L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental pour les femmes en France depuis 1975. Elle permet à une femme enceinte, qui estime que son état la place dans une situation de détresse, d'interrompre sa grossesse. L'IVG peut être réalisée par deux méthodes : médicamenteuse ou chirurgicale (instrumentale). Bien que les deux méthodes soient généralement sûres et efficaces, il existe un faible risque d'échec. Cet article se penche sur les causes d'échec de l'IVG, qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, et les solutions possibles.
L'IVG en France : Aperçu Général
L'IVG est encadrée par les articles L. 2212-1 et suivants du Code de la santé publique pour l'IVG volontaire, et les articles L. 2213-1 et suivants pour l'interruption pour motif médical (IMG). L'IVG est financée par un forfait spécifique et non par un GHS (groupement homogène de séjours). Le codage de l'IVG associe un code de la catégorie O04 de la CIM-10 (Avortement médical) en diagnostic principal (DP) et le code Z64.0 (Difficultés liées à une grossesse non désirée) en diagnostic associé (DA).
IVG Médicamenteuse : Déroulement et Risques
L'IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu'à la fin de la 7ème semaine de grossesse (9 semaines d'aménorrhée). Elle consiste à prendre deux médicaments :
- Mifépristone (Mifégyne) : Interrompt le développement de la grossesse en bloquant l'action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse.
- Misoprostol (Gymiso ou MisoOne) : Provoque des contractions utérines pour expulser l'œuf.
La prise de misoprostol est déconseillée par voie vaginale par les laboratoires en raison du risque de douleurs abdomino-pelviennes plus fréquentes. Les saignements surviennent généralement dans les 2 à 4 heures après la prise de misoprostol, mais peuvent parfois apparaître dès la prise de mifépristone. L'abondance des saignements dépend du stade de la grossesse et peuvent durer de 10 à 20 jours.
Une consultation de contrôle est obligatoire entre le 14e et le 21e jour après la prise de mifépristone pour s'assurer de l'arrêt de la grossesse et de l'absence de complications. Cette consultation comprend un examen clinique, un dosage sanguin des hormones hCG et/ou une échographie de contrôle.
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IVG Chirurgicale : Déroulement et Risques
L'IVG instrumentale (chirurgicale) est une autre méthode d'interruption de grossesse. Elle est généralement efficace à 99,7%. Cependant, des risques post-opératoires existent :
- Rétention : Persistance de débris ovulaires ou de tout ou partie des annexes embryonnaires dans l'utérus. Cela nécessite parfois une nouvelle opération et la prise d'antibiotiques.
- Infection : Nécessite la prise d'antibiotiques. Il est impératif de contacter le lieu où l'IVG a été pratiquée en cas de saignement abondant, de douleur ou de fièvre après l'intervention.
Causes d'Échec de l'IVG Médicamenteuse
Le risque d'échec de l'IVG médicamenteuse est d'environ 5%. Plusieurs facteurs peuvent contribuer à cet échec :
- Non-respect du protocole : Doses incorrectes de médicaments ou non-respect du délai d'administration.
- Stade avancé de la grossesse : Le taux d'échec augmente avec l'avancement du terme (17% au-delà de 50 jours d'aménorrhée).
- Visite de contrôle trop précoce : Augmente le risque de ne pas détecter un échec.
- Antécédents médicaux : Certains antécédents médicaux, gynécologiques ou obstétricaux peuvent augmenter le risque d'échec.
- Multi-gestité : Le nombre de grossesses confirmées est un facteur de risque significatif d'échec. Une étude a révélé un taux d'échec de 11,53%, avec la multi-gestité comme facteur de risque significatif.
- Contraception progestative débutée immédiatement après l'IVG : Une étude a montré que le taux d'échec augmentait significativement avec la contraception progestative débutée immédiatement après l'IVG (20% si progestatifs seuls). Cependant, les patientes sous progestatifs étaient significativement plus âgées et comprenaient plus de multi-gestes.
- Résistance aux médicaments : Bien que rare, une résistance aux médicaments utilisés peut survenir.
Signes d'Échec de l'IVG Médicamenteuse
Après une IVG médicamenteuse, il est important de surveiller les signes suivants, qui peuvent indiquer un échec :
- Persistance des symptômes de grossesse : Seins douloureux, nausées, etc.
- Absence de règles depuis l'intervention.
- Saignements persistants ou abondants : Peuvent indiquer une rétention trophoblastique ou une grossesse arrêtée non expulsée.
- Douleurs, fièvre, frissons, vomissements persistants.
En cas de doute, il est impératif de consulter rapidement un professionnel de santé.
Causes d'Échec de l'IVG Chirurgicale
Bien que l'IVG chirurgicale soit très efficace (99,7%), des échecs peuvent survenir, bien que rarement. Les causes possibles incluent :
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- Aspiration insuffisante : L'aspiration du contenu utérin peut ne pas avoir été complète.
- Aspiration trop précoce : Si l'IVG est réalisée trop tôt, il peut être difficile d'aspirer complètement le contenu utérin.
- Facteurs anatomiques : Des anomalies utérines peuvent compliquer l'intervention.
Que Faire en Cas d'Échec d'IVG ?
En cas d'échec d'une IVG médicamenteuse, une IVG chirurgicale par aspiration est généralement proposée. Avant l'intervention, un médicament peut être administré pour dilater le col de l'utérus. L'aspiration endo-utérine permet d'aspirer le contenu de l'utérus à l'aide d'un petit tube.
Complications Possibles et Prévention
Bien que les IVG soient généralement des interventions sécurisées, des complications peuvent survenir :
- Saignements prolongés ou excessifs : Généralement dus à la présence de tissus résiduels dans l'utérus. Une nouvelle intervention ou un traitement médicamenteux additionnel peut être nécessaire.
- Lésions de l'utérus : Très rares, peuvent survenir lors d'un avortement instrumental réalisé au cours du deuxième trimestre. Une nouvelle intervention en milieu hospitalier peut être nécessaire.
- Infections : Le risque est faible grâce aux conditions d'hygiène. Des antibiotiques sont souvent prescrits en prévention. Il est important d'éviter d'introduire quoi que ce soit dans le vagin (tampons, rapports sexuels, bains) pendant les deux semaines suivant l'intervention.
- Test de grossesse positif lors de la consultation de contrôle : Peut indiquer la présence de tissus résiduels ou, plus rarement, une grossesse persistante.
Pour minimiser les risques de complications, il est essentiel de :
- Respecter scrupuleusement les instructions médicales concernant la prise de médicaments et les soins post-IVG.
- Se rendre à la consultation de contrôle pour s'assurer de l'efficacité de l'IVG et de l'absence de complications.
- Consulter rapidement un médecin en cas de symptômes inhabituels (fièvre, douleurs, saignements abondants).
Fertilité et Conséquences Psychologiques
Il n'est pas scientifiquement prouvé que les IVG entraînent une baisse de la fertilité. Les avortements causent rarement des adhérences utérines. La stérilité est généralement due à une infection utérine.
Contrairement à certaines idées reçues, les IVG médicamenteuses n'entraînent pas de troubles psychologiques systématiques. Chaque femme vit l'IVG de manière singulière. Un entretien individuel peut être proposé pour partager ses sentiments.
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