De nos jours, avoir un enfant après 40 ans est une tendance de plus en plus courante. Les raisons sont multiples : études longues, parcours professionnels ou amoureux complexes, désir de profiter de la vie avant de fonder une famille, et parfois, des problèmes de fertilité. Ces grossesses, considérées comme étant à risques tant pour la future maman que pour le fœtus, nécessitent un suivi médical particulier.
Qu'est-ce qu'une Grossesse Tardive ?
Une grossesse est dite tardive lorsqu'elle survient chez une femme de 35 ans et plus. Au-delà de 45 ans, on parle de grossesse très tardive. Cela ne signifie pas que la femme est « vieille », mais plutôt que son corps n'est plus aussi bien préparé qu'à 20 ans pour supporter une grossesse. L'utérus et les ovaires ont un âge, ce qui peut influencer la fertilité. D'ailleurs, les Fécondations In Vitro (FIV) ne sont remboursées que jusqu'à 42 ans et légalement autorisées jusqu'à 48 ans. Il est important de noter que grossesse tardive et ménopause ne sont pas totalement indépendantes. Les cycles peuvent s'espacer, amenant les femmes à penser qu'elles ne sont plus fertiles, ce qui peut entraîner une grossesse surprise.
Les Risques Associés à une Grossesse Tardive
Après 40 ans, les risques suivants sont plus importants :
- Grossesse extra-utérine
- Fausse couche (le risque d'interruption spontanée de grossesse s'établit à 12 % à 25 ans et grimpe à 50 % à 42 ans)
- Prématurité
- Retard de croissance intra-utérin
- Anomalie chromosomique (notamment la trisomie 21)
- Malformations congénitales
- Diabète gestationnel (la prévalence atteint 14,2 % chez les femmes de plus de 35 ans)
- Pré-éclampsie
- Hémorragies de la délivrance
- Accouchement par césarienne (plus fréquent en raison d’antécédents médicaux, de la présentation du bébé par le siège ou d'un poids trop important du bébé)
Après 45 ans, ces risques sont encore plus marqués, et un facteur de risque supplémentaire apparaît pour la future maman : le risque de mortalité maternelle est 30 fois plus élevé qu'à 20 ans.
Ces grossesses après 40 ans exposent la maman et/ou le bébé à des risques accrus. Ce chiffre élevé s’explique en grande partie par le vieillissement des ovocytes dont la qualité est altérée avec l’âge. Ainsi, selon le Vidal, « le risque de trisomie 21, estimé à une naissance sur 1 000 lorsque la mère a 30 ans, s’élève à une naissance sur 50 chez les mères âgées de 42 ans ».
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Le risque de développer un diabète gestationnel durant la grossesse augmente. Pour la mère, cela représente un risque accru de césarienne, une anxiété et une récidive du diabète lors d’une prochaine grossesse. Pour le bébé, il y a un risque de macrosomie fœtale - poids supérieur à 4 kg - qui peut rendre l’accouchement long, difficile et parfois, mettre le bébé en danger. Le diabète gestationnel peut aussi entraîner chez l’enfant une hypoglycémie à corriger à la naissance.
La pression artérielle d’une femme enceinte est normale lorsqu’elle est inférieure à 140/90 mmHg - le premier chiffre exprime la pression artérielle systolique, le second la pression artérielle diastolique. Au-delà de ces valeurs, elle est trop élevée et nécessite une surveillance renforcée. Elle peut être responsable d’une pré-éclampsie qui peut évoluer, si elle n’est pas prise en charge vers une éclampsie. Les vies de la mère et du fœtus sont alors en jeu.
Un suivi médical adapté est donc primordial pour ces grossesses, tant pour le futur bébé que pour la femme enceinte.
Suivi Médical Renforcé et Examens Complémentaires
En raison des risques accrus, le suivi médical d'une grossesse tardive est plus resserré. Les femmes enceintes âgées de plus de 40 ans sont plus à risque de développer des maladies telles que le diabète gestationnel et l’hypertension artérielle gravidique. En l’absence de traitement, ces maladies mettent en péril la vie de la future mère et du fœtus. Elles demandent une prise en charge médicale particulièrement rigoureuse, et nécessitent plus souvent un alitement prolongé, voire une hospitalisation.
Un bilan médical complet doit être entrepris en début de grossesse afin d’identifier les possibles facteurs de risque, notamment les troubles cardiaques, les troubles circulatoires et le diabète, en vue de les prendre en charge de façon optimale le cas échéant.
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Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé, au-delà de 35 ans, l'avis d'un gynécologue-obstétricien est recommandé.
Échographies Plus Fréquentes
En plus des trois échographies obligatoires, d'autres échographies peuvent être programmées lors de grossesses tardives. Une échographie précoce est souvent effectuée pour contrôler le bon déroulement du début de grossesse, étant donné que le taux de fausse couche est plus élevé après 40 ans. Une échographie supplémentaire peut également être réalisée en fin de grossesse pour contrôler la taille du bébé et la quantité de liquide amniotique.
