Le système de retraite français repose sur un régime de base fonctionnant par annuités, où le trimestre joue un rôle central. Tout au long de votre carrière, vous accumulez des trimestres, essentiels pour le calcul de votre future pension de retraite. Il est possible de valider jusqu’à 4 trimestres par an. L’objectif est d’en valider suffisamment pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Pour cela, il faut avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite (entre 62 et 64 ans, selon le relèvement progressif depuis la réforme des retraites de 2023) et avoir validé un certain nombre de trimestres qui varie selon votre année de naissance, allant de 167 trimestres (pour les générations nées entre 1958 et 1960) à 172 trimestres (pour les actifs nés à partir du 1ᵉʳ janvier 1965). Si vous n’avez pas assez de trimestres validés, vous pourrez partir d’office à la retraite à l’âge du taux plein, soit 67 ans. Pour connaître le nombre de trimestres que vous avez accumulés, vous pouvez consulter votre relevé de situation individuelle ou relevé de carrière.

Définition générale d'un trimestre

Un trimestre est une période de trois mois. Dans le contexte de la retraite, il s’agit de l’unité de base permettant de calculer votre durée d’assurance, c’est-à-dire le temps pendant lequel vous avez cotisé ou été assimilé à un cotisant. Il existe différents types de trimestres : cotisés, assimilés et de majoration.

Types de trimestres de retraite

Pour partir à la retraite et toucher une retraite à taux plein (taux maximum), vous devez réunir un certain nombre de trimestres. Mais tous les trimestres ne vous donnent pas les mêmes droits. En fonction de votre parcours de vie, les trimestres que vous validez peuvent compter différemment dans le calcul de votre retraite. Il faut distinguer les trimestres validés des trimestres cotisés. Les trimestres validés incluent toutes les périodes reconnues par le système de retraite, qu’elles résultent d’une activité professionnelle ou de situations particulières.

Les trimestres cotisés

Les trimestres cotisés sont ceux pour lesquels des cotisations retraite ont été prélevées sur votre salaire ou vos revenus professionnels et reversées aux caisses de retraite. La validation de vos trimestres cotisés dépend des sommes sur lesquelles vous avez cotisé et non de votre durée de travail. Un trimestre cotisé correspond à la période pendant laquelle des cotisations retraites ont été prélevées sur votre salaire ou vos revenus professionnels puis reversés aux caisses de retraite.

Dans le secteur privé, un trimestre est cotisé lorsque vous justifiez, au 1ᵉʳ janvier de l’année concernée, avoir gagné l’équivalent de 150 fois le montant du SMIC horaire brut. Ce dernier évolue chaque année selon la revalorisation du SMIC. Pour cotiser un trimestre de retraite, vous devez avoir perçu dans l’année un revenu (assiette sociale) équivalent à 150 fois le montant du Smic horaire brut. Ce montant évolue donc chaque année en fonction de la revalorisation du Smic.

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À titre indicatif, en 2025, votre rémunération mensuelle doit être au moins égale à 1 801,80 € brut pour valider un trimestre. Depuis 2014, le revenu minimum qui permet de valider 1 trimestre est égal au montant du Smic horaire brut en vigueur au 1er janvier de l'année multiplié par 150 heures, soit 1 803,00 €.

Ainsi, pour valider :

  • 1 trimestre, il faut un revenu annuel brut de 1 803,00 €
  • 2 trimestres, il faut un revenu annuel brut de 2 fois 1 803,00 €, soit 3 606 €
  • 3 trimestres, il faut un revenu annuel brut de 3 fois 1 803,00 €, soit 5 409 €
  • 4 trimestres, il faut un revenu annuel brut de 4 fois 1 803,00 €, soit 7 212 €.

Ces trimestres sont reportés sur votre relevé de carrière du régime général et un montant d’activité est associé.

