L'examen ORL (oto-rhino-laryngologique) du nourrisson est une étape cruciale pour dépister et diagnostiquer diverses affections touchant les oreilles, le nez et la gorge. Cet article détaille les procédures courantes, les indications et les limites de ces examens chez les tout-petits.

Importance du Dépistage Précoce

Le dépistage de la surdité néonatale est obligatoire en France depuis 2011. Auparavant, les troubles de l'audition étaient détectés en moyenne vers l'âge de 18 mois. Une prise en charge précoce est essentielle pour favoriser le développement de l'enfant. Les protocoles de dépistage varient selon les régions, mais impliquent généralement deux tests réalisés en maternité ou en néonatologie. Bien que ce dépistage soit fortement recommandé, les parents ont le droit de le refuser.

Audiométrie Comportementale : Évaluation Adaptée à l'Âge

L’audiométrie comportementale, tonale et vocale est adaptée aux capacités de l’enfant afin de tester au mieux son audition en fonction de son âge et de son développement.

Exploration de l'Audition : Les Émissions Otoacoustiques (EOA)

Un examen rapide et indolore, qui explore l’audition des deux oreilles. Cette sonde vérifie que l’oreille est capable de répondre à une stimulation sonore en faisant un léger écho. Le test est indolore et les parents peuvent y assister. Si l’oreille répond aux stimulations sonores, le résultat est considéré comme normal. Si l’oreille ne répond pas aux stimulations sonores, cela ne signifie pas nécessairement un problème d’audition ; il peut s’agir d’un problème technique. Un second test sera réalisé au cours du séjour pour confirmer ou infirmer le résultat initial.

La Nasofibroscopie : Un Examen Clé

La nasofibroscopie est une procédure couramment pratiquée en consultation ORL, réalisable dès la naissance. Elle permet d’explorer les fosses nasales, l’oropharynx et le larynx. Chez le nourrisson et le petit enfant, l’examen nécessite l’aide d’une infirmière pour maintenir l’enfant en place. Chez l’enfant plus grand ou l’adolescent, la coopération du patient est essentielle.

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Préparation et Déroulement

Étant donné la possibilité de déclenchement du réflexe nauséeux, il est préférable de réaliser cet examen à jeun. Une anesthésie locale avec de la xylocaïne en spray peut être utilisée pour minimiser l’inconfort.

Indications de la Nasofibroscopie

La nasofibroscopie est particulièrement informative dans les situations suivantes :

  • Stridor ou dyspnée laryngée chez le nourrisson
  • Fausses routes chez l’enfant
  • Dysphonie (troubles de la voix)
  • Obstruction nasale à tout âge
  • Diagnostic d’hypertrophie des végétations adénoïdes : C’est le gold standard pour ce diagnostic. Les végétations sont des petits bourgeons de muqueuses situées à l’arrière du nez qui augmentent de volume à chaque infection, pouvant entraîner un nez bouché en permanence, des rhinosinusites ou des otites à répétition.

Limites de la Nasofibroscopie

La nasofibroscopie n’est pas indiquée pour :

  • Un bilan de trouble de l’oralité chez le nourrisson
  • Le diagnostic de reflux gastro-œsophagien (RGO)
  • En cas d’encombrement salivaire important
  • En cas de refus de l’examen par un grand enfant ou un adolescent

Compléments d'Examen

Dans certains cas, la nasofibroscopie peut être complétée par une endoscopie sous anesthésie générale pour la réalisation de prélèvements ou des gestes thérapeutiques.

Interventions Chirurgicales Courantes Chez le Nourrisson et l'Enfant

Plusieurs interventions chirurgicales peuvent être nécessaires pour traiter des problèmes ORL chez les nourrissons et les enfants.

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Adénoïdectomie (Ablation des Végétations Adénoïdes)

L'intervention consiste à gratter les végétations adénoïdes au fond du nez sous anesthésie générale en passant par la bouche, grâce à une curette spécifique. Le principal risque est le saignement, qui reste exceptionnel. L’intervention est proposée après des traitements médicaux qui n’ont pas été efficaces chez un enfant qui présente des otites moyennes à répétitions ou des otites séreuses (de l’eau qui stagne derrière le tympan) responsables d’une baisse d’audition qui peut altérer le développement de son langage. L'enfant peut généralement ressortir le soir même de l’intervention.

Pose d'Aérateurs Trans-tympaniques (Drains)

Un petit tube creux de quelques millimètres est mis en place de part et d’autre du tympan afin d’aérer l’oreille moyenne qui communique avec le fond du nez par un tuyau appelé trompe d’Eustache. Les aérateurs restent en place de 6 mois à 2 ans et tombent souvent seuls. Les risques de cette opération sont exceptionnels. Il peut y avoir des écoulements par l’aérateur les jours après l’intervention.

Amygdalectomie (Ablation des Amygdales)

L'opération nécessite une anesthésie générale, que ce soit pour les enfants ou les adultes. Elle est pratiquée en cas de grosses amygdales causant des troubles respiratoires pendant le sommeil (pauses respiratoires, sueurs, fatigue au réveil, respiration uniquement par la bouche), ou en cas d'angines à répétition (3 à 5 par an), d'abcès récurrents, ou d'infection chronique dépassant trois mois. Les risques opératoires incluent des saignements immédiats ou dans les heures suivant l'opération, des petites blessures à la langue, aux lèvres ou aux dents de lait, et des saignements plus tardifs (8 à 10 jours après) lors de la cicatrisation. On peut aussi observer une fuite d'air par le nez. L’hospitalisation dure en moyenne une journée pour surveiller l’absence d’hémorragie et ajuster le traitement de la douleur. Après l’opération, les douleurs sont comparables à une angine sévère, avec un dépôt blanc sur les amygdales durant environ trois semaines, et une voix potentiellement plus aiguë.

Alimentation Post-Opératoire

Concernant l’alimentation, le premier jour se limite à de l’eau sucrée et glacée en petites quantités, suivi d'une alimentation liquide froide le deuxième jour (lait, flan, yaourt, crème, compote), d'une alimentation semi-solide et tiède aux jours 3 et 4 (bouillies, œufs brouillés, viandes mixées, pâtes), puis semi-consistante jusqu'au 7e jour, et retour à une alimentation normale au 8e jour.

Frénectomie Linguale (Section du Frein de Langue)

L’opération est nécessaire si l’enfant a un frein de langue trop court, ce qui peut entraîner des difficultés à déglutir, des problèmes d’allaitement, et des douleurs chez la maman. À long terme, cela pourrait aussi causer des problèmes de langage et d'élocution.

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L’anesthésie est généralement générale et de courte durée pour contrôler la douleur et éviter les mouvements brusques. Avant l’intervention, un anesthésiste vous expliquera la procédure et ses risques. Chez les nouveau-nés de moins de 4 mois, l’opération peut se faire sous anesthésie locale, car le frein de langue est peu innervé, rendant le geste indolore. L’intervention consiste en une simple section de la membrane, parfois accompagnée de cautérisation. Les risques sont très faibles, le principal étant l'inefficacité de l'opération sur l'allaitement, s’il y a une autre cause sous-jacente. Quelques rares saignements peuvent survenir. L’intervention dure quelques minutes et l’enfant pourra sortir le soir même.

Excision de Kyste ou Fistule Cervicale

L'opération est nécessaire en raison d'une malformation embryonnaire du cou ou de la face de l'enfant, comme un kyste (poche molle) ou une fistule (trou anormal). Ces malformations peuvent se surinfecter, avec les risques associés.

L'anesthésie sera générale, et avant l’intervention, l’anesthésiste vous expliquera le déroulement et les risques. L’intervention consiste à retirer complètement le kyste ou la fistule, parfois nécessitant plusieurs incisions. Un drainage sera posé pendant au moins 24 heures pour éviter un hématome. Les principaux risques opératoires sont l’hémorragie, la formation d’un hématome qui pourrait gêner la respiration, et la surinfection de la plaie. Selon la localisation, il peut y avoir des risques neurologiques, que le chirurgien vous expliquera.

Chirurgie du Cholestéatome

L’opération est nécessaire car l'enfant souffre d’un cholestéatome, une maladie où la peau érode progressivement l’os et les osselets de l’oreille, ce qui peut entraîner une surdité progressive, des infections répétées, voire des complications graves comme une paralysie faciale ou des problèmes cérébraux.

L’anesthésie sera générale, et avant l’intervention, l’anesthésiste vous expliquera le déroulement et les risques. L’intervention consiste à nettoyer l’oreille moyenne, vérifier l’état du tympan et des osselets, et les remplacer si nécessaire. L’incision est faite derrière l’oreille pour être discrète. Une seconde opération, six mois à un an plus tard, est souvent nécessaire pour vérifier que la maladie ne soit pas réapparue. Les principaux risques opératoires incluent des infections, des saignements, une perte auditive, ou des bourdonnements d’oreille. Plus tard, il peut y avoir une récidive de la maladie ou un rétrécissement du conduit auditif.

Otoplastie (Correction des Oreilles Décollées)

L’opération est envisagée car l'enfant a exprimé une gêne liée à ses oreilles décollées, et il est important que la demande vienne de lui, car il s’agit d’une intervention esthétique.

L’anesthésie sera générale, et avant l’intervention, l’anesthésiste vous expliquera la procédure et ses risques. L’intervention consiste à faire une incision derrière l’oreille pour remodeler le cartilage et recoller le pavillon. Un pansement compressif sera mis en place à la fin pour éviter les hématomes. Les principaux risques incluent des hémorragies, pouvant provoquer un hématome nécessitant une reprise chirurgicale, ou une infection du cartilage (chondrite), avec un risque exceptionnel de nécrose du pavillon. Comme il s’agit d’une chirurgie esthétique, des asymétries ou des défauts d’accolement peuvent survenir, et la cicatrisation peut entraîner la formation de chéloïdes (cicatrices boursouflées). La durée de l’hospitalisation dépendra du chirurgien, mais l’enfant pourra sortir le soir même ou le lendemain. À domicile, des soins de propreté devront être effectués sur la plaie, et l’enfant devra rester au repos environ une semaine.

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