Dépistage de la Trisomie 21
Passé 35 ans, les risques d'anomalies génétiques augmentent, notamment le risque de trisomie 21. Pour les déceler avant la naissance, un dépistage est proposé, incluant un tri-test puis un DPNI (Dépistage Prénatal Non Invasif). Si ces tests révèlent un risque élevé, une amniocentèse ou une biopsie du trophoblaste peut être envisagée pour confirmer le diagnostic. Ces tests ne sont pas obligatoires et peuvent être refusés.
Autrefois proposée systématiquement à partir de 38 ans, l’amniocentèse ne l’est aujourd’hui plus grâce au test combiné de la trisomie 21 réalisé au premier trimestre. L’âge sera pris en compte dans le calcul du risque, et en fonction des résultats, une amniocentèse pourra être envisagée.
Rappelons que le dépistage comporte une échographie précoce à la 12 e SA suivie à 22 SA, d’une échographie à la recherche d’anomalies morphologiques, de la recherche des marqueurs sanguins de la trisomie entre 15 et 17 SA et d’une amniocentèse selon les cas.
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Dépistage du Diabète Gestationnel
Le diabète gestationnel est plus fréquent après 40 ans et peut compliquer l'accouchement, notamment en raison du risque de macrosomie fœtale (bébé de plus de 4 kg). Cette pathologie favorise également la pré-éclampsie. Un test de glycémie est généralement prescrit au 2e trimestre, comme pour les grossesses avant 40 ans.
Suivi Personnalisé
Chaque grossesse tardive nécessite un suivi personnalisé, tenant compte des antécédents médicaux et des éventuels problèmes de santé de la future maman. Des examens supplémentaires peuvent être prescrits pour contrôler que tout se déroule bien.
Conseils et Recommandations
En cas de grossesse tardive, il est recommandé d’être suivie dans un centre spécialisé pour les grossesses pathologiques, même quand tout se passe bien. Une surveillance attentive et un suivi régulier de la grossesse sont impératifs à partir de 40 ans.
Comme pour toute grossesse, il faut également surveiller son poids, éviter les aliments salés et savoir se ménager (arrêt précoce de l’activité professionnelle si besoin est).
- Bilan de santé préconceptionnel : Il est conseillé de faire un check-up avant de concevoir, afin d'évaluer la fertilité et de détecter d'éventuels problèmes de santé. Si vous avez plus de 35 ans et essayez de tomber enceinte depuis plus de 6 mois sans succès, parlez-en à votre médecin.
- Techniques de procréation médicalement assistée : Si la conception naturelle est difficile, les techniques de PMA (FIV, don d'ovocytes…) peuvent être envisagées.
- Se ménager : La fatigue est souvent plus importante lors d'une grossesse tardive. Il est important de lever le pied et d'éviter le surmenage.
- Alimentation : Surveiller son poids et éviter les aliments salés.
- Repos : Savoir se ménager et envisager un arrêt précoce de l'activité professionnelle si nécessaire.
- Confiance et sérénité : Il est essentiel de rester confiante et attentive à son corps. La plupart des grossesses tardives se déroulent sans complications avec un suivi médical adapté.
Fertilité et Grossesse Tardive : Ce Qu'il Faut Savoir
Il est vrai qu'avec l'âge, la fertilité diminue. Ainsi, les probabilités de concevoir un bébé lors d'un cycle sont de 1 sur 4 à 20 ans, de 1 sur 8 à 35 ans et seulement de 1 sur 12 après 40 ans. Une femme de 30 ans qui veut un bébé a 75 % de chance de tomber enceinte dans les 12 mois. Ce chiffre est de 44 % au-delà de 40 ans.
Après des années et des décennies de contraception par la pilule, de nombreuses femmes doivent désormais apprendre à connaître leur cycle naturel. La détermination de la fertilité vous permet d’en savoir plus sur votre ovulation. Pour cela, il est préférable de combiner deux signes d’ovulation.
L’hormone antimüllérienne (AMH) fournit des informations sur votre réserve ovarienne. La concentration de l’hormone antimüllérienne est toujours en corrélation avec le nombre d’ovules capables de mûrir. C’est pourquoi l’AMH convient pour le diagnostic de fertilité. Cependant, le nombre de follicules n’est pas le seul facteur qui permet de tomber enceinte après 40 ans. Parfois, le test de l’AMH est utilisé pour vérifier si vos ovaires contiennent encore suffisamment d’ovules pour une insémination artificielle. En plus des résultats du test de l’AMH, d’autres tests sont souvent effectués. Les experts sont unanimes : les femmes qui souhaitent devenir mères à un âge avancé devraient faire vérifier leur fertilité en temps voulu.
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