Les trimestres assimilés (non cotisés)

Les trimestres assimilés, également appelés trimestres non cotisés, sont attribués sans contrepartie de cotisations pour des périodes d’inactivité involontaire. Ils sont pris en compte dans le décompte des trimestres requis pour la retraite à taux plein, mais pas pour le calcul de la pension. Ils s’acquièrent lors des périodes d’interruption involontaire de l’activité professionnelle. En effet, certaines situations (comme le chômage, la maladie ou la maternité, etc.) peuvent vous empêcher de travailler et donc d’accumuler des trimestres cotisés. Mais pas de panique, les trimestres assimilés seront pris en compte pour la durée d’assurance requise (durée de cotisation légale) nécessaire pour percevoir une retraite à taux plein.

Ces trimestres sont reportés sur votre relevé de carrière du régime général mais aucun montant de revenu d’activité n’est associé.

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Voici quelques exemples de situations permettant de valider des trimestres assimilés :

  • Congé maladie : Les périodes indemnisées au titre d’un congé maladie peuvent être retenues comme trimestre assimilé à raison d’un trimestre pour 60 jours de perception d’indemnités journalières. Même en congé maladie, vous ne pouvez valider que 4 trimestres par année.
  • Congé maternité ou d'adoption : Lors d’un congé maternité ou d’adoption, une période de 90 jours d’indemnités journalières permet de valider un trimestre. Il vous faudra transmettre une attestation précisant les périodes d’indemnisation et un justificatif de naissance ou d’adoption à la Caisse nationale d’assurance maladie.
  • Périodes de chômage : Les trimestres assimilés pendant les périodes de chômage dépendent de l’indemnisation ou non de votre chômage. Si votre chômage est indemnisé, vous pouvez bénéficier d’un trimestre assimilé après 50 jours indemnisés dans la limite de 4 trimestres par an. Votre allocation chômage vous permet en outre de percevoir des points pour votre retraite complémentaire. Si votre chômage n’est pas indemnisé et s’il s’agit de votre première période de chômage non indemnisé, une période de 50 jours vous donne droit à 1 trimestre dans la limite de 6 trimestres (depuis le 1ᵉʳ juillet 2011). Par la suite, les périodes suivantes de chômage non indemnisé, doivent immédiatement succéder à une période de chômage indemnisé. Dans ce cas précis, les trimestres seront comptabilisés de la même façon (50 jours = 1 trimestre) dans la limite de 4 trimestres. Cette limite est portée à 20 trimestres, si vous avez cotisé au moins 20 ans à la retraite et que vous avez plus de 55 ans. Dans tous les cas, pour valider des trimestres, vous devez avoir cotisé au régime général ou à la sécurité sociale des indépendants avant le chômage.
  • Formations professionnelles : Pour valider un trimestre lors d’une formation professionnelle, votre gratification doit représenter 150 fois le SMIC horaire brut. Il faudra donc se renseigner sur le montant du SMIC horaire de l’année en cours pour faire vos calculs. Ainsi, selon le nombre d’heures travaillées lors de votre stage, vous pourrez assimiler de 1 à 4 trimestres.
  • Service militaire : Dans le cas d’un service national, vous assimilez un trimestre après 90 jours de service, dans la limite de 4 trimestres par an.
  • Sportifs de haut niveau : Si vous bénéficiez du statut de sportif de haut niveau, il faut faire une demande aux fédérations sportives qui à leur tour en feront la demande au ministère. Vous pouvez bénéficier jusqu’à 16 trimestres dans la limite de 4 par an.

