La gale est une affection cutanée contagieuse causée par un parasite, le sarcopte scabiei. Bien que bénigne, elle peut provoquer d'intenses démangeaisons et se propager rapidement, en particulier chez les nourrissons. Il est essentiel de reconnaître les symptômes et de mettre en place un traitement adapté pour soulager l'enfant et éviter la contagion.

Qu'est-ce que la gale ?

La gale est une infestation cutanée due au sarcopte, un parasite de la famille des acariens. Elle se transmet principalement par contact direct et prolongé avec une personne infectée. La transmission peut également se faire par le biais de la literie, des vêtements ou d'autres objets contaminés, bien que le sarcopte ne survive que quelques jours en dehors du corps humain (3 à 4 jours).

La gale touche les individus de tous âges et tous milieux sociaux. Elle est très contagieuse et peut être responsable d'épidémies dans les collectivités.

Causes de la gale chez le nourrisson

La gale est une ectoparasitose à transmission exclusivement inter-humaine. Elle est due à un acarien microscopique, le Sarcoptes scabiei variété hominis.

La dissémination du parasite est favorisée par la vie en collectivité et le non-respect des règles d'hygiène. Le facteur de risque de transmission est la cohabitation d'un grand nombre de personnes dans un espace restreint. La contamination est avant tout interhumaine, par contact cutané direct d'un sujet parasité à un autre sujet, particulièrement à l'occasion d'une relation sexuelle. Dans les gales profuses, la transmission indirecte est possible par contact avec des vêtements, literie, serviettes, fauteuils… parasités. L'immunodépression locale et/ou générale (corticothérapie, infection par le VIH…) constitue un facteur favorisant de gales profuses.

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Symptômes de la gale chez le nourrisson

La gale du nourrisson est particulièrement difficile à diagnostiquer, car elle peut présenter des signes sur le visage, contrairement à la gale classique. Les symptômes de la gale apparaissent généralement après une période d'incubation de 3 semaines. Les principaux signes sont :

  • Démangeaisons intenses : Elles sont souvent plus fortes la nuit. Chez le nourrisson, il n'y a pas forcément un prurit (ce besoin impérieux de se gratter).
  • Lésions cutanées variées :
    • Petits sillons ou galeries sous la peau, creusés par les femelles pour pondre leurs œufs.
    • Vésicules perlées (petites cloques).
    • Papules excoriées (boutons grattés).
    • Nodules scabieux rouges ou violacés, surtout au niveau des aisselles, du bas du dos et des organes génitaux. Ils peuvent être la seule manifestation clinique et persister plusieurs semaines.
    • Petites cloques purulentes ou vésiculo-pustules palmo-plantaires (sur les mains et les pieds).
    • Rougeurs sur la peau.
  • Autres symptômes possibles : Fatigue, agitation, anorexie et irritabilité.

La gale commune du nourrisson présente des spécificités cliniques : l'éruption est le plus souvent vésiculopustuleuse, parfois papuleuse, prurigineuse, prédominante aux extrémités mais pouvant être plus diffuse le visage est habituellement épargné, une atteinte du cuir chevelu est possible. Les sillons sont inconstants, mais des nodules inflammatoires et prurigineux, (nodules scabieux), prédominants aux aisselles, au bas du dos et aux organes génitaux ne sont pas exceptionnels, ils peuvent être la seule manifestation clinique et persister plusieurs semaines. Le prurit en l'absence de lésion cutanée n'est pas un mode révélateur fréquent de la maladie. Une surinfection cutanée (impétiginisation) est fréquente, peut majorer l'éruption pustuleuse et entraîner adénopathies et fièvre. Le retard diagnostique est source d'épidémie.

