Sainte-Savine, aujourd'hui chef-lieu de canton, s'est développée à proximité de Troyes, tout en forgeant sa propre identité. Son histoire est marquée par des événements clés, un essor économique notable, et une vie culturelle dynamique.
Les origines de Sainte-Savine : entre légende et foi
L'histoire de Sainte-Savine est intimement liée à la légende de Savinien et de sa sœur, Savine. Selon le récit, Savinien, un jeune Grec originaire de Samos, arriva dans les Gaules et s'établit à Foi-Cy en 271 pour y mener son apostolat. Sa sœur, Savine, inconsolable de l'absence de son frère, entreprit de le rejoindre. Cependant, en apprenant la mort de Savinien à un mille de Troyes, elle succomba au chagrin et mourut.
Au VIIe siècle, Ragnégisile, évêque de Troyes, profondément dévoué à Savine, fit édifier un oratoire à l'endroit de sa mort. C'est autour de cet oratoire que se développa le village de Sainte-Savine, à l'emplacement de l'église actuelle.
Sainte-Savine à travers les siècles : épreuves et transformations
Au fil des siècles, Sainte-Savine a connu des périodes difficiles, notamment pendant les guerres de religion. Les récoltes furent ravagées, les maisons incendiées et les habitants rançonnés par des pillards. Malgré ces épreuves, la communauté a su se reconstruire et poursuivre son développement.
Avant la Révolution, la paroisse était sous l'autorité de l'abbaye de Montier-La-Celle. Les habitants, principalement laboureurs, manouvriers ou vignerons, formaient une population de 372 personnes, disposant d'une école. Le 17 mars 1789, les habitants âgés de 25 ans et inscrits au rôle des contributions participèrent à l'élection des députés à l'assemblée préliminaire du Tiers Etat pour le bailliage de Troyes. Ils désignèrent Jean MOSLE et Basile PAYN pour les représenter, qui devinrent respectivement Maire et Procureur de la Commune après la Révolution, le 19 janvier 1790.
Lire aussi: Tout savoir sur la micro-crèche de Souppes-sur-Loing
L'essor de la bonneterie et l'ère industrielle
Le XIXe siècle marque un tournant dans l'histoire de Sainte-Savine, avec l'essor de la bonneterie. Cette activité industrielle entraîna la création d'entreprises qui contribuèrent à la prospérité de la commune. Avant l'expansion des zones péri-urbaines dans les années 1960, Sainte-Savine était la deuxième ville du département.
Sainte-Savine aujourd'hui : dynamisme et qualité de vie
Aujourd'hui, Sainte-Savine compte 10 515 habitants (au 1er janvier 2021), sur une superficie de 759 hectares. Pour desservir toutes les habitations, environ 59 000 mètres de voirie sont nécessaires.
De par sa situation géographique, Sainte-Savine a toujours été le faubourg naturel de Troyes. L'agriculture et la vigne ont longtemps occupé le territoire de la commune. Aujourd'hui, toute la partie ouest de la ville a été sélectionnée par le Grand Troyes pour devenir la vitrine économique de l'agglomération via le « Parc du Grand Troyes ».
La commune dispose d'un territoire communal diversifié qui regroupe à la fois zone d'habitation, zone mixant artisanat et habitats, terres agricoles, bois mais aussi autres atouts très important : l’accessibilité et la bonne desserte de la commune. L’ensemble du cœur du village a fait l’objet de travaux d’envergure en 2015 et 2016, afin de sécuriser et d’améliorer l’accès, tant aux écoles qu’aux commerces. Dans le domaine scolaire, une réelle volonté de moderniser en permanence le service rendu aux plus jeunes a permis la mise en place de tableaux blancs interactifs tant en école maternelle, qu’en école élémentaire.
Près de 80 associations proposent une offre variée aux habitants. Sainte-Savine est connue et reconnue au-delà du département pour la richesse de sa programmation culturelle et notamment pour ses deux festivals annuels : Les Arts de la Rue et pour le jeune public Cours z’y Vite.
Lire aussi: Regard approfondi : Crèche des Sablons
Autres communes de l'Aube : aperçu
L'Aube est un département riche en histoire et en diversité. Voici un aperçu de quelques autres communes :
- Villy-le-Maréchal : Ce village, situé à une quinzaine de kilomètres de Troyes, est blotti au pied de son église du XVIe siècle. Les premières mentions de Villy remontent à 1189.
- Villemereuil : Cette commune accueille chaque année de nouveaux habitants.
- Villeloup : Située à environ 20 km au Nord-Est de Troyes, Villeloup se distingue par son importante surface boisée. On peut y découvrir une église du XVIe siècle, appelée église de la Nativité, qui renferme des trésors comme un tabernacle en bois sculpté de 1546 et une statue de Sainte Barbe datant de 1520-1530.
- Villechétif : Commune rurale située à seulement 4 km du centre ville de Troyes. La zone d’activité économique des Mercières accueille des enseignes renommées.
- Villacerf : Le village est situé à environ 15 km au Nord-Est de Troyes. Une école maternelle, une cantine et une garderie accueillent les enfants.
- Verrières : Village étiré, dont l’élégante église se dresse au bord de la Seine.