Votre durée d’assurance retraite comprend aussi des périodes non cotisées, notamment :

  • Périodes d'arrêt de travail pour maladie ou accident du travail au cours desquelles vous avez perçu des indemnités journalières : 1 trimestre est validé pour chaque période d'indemnisation de 60 jours
  • Congé de maternité au cours duquel vous avez perçu des indemnités journalières : 1 trimestre est validé pour chaque période d'indemnisation de 90 jours
  • Périodes au cours desquelles vous avez perçu une rente accident du travail pour incapacité permanente au moins égale à 66 % : 1 trimestre est validé pour chaque trimestre civil qui comprend 3 mensualités de votre pension d'invalidité
  • Périodes au cours desquelles vous avez perçu une pension d'invalidité : 1 trimestre est validé pour chaque trimestre civil qui comprend 3 mensualités de votre pension d'invalidité
  • Périodes de chômage, sous conditions
  • Service national : 1 trimestre est validé pour 90 jours d’incorporation.
  • Périodes de chômage partiel intervenues à partir du 1er mars 2020 : il est validé 1 trimestre pour 220 heures indemnisées
  • Périodes de stage : les stages que vous avez suivi en tant que demandeur d'emploi et les stages suivants sont pris en compte : Travaux d'utilité collective (Tuc), Stages pratiques en entreprise, Stages Jeunes volontaires, Programmes d'insertion locale, Stages d'initiation à la vie professionnelle : 1 trimestre est validé pour chaque période de 50 jours de stage.
  • Trimestres accordés en tant qu’aidant assumant, à votre foyer familial, la prise en charge permanente d'un adulte handicapé atteint d’une incapacité permanente au moins égale à 80 % : 1 trimestre est validé par période de 30 mois, dans la limite de 8 trimestres (la personne accompagnée doit être votre conjoint ou un de vos ascendants ou descendants ou un collatéral ou un ascendant, un descendant ou un collatéral de votre conjoint
  • Majorations de durée d’assurance accordées si vous continuez de travailler au-delà de 67 ans
  • Trimestres accordés grâce à un compte professionnel de prévention (C2P).
  • D'autres situations peuvent être prises en compte (périodes de détention provisoire, période d'inscription sur la liste des sportifs de haut niveau, période de volontariat, etc.).

L'année de votre départ en retraite, les conditions de prise en compte des périodes non cotisées ne peuvent pas conduire à décompter un nombre de trimestres supérieur au nombre de trimestres effectivement écoulés jusqu'à la date de votre départ en retraite. Par exemple, si vous partez à la retraite au 1er juillet et êtes en arrêt de travail pour accident du travail du 1er janvier au 30 juin (soit 181 jours), un trimestre peut être validé pour 60 jours d'arrêt indemnisés mais seuls 2 trimestres seront retenus correspondant aux 2 trimestres effectivement écoulés entre le 1er janvier et le 30 juin.

Les trimestres de majoration

Les trimestres de majoration sont directement liés aux enfants. En effet, vous pouvez obtenir jusqu’à 8 trimestres de majoration par enfants.

  • Majoration de maternité ou adoption : Pour chacun de ses enfants né à partir de 2010, la mère bénéficie de 4 trimestres au titre de la maternité ou de l’adoption, si elle est affiliée au régime général de retraite.
  • Majoration pour éducation : En plus des trimestres de majoration de maternité ou d’adoption, les parents obtiennent, pour l’éducation de leurs enfants, 4 trimestres de majoration pendant les 4 années qui suivent la naissance ou l’adoption de l’enfant. Ils peuvent se répartir entre eux ces trimestres de majoration pour éducation s’ils en font la demande à leur caisse de retraite, mais à défaut de manifestation dans le délai prévu, ils seront automatiquement attribués à la mère ou partagés de manière égale entre les deux parents s’ils sont du même sexe.
  • Majoration pour enfant handicapé : Les parents d’enfants handicapés peuvent demander 1 trimestre de majoration par période de 30 mois d’éducation, jusqu’à 8 trimestres chacun. Cette majoration n’est possible que si l’enfant, âgé de moins de 20 ans, est atteint d’un handicap permanent d’au moins 80 % et que sa situation ouvre droit à l’Allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) ou son complément.

Les trimestres validés

Ils représentent le total des trimestres cotisés et des trimestres assimilés. Il s’agit de l’addition des trimestres cotisés et des trimestres assimilés.

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Impact du nombre de trimestres sur votre retraite

Le nombre de trimestres que vous avez validés a un impact direct sur le montant de votre pension de retraite.

Retraite à taux plein

Pour bénéficier d’une retraite à taux plein, vous devez avoir validé un certain nombre de trimestres, qui varie en fonction de votre année de naissance. Si vous atteignez l’âge légal de départ à la retraite (entre 62 et 64 ans) avec le nombre de trimestres requis, vous percevrez une pension complète. Si vous n’avez pas cumulé le nombre exigé de trimestres, votre pension est réduite proportionnellement au nombre de trimestres manquant.

Le tableau suivant récapitule le nombre de trimestres exigé pour avoir le taux plein en fonction de votre année de naissance :

Vous êtes né :Vous pouvez partir en retraite à partir de :Nombre de trimestres exigé pour avoir le taux pleinÂge du taux plein automatique
Entre le 1er janvier 1958 et le 31 décembre 196062 ans167 (41 ans 9 mois)67 ans
Entre le 1er janvier 1961 et le 31 aout 196162 ans168 (42 ans)67 ans
Entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 196162 ans et 3 mois169 (42 ans 3 mois)67 ans
En 196262 ans et 6 mois169 (42 ans 3 mois)67 ans
Entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 196562 ans et 9 mois170 (42 ans 6 mois)67 ans
Entre le 1er avril 1965 et le 31 décembre 196563 ans171 (42 ans 9 mois)67 ans
En 196663 ans et 3 mois172 (43 ans)67 ans
En 196763 ans et 6 mois172 (43 ans)67 ans
En 196863 ans et 9 mois172 (43 ans)67 ans
À partir du 1er janvier 196964 ans172 (43 ans)67 ans

Décote

Si vous partez à la retraite avant 67 ans sans avoir le nombre de trimestres exigé, le montant de votre retraite est réduit en fonction du nombre de trimestres qui vous manquent. Cette réduction s'appelle la décote. Dans le secteur privé, un salarié qui prend sa retraite à 67 ans mais qui n’a cumulé que 168 trimestres au lieu de 172 requis voit sa pension réduite proportionnellement de quatre trimestres. Dans le privé, un salarié qui n’a cumulé que 168 trimestres au lieu de 172 requis voit son taux subir une décote de 2,5 % (4 x 0,625). Sa pension reste également réduite proportionnellement au nombre de trimestres manquants. Notez que la décote est limitée à 25 % : on ne peut pas appliquer une décote plus importante même si le nombre de trimestres manquants est supérieur.

Surcote

À l’inverse, continuer à travailler après avoir validé tous vos trimestres vous permet de bénéficier d’une surcote, c’est-à-dire une majoration de votre pension.

Comment optimiser votre nombre de trimestres ?

Plusieurs stratégies peuvent vous aider à optimiser votre nombre de trimestres et à améliorer votre future pension de retraite :

  • Vérifiez votre relevé de carrière : Consultez régulièrement votre relevé de carrière sur le site officiel info-retraite.fr pour vous assurer que toutes vos périodes d’activité et d’inactivité ont bien été prises en compte. À partir de 55 ans, vous pouvez signaler à vos régimes de retraite les anomalies de votre relevé de carrière et en demander la correction (emploi manquant, incohérence, etc.) en utilisant le service Ma carrière / Corriger ma carrière. Vos caisses de retraite en sont directement informées.
  • Rachetez des trimestres : Si vous avez des années d’études supérieures ou des années de faibles revenus, vous pouvez racheter jusqu’à 12 trimestres.
  • Optimisez vos périodes assimilées : Assurez-vous que toutes vos périodes de chômage, maladie ou maternité ont bien été prises en compte.
  • Travaillez au-delà de l’âge légal : Si vous avez déjà validé tous vos trimestres, continuer à travailler vous permettra de bénéficier d’une surcote.

Les régimes supplémentaires

Le régime supplémentaire désigne les solutions d’épargne destinées à préparer la retraite.

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