Le sommeil du nourrisson est un sujet vaste et souvent débattu, essentiel pour le développement et le bien-être de l'enfant. Cet article vise à explorer les durées de sommeil recommandées, à analyser les études existantes et à offrir des conseils pratiques pour aider les parents à mieux comprendre et accompagner le sommeil de leur bébé.

Introduction

Le sommeil joue un rôle crucial dans la croissance et le bien-être des enfants. Indispensable au développement cérébral, il permet à l’enfant de mieux apprendre, de renforcer sa mémoire et de réguler ses émotions. Chaque âge nécessite un temps de sommeil différent chez l’enfant : un nourrisson n’aura en effet pas les mêmes besoins qu’un enfant de 6 ans. Comprendre les spécificités du sommeil du nourrisson permet de mieux vivre les nuits perturbées des premiers mois et d'accueillir avec bienveillance les éveils nocturnes.

Recommandations Générales sur la Durée du Sommeil

Les durées recommandées de sommeil par 24 heures dépendent avant tout de l’âge de l’enfant. Les recommandations relayées par les institutions et médias aujourd’hui en France sont issues de la National Sleep Foundation. Les résultats de cette étude permettent de distinguer une fourchette de temps de sommeil optimale par âge, entourée au-dessus et en-dessous de tranches de temps de sommeil acceptables. Au cours de ces dernières décennies, le temps de sommeil moyen des enfants a diminué du fait d’un coucher plus tardif le soir, souvent lié à des contraintes d’organisation familiale lorsque les deux parents travaillent, mais également aux nouvelles activités de la soirée.

Temps de Sommeil Recommandés par Âge

  • Nouveau-né (0-2 mois) : Un nourrisson (votre enfant à la naissance) dort en moyenne 16h. Lorsqu’il naît, le nourrisson dort généralement 20h par jour, par tranche de 3 à 4 heures. Dans les 2 premiers mois, la moitié du sommeil du bébé est agité.
  • 2-12 mois : À partir de 4 mois, son sommeil commence doucement à se réguler. Il dort plus longtemps la nuit et peut s’endormir seul. A 4 mois, le bébé a généralement besoin de 3 siestes par jour, puis de 2 siestes entre 6 et 12 mois.
  • 1-3 ans : Entre 1 et 2 ans, l’enfant dort généralement entre 11 et 14h dans la journée. La sieste reste essentielle pour compenser la fatigue accumulée et assurer un bon développement psychomoteur. A 3 ans, le temps de sommeil de l’enfant baisse légèrement pour se situer entre 10 et 13h par jour. Les siestes sont plus courtes et commencent progressivement à disparaître entre 3 et 5 ans.
  • 3-6 ans : A cet âge, les troubles du sommeil sont assez fréquents car les transitions entre les différents stades de sommeil ne sont pas encore fluides. Votre enfant peut refuser d’aller dormir car il a peur du noir ou n’est pas bien dans sa chambre.
  • 6-12 ans : A partir de 6 ans, le temps de sommeil de l’enfant diminue encore pour se situer entre 9 et 11 heures. Le longueur des nuits et réduite et le temps d’endormissement se rallonge.

Signes d'un Sommeil Suffisant

Un enfant qui dort suffisamment se réveille naturellement et en pleine forme le matin, sans difficulté majeure pour sortir du lit. Il est attentif durant la journée, sa concentration est bonne et il est dynamique.

Signes d'un Manque de Sommeil

À l’inverse, s’il manque de sommeil, il peut montrer des signes de fatigue, d’irritabilité et de troubles de l’attention.

Lire aussi: Solutions pour la chute de cheveux après l'accouchement

Analyse Critique des Études sur le Sommeil du Nourrisson

Les résultats de cette étude ont permis d’actualiser les recommandations antérieures. Pour autant, il convient de se poser la question de la pertinence de cette actualisation : reflète-t-elle fidèlement les besoins des enfants et la réalité de ce qui peut exister au sein des familles ?

Limites des Études Existantes

En 2022 sont encore reprises les données issues de cette étude qui a travaillé sur 10 ans de recherches entre 2004 et 2014. Or, sur ces 8 dernières années, les études sur le cerveau et le sommeil ont explosé. Afin d’élaborer les recommandations sur la durée du sommeil, le groupe d’experts a évalué la pertinence de chaque durée de sommeil possible (c’est-à-dire de 0 à 24 heures). Leurs options de réponses étaient : approprié, inapproprié ou incertain. Tout le déroulé de l’étude, la collecte et la notation nous indiquent que les résultats obtenus reflètent les temps de sommeil dormis par les populations concernées lors des études, sur une période donnée.

