Le cancer de l'ovaire est une affection maligne qui peut prendre diverses formes et affecter des femmes de différents âges. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète de ce cancer, en abordant ses causes, ses symptômes, ses méthodes de diagnostic et ses options de traitement.
Tumeurs germinales malignes de l'ovaire
Les tumeurs germinales malignes sont des tumeurs rares qui proviennent de cellules primitives normalement destinées à former les ovocytes chez la femme. Elles représentent environ 3 % des tumeurs malignes chez l'enfant. Ces tumeurs peuvent être gonadiques (se développant dans les ovaires) ou extragonadiques (se développant à l'extérieur des ovaires).
Types de tumeurs germinales
Il existe plusieurs types de tumeurs germinales, notamment :
- Dysgerminome : Ce type est le plus courant des tumeurs germinales malignes de l'ovaire. Il peut être bilatéral dans 10 à 15 % des cas.
- Tératome immature : Il s'agit d'une tumeur maligne qui se développe chez les jeunes filles de moins de 18 ans.
- Tumeur du sinus endodermique (tumeur vitelline) : Ces tumeurs rares affectent principalement les femmes jeunes. L'alpha-fœtoprotéine (AFP) est un marqueur utile pour le diagnostic et le suivi.
- Tumeurs mixtes : Ces tumeurs sont composées de plusieurs types de tissus.
Facteurs de risque et causes
Dans la grande majorité des cas, la cause de ces tumeurs est inconnue. Cependant, il peut parfois exister un lien avec certaines maladies génétiques, comme le syndrome de Klinefelter. Les facteurs de risque incluent également l'âge, avec deux pics de fréquence : chez les nourrissons et les jeunes enfants, et chez les adolescents lors de la puberté. Des antécédents familiaux de cancer de l'ovaire ou du sein peuvent également augmenter le risque. Certaines anomalies génétiques héréditaires, telles que les mutations des gènes BRCA1 ou BRCA2, sont également impliquées.
Symptômes
Les symptômes des tumeurs germinales malignes de l'ovaire peuvent varier en fonction de la localisation et de la taille de la tumeur. Les symptômes courants comprennent :
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- Douleurs abdominales
- Augmentation du volume de l'abdomen
- Masse pelvienne
- Fièvre
- Saignements vaginaux
- Gêne respiratoire (si la tumeur est située dans le médiastin)
- Troubles urinaires ou constipation (si la tumeur est située dans la région du coccyx)
- Céphalées, vomissements, troubles visuels (si la tumeur est située dans le cerveau)
Dans certains cas, la tumeur peut se développer rapidement, entraînant une symptomatologie abdominale aiguë due à une distension capsulaire, une nécrose, une hémorragie, une rupture ou une torsion. Certains sous-types peuvent occasionnellement être associés à une précocité isosexuelle, à des gonades dysgénétiques, à une virilisation, à une hyperthyroïdie ou à un syndrome carcinoïde.
Diagnostic
Le diagnostic d'une tumeur germinale maligne de l'ovaire repose sur plusieurs examens :
- Examen clinique : Le médecin effectue un examen clinique général, comprenant la mesure du poids et de la tension artérielle, la palpation de l'abdomen et des ganglions, un examen des seins, un toucher rectal et un examen gynécologique avec un toucher vaginal.
- Échographie pelvienne : Cet examen est central pour orienter le diagnostic. L'échographie est généralement réalisée par voie sus-pubienne et par voie endovaginale. Elle permet de visualiser une éventuelle masse dans un ovaire (ou les deux) et d'en évaluer la taille, la forme et le contenu (solide ou liquide).
- IRM pelvienne : Cet examen est prescrit lorsque l'échographie ne permet pas de déterminer précisément la nature du kyste. L'IRM permet d'obtenir des images plus précises des structures de l'organisme.
- Scanner thoraco-abdomino-pelvien : Cet examen permet d'évaluer si la tumeur s'est étendue au-delà des ovaires.
