Pour certaines femmes, le choix de la méthode d'avortement n'est pas aisé. L'interruption volontaire de grossesse (IVG) chirurgicale, également appelée IVG instrumentale ou par aspiration, est une intervention qui consiste à aspirer l'œuf à l'intérieur de la cavité utérine. Elle peut être pratiquée au début d'une grossesse et jusqu'à la fin de la 14ème semaine de grossesse, soit 16 semaines après le début des dernières règles (Semaines d'Aménorrhées). Cet article vise à informer sur les contractions et la douleur après une IVG par aspiration, en fournissant des informations claires et structurées.
Qu'est-ce que l'IVG par aspiration ?
L'IVG chirurgicale consiste en la dilatation du col de l'utérus et l'évacuation du contenu utérin par aspiration. Le terme curetage ne correspond plus aux pratiques actuelles. L'IVG chirurgicale est faite par un médecin ou une sage-femme, sous anesthésie locale ou sous anesthésie générale (seulement en centre hospitalier) et nécessite dans la plupart des cas une hospitalisation inférieure ou égale à 12 heures.
L'aspiration peut être précédée par une préparation cervicale qui consiste en la prise de prostaglandine ou de mifépristone la veille au soir ou le matin de l'aspiration. Elle est recommandée pour les nullipares (femmes n'ayant jamais eu d'enfant) et pour les aspirations à partir de 10 semaines d'aménorrhée. Il est important d'informer les femmes qu'elle peut donc occasionner des saignements et douleurs (voir IVG médicamenteuses) et qu'il est possible de demander des antalgiques. Exceptionnellement, une dilatation mécanique du col par laminaires (Dilapan) est utilisée.
Comment se déroule une IVG par aspiration ?
L'IVG par aspiration, aussi appelée IVG chirurgicale, est une intervention chirurgicale qui consiste à aspirer l'œuf à l'intérieur de la cavité utérine. Cette opération se réalise sous anesthésie locale ou générale et ne dure qu'une dizaine de minutes. Avant de procéder à l'aspiration, le médecin dilate le col de l'utérus.
L'intervention dure de 5 à 10 minutes sous anesthésie locale et de 10 à 20 minutes à partir d'environ 13 semaines de grossesse.
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La douleur après une IVG par aspiration
La douleur après une IVG par aspiration tient à la contraction du col de l'utérus. En effet, au réveil, de petites contractions utérines peuvent générer une légère douleur comme celle de règles douloureuses. Ces douleurs sont comparables à des douleurs de règles qui peuvent être plus intenses que d’habitude. Des médicaments antidouleurs vous seront prescrits afin d’éviter ou soulager ces douleurs. Si ces douleurs sont trop importantes et/ou persistantes (malgré la prise de médicaments antidouleurs), contactez la structure au sein de laquelle l’IVG instrumentale a été pratiquée.
Gestion de la douleur
La prise en charge de la douleur n’est pas seulement médicamenteuse. Il est nécessaire que le processus soit bien expliqué au préalable et que la patiente ait pu, si besoin, exprimer ses craintes et ses inquiétudes et poser ses questions. Les téléphones d’un médecin ou d‘une sage-femme joignables à tout moment doivent être remis à la patiente.
Par ailleurs, il est nécessaire d‘être accompagnée par la personne de son choix, pour ne pas être seule le jour de la prise des médicaments. Si une anesthésie locale est choisie, les médicaments destinés à la dilatation du col de l’utérus et qui sont administrés avant l’intervention atténuent la douleur et facilitent l’introduction de la canule dans le col de l’utérus. De ce fait, la dilatation du col est quasiment indolore. Une gêne peut être ressentie plus qu’une douleur.
Les différents types d'anesthésie
Le choix de l’anesthésie locale ou générale pour une interruption de grossesse, en l’absence de contre-indications médicales, devrait être fait par la femme. Il est possible de réaliser une IVG chirurgicale sous anesthésie locale du col de l’utérus (injection de xylocaïne). Cette anesthésie peut alors être accompagnée du MEOPA, c’est-à-dire d’une inhalation de gaz qui produit une détente. Il sera parfois donné également un médicament à la patiente pour compléter la détente. Une consultation préalable est obligatoire pour une anesthésie générale.