Variabilité Individuelle et Contexte Familial

Attention, les particularités individuelles de l’enfant sont à prendre en compte pour fixer des horaires ou des objectifs de sommeil : est-il court ou long dormeur ? Il est indiqué que les recommandations rapportées reflètent les lignes directrices pour des enfants et adultes en bonne santé et ne souffrant pas de troubles de sommeil. Or, c’est justement ce que nous cherchons à déterminer ! De très nombreux enfants et adultes ignorent être en manque de sommeil. Surtout chez les tout-petits, le manque de sommeil peut se traduire par des réactions et symptômes différents, et ce manque ne peut être verbalisé.

Biais Méthodologiques

Il faut aussi noter que -et ceci est rappelé en conclusion par l’étude elle-même- la littérature basée sur des cohortes de population ne font souvent pas la distinction entre le temps passé au lit et le temps de sommeil effectif. Ce qui pourtant a un impact important sur les données recherchées ! Cela biaise significativement les résultats. Idem pour les études présentant des résultats ou des analyses statistiques de temps de sommeil basés sur des questionnaires envoyés aux personnes sondées. C’est à l’appréciation directe de la personne, selon sa mémoire du moment, sa compréhension des questions et sa rigueur de réponses.

Facteurs Influençant le Sommeil du Nourrisson

Plusieurs facteurs peuvent influencer le sommeil du nourrisson, allant de son rythme biologique à son environnement.

Lire aussi: Tendances de l'allaitement

Rythme Ultradien vs. Circadien

Bébé ne vit pas sur le même rythme que nous : il est sur un rythme ultradien et non circadien (qui est de 24H avec alternance jour/nuit). Il n'est pas calé sur les rythmes de la société mais sur le sien. Il y a peu il était dans sa bulle, bien au chaud. Les impératifs de réveil dans la semaine, le poulet de 12h le dimanche chez Mamie Henriette,.. Et cela indifféremment le jour et la nuit.

Développement de l'Horloge Biologique

Dans le ventre de sa mère, le fœtus se développe avec des cycles de veille et de sommeil qu’il gardera quelque temps après sa naissance. Ces cycles vont fortement évoluer au cours des premiers mois avec la maturation de l’horloge biologique située dans le cerveau. Connaitre l’organisation du sommeil en fonction de l’âge permet de suivre cette évolution. Maturation et organisation du sommeil : L’organisation du sommeil d’un bébé s’installe progressivement et la patience est de mise pour surmonter les difficultés jusqu’à la mise en place du rythme jour/nuit de 24 heures. C’est vers l’âge de 3 ans que le sommeil du jeune enfant se rapproche de celui de l’adulte. Mais, pour en arriver à ce stade, le cerveau doit prendre le temps de maturer. Le rythme repos/activité de la maman au cours de la grossesse et l’alternance lumière/obscurité après la naissance, sont des « donneurs de temps » importants pour synchroniser l’horloge biologique sur les rythmes circadiens.

Phases de Sommeil

Tout comme les adultes, le sommeil de l’enfant est divisé en cycles, chaque nuit comprenant entre 4 à 6 cycles. Chaque cycle est composé de phases calmes, dit « sommeil lent » plus ou moins profond, et de phases où l’activité cérébrale est intense, le « sommeil paradoxal ». Un cycle de sommeil dure en moyenne 50 à 60 minutes pour un nourrisson.

Facteurs Environnementaux

Un environnement calme et sécurisant favorise l’endormissement. Il est préférable d’instaurer une routine du soir, comme une histoire ou une musique douce, tout en évitant les écrans au moins une heure avant le coucher. En termes d’alimentation, limitez la consommation d’aliments lourds le soir et privilégiez des repas légers et équilibrés.

Importance de la Routine

Il est donc primordial que de bonnes habitudes soient prises dès le plus jeune âge, puisque la structuration du rythme veille/sommeil se met en place avant 3 ans. Préserver la qualité et le plaisir du sommeil, respecter le caractère génétique propre à chaque enfant, c’est aider son tout-petit à grandir à travers cette fonction vitale qu’est le sommeil.

