Le diabète gestationnel, un trouble de la tolérance au sucre caractérisé par une augmentation de la glycémie, est diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse. Cette condition transitoire apparaît généralement au cours du deuxième trimestre et disparaît après l’accouchement. En France, il touche environ 7 % des femmes enceintes. Cet article explore les facteurs de risque, la prise en charge, les recommandations nutritionnelles et l'importance de l'activité physique pour les femmes enceintes en Suisse.
Facteurs de Risque et Diagnostic
Le diabète gestationnel survient lorsque le pancréas ne parvient pas à produire suffisamment d’insuline pour compenser l’insulino-résistance accrue pendant la grossesse. Les femmes développant un diabète gestationnel ont une adaptation du pancréas insuffisante.
Le diagnostic est généralement confirmé après un test de tolérance au glucose, où la glycémie est mesurée avant et après l’ingestion d’une boisson sucrée, souvent autour de la 28e semaine d'aménorrhée.
Prise en Charge : Mesures Hygiéno-Diététiques et Traitement
La prise en charge initiale du diabète gestationnel repose sur des mesures hygiéno-diététiques. Le médecin oriente la patiente vers une diététicienne ou un médecin endocrinologue pour l’aider à adopter une alimentation plus équilibrée et à surveiller sa glycémie. Une activité physique régulière, si le gynécologue l’autorise, est également encouragée.
Si ces mesures ne suffisent pas, des injections d’insuline peuvent être prescrites pour contrôler la glycémie.
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Alimentation Équilibrée
Il n’existe pas de régime spécial diabète gestationnel à proprement parler, mais une alimentation variée et équilibrée est essentielle. L’objectif n’est pas de maigrir, mais d’éviter les hyperglycémies répétées et de limiter la prise de poids pendant la grossesse.
- Répartition des repas : Favoriser les repas en petite quantité et y intégrer des collations (par exemple, 3 repas légers et 2 collations par jour).
- Aliments à faible indice glycémique (IG) : Privilégier les aliments ayant un faible impact sur la glycémie, tels que le pain aux céréales, le quinoa, les flocons d’avoine, les légumes secs (haricots, lentilles, pois) et la plupart des fruits et légumes frais.
- Acides gras insaturés : Ne pas supprimer les acides gras insaturés, mono-insaturés et poly-insaturés (oméga 3, 6 et 9) présents dans l’huile d’olive, l’huile de colza, l’avocat, les petits poissons gras (sardine, maquereau, hareng) et les oléagineux (noix, noisette, amande).
- Vitamines et minéraux : Assurer un apport suffisant en vitamine D (importante pour la croissance du fœtus et la régulation de la glycémie) et en zinc (qui améliore le métabolisme du glucose et la sensibilité à l’insuline, présent dans la viande, les fruits de mer, les graines de sésame, les noix, les céréales complètes et le cacao cru).
- Hydratation : Éviter les boissons sucrées (sodas, jus de fruits, sirops, thé et café sucrés, eaux aromatisées sucrées) et les remplacer par de l’eau (plate, gazeuse ou aromatisée sans sucre ajouté), thé et café sans sucre.
Il est possible de s’octroyer un petit plaisir de temps en temps (gâteaux ou biscuits), mais il vaut mieux les consommer à la fin du repas, après avoir mangé des légumes, pour limiter l’élévation de la glycémie.
Importance des Protéines et des Légumes
Il est essentiel de veiller au bon équilibre des repas pour éviter des fluctuations glycémiques importantes. Les légumes sont parfaits pour réguler la glycémie et ralentir l’absorption du glucose grâce aux fibres qu’ils contiennent, permettant également de se rassasier à moindre calories.
Afin d’être mieux rassasiée, il est conseillé d’apporter à chaque repas un aliment protidique : viande, poisson, œuf, légumineuses. Ces aliments permettent de répondre aux besoins nutritionnels et de lutter contre la fatigue.
Activité Physique Adaptée
Même enceinte, et en l’absence de contre-indications médicales, il est possible de pratiquer une activité physique douce quotidienne. La marche (30 à 40 minutes par jour à son rythme) ou la natation sont d’excellentes options.
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L’activité physique permet de mieux utiliser l’énergie apportée par les repas et d’optimiser la fonction de l’insuline, l’hormone qui régule le taux de sucre dans le sang.
Exemples d’activités physiques adaptées :
- Marche rythmée : Choisir un parcours agréable et sûr, maintenir un rythme soutenu permettant de parler mais pas de chanter.
- Yoga prénatal : Suivre une vidéo de yoga prénatal ou participer à un cours, en se concentrant sur des poses douces qui renforcent le dos, les hanches et les jambes.
- Natation ou aquagym prénatale : Nager à un rythme modéré ou participer à une séance d’aquagym prénatale.
- Exercices de renforcement musculaire : Effectuer des exercices de renforcement musculaire avec des bandes élastiques ou des poids légers (1-2 kg), en se concentrant sur les bras, les jambes et le tronc.
Ce programme d’activité physique est conçu pour être simple à mettre en place et adaptable aux besoins et capacités individuelles.
Surveillance et Ajustement du Traitement
Il est recommandé de vérifier régulièrement la glycémie. Si les objectifs glycémiques ne sont pas atteints malgré les mesures mises en place, il est conseillé de consulter un diététicien-nutritionniste professionnel.
La dose d’insuline, si prescrite, doit être adaptée tout au long de la grossesse, conformément à la prescription médicale.
Impact de la Chirurgie Bariatrique
La chirurgie bariatrique, quelle que soit la technique, entraîne un haut risque de carences en de nombreux micronutriments et vitamines (vitamines B9, B12, A, C, D, fer, sélénium, calcium) à court ET à long terme si la supplémentation est inexistante, insuffisante ou non prise, ainsi qu’un risque d’apport en macronutriments insuffisant (apports protéiques souvent trop faibles).
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De façon significative, il existe une réduction de près de la moitié des pathologies maternelles (diabète gestationnel, HTA gravidique) et de 50 à 70% de la macrosomie. Cependant, on note une hausse significative de la prématurité de l’ordre de 30% et du risque de petit poids pour l’âge gestationnel (PAG) d’un facteur 2.
Supplémentation et Carences
La découverte de carences nécessite une correction en plus du traitement de fond, avec une vérification de la correction du déficit un mois après la modification du traitement. C’est l’occasion pour la patiente de (ré-)initier un suivi nutritionnel et d’améliorer l’observance de ses vitamines, qui doit se poursuivre en post-partum.
Il est important de noter que :
- Le surdosage en vitamine A est possible pour une dose quotidienne supérieure à 10 000 UI avec un risque tératogène : ne pas dépasser cette dose comme 1ère étape de supplémentation d’une carence au 1er trimestre.
- Le surdosage en fer entraîne un risque de petit poids pour l’âge gestationnel.
- La supplémentation excessive en protéine (>1.6 g/kg/j) entraîne un risque de petit poids pour l’âge gestationnel.
Le TP permet d’évaluer la réserve en vitamine K.
Suivi Post-Partum
Le diabète gestationnel disparaît généralement après l’accouchement. Cependant, les femmes ayant eu un diabète gestationnel présentent un risque accru de développer un diabète de type 2 plus tard dans leur vie. Un suivi régulier est donc essentiel.
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