Diagnostic de la gale chez le nourrisson

Le diagnostic de la gale repose sur la présence de lésions cliniques évocatrices et/ou un examen parasitologique positif. En l'absence de prurit, l'examen parasitologique est nécessaire. La notion de contage et de prurit dans l'entourage est un élément très évocateur du diagnostic. Le traitement d'épreuve à visée diagnostique doit être évité : en effet, un prurit d'autre étiologie peut céder sous ce traitement et, inversement, le prurit de la gale peut être long à disparaître. Les lésions spécifiques (sillons, vésicules perlées, papulo-nodules) ne sont pas constamment retrouvées. La topographie des symptômes aux espaces interdigitaux dorsaux des mains, à l'aréole mammaire, aux organes génitaux externes (papulo-nodules), aux fesses, aux coudes, aux zones axillaires antérieures, sans atteinte du dos et du visage, est évocatrice du diagnostic de gale commune. La topographie est d'aspect trompeur dans les gales profuses : l'atteinte du dos est fréquente dans la gale disséminée inflammatoire et l'atteinte peut être généralisée dans la gale hyperkératosique avec prédominance des squames friables et parfois absence de prurit.

La gale de l’enfant et surtout du nourrisson présente des particularités cliniques pouvant conduire à des erreurs diagnostiques. Alors qu’il est aisé de faire un diagnostic dans un contexte d’épidémie familiale, cela peut être plus difficile devant un cas isolé. De plus, le jeune enfant est souvent le premier de la famille à présenter des symptômes bien visibles. Les lésions des adultes sont plus discrètes et se développent plus lentement que chez le nourrisson.

Lorsqu’un enfant présente des démangeaisons et des lésions cutanées, il est important de consulter un médecin pour obtenir un diagnostic précis.

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Traitement de la gale chez le nourrisson

Il n'y a pas de guérison spontanée de la maladie, le traitement est justifié lorsque le diagnostic de gale est établi. Chez le nourrisson, seul un traitement local est possible. Le traitement de la gale se base sur l’application d’un produit scabicide sur tout le corps. Il s’agit d’un antiparasitaire destiné à tuer le sarcopte. Ce médicament à usage local peut se présenter sous différentes formes : lotion, crème, spray, etc. L’application d’un produit scabicide permet de traiter efficacement la gale, quel que soit le cycle de vie du parasite responsable de la maladie.

Les traitements locaux peuvent être irritants, d'autant plus qu'ils sont répétés.

Parce qu’elles sont dues à la réaction immunitaire, les démangeaisons peuvent persister jusqu'à 4 semaines après un traitement correctement effectué.

Produits scabicides utilisables chez le nourrisson

  • Benzoate de benzyle (ASCABIOL) : Utilisable chez l’enfant à partir de 1 mois et chez l’adulte, y compris chez la femme enceinte. Il se présente sous forme d’émulsion à appliquer sur tout le corps en 2 couches successives espacées de 10 à 15 minutes (correspondant au temps de séchage). Un flacon permet l'application des 2 couches. Il est recommandé d’insister sur les zones avec des lésions, sur les plis, les espaces entre les doigts, le nombril, les parties génitales, sous les seins, sous les ongles et sur le cuir chevelu. Il faut ensuite laisser agir le produit pendant 24 heures avant de rincer soigneusement. Chez la femme enceinte, il ne faut appliquer qu’une seule couche.
  • Perméthrine (TOPISCAB) : Utilisable chez l’enfant de plus de 2 mois et chez l’adulte, y compris chez la femme enceinte. Il consiste en deux applications à 8 à 15 jours d’intervalle. La crème est à appliquer le soir en couche fine, de façon uniforme sur tout corps (y compris le cou, la nuque, la paume des mains et la plante des pieds). Il convient d'accorder une attention toute particulière aux espaces entre des doigts et les orteils, aux zones de plis (poignet, coudes, aisselles), aux organes génitaux externes et aux fesses.

Modalités d'application du traitement

Si votre enfant est atteint de la gale, le mieux est d’effectuer les soins durant le soir après le bain. Il faut également changer régulièrement (au moins une fois par semaine) les draps, les vêtements et les serviettes utilisées par votre fils/fille. Lavez les textiles à 60 °. Appliquez et laissez agir le produit médical suivant la notice du médicament et les prescriptions du médecin. Notons que différents produits existent pour soigner la gale, même chez les bébés.

Lors de traitement par application sur la peau, toutes les régions du corps, à l'exception du visage et des muqueuses (yeux, bouche, vagin, gland), doivent être traitées. Le traitement du cuir chevelu est souvent recommandé.

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Traitement de l'entourage

Il est impératif de traiter simultanément le(s) sujet(s) parasité(s) et toute personne ayant eu un contact intime avec le(s) malade(s). Toutes les personnes vivant sous le même toit doivent être traitées. Et en même temps. De même pour les personnes ayant eu un contact rapproché avec l’enfant (famille, personnel de la crèche, nounou).

Mesures d'hygiène

En parallèle du traitement médical, il est essentiel de prendre des mesures d'hygiène rigoureuses pour éliminer les parasites et éviter la recontamination :

  • Laver à 60°C les vêtements, les draps, les serviettes et tout le linge porté au cours des 3 derniers jours, au contact de la peau de l’enfant infecté.
  • Mettre en quarantaine dans un sac fermé pendant 3 jours minimum la poussette, le landau, le transat, le siège auto.
  • Passer à l’aspirateur moquette, tapis, coussins, canapés en tissus.
  • Les matelas, les sommiers, les moquettes et tapis ne nécessitent pas de traitement acaricide sauf s’il s’agit d’une gale profuse, c’est-à-dire très marquée. Le médecin vous dira.

Que faire en cas de persistance des démangeaisons ?

Il est important de savoir que les démangeaisons peuvent persister jusqu’à un mois, même après un respect scrupuleux du traitement. Les traitements répétés sont cependant inutiles et potentiellement toxiques. Toutefois, le médecin peut recommander de renouveler le traitement après 8 jours.

La persistance d'un prurit dans les 8 à 15 jours après le traitement ne traduit pas forcément un échec, les causes pouvant être : une irritation cutanée par le traitement, un eczéma de contact, une acarophobie ou autres causes de prurit masquées par la gale.

Retour en collectivité

Une éviction complète de minimum 3 jours est requise. La crèche doit être prévenue très rapidement, car des mesures y seront prises. Entre autres le signalement aux autres parents et le traitement du personnel si besoin.

Complications possibles de la gale

La gale est sujette à diverses complications. La surinfection des lésions de grattage par des bactéries est une des plus fréquentes.

Surinfections bactériennes : la complication la plus courante de la gale est la surinfection bactérienne des lésions cutanées. En effet, le grattage intense des zones affectées peut provoquer des fissures ou des plaies ouvertes, favorisant la pénétration de bactéries. Dermatite allergique ou eczéma de contact : chez certaines personnes, la gale peut déclencher une réaction allergique importante à l’acarien ou à ses déjections, entraînant une dermatite allergique. Gale hyperkératosique : cette complication grave se produit surtout chez les personnes immunodéprimées. Elle se caractérise par une prolifération massive d’acariens sur la peau, formant des croûtes épaisses et des plaques squameuses.

Si la gale se complique d’eczéma (gale eczématisée), le traitement par ivermectine sous forme de comprimé est privilégié. Un traitement local par vaseline salicylée 10 % peut être appliqué une fois par jour sur les zones hyperkératosiques (en limitant à moins de 10 % de la surface totale de la peau) jusqu'à disparition de l'hyperkératose.

Un traitement antibiotique per os sera recommandé en cas d'impétiginisation.

Prévention de la gale

La gale n’est absolument pas liée à l’hygiène de vie : tout le monde peut avoir la gale. Elle se transmet facilement par des contacts physiques rapprochés.

Pour prévenir la gale, il est important d'éviter les contacts directs avec des personnes infectées et de laver régulièrement les vêtements et la literie, surtout en cas d'épidémie.

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