- Vauchassis : Le calme de la campagne et son implantation au confins de vallées surplombées de forêts et de vergers font de Vauchassis une commune agréable et très attrayante.
- Vailly : Située à 10 km au Nord-Est de Troyes, l’activité y est essentiellement agricole.
- Torvilliers : La commune a connu ces 6 dernières années une profonde mutation. Depuis 2008, la construction d’une école primaire permet aux enfants d’être accueillis dans des locaux modernes et confortables.
- Subligny : Attenante à Bouilly, la commune se trouve au pied de Montaigu, ancien territoire des comtes de Champagne.
- Sommeval : Commune située à une vingtaine de kilomètres de Troyes, traversée par le GR2.
- Saint-Thibault : A dix kilomètres au sud de Troyes, à proximité de la Seine, se trouve Saint-Thibault.
- Saint-Pouange : Le chœur et l’abside de l’église datent du XVIe siècle.
- Saint-Parres-aux-Tertres : Limitrophe de Troyes, la découverte de sarcophages gallo romains prouve une occupation ancienne du site.
- Saint-Lyé : Situé sur une voie romaine et aux abords de la Seine, le village aura un rôle capital. Les rois de France y font bâtir un château fort.
- Saint-Léger-près-Troyes : Situé aux portes de Troyes, le village est constitué de terres agricoles et de bois.
- Saint-Julien-les-Villas : Saint-Julien a connu ses plus belles heures de gloire pendant le Siècle des lumières.
Troyes : au cœur de la communauté d'agglomération
Troyes est une ville accueillante, attrayante à taille humaine, située au centre de la communauté d’agglomération Troyes Champagne Métropole. Elle offre un cadre de vie dynamique et d’une qualité exceptionnelle ainsi que de réelles perspectives de développement économique. La situation géographique de Troyes n’est pas étrangère à l’attractivité qu’elle exerce sur les visiteurs français et étrangers.
Vestiges du passé : les tombeaux des comtes de Champagne
L'histoire de la région de Troyes est également marquée par la présence des comtes de Champagne. Henri Ier le Libéral (1152-1181) et son fils Thibaud III (1197-1201) furent des figures importantes. Leurs tombeaux, autrefois situés dans la collégiale Saint-Etienne de Troyes, ont connu un destin mouvementé.
Les corps d’Henri Ier et Thibaud III furent exhumés à la Révolution et analysés. Le conseil général souhaitait conserver les tombeaux afin de les exposer dans un musée. Déplacés à la cathédrale, ils furent finalement détruits par Rondot, l’orfèvre en charge de la protection du musée, le 23 janvier 1794. Depuis, leurs corps reposent dans la crypte de la cathédrale, ainsi qu’en témoignent deux dalles de marbre noir situées dans la chapelle d’axe.
Thibaud IV et son fils Henri III, rois de Navarre, sont inhumés dans la cathédrale de Pampelune. Leurs tombeaux sont détruits dès 1276 par l’armée du roi de France Philippe III pendant la guerre contre les rois de Castille, qui convoitaient le trône de Navarre.
Lire aussi: Livre d'activités : l'outil idéal pour les crèches
Thibaut V est mort à Trapani, en Sicile, au retour de la huitième croisade. Ses entrailles sont enterrées dans l’église San Domenico de Trapani tandis que son corps embaumé est porté aux Cordelières du Mont-Sainte-Catherine-lès-Provins et son cœur confié aux Jacobins de Provins.
En 2026, le Conseil départemental de l’Aube consacre son année culturelle à l’histoire du comté de Champagne autour d’une exposition-phare Passavant le meilleur ! La Champagne au temps des comtes qui réunira près de 300 œuvres à l’Hôtel-Dieu-le-Comte (5 mai - 31 octobre 2026). Y seront notamment présentés le dossier documentaire des tombeaux de Saint-Etienne de Troyes, ainsi que le gisant de Blanche de Navarre et le moulage du monument du cœur de Thibaud V.
Solliès-Ville : un exemple de découpage communal
Les communes actuelles de Solliès-Ville, Solliès-Pont, Solliès-Toucas et la Farlède (autrefois Solliès-Farlède) ne formaient qu’un seul et même village. Suite à la demande de la population en 1792, la convention décida le découpage en quatre communes. Au XVIéme siècle, Solliès-Ville, la ville mère, voit peu à peu descendre la population dans la vallée et se concentrer autour du Gapeau offrant énergie et fertilité.
Personnalités liées à la région
Plusieurs personnalités ont marqué l'histoire de la région de Troyes :
- Saint Loup : Évêque de Troyes au Ve siècle, il est connu pour avoir chassé Attila qui ravageait les Gaules.
- André Filippi : Né à Toul en 1902, cet artiste a créé une petite entreprise de santons à Solliès-Ville.
- Léon Vérane : Né à Toulon en 1886 et mort à Solliès-Pont en 1954, ce poète a fondé les éditions et la revue de poésie « Les Facettes ».
- Jean Aicard : Comédien de la Comédie Française, il interpréta le rôle du Bon Roi René dans la pièce de théâtre « Forbin de Solliès ou le Testament du Roi René ».
- F. Paul Maurel : Instituteur et historien (1883-1975).
tags: #crèche #reine #blanche #troyes #histoire
