre demande d’IVG au médecin ou à la sage-femme. C’est le bon moment pour poser toutes vos questions. Le professionnel de santé vous donnera les informations sur :

  • Les deux types d’IVG : médicamenteuse et instrumentale (ou chirurgicale).
  • Les risques et les effets indésirables possibles.
  • La liste des lieux qui pratiquent l’IVG.
  • Les coûts.

Deuxième Temps : Consentement Écrit

Cette seconde étape avec votre médecin ou votre sage-femme est l’occasion de :

  • Confirmer votre demande d’IVG par la signature d'un consentement écrit.
  • Choisir la méthode d'intervention en fonction de votre situation.

Si le professionnel de santé ne pratique pas lui-même l’IVG, il doit vous orienter vers des professionnels ou structures qui réalisent des IVG et vous remettre une attestation prouvant que vous avez bien suivi les étapes préalables obligatoires.

Consultation Psycho-Sociale

La consultation de conseil, dite psychosociale pour une femme qui souhaite faire pratiquer une IVG, n’est pas obligatoire pour les femmes majeures, mais le reste pour les femmes mineures. Si vous êtes majeure et que vous n’avez pas souhaité réaliser cette consultation entre les deux temps préalables à l’IVG, vous avez la possibilité si vous en ressentez le besoin de le réaliser à tout autre moment de la procédure.

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Cette consultation est confidentielle. C’est un entretien particulier qui vous permet d’obtenir :

  • Un soutien psychologique.
  • Une assistance sur le plan social.
  • Des conseils appropriés à votre situation.

Échographie de Datation

La plupart des médecins ou sage-femmes demandent une échographie de datation avant de réaliser l’IVG pour s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une grossesse extra utérine (GEU) en vérifiant l’implantation de l’œuf, et pour préciser la datation de la grossesse. Si elle est souvent pratiquée, l’échographie n’est cependant pas obligatoire notamment si les cycles sont réguliers, la date des dernières règles et la date du rapport à risque connues. L’absence d’accès à l’échographie ne doit pas être un frein à la programmation de l’IVG médicamenteuse.

Il existe 2 méthodes échographiques : soit la méthode avec la sonde sur le ventre (sus pubienne/abdominale), soit la méthode avec la sonde introduite dans le vagin (endo-vaginale). La vérification échographique par voie sus pubienne/abdominale (la sonde est appliquée sur le ventre) est le plus souvent préconisé. Si l’échographie est réalisée trop tôt, avant 5 SA (semaines d’aménorrhées) c’est-à-dire 3 semaines de grossesse, et avec un résultat de prise de sang de Beta HCG (Hormones de grossesse) inférieur à 1000 unités, on ne voit rien à l’échographie.

Consultation de Contrôle

Après l'IVG, la consultation de contrôle est indispensable pour vérifier que la grossesse est bien interrompue. Le professionnel de santé s'assure également que vous ne présentez aucune complication. Cette visite doit être effectuée entre le 14e et le 21e jour suivant l’intervention (qu’elle ait été médicamenteuse ou instrumentale).

Méthodes d'IVG

Deux méthodes d'IVG sont pratiquées en France : l'IVG médicamenteuse et l'IVG instrumentale. Chaque femme peut choisir sa méthode en fonction de l'avancement de la grossesse.

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IVG Médicamenteuse

L’IVG médicamenteuse est une méthode d’avortement qui peut se pratiquer jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Elle consiste à prendre deux médicaments différents à 24h ou 48h d'intervalle, qui vont permettre à l'œuf de se détacher de l'utérus et d'être expulsé. Ces médicaments peuvent être prescrits par un médecin ou une sage-femme, dans un centre de planification, dans un centre de santé ou en téléconsultation. Ils peuvent être pris dans un centre de soins ou, si la femme le souhaite, à domicile, à un moment adapté à son emploi du temps.

  • Lieux: en hôpital, en clinique, dans un cabinet de ville, en centre de santé sexuelle ou en centre de santé, ou à domicile.
  • Délais: jusqu’à la fin de la 7e semaine de grossesse.
  • Avantages: évite l'intervention chirurgicale, peut être réalisée à domicile si vous le souhaitez.
  • Inconvénients: douleurs liées aux contractions de l'utérus et des saignements qui peuvent durer plusieurs jours.

Lorsque l’IVG médicamenteuse est réalisée à l’hôpital, le géméprost par voie vaginale (CERVAGEME) peut être utilisé à la place du misoprostol. L’hémorragie vaginale survient le plus souvent dans les 3 ou 4 heures qui suivent la prise du second médicament. Il est recommandé de ne pas être seule à son domicile à ce moment là. Il existe un petit risque d’échec ; en l’absence de saignement, il faut consulter un médecin.

Dans le cas d’une IVG médicamenteuse, les douleurs peuvent être très intenses (entre 8 et 10 sur une échelle de 10) avec un pic au troisième jour après la prise du premier médicament. Pour soulager la douleur, il est possible d’avoir recours à un antalgique ou à des antispasmodiques prescrits par le médecin. Les saignements peuvent être importants au moment de l’expulsion de l’œuf et ne pas être compatibles avec les activités professionnelles.

IVG Instrumentale

L’IVG chirurgicale que l’on appelle aussi IVG instrumentale peut être pratiquée au début d’une grossesse et jusqu’à la fin de la 14ème semaine de grossesse, soit 16 semaines après le début des dernières règles (Semaines Aménorrhées). Elle consiste en une intervention instrumentale pour aspirer l'œuf qui se trouve dans l'utérus, d'une durée de 10 à 20 minutes. Elle se déroule en hôpital ou clinique, ou bien dans certains centres de santé. Elle est pratiquée sous anesthésie générale ou locale. L’IVG chirurgicale consiste en la dilatation du col de l’utérus et l’évacuation du contenu utérin par aspiration.

  • Lieux: en établissement de santé ou en centre de santé.
  • Délais: jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse.
  • Avantages: rapide, réalisée sous anesthésie.
  • Inconvénients: nécessite une brève hospitalisation.

L’aspiration est précédée d’une préparation du col de l’utérus par la prise de mifépristone (MIFEGYNE) 38 à 48 heures avant ou de misoprostol (GYMISO ou MISOONE) 3 à 4 heures avant ou de géméprost (CERVAGEME) 3 heures avant. Une courte hospitalisation (souvent seulement de quelques heures) est nécessaire pour pratiquer l’intervention.

En cas d’IVG chirurgicale, les principaux effets indésirables observés dans les jours qui suivent l’intervention sont : fièvre, douleurs, saignements. Comme pour toute intervention des complications, rares mais graves, sont possibles : perforation de l’utérus, infection, hémorragie, etc. En cas de fièvre, de pertes de sang importantes ou de fortes douleurs abdominales dans les jours qui suivent l’IVG chirurgicale, il est recommandé d’appeler rapidement l’établissement où a eu lieu l’IVG.

Aspects Financiers et Confidentialité

Prise en Charge Financière

Le coût d’un avortement est pris en charge par l’assurance maladie à 100%. Elle est prise en charge à 100 % par l'Assurance maladie, sans avance de frais.

Confidentialité et Anonymat

L’IVG est toujours confidentielle, c’est vous qui choisissez si vous voulez en parler et à qui. Tous les professionnels de santé sont tenus par le secret professionnel : aucun acte de la procédure n’apparaîtra sur votre relevé de sécurité sociale. La prise en charge de l’interruption volontaire de grossesse est légalement protégée par le secret afin de pouvoir préserver, si je le souhaite, mon anonymat. L’anonymat doit être proposé à toutes les femmes (majeures, mineures, femmes bénéficiaires de l’aide médicale de l’État, …). La prise en charge à 100% par l’Assurance maladie, la pratique du tiers payant obligatoire et l’absence de décompte envoyé à l’assurée garantissent l’anonymat.

IVG pour les Mineures

Une femme mineure peut avorter sans autorisation parentale. Elle peut garder le secret en ayant recours à une personne majeure référente de son choix (copains, copines, personne du Planning Familial, famille, vie scolaire etc.). Elle doit demander cette intervention elle-même, en dehors de la présence de toute personne. Il n’y a pas de motif de détresse à justifier, ni de délai de réflexion à observer. Pour les mineures, l'autorisation parentale n'est pas nécessaire mais il est demandé d'être accompagnée par une personne majeure de son choix.

Soutien et Information

Des ressources sont disponibles pour les femmes qui envisagent une IVG :

  • Numéro vert: 0800 08 11 11 (anonyme et gratuit).
  • Tchat: service en ligne pour bénéficier d’une écoute et d’informations.
  • Planning familial: apporte les informations légales et pratiques sur l’IVG.

Ces services offrent une écoute bienveillante et sans jugement, ainsi que des informations fiables pour aider les femmes à prendre une décision éclairée.

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