Lire aussi: Durée des saignements après IVG : Ce qui est normal

Environnement du Sommeil

La chambre et le lit : Dans nos cultures occidentales, le jeune enfant vit les premiers mois de sa vie le plus souvent dans un berceau ou un lit. Favoriser un environnement calme et sécurisé est donc essentiel pour lui donner les fondements d’un bon sommeil. Dans une chambre à une température entre 18 et 20°, quotidiennement aérée, le berceau ou le lit du bébé sera plutôt de petite taille afin qu’il en sente les limites, cela le rassure. Le matelas sera ferme et bien adapté au lit pour que l’enfant ne s’y retrouve pas piégé. Sans drap, ni couverture, ni couette, ni oreiller, le bébé dort de préférence dans une gigoteuse (douillette ou turbulette) ou un pyjama. Le lit reste peu encombré c’est-à-dire pas de jouets ni peluches et même le doudou sera sorti du lit au cours des premiers mois. L’obscurité est optimisée pour la nuit. Le calme et le silence prédominent (chuchotements). Toute stimulation est évitée pour favoriser la mise en place des rythmes circadiens. La journée, par contre, la pièce où vit le bébé éveillé doit être bien éclairée. Il est souhaitable d’exposer le jeune enfant à la lumière du jour lors de promenades quotidiennes. Les moments d’éveil sont à mettre à profit pour câliner et communiquer avec son petit.

Co-dodo

Pour éviter la séparation mère-bébé, le co-dodo (co-sommeil) est de plus en plus choisi. Installer le berceau dans la chambre parentale pendant les 2 à 3 premiers mois, apaise les parents et favorise le lien d’attachement. La période d’allaitement en cours de nuit s’en trouve aussi facilitée. Le bébé se sent sécurisé lors des réveils nocturnes par la présence constante de l’adulte. Le sommeil est d’autant plus aisé qu’il peut se synchroniser sur la respiration de sa mère. Il est souvent recommandé d’installer progressivement bébé dans sa propre chambre dès qu’il commence à faire ses nuits, c’est-à-dire quand l’enfant parvient à dormir autour de 6 heures en continu. Les siestes peuvent représenter une transition en douceur pour l’habituer à ce changement. Le co-sommeil contribuerait à rendre les enfants plus confiants car plus sécurisés dès leur petite enfance et favoriserait également leur autonomie et leur socialisation. De plus, il représente un facteur protecteur de la mort subite du nourrisson puisque ce sommeil partagé permet aussi sa surveillance au cours de la nuit. Par contre, dormir avec un nourrisson de moins de 6 mois dans son lit est dangereux. Cela augmente le risque de mort subite. Etouffement, poids de la couette, mauvaise régulation de la température, représentent un risque accru de mort subite inexpliquée du nourrisson. Le risque de suffocation est particulièrement important si le parent a consommé de l’alcool ou des somnifères, ou s’il est en privation de sommeil. Plusieurs pédiatres recommandent même d’attendre l’âge minimum d’un an avant de laisser le petit enfant dormir dans le lit des parents.

Babyphone et Veilleuse

Le “babyphone” est placé dans la chambre par des parents inquiets ou anxieux qui souhaitent entendre la respiration de leur nourrisson. Ces appareils d’écoute émettent des ondes, potentiellement nocives. Il est donc recommandé d’éloigner l’appareil du lit du bébé et de choisir un système avec un mode de déclenchement automatique à la voix ou système VOX qui n’émet pas d’ondes en continu, et d’éteindre la base du babyphone si le récepteur est éteint. Avant 2 ans, la peur du noir n’existe pas encore chez le nourrisson. C’est vers 2 à 3 ans que certains enfants ressentent une crainte de l’obscurité. La découverte et la prise de conscience de tout un monde parfois inquiétant, peut provoquer quelques appréhensions et angoisses. Certaines histoires, des images aperçues à la télévision, impactent aussi parfois l’imaginaire du petit en pleine évolution physique, psychologique et émotionnelle. Une attitude compréhensive et bienveillante de la part des adultes aidera à surmonter ces peurs qui s’apaisent plus qu’elles ne se raisonnent. Toutefois, une veilleuse dans la chambre et/ou une porte laissée entrouverte permettra également de calmer ces frayeurs.

