La grossesse extra-utérine (GEU), également appelée grossesse ectopique, est une complication potentiellement grave qui survient lorsque l'œuf fécondé s'implante et se développe en dehors de la cavité utérine. Normalement, une grossesse devrait se développer au niveau de la cavité utérine. Cet article explore en détail la définition, les causes, les symptômes, le diagnostic et les options de traitement de la grossesse extra-utérine.
Définition de la Grossesse Extra-Utérine
La grossesse extra-utérine est définie comme l'implantation d'un embryon en dehors de la localisation normale, c'est-à-dire l'utérus. Dans la majorité des cas (plus de 90 %), l'ovule fécondé s'implante dans une trompe de Fallope, on parle alors de grossesse ectopique tubaire. Plus rarement, l'implantation peut se produire dans l'ovaire, le col de l'utérus ou la cavité abdominale.
L'utérus est le seul endroit où un embryon peut se développer correctement. Ainsi, si l'ovule s'implante ailleurs, la grossesse ne peut pas se poursuivre et peut entraîner des complications graves, voire potentiellement mortelles, pour la mère.
Fréquence de la Grossesse Extra-Utérine
Les grossesses extra-utérines sont relativement rares, représentant environ 2 % de toutes les grossesses. Cependant, leur incidence est en augmentation depuis une dizaine d'années. La forme la plus courante est la grossesse ectopique tubaire. Malgré sa rareté, la grossesse extra utérine peut présenter des complications graves. Elle demeure, par ailleurs, la première cause de décès maternel au cours du premier trimestre de grossesse. Chaque année, c’est près de 16 000 cas de grossesses extra-utérines qui sont dénombrés en France (soit environ 2 % des grossesses).
Causes et Facteurs de Risque
Les causes exactes de la GEU ne sont pas toujours retrouvées, mais on peut cependant citer quelques facteurs de risque. Une grossesse devient extra-utérine lorsque l'ovule fécondé ne parvient pas à descendre la trompe de Fallope jusqu'à l'utérus. Lorsqu’elle se situe en dehors de cette cavité, on est en présence de GEU ou grossesse extra-utérine. L’œuf se trouve au mauvais emplacement, le plus souvent la trompe utérine, cela est causé par un problème de migration et de nidation. Outre la taille de l’œuf, d’autres raisons peuvent constituer un obstacle pour sa migration notamment l’anomalie de la trompe.
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Plusieurs facteurs peuvent contribuer à ce phénomène :
- Anomalies des trompes de Fallope : Des cicatrices sur la trompe de Fallope, suite à une opération chirurgicale antérieure, peuvent obstruer le passage de l'ovule, ce qui peut ainsi conduire à une grossesse ectopique. Lorsque les trompes de Fallope présentent une malformation ou une obstruction, l’embryon peut arrêter son parcours avant l’arrivée dans l’utérus et s’implanter au mauvais endroit.
- Infections et inflammations : Une inflammation de la trompe de Fallope ou une maladie inflammatoire pelvienne peuvent également augmenter le risque.
- Déséquilibres hormonaux : Des déséquilibres hormonaux peuvent être la cause d’une mobilité perturbée de l’ovule fécondée ou des trompes elles-mêmes, ce qui peut gêner la progression ovulaire.
- Antécédents de GEU : Si la patiente a déjà eu une GEU, les risques d’un nouvel épisode sont plus élevés.
- Tabagisme : Le tabagisme est un facteur de risque connu.
- Âge avancé de la femme : L’âge de la femme peut également jouer un rôle.
- Maladies sexuellement transmissibles (MST) : Les différentes MST ou maladies sexuellement transmissibles peuvent augmenter le risque.
- Curetages à répétition : Les curetages à répétition peuvent également être un facteur de risque.
- Stérilet (DIU) : Le stérilet bien qu’efficace comme contraception multiplie par 3 le risque de grossesse ectopique par rapport à la contraception orale.
- Procréation Médicalement Assistée (PMA): Ainsi, les différentes techniques de PMA seraient responsables de 5% des grossesses extra-utérines. Cependant, les femmes prises en charge en PMA présentent de nombreuses prédispositions à cette pathologie (infections ou malformations tubaires, endométriose, malformations utérines, atrophie de l’endomètre…).
Symptômes de la Grossesse Extra-Utérine
Il peut être compliqué de repérer les symptômes d'une grossesse ectopique, car ils peuvent se manifester très tôt, à un moment où vous ne savez peut-être même pas encore que vous êtes enceinte. En outre, certains de ces signes peuvent aussi être ceux que l'on rencontre fréquemment en début de grossesse.
Les premiers symptômes d’une grossesse extra-utérine ne diffèrent pas de ceux d’une grossesse normale : absence de règles, faibles douleurs abdominales, fatigue et nausées. Comme pour toute grossesse (hors cas de déni de grossesse), une nidation entraîne un retard de règles, même si l’implantation ne se fait pas dans l’endomètre. Ce symptôme peut être caractéristique d’une grossesse extra-utérine.
Même si le risque de grossesse extra-utérine est faible, il est crucial de connaître les symptômes associés, qui peuvent inclure :
- Saignements vaginaux anormaux : Il est normal d'avoir des saignements en début de grossesse, à cause de la nidation (l'implantation de l'ovule fécondé dans l'utérus), mais parlez-en à votre médecin si vous avez des doutes. Oui. Une grossesse extra-utérine peut évoluer sans saignement vaginal, notamment aux stades très précoces.
- Douleurs abdominales : des douleurs dans le bas-ventre, souvent d’un seul côté, souvent sourdes avec des accès plus intenses. La douleur est généralement unilatérale et localisée dans le bas-ventre, d’abord sourde puis plus intense. Légères douleurs ou crampes dans le bas-ventre ou le bassin.
- Mal de dos.
- Sensation d'étourdissement ou de fatigue.
Symptômes d'une Rupture de la Grossesse Extra-Utérine
Si la grossesse extra-utérine évolue, elle pourrait provoquer une rupture de la trompe de Fallope. Cela peut avoir de graves conséquences et nécessite des soins médicaux immédiats. Si la GEU n’est pas prise en charge, le risque est la rupture de la trompe (car la grossesse grossit) qui crée une hémorragie interne. A noter que certaines femmes ne ressentent aucune manifestation particulière avant la rupture de la structure hébergeant l’ovule fécondé. En cas de rupture, des douleurs intenses et soudaines dans le bas ventre avec d’importantes pertes de sang sont ressenties par la patiente.
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Appelez votre médecin sans attendre ou allez directement aux urgences si vous constatez :
- Une douleur aiguë dans le pelvis, l'abdomen ou l'épaule.
- Faiblesse, vertiges ou évanouissement : La sensation de vertige peut être provoquée par une hémorragie interne résultant d'une rupture de la trompe de Fallope.
Une grossesse ectopique est évoquée lorsqu’une femme en âge de procréer présente une douleur dans le bas-ventre ou un saignement vaginal, associé à des évanouissements ou un état de choc.
Diagnostic de la Grossesse Extra-Utérine
Le diagnostic de grossesse extra-utérine doit être rapidement fait, car spontanément l’œuf fécondé grossit. Il est essentiel de diagnostiquer une grossesse extra-utérine (GEU) rapidement afin de préserver la santé et la fertilité de la femme. Lorsque le test est positif, la confirmation du diagnostic d’une grossesse extra-utérine nécessite deux examens, souvent associés : une échographie et le dosage de la hCG (l’hormone chorionique gonadotrophique qui est spécifique de la grossesse).
Les méthodes de diagnostic comprennent :
- Test de grossesse : Une grossesse extra-utérine se détecte-t-elle avec un test de grossesse ? Le résultat d'un test de grossesse peut tout à fait être positif même en cas de grossesse extra-utérine. En effet, la plupart des tests de grossesse détectent l'hormone hCG, ce qui signifie qu'un test peut rester positif tant que la grossesse extra-utérine n'est pas complètement traitée. Oui, dans de rares cas. Un test urinaire peut être négatif si le taux de β-hCG est encore très bas, notamment en début de grossesse extra-utérine. La prise de sang confirme la présence d’une grossesse, sans indiquer son siège, ni son évolutivité.
- Dosage de l'hormone hCG : Le contrôle des niveaux sanguins de l’hormone de la grossesse - la βhCG - permet de mettre en évidence un risque de grossesse extra-utérine. La mesure du taux HCG dans le sang est une étape essentielle pour diagnostiquer une grossesse extra-utérine (GEU). En cas de GEU, l’évolution du taux HCG peut être inhabituelle : son augmentation est plus lente qu’en cas de grossesse intra-utérine normale. Lors d’une grossesse normalement évolutive, le taux des β-HCG plasmatiques double toutes les 48 heures au début. S’il chute c’est en faveur d’une fausse couche quel qu’en soit le lieu. S’il stagne cela oriente vers une GEU ou vers une grossesse arrêtée, sans indiquer son siège (intra ou extra-utérin).
- Échographie : Cet examen permet de localiser l’implantation de l’embryon. En revanche, si le taux HCG est positif, mais qu’aucun sac gestationnel n’est visible dans l’utérus, le médecin suspectera une GEU. L’examen échographique réalisé au niveau vaginal est le premier outil de détection. Votre médecin peut identifier une grossesse extra-utérine grâce à une échographie pour voir où se développe la grossesse.
- Laparoscopie : Parfois, les médecins peuvent utiliser un laparoscope pour confirmer le diagnostic. En plus des examens “classiques”, une laparoscopie permet d’observer directement une GEU et d’évaluer l’état des structures concernées, notamment les trompes de Fallope.
Traitement de la Grossesse Extra-Utérine
Une grossesse extra-utérine ne peut être menée à terme. Une grossesse extra-utérine ne peut pas se déplacer d'elle-même ou être déplacée vers l'utérus, et elle ne peut pas continuer à progresser ailleurs que dans l'utérus. C'est pourquoi votre professionnel de santé mettra probablement fin à la grossesse, soit par chirurgie, soit avec des médicaments.
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Les options de traitement dépendent de la taille et de l'emplacement de la grossesse, ainsi que de l'état de santé de la patiente :
- Traitement médical (Méthotrexate) : Il s’agit de la méthode la plus courante si la grossesse n’est pas trop évoluée. Lorsque le diagnostic est très précoce, il s’agira d’une IVG médicamenteuse utilisant des agents pharmacologiques comme le méthotrexate : un inhibiteur de l’acide folique. Le méthotrexate bloque la réplication des cellules placentaires, entraînant l’arrêt de la grossesse. Pour traiter une grossesse extra-utérine, on a souvent recours au méthotrexate. Ce médicament arrête la croissance des cellules de l'embryon, ce qui met fin à la grossesse. Puis, sur une période de quatre à six semaines, votre corps résorbe naturellement les tissus de la grossesse. L'avantage de cette méthode est que la trompe de Fallope touchée peut être préservée, vous évitant ainsi une opération chirurgicale. Cette option peut être conseillée si la trompe de Fallope n'est pas rompue, et si vous êtes en mesure de revenir régulièrement pour des prises de sang afin de suivre la baisse de votre taux d'hCG, jusqu'à ce qu'il ne soit plus détectable. Cette option peut être déconseillée si vous allaitez ou rencontrez certains problèmes de santé. Le méthotrexate peut être administré en une ou plusieurs doses. Le risque de rupture de la trompe de Fallope pendant une grossesse extra-utérine ne disparaît qu'une fois le traitement terminé. Si vous ressentez des symptômes comme une douleur vive au ventre ou à l'épaule, si vous vous sentez faible ou que vous avez la tête qui tourne, consultez immédiatement un médecin, car cela peut être lié à une hémorragie interne. Les effets secondaires du méthotrexate peuvent notamment être des nausées, des vomissements, ainsi que des saignements ou des pertes vaginales. Pendant le traitement et jusqu'à ce que votre médecin vous donne le feu vert, mieux vaut éviter les activités physiques intenses, les vitamines et les aliments riches en acide folique, les anti-inflammatoires comme l'ibuprofène, les rapports sexuels et une exposition prolongée au soleil.
