La fréquentation des structures d'accueil collectif comme la crèche favorise la circulation des agents infectieux, entraînant des pathologies telles que les rhinopharyngites et les gastro-entérites. Si la plupart de ces infections sont bénignes, certaines nécessitent des mesures d'éviction temporaire pour limiter la contagion au sein de la collectivité. Cet article détaille la réglementation en matière d'éviction en crèche en France, les maladies concernées, les mesures de prévention et les responsabilités des parents et des professionnels de la petite enfance.

Maladies à éviction obligatoire en crèche

La réglementation française est très précise concernant les maladies à éviction en crèche. L'Assurance Maladie fixe la liste des pathologies nécessitant une exclusion temporaire, plus ou moins longue. Contrairement aux idées reçues, seules onze pathologies entraînent une éviction obligatoire. La décision d'éviction se fait sur avis médical et non sur simple présentation d'une ordonnance d'antibiotiques. En effet, un traitement antibiotique ne garantit pas la non-contagiosité immédiate.

Voici la liste des maladies qui entraînent une éviction obligatoire de la crèche :

  • Angine à streptocoque A
  • Coqueluche
  • Gastro-entérite à Escherichia coli
  • Gastro-entérite à bacille à Gram négatif (ex. shigella)
  • Hépatite A
  • Impétigo (si les lésions sont étendues ou non protégeables)
  • Infections invasives à méningocoque
  • Oreillons
  • Rougeole
  • Scarlatine
  • Tuberculose

Durée d'éviction pour chaque maladie

La durée d'éviction varie en fonction de la maladie :

  • Angine à streptocoque A et scarlatine : 2 jours après le début de l'antibiothérapie.
  • Coqueluche : 5 jours après le début de l'antibiothérapie.
  • Hépatite A : 10 jours après le début de l'ictère (coloration jaune de la peau, des cheveux et des ongles).
  • Impétigo : 72 heures après le début du traitement antibiotique, uniquement si les lésions sont étendues ou non protégeables.
  • Oreillons : 9 jours à partir de l'apparition de l'inflammation de la glande parotide.
  • Rougeole : 5 jours après le début de l'éruption.
  • Tuberculose : jusqu'à preuve de non-contagiosité.
  • Gastro-entérite à Escherichia coli et à Shigella : retour possible sur présentation d’un certificat médical attestant de 2 coprocultures négatives à au moins 24 heures d’intervalle et au moins 48 h après l’arrêt du traitement pour Shigella.

Maladies ne nécessitant pas d'éviction obligatoire

Pour d'autres affections ne nécessitant pas d'éviction obligatoire, la fréquentation de la collectivité reste déconseillée pendant la phase aiguë de la maladie. Cette décision appartient au responsable de la structure et doit tenir compte du confort de l'enfant, particulièrement si les symptômes sont sévères.

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Par exemple, la varicelle ne fait pas l’objet d’une éviction à la crèche. Depuis le 1er février 2023, les enfants présentant des symptômes évocateurs ou positifs à la Covid ne sont plus refusés dans les collectivités.

Reconnaître les signes d'alerte

Reconnaître les signes d'alerte avant d'emmener votre enfant à la crèche est essentiel pour sa santé et celle des autres. La fièvre constitue le premier indicateur à surveiller. Si votre enfant présente une température supérieure à 38°C, il est généralement préférable de le garder à la maison. Soyez particulièrement vigilant si votre enfant montre des signes d'altération de l'état général : fatigue excessive, irritabilité inhabituelle, pleurs inconsolables, pâleur, ou difficulté à se réveiller.

Les problèmes digestifs méritent également attention. Les vomissements répétés ou la diarrhée aiguë sont des motifs d'éviction temporaire, notamment en raison du risque de déshydratation et de forte contagiosité. En outre, les symptômes respiratoires sévères comme une toux importante, une respiration sifflante ou des difficultés respiratoires doivent vous alerter.

Prévention des maladies à éviction en crèche

La prévention des maladies à éviction en crèche commence par des gestes d'hygiène simples mais efficaces. Le lavage des mains représente la première barrière contre la propagation des germes. Pour les plus petits, nettoyez régulièrement leurs jouets, surtout ceux qu'ils portent à la bouche. Concernant les vêtements, changez quotidiennement les tenues de votre enfant et lavez-les à température adéquate.

Par ailleurs, le respect du calendrier vaccinal constitue une protection collective fondamentale. En France, la vaccination est obligatoire dès l’âge de deux mois pour certaines maladies comme la coqueluche, la rougeole et les oreillons. Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) recommande aux professionnels de la petite enfance, notamment ceux qui travaillent en contact étroit avec les nourrissons âgés de moins de 6 mois d’être vaccinés contre la coqueluche.

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Enfin, maintenez un dialogue ouvert avec les professionnels de la crèche. Informez rapidement les professionnels en cas de maladie diagnostiquée chez votre enfant. Cette démarche responsable permet à la structure d'accueil de mettre en place les mesures nécessaires pour protéger tous les enfants.

Mesures d'hygiène en crèche

Au-delà de l’éviction, les règles d’hygiène et en particulier, le lavage des mains, sont centrales pour limiter la transmission des agents infectieux. Il est recommandé de se laver soigneusement les mains, de préférence avec une solution hydroalcoolique après passage aux toilettes, après les changes, avant la préparation des repas et des biberons et avant de donner à manger aux enfants.

D'autres mesures d'hygiène importantes incluent :

  • Le port de gants jetables lors de la manipulation d’objet ou matériel souillés par les selles.
  • Le nettoyage soigneux des matelas de change et des lits souillés.
  • L'utilisation de mouchoirs en papier à usage unique pour moucher les enfants.
  • Le lavage des surfaces, des jouets et autres objets présents dans les pièces fréquentées par l’enfant malade.

Rôle des Agences Régionales de Santé (ARS)

Le rôle des Agences régionales de santé dans la coordination des mesures à prendre dès qu’un premier cas est confirmé est étendu à toutes les structures d’accueil du jeune enfant : microcrèches, halte-garderies, crèches collectives, crèches familiales, jardins d’enfants, maisons d’assistants maternels, relais d’assistants maternels (RAM) et les lieux d’accueil enfants parents (LAEP).

Responsabilités des parents

Face aux nombreuses maladies et évictions en crèche, la vigilance parentale reste votre meilleur allié. Certes, seules onze pathologies nécessitent une éviction obligatoire selon la réglementation française, mais cela ne signifie pas que vous devriez envoyer votre enfant en collectivité dès que ses symptômes s'atténuent. Rappelez-vous également que les antibiotiques ne garantissent pas une fin immédiate de la contagiosité. Ainsi, même avec un traitement en cours, votre enfant peut encore transmettre certaines infections pendant quelques jours.

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Il est important de noter qu'une ordonnance d'antibiotiques n'est ni une pièce justificative, ni un argument facilitant la réadmission de l'enfant en collectivité.

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