- Anesthésie locale: La patiente reste consciente pendant l'intervention. Elle peut ressentir les piqûres de l'anesthésie et éventuellement des crampes comme lors des règles.
- Anesthésie générale: La patiente est endormie pendant l'intervention et ne ressent aucune douleur.
Complications possibles après une IVG par aspiration
Lorsque l’IVG est réalisée dans de bonnes conditions (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.), comme c’est le cas en France, les complications sont peu fréquentes.
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Dans de rares cas, il est possible que des lésions au niveau du col de l’utérus ou de la paroi utérine surviennent au cours de l’intervention.
Comme pour toute intervention, des complications liées à l’anesthésie peuvent survenir (allergie aux produits d’anesthésie par exemple). Ces complications sont rares et la consultation d’anesthésie préopératoire permet de réduire considérablement ces risques.
Les complications suite à l’intervention sont les mêmes que pour l’IVG médicamenteuse : une hémorragie, une infection ou des douleurs persistantes malgré la prise de médicaments antidouleurs. Il est possible dans de très rares cas que la grossesse ne soit pas totalement aspirée. Dans cette situation, une seconde intervention peut parfois être nécessaire.
- Hémorragie: Pertes très abondantes de sang.
- Infection: Fièvre, douleurs abdominales persistantes.
- Lésions utérines: Rares, mais possibles lors de l'intervention.
- Synéchie: Adhérences cicatricielles dans l'utérus.
Si vous présentez l’un ou plusieurs des symptômes/signes suivants, vous devez alors rapidement contacter le professionnel de santé qui vous a suivie pour l’IVG, car cela peut être un signe de complication: de la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C ; des pertes très abondantes de sang (si vous devez changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes (serviette taille maxi) pendant plus de deux heures de suite) ; un malaise ; de très fortes douleurs abdominales qui persistent malgré la prise des antidouleurs.
Suivi médical après une IVG par aspiration
Une consultation de contrôle a lieu entre le 14ème et le 21ème jour après l’intervention d’interruption de grossesse. Elle permet de s’assurer qu’il n’existe pas de complication, d’informer et de prescrire une méthode de contraception et, si la personne le souhaite, d’avoir un entretien psycho-social post IVG.
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La consultation de contrôle est à réaliser 14 à 21 jours après le traitement. La vérification du taux d’hormone béta HCG à travers un test urinaire ou une prise de sang. Durant cette échange, si vous en ressentez le besoin, vous pouvez confier vos ressentis à votre médecin ou sage-femme.
Aspects psychologiques
Une IVG est une épreuve difficile psychologiquement, quelque soit la méthode. Si vous vous sentez incertaine ou si vous avez du mal à prendre une décision, vous pouvez prendre contact avec la FIOM, une institution qui propose des aides en cas de grossesse non planifiée.
Après une IVG, parler, se sentir écoutée et soutenue peut s'avérer essentiel. N’hésitez pas à vous confier à une personne de confiance ou à en parler avec un professionnel de santé ou un psychologue. Vous pouvez aussi contacter l’antenne du la plus proche de chez vous ou le numéro vert national "IVG, , sexualité" (par téléphone ou via le tchat) afin d’être orientée vers des associations légitimes et adéquates, et/ou vers un psychologue. Vous pouvez également vous rendre dans un centre de santé sexuelle ou un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).
Reprise des menstruations
En général, les menstruations reprennent 4 à 6 semaines après l’intervention. Au début, elles peuvent être moins régulières qu’en temps normal. Sous pilule contraceptive, les règles reviennent généralement dès la fin de la première plaquette. Les premières règles sont souvent très différentes des menstruations habituelles. Elles sont soit beaucoup plus abondantes ou plus longues, soit beaucoup moins importantes et plus courtes.
Impact sur les grossesses futures
En règle générale, le traitement n’a pas d’influence négative sur les grossesses ultérieures.
Informations complémentaires
Il est important de s’informer le plus tôt possible car le délai de rendez-vous de 5 jours pour une IVG chirurgicale recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS) peut être plus long en pratique.
En cas de problèmes avec l’acceptation de l’interruption de grossesse, il est possible de se faire accompagner dans la recherche d’une aide psychique appropriée.
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