Le diabète gestationnel (DG), défini par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie (excès de sucre) de sévérité variable, est diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse. Il est crucial de le différencier d'un diabète de type 1 ou de type 2 préexistant à la grossesse. Cet article explore en détail les seuils diagnostiques, les facteurs de risque, les conséquences potentielles et les stratégies de prise en charge du diabète gestationnel.

Dépistage et Diagnostic du Diabète Gestationnel

Méthodes de Dépistage

Le dépistage du diabète gestationnel varie selon le terme de la grossesse.

  1. Premier Trimestre : Une glycémie veineuse à jeun est mesurée chez les femmes à risque, c'est-à-dire celles présentant au moins un facteur de risque (âge maternel > 35 ans, IMC > 25 kg/m², antécédents familiaux de diabète au 1er degré, antécédents personnels de DG ou d'enfant macrosome). Si la glycémie à jeun est ≥ 1,26 g/L, cela indique un diabète de type 2 préexistant.

  2. Deuxième Trimestre : Entre 24 et 28 semaines d'aménorrhée (SA), un test HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale) est réalisé. Ce test consiste en une prise de sang à jeun, suivie de l'absorption de 75 g de glucose, avec des prises de sang supplémentaires une et deux heures après. Les recommandations actuelles sont basées sur un dépistage ciblé.

Seuils Diagnostiques

Le diagnostic du diabète gestationnel est posé si une seule des valeurs suivantes est atteinte ou dépassée lors du test HGPO entre 24 et 28 SA :

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  • Glycémie à jeun ≥ 0,92 g/L (5,1 mmol/L)
  • Glycémie à 1 heure ≥ 1,80 g/L (10 mmol/L)
  • Glycémie à 2 heures > 1,53 g/L (8,5 mmol/L)

Il est important de noter qu'une glycosurie élevée (présence de sucre dans les urines) ne suffit pas à elle seule pour diagnostiquer un diabète gestationnel. La recherche de glycosurie reste toutefois obligatoire lors de chaque consultation prénatale.

Facteurs de Risque du Diabète Gestationnel

Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés comme contribuant au développement du diabète gestationnel :

  • Âge Maternel Avancé : Les femmes âgées de 35 ans ou plus lors de leur grossesse présentent un risque accru. En 2021, près de 25 % des femmes enceintes avaient plus de 35 ans, contre 4 % de plus qu'en 2016.
  • Surpoids ou Obésité : Un IMC supérieur à 25 kg/m² augmente le risque de développer un diabète gestationnel. L'IMC est calculé en divisant le poids en kilogrammes par la taille en mètres carrés.
  • Antécédents Familiaux de Diabète : La présence de diabète de type 2 chez les parents, frères ou sœurs augmente le risque.
  • Antécédents de Diabète Gestationnel : Les femmes ayant déjà développé un diabète gestationnel lors d'une grossesse précédente ont un risque plus élevé de le développer à nouveau.
  • Macrosomie Fœtale : Les femmes ayant accouché d'un bébé pesant 4 kg ou plus ont également un risque accru.

Il est essentiel de noter qu'une femme enceinte ne présentant aucun de ces facteurs de risque peut également développer un diabète gestationnel, en raison de dérèglements hormonaux ou d'autres facteurs inévitables.

Symptômes du Diabète Gestationnel

Le diabète gestationnel est souvent asymptomatique, ce qui souligne l'importance du dépistage systématique. Cependant, certaines femmes peuvent présenter des symptômes similaires à ceux d'autres types de diabète, tels que :

  • Soif intense
  • Mictions fréquentes et abondantes
  • Fatigue importante
  • Signes d'hyperglycémies répétées

Risques et Complications du Diabète Gestationnel

Le diabète gestationnel peut entraîner des complications pour la mère et l'enfant, principalement pendant la période périnatale (grossesse et après l'accouchement).

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Risques pour la Mère

  • Pré-éclampsie : Un dysfonctionnement du placenta associant hypertension artérielle, prise de poids, œdèmes et présence de protéines dans les urines.
  • Accouchement par Césarienne : Le diabète gestationnel augmente le risque de nécessité d'une césarienne.
  • Accouchement Prématuré : Le risque d'accouchement prématuré est également accru.
  • Diabète de Type 2 : Les femmes ayant développé un diabète gestationnel ont un risque 7 fois plus élevé de développer un diabète de type 2 plus tard dans leur vie.
  • Maladies Cardiovasculaires : Un risque accru de maladies cardiovasculaires à long terme est également observé.

Risques pour l'Enfant

  • Macrosomie : Le glucose en excès chez la mère est transmis au fœtus, entraînant un poids de naissance supérieur à 4 kg. La macrosomie peut entraîner des complications lors de l'accouchement.
  • Détresse Respiratoire : Le nouveau-né peut présenter une détresse respiratoire.
  • Dystocie des Épaules : L'épaule du fœtus peut se bloquer contre l'os pubien ou le sacrum de la mère, compliquant l'accouchement.
  • Hypoglycémie Néonatale : Le nouveau-né peut souffrir d'hypoglycémie (faible taux de sucre dans le sang) après la naissance.
  • Diabète de Type 2 : Un risque accru de développer un diabète de type 2 plus tard dans la vie est possible.

Prise en Charge et Traitement du Diabète Gestationnel

La prise en charge du diabète gestationnel vise à maintenir une glycémie stable et à minimiser les risques pour la mère et l'enfant. Le traitement repose sur plusieurs piliers :

Autosurveillance Glycémique

Il est recommandé aux femmes enceintes de pratiquer l'autosurveillance glycémique 4 à 6 fois par jour à l'aide d'un lecteur de glycémie. L'objectif est de maintenir la glycémie à des taux acceptables :

  • Inférieur ou égal à 0,95 g/L à jeun
  • Inférieur à 1,20 g/L deux heures après le début du repas

Prise en Charge Diététique

La prise en charge diététique est essentielle pour contrôler la glycémie. Elle comprend :

  • Équilibre Alimentaire : Les besoins nutritionnels sont déterminés en fonction du poids, de la taille et de l'activité physique de la mère.
  • Repas Fractionnés : La répartition des glucides sur plusieurs repas et collations (3 repas principaux et 2 collations) permet de lisser les pics de glycémie.
  • Calcul de la Ration Calorique : La ration calorique est adaptée à chaque femme.
  • Fibres : Privilégier les aliments riches en fibres (légumes, fruits) pour ralentir l'absorption des glucides.

Activité Physique

En # Diabète gestationnel : seuils diagnostiques et prise en charge

Le diabète gestationnel (DG) est un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie (excès de sucre) de sévérité variable, apparaissant ou étant diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse, tel que défini par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Il se distingue d'un diabète de type 1 ou de type 2 préexistant à la grossesse. En France, la prévalence du diabète gestationnel était de 16,4% en 2021.

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Dépistage et diagnostic du diabète gestationnel

Le dépistage du diabète gestationnel est crucial pour la santé de la mère et de l'enfant.

Méthodes de dépistage

Au premier trimestre de la grossesse, le dépistage peut se faire par la mesure d’une glycémie veineuse chez une femme à jeun depuis au moins 8 heures. Cependant, le dépistage principal se fait au deuxième trimestre, entre 24 et 28 semaines d'aménorrhée (SA). Il repose sur l'hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) avec 75 g de glucose. Une prise de sang est réalisée à jeun, puis une et deux heures après l'absorption du sucre.

Seuils diagnostiques

Le diagnostic du diabète gestationnel est posé si au moins une des valeurs de glycémie suivantes est dépassée :

  • Glycémie à jeun ≥ 0,92 g/L (5,1 mmol/L)
  • Glycémie à 1 heure ≥ 1,80 g/L (10 mmol/L)
  • Glycémie à 2 heures > 1,53 g/L (8,5 mmol/L)

Il est important de noter qu'une seule valeur positive suffit pour poser le diagnostic. La notion d’intolérance au sucre n’existe plus : on a soit une glycémie « normale », soit un diabète gestationnel.

Dépistage ciblé

Les recommandations actuelles sont basées sur un dépistage ciblé. En présence d’au moins un des critères suivants, la recherche d’un DT2 méconnu est proposée lors de la 1re consultation prénatale. Ce dépistage sera réalisé par une glycémie à jeun :

  • âge maternel > 35 ans
  • IMC > 25 kg/m2
  • antécédents de diabète chez les apparentés au 1er degré
  • antécédents personnels de DG ou d’enfant macrosome

Causes et facteurs de risque

Comme pour les diabètes de type 1 et 2, le diabète gestationnel est une intolérance aux glucides, c’est-à-dire un trouble de la régulation du glucose (glycémie) entraînant un excès de sucre dans le sang ou hyperglycémie chronique. La grossesse est par nature diabétogène car il existe physiologiquement pendant cette période un état d’insulinorésistance qui va s’aggraver progressivement au cours de la grossesse.

Plusieurs facteurs de risque peuvent favoriser le développement d'un diabète gestationnel :

  • Âge maternel avancé : Les femmes âgées de 35 ans et plus lors de leur grossesse présentent une plus forte incidence.
  • Surpoids ou obésité : Un IMC supérieur à 25 kg/m² augmente le risque.
  • Antécédents familiaux de diabète : La présence de diabète de type 2 chez les apparentés au premier degré (parents, frères, sœurs) constitue un facteur de risque.
  • Antécédents personnels de diabète gestationnel : Les femmes ayant déjà développé un diabète gestationnel lors d'une précédente grossesse ont un risque élevé de récidive.
  • Naissance antérieure d'un bébé macrosome : Avoir donné naissance à un enfant de 4 kilos ou plus augmente le risque.
  • Hydramnios ou biométries fœtales supérieures ou égales au 97e percentile

Symptômes

Le diabète gestationnel est asymptomatique dans la très grande majorité des cas. Cependant, il peut également présenter des symptômes similaires à ceux des autres types de diabète : une soif intense, des mictions (urines) fréquentes et abondantes, une fatigue importante, des signes d’hyperglycémies répétées.

Risques et complications

Le diabète gestationnel, s'il n'est pas correctement géré, peut entraîner des complications pour la mère et l'enfant.

Risques pour la mère

  • Pré-éclampsie : Un dysfonctionnement du placenta associant hypertension artérielle, prise de poids, œdèmes et présence de protéines dans les urines.
  • Accouchement par césarienne : Augmentation du risque de césarienne.
  • Accouchement prématuré.
  • Diabète de type 2 post-partum : Une mère ayant développé un diabète gestationnel a un risque accru de développer un diabète de type 2, même des années plus tard.
  • Maladies cardiovasculaires.

Risques pour l'enfant

  • Macrosomie fœtale : Le glucose en excès chez la mère est transmis au fœtus en surplus, entraînant un poids de naissance supérieur à 4 kg. Cela peut entraîner un accouchement difficile et des complications pour l'enfant.
  • Détresse respiratoire.
  • Dystocie des épaules : L'épaule du fœtus se coince contre l'os pubien ou le sacrum de la mère, bloquant le bébé dans le canal vaginal.
  • Hypoglycémie néonatale.
  • Risque de développer un diabète de type 2 plus tard dans la vie.

Prise en charge et traitement

La prise en charge du diabète gestationnel implique une éducation thérapeutique (modification radicale de l’alimentation pour certaines, qui sont ainsi privées de leur « doudou », régularité des horaires, autosurveillance fréquente) et un suivi régulier.

Autosurveillance glycémique

Il est recommandé pour la femme enceinte de pratiquer l’autosurveillance glycémique, 4 à 6 fois par jour. Le taux de sucre dans le sang (glycémie) se mesure à l’aide d’un lecteur de glycémie qui est un appareil individuel de petite taille, facilement transportable. Vous pouvez mesurer vous-même votre taux de sucre au moyen de cet appareil. Vous devez vous piquer le bout du doigt avec un stylo autopiqueur pour recueillir une goutte de sang que vous allez déposer sur une petite bandelette qui est introduite dans l’appareil. Il existe également des dispositifs de mesure du glucose en continu (CGM), de plus en plus utilisés. Ces capteurs placés sous la peau permettent un suivi en continu du taux de glucose.

L’objectif est de garder une glycémie à un taux acceptable, soit inférieur ou égal à 0.95g/L à jeun et inférieur à 1,20 g/L deux heures après le début du repas.

Mesures hygiéno-diététiques

La première règle est le respect des recommandations hygiéno-diététiques (qui sont d’ailleurs valables pour toute la famille) afin d’obtenir de bons résultats glycémiques : glycémie inférieure ou égale à 0,95 g/L à jeun et inférieure ou égale à 1,20 g/L deux heures après le repas.

Le premier traitement est la prise en charge diététique avec la mise en place d’une alimentation adaptée et le contrôle du poids :

  • Équilibre alimentaire : par rapport à une grossesse habituelle, les besoins nutritionnels, qui sont déterminés en fonction du poids, de la taille et de l’activité physique de la maman, ne nécessitent pas de modifications. Les objectifs de prise de poids sont également contrôlés dans les mêmes conditions qu’une grossesse classique.
  • Repas fractionnés : répartition de la prise des glucides au cours de la journée (3 repas, 2 collations).
  • Calcul de la ration calorique adaptée à chaque femme.
  • Privilégier les fibres qui ralentissent l’absorption des glucides et donc le pic d’hyperglycémie post-prandiale en mangeant suffisamment de légumes et de fruits.

En premier lieu, le médecin orientera la patiente vers une diététicienne qui l'aidera à manger plus équilibré.

Activité physique

En dehors de contre-indications médicales, l’activité physique régulière et adaptée au profil de la femme enceinte est recommandée dans le cas d’un diabète gestationnel ou d’une grossesse avec un diabète.

Traitement par insuline

L'insuline est réservée aux femmes pour qui les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas pour atteindre l’équilibre glycémique. Les antidiabétiques oraux sont contre-indiqués pour la femme enceinte. Des injections d’insuline rapide de type “analogues rapides” peuvent être prescrites, de même que des insulines lentes, si nécessaire. Une éducation nutritionnelle thérapeutiques peut être proposée. L’insuline s’administre par injections sous-cutanées, réalisées par vous-même après que l’on vous a montré comment faire.

Si malgré un bon suivi de ces règles hygiéno-diététiques, les glycémies restent au-dessus des objectifs, l’indication de l’insuline peut être posée par le médecin.

Suivi post-partum

Dans la majorité des cas, le diabète disparaîtra après l’accouchement sauf si vous étiez diabétique avant la grossesse sans le savoir. Dans ce cas, le diabète persistera après l’accouchement. Certaines patientes avec un diabète gestationnel sont en fait diabétiques et ne le savaient pas. Lorsque les glycémies sont élevées sur le test de dépistage (>1,26 g/L à jeun), ou lors de la surveillance malgré un régime bien conduit, le médecin peut suspecter un diabète préexistant. Il pourra demander dans ce cas un dosage de l’hémoglobine glyquée (Hba1c, qui correspond à la moyenne de vos glycémies sur les 3 derniers mois).

La mise en place à la sortie de la maternité, ou lors d’une consultation post natale, du suivi glycémique en collaboration avec le médecin traitant est donc un outil indispensable. L’adhésion des femmes a ce suivi ne peut être obtenue que si elles sont informées et sensibilisées. Permettant un dépistage précoce et une prise en charge adéquate précoce du diabète, ce suivi devrait permettre de réduire significativement le retentissement du diabète de type 2.

Prévention

La grande majorité des diabètes gestationnels ne vont pas se compliquer car ils vont très bien répondre à l’association de modifications nutritionnelles et d’une activité physique adaptée.

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