La dépression du nourrisson, bien que rare, est une réalité complexe qui mérite une attention particulière. La reconnaissance de symptômes dépressifs chez l’enfant est souvent contre-intuitive pour l’entourage familial ainsi que les professionnels de santé non spécialisés. Cet article vise à explorer en profondeur les causes, les symptômes, les critères diagnostiques et les approches thérapeutiques de cette condition délicate.
Introduction
Même si cela reste rare, la dépression peut également toucher les nourrissons. C’est comme s’il naissait sans avoir un élan vital et sans avoir envie de découvrir le monde. La dépression du nourrisson se traduit principalement par un bébé qui ne répond plus aux stimulations et se met en retrait. A contrario d’un enfant plus âgé ou d’un adolescent, un bébé ne peut pas mettre de mots sur son mal-être. A l’instar de l’adulte, certains enfants peuvent connaître des mouvements dépressifs en fonction des aléas de la vie. « En revanche, la dépression caractérisée du nourrisson est une maladie durable, mais rare.
Diagnostic
Critères Diagnostiques
Près de sept examens de suivi sont prévus entre les trois et dix-huit mois d’un bébé. Le pédiatre ou le médecin généraliste va notamment surveiller son développement psychomoteur. Ce praticien peut s’inquiéter lorsque le nourrisson ne réagit pas aux examens médicaux. « En consultation, un enfant est généralement curieux. Il va s’intéresser aux instruments, soutenir notre regard, nous sourire. On va se poser des questions lorsque l’on constate qu’il est complètement absent plusieurs fois d’affilée. Pour poser le diagnostic de la dépression du nourrisson, on va vérifier s’il a bien les acquis psychomoteurs en fonction de son âge et interroger les parents sur son comportement », précise la Docteure Catherine Salinier. Avant d’ajouter : « C’est le travail des pédiatres de faire la distinction entre un retard psychomoteur d’origine organique ou lié à la dépression du nourrisson. Par exemple, un enfant qui ne babille pas ou ne tient pas assis à neuf mois peut être corrélé à ce trouble psychique.
Présentation Clinique
Plusieurs signes peuvent toutefois alerter les adultes qui s’occupent de lui sur la mauvaise période qu’il traverse. un retard des acqusitions motrices. L'enfant est très sensible aux séparations. Entre 2 ans et 6 ans, l'enfant a déjà la parole et exprime ses affects, qui se trouveront plus variées.
Évolution
En l’absence de prise en charge, la dépression du nourrisson peut persister chez l’enfant plus âgé. Cette maladie psychique peut causer des troubles psychomoteurs et de l’apprentissage, masquée par des troubles du comportement. Au cours du développement, on assista à une évolution déficitaire (à 17 mois, qi de 70). On peut parler de comorbidité : la dépression est signée par les symptômes d’économie, par défaut d’investissement et de tonus affectif. Mais il semble que le retrait n’a pas suffi et que d’autres défenses ont dû être mises en place : le faux-self qui protège contre l’expression de désespoir et qui sert de pseudo-interaction avec la mère, et pire encore, l’abrasion de la pensée avec évolution déficitaire. La sévérité du tableau pathologique est corrélée à une grande continuité : Sara est aussi atone et en retrait à 13 ans qu’elle l’était à 9 mois.