- Bilan biologique : Le dosage sanguin du CA-125 (une protéine servant de marqueur tumoral), de la gonadotrophine chorionique humaine (hCG), de la lactate déshydrogénase (LDH) et de l'alpha fœtoprotéine (alpha-FP) contribue au diagnostic, au pronostic et au suivi de la maladie. Un taux élevé de CA-125 indique un risque plus élevé de tumeur maligne.
- Biopsie : Le diagnostic histologique est confirmé par l'analyse sous microscope des cellules d'un ou plusieurs échantillon(s) de tissu suspect. Le prélèvement des échantillons est réalisé par biopsie, généralement par laparoscopie (ou cœlioscopie) sous anesthésie générale.
- Recherche de mutation des gènes BRCA : Cette recherche est effectuée dans de nombreux cas.
Traitement
Le traitement des tumeurs germinales malignes de l'ovaire dépend de plusieurs facteurs, notamment le type de tumeur, le stade de la maladie et l'âge de la patiente. Les principaux traitements comprennent :
- Chirurgie : La chirurgie est souvent le premier traitement. Elle peut consister en une salpingo-ovariectomie unilatérale (ablation de l'ovaire et de la trompe de Fallope d'un seul côté) avec préservation de l'utérus et de l'ovaire controlatéral, suivie d'une stadification chirurgicale minutieuse. Dans certains cas, une ovariectomie (ablation de l'ovaire) totale peut être nécessaire.
- Chimiothérapie : La chimiothérapie est souvent utilisée après la chirurgie pour éliminer les cellules cancéreuses restantes. Elle comprend généralement de la bléomycine, de l'étoposide et du cisplatine.
- Radiothérapie : La radiothérapie peut être utilisée dans certains cas, notamment lorsque la tumeur est située dans le cerveau ou en cas de maladie récidivante ou progressive.
Les jeunes femmes dont la tumeur est confinée à un seul ovaire peuvent être traitées par une chirurgie de préservation de la fertilité. Au stade avancé de la maladie, la préservation de la fonction de reproduction chez la femme est encore possible, en particulier si l'ovaire controlatéral fonctionne normalement.
Suivi
Après le traitement, une surveillance est réalisée pendant plusieurs années, comportant des examens cliniques et d'imagerie pour s'assurer de l'absence de récidive. La surveillance porte également sur les conséquences à long terme des traitements et de la maladie.
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Autres types de cancers de l'ovaire
Outre les tumeurs germinales malignes, il existe d'autres types de cancers de l'ovaire, notamment :
- Adénocarcinome épithélial : Il s'agit du type le plus courant de cancer de l'ovaire (90 % des cas). Il touche l'épithélium ovarien.
- Tumeurs non épithéliales : Ces tumeurs rares représentent environ 10 % des cas de cancer de l'ovaire.
- Tumeurs de Brenner : Ces tumeurs rares représentent 1 à 2 % de l'ensemble des tumeurs ovariennes.
- Tumeurs secondaires (métastases) : L'ovaire peut être le siège de métastases d'autres cancers.
Diagnostic du cancer de l'ovaire en général
Le diagnostic du cancer de l'ovaire repose sur les signes cliniques, les marqueurs tumoraux sériques et l'imagerie. Les examens comprennent :
- Examen gynécologique
- Échographie pelvienne
- Scanner ou IRM de l'abdomen et du pelvis
- Dosage des marqueurs tumoraux (CA-125, CA 19-9, inhibine B)
- Biopsie
Traitement du cancer de l'ovaire en général
Le traitement du cancer de l'ovaire dépend du type de cancer, du stade de la maladie et de l'état de santé général de la patiente. Les principaux traitements comprennent :
- Chirurgie : La chirurgie consiste généralement à retirer les deux ovaires, les trompes de Fallope et l'utérus (hystérectomie). Dans certains cas, il peut être nécessaire de procéder à l'ablation d'autres organes (vessie, rectum, rate, colon…).
- Chimiothérapie : La chimiothérapie est souvent associée à la chirurgie pour éliminer les cellules cancéreuses restantes.
- Thérapies ciblées : Le bévacizumab est une thérapie ciblée indiquée pour traiter les stades avancés (stades 3 et 4) et limiter leur croissance.
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