- Traitement chirurgical : Si la grossesse est trop développée ou que des douleurs importantes sont présentes, un traitement chirurgical est nécessaire. Si une stagnation des taux de βhCG est observée ou pour les diagnostics plus tardifs, l’IVG sera chirurgicale. Il est alors pratiqué une cœlioscopie. Cette opération d’une grossesse extra-utérine est indiquée lorsque le traitement médicamenteux au méthotrexate est contre-indiqué ou inefficace. Dans la mesure du possible, la chirurgie sera conservatrice de la trompe utérine. On opte généralement pour une chirurgie laparoscopique. Cela implique de petites incisions dans votre abdomen sous anesthésie générale. Au cours de l'opération, les tissus liés à la grossesse sont enlevés et la trompe endommagée est soit réparée, soit retirée. Parfois, une incision abdominale plus grande peut être nécessaire, surtout si la grossesse est plus avancée ou qu'une rupture de la trompe de Fallope est suspectée. Dans les formes plus graves (grossesse extra-utérine plus avancée), la trompe est enlevée (salpingectomie). En cas de grossesse extra-utérine avancée ou de rupture de la trompe de Fallope, une salpingectomie (ablation complète de la trompe) peut être nécessaire. Pour les cas les plus graves, notamment dans le cas de rupture hémorragique, une laparotomie est réalisée. L’abdomen est incisé et l’ensemble de l’organe endommagé peut être retiré : la trompe dans le cas d’une grossesse tubaire, par exemple. Après réparation du reste de la trompe, cette prise en charge permet d’augmenter les chances de grossesse ultérieure. Parfois, la trompe n’est, en revanche, pas réparable. Votre médecin vous proposera un plan de traitement et vous expliquera tous les risques et effets secondaires, comme les saignements et les infections possibles après l'opération. Après la chirurgie, des soins de suivi sont nécessaires, et votre médecin surveillera de près votre rétablissement, y compris en vérifiant à nouveau votre niveau d'hCG pour s'assurer que les tissus extra-utérins ont été complètement enlevés.
Prévention et Fertilité Après une Grossesse Extra-Utérine
Même s'il est impossible de l'empêcher complètement, il existe des moyens de réduire le risque qu'une grossesse soit extra-utérine. Adopter un mode de vie sain et arrêter de fumer peuvent réduire vos risques, tout comme la protection contre les infections sexuellement transmissibles. Il n’est pas possible d’éliminer totalement le risque de grossesse extra-utérine (GEU), mais certains moyens de contraception peuvent le réduire. Le stérilet, en particulier hormonal, baisse également le risque de grossesse en rendant l’utérus moins propice à la nidation.
Dans les autres cas, il est tout à fait possible de tomber enceinte. Les grossesses extra-utérines n’affectent en aucune manière la fertilité de la patiente. Si une trompe de Fallope a été retirée (salpingectomie) ou endommagée, la fertilité peut être réduite, mais l’autre trompe peut permettre une conception naturelle. Le fonctionnement des ovaires reste généralement intact, mais des troubles hormonaux ou des infections associées peuvent perturber l’ovulation. Cependant, il est à noter que les femmes présentant des antécédents de grossesse extra-utérine ont plus de chances de récidives.
Si vous envisagez de tomber enceinte et que vous avez des facteurs de risque de grossesse ectopique, demandez conseil à votre médecin.
Soutien Émotionnel
C'est tout à fait normal de se sentir anxieuse, effrayée ou bouleversée dans ces moments. Le traitement peut aussi vous donner l'impression d'être encore enceinte, ce qui pourrait intensifier vos émotions et vous fatiguer davantage. Pensez à la thérapie pour trouver du soutien, ou parcourez des forums en ligne pour discuter avec d'autres personnes ayant vécu des expériences similaires. N'hésitez pas à solliciter vos proches pour obtenir un soutien supplémentaire. Prenez le temps nécessaire pour vous reposer et récupérer après le traitement ; cela vous aidera à vous remettre physiquement et à accepter ce que vous avez traversé.
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