Lire aussi: Causes et symptômes de la dépression paternelle après l'accouchement
Facteurs Étiologiques
Facteurs de Risque
Plusieurs causes peuvent être à l’origine de la dépression du nourrisson. Le principal facteur de cette maladie est le manque d’interaction avec la figure d’attachement. L’adulte en charge du bébé peut répondre à ses besoins vitaux (changer ses couches, l’habiller, le nourrir…) sans pourtant créer de lien affectif avec lui. En effet, cette personne peut parfois rencontrer des problèmes de santé, financiers ou familiaux. Un enfant a besoin d’avoir une figure d’attachement active dans la relation. L’absence de communication ainsi que le manque d’affect ont un impact néfaste sur le développement d’un enfant. L’environnement joue également un rôle dans l’apparition de la dépression du nourrisson. Un bébé se met en retrait lorsqu’il ressent que le milieu dans lequel il vit est hostile, voire agressif. Le placement en foyer, la précarité, la violence intrafamiliale et la maltraitance peuvent être les déclencheurs d’une dépression du nourrisson. La carence affective chez le nourrisson peut apparaître dans plusieurs cas : absence de la mère, séparations répétées du nourrisson de sa mère de façon prolongée ou effectuées en urgence, sans préparation, relation difficile entre la mère et l’enfant, notamment dans les cas de dépression post-partum de la mère ou de conflits familiaux. 10 % de mères font une dépression du postpartum, et si cette dépression tend à durer, des répercussions seront visibles chez le bébé.
Troubles Associés
Un autre facteur rend le diagnostic difficile chez le bébé : c’est la tendance particulièrement marquée à la construction de comorbidités qui sont de mise chez le jeune enfant. Le tableau de dépression est ainsi mitigé parce que des défenses secondaires s’installent pour protéger contre les représentations de perte.
Approches Thérapeutiques
Dans un premier temps, il faut supprimer les facteurs qui peuvent entraîner la dépression du nourrisson. Pour ce faire, des travailleurs sociaux peuvent intervenir pour évaluer la manière dont vit la famille ou le couple. L’objectif est de trouver des solutions pour que chaque membre de la famille soit actif dans la relation avec le bébé. Dans les hôpitaux, il existe aussi des unités mère/bébé qui permettent de renforcer le lien entre la maman et son enfant. Pour bénéficier de cette prise en charge, les parents peuvent en faire la demande auprès du médecin traitant, d’un psychiatre ou d’un psychologue. La prise en charge doit être pluridisciplinaire et se fera en fonction de la gravité et du contexte de survenue de la dépression. Il est nécessaire de recréer le lien maternel avec l’enfant et la relation mère-enfant devra faire l’objet d’une attention particulière. Un diagnostic et une prise en charge précoces de la dépression post-partum sont nécessaires afin de prévenir les risques de dépression anaclitique. De plus, l’accompagnement et le suivi des enfants, par des professionnels de santé, est indispensable, et ce, notamment dans les cas de divorce. Si une séparation entre la mère et l’enfant est nécessaire, dans le cas d’une hospitalisation de la mère ou de l’enfant par exemple, il est primordial que cette séparation soit préparée et qu’elle soit la plus brève possible. Des thérapies mère-bébé sont particulièrement efficaces dans ces cas, où - bien souvent - la mère évite le bébé par peur de ressentir sa haine déclenchée par les exigences du bébé comme empiètement sur son équilibre narcissique. l’étude longitudinale de Knauer et Palacio Espasa5, qui suit une cohorte de très jeunes enfants pathologiques jusqu’à la période adulte, démontre que les pires pronostics peuvent être déjoués si des mesures thérapeutiques, du genre hôpital de jour, avec des thérapies des parents et de l’enfant sont instaurées. En matière de prévention, il faut aider les parents à éviter les ruptures. La thérapeutique concernera l'enfant et l'environnement.
Psychothérapie
Dans les années 40, René Spitz [1] et Anna Freud [2] décrivent les réactions de retrait chez des nourrissons placés en institution, séparés de leurs principaux donneurs de soin. Dans les années qui suivent, Mélanie Klein [3], psychothérapeute pour enfants à la Tavistok Clinic de Londres, s’est intéressée aux affects dépressifs du nourrisson comme processus psychopathologique normal (position dépressive) venant témoigner de l’émergence de mécanismes de défense plus élaborés.
Lire aussi: Symptômes et causes de la dépression chez les enseignants
Lire aussi: Vos droits en cas d'arrêt maladie après une fausse couche
tags: #depression #du #nourrisson #spitz #causes #symptomes