Conseils Pratiques pour Favoriser un Bon Sommeil

Voici quelques conseils pratiques pour favoriser un bon sommeil chez le nourrisson :

L'Endormissement et la Sécurité avant 1 an

Sauf cas particuliers comme pour les prématurés ou les bébés très faibles, il est préférable d’éviter de réveiller un nourrisson pour le nourrir. Le mieux est de le laisser manger à la demande. A partir de 5 kg, soit autour de 8 semaines, les réserves énergétiques sont constituées. De fait, vers 4-6 mois, l’alimentation nocturne n’est plus indispensable et peut être progressivement arrêtée. La sensation de sommeil est souvent liée à celle de satiété ressentie par le nourrisson après l’allaitement au sein ou au biberon. La tétée a, en elle-même, un effet relaxant sur le bébé qui assouvit alors son besoin de succion et de contacts rassurants à travers regards, gestes tendres et paroles. A noter que le lait maternel contient du L-tryptophane, un acide aminé qui facilite l’endormissement. Les médecins du sommeil conseillent souvent de coucher l’enfant avant qu’il ne se rendorme. En effet, le bambin se sentira davantage en sécurité s’il retrouve le même environnement au réveil que lors de l’endormissement. Il est donc préférable de le reposer dans son lit encore éveillé pour faciliter ses prochains retours dans les bras de Morphée. Une fois au lit, si des pleurs persistent et dans la mesure où l’attention et les soins apportés permettent de dire qu’il n’y a pas de problème particulier, il est conseillé d’éviter de le reprendre dans les bras, ceci pour lui apprendre à s’endormir seul en toute confiance. Par contre, la présence de l’adulte à ses côtés, éventuellement une main posée sur lui, quelques mots apaisants, sera réconfortante et suffira bien souvent à le rassurer pour mieux retrouver le sommeil salutaire. Après 6 mois il est également préférable de nourrir le bébé en dehors de sa chambre afin de dissocier sommeil et alimentation.

Comment Coucher le Bébé

Le bébé est couché sur le dos et uniquement sur le dos (sauf indication médicale précise), éventuellement un peu relevé en cas d’encombrement nasal, de régurgitations ou de reflux gastro-œsophagiens (toujours sur avis médical).

Etablir une Routine du Coucher

Renforcer les signaux de sommeil avec un rituel du coucher : court (15 minutes) ce qui renforce le coté sécurisant (en éternisant le rituel du coucher, on fait passer le message qu’on ne veut pas le laisser seul, ce qui n’est pas rassurant !). Lecture, câlins, histoire… Puis coucher le bébé, calme mais encore éveillé, dans son lit et sortir de la chambre avec une phrase rassurante. Plus d’informations sur le rituel du coucher.

Gérer les Éveils Nocturnes

Les éveils nocturnes sont normaux : laisser le bébé trouver seul son sommeil (si ce n’est pas le cas voir plus bas). L’alimentation la nuit : en principe, plus besoin de tétés nocturnes à partir de 6 mois. Passer le relais ! Garder le rituel de coucher, identique en semaine et en WE ou vacances. Pas de biberon pour s’endormir.

Traiter les Troubles du Sommeil

Fréquentes, elles concernent 25 à 50% des nourrissons. La pratique du co-sleeping (dormir avec votre enfant) est déconseillée. Surviennent souvent quand l’enfant n’a pas appris à s’endormir seul. La thérapie comportementale peut permettre d’y remédier : elle peut s’entreprendre à partir de 6 mois (avant, le contact physique est indispensable pour rassurer le bébé) et l’adhérence des parents est primordiale ! Expliquer à l’enfant ce que l’on va faire : apprendre à dormir seul, dans son lit, en sécurité. Papa et maman sont la si besoin, mais tu dois dormir dans ta chambre. Puis espacer les passages dans la chambre, jamais immédiatement, mais après une attente brève qui va progressivement s’allonger. Le message est le même, avec une intervention brève. L’heure du coucher est reculée jusqu’à une heure ou l’enfant dort habituellement, puis on couche l’enfant progressivement plus tôt par pallier de 5 minutes jusqu’à l’heure de coucher idéale. Certains pratiquent le co sleeping : dans la même chambre, jusqu’à plusieurs années. Cela peut être fréquent selon les cultures. Attendre avant de passer dans la chambre. Un seul passage dans la chambre, pour vérifier qu’il va bien, qu’il n’est pas fiévreux et avec un message réassurant, l’enfant est en sécurité. Anxiogènes pour les parents, elles sont tout à fait bénignes et touchent deux enfants sur 3. Il s’agit de mouvement stéréotypé qui précèdent l’endormissement, et sont présents entre les cycles de sommeil.

tags: #duree #de #sommeil #nourrisson #reseau #morphee

Articles populaires: