Depuis le début de l'année 2024, la France est confrontée à une recrudescence des cas de coqueluche. Cette infection respiratoire bactérienne, très contagieuse, représente un danger particulier pour les nourrissons. Cet article détaille les symptômes de la coqueluche chez le nourrisson, les méthodes de diagnostic, les traitements disponibles et les mesures de prévention essentielles.
Identification des Symptômes de la Coqueluche chez le Nourrisson
La coqueluche se manifeste par une toux sans fièvre. Chez les nourrissons, la toux est souvent caractéristique, avec des quintes typiques insomniantes et émétisantes, suivies d'une reprise bruyante de l'inspiration, communément appelée le "chant du coq". Chez les personnes vaccinées, la coqueluche peut se manifester par une toux banale de plus de sept jours sans cause évidente.
Les symptômes spécifiques chez les nourrissons incluent :
- Des apnées respiratoires.
- Des bradycardies (rythme cardiaque plus lent que la moyenne).
- Des accès de cyanose durant les quintes de toux (coloration bleutée de la peau due à un manque d'oxygène dans le sang).
Il est crucial de consulter un médecin dès les premiers signes, car la coqueluche peut entraîner des complications graves chez les nourrissons, notamment des défaillances respiratoires ou multiviscérales.
Gravité de la Coqueluche chez le Bébé
La coqueluche peut être particulièrement grave chez le nourrisson, où elle peut se compliquer de convulsions, de troubles cardiaques ou de difficultés respiratoires. Plus de 90 % des décès par coqueluche surviennent chez les bébés de moins de six mois. En France, elle demeure la première cause de décès par infection bactérienne chez les nourrissons âgés de dix jours à deux mois.
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L'hospitalisation est fortement recommandée chez les enfants de 0 à 3 mois pour assurer une surveillance cardiorespiratoire et un nursing adapté.
Diagnostic de la Coqueluche
Examen Biologique
Pour confirmer le diagnostic de la coqueluche, une analyse PCR (sur prélèvement naso-pharyngé) doit être réalisée dès la suspicion clinique et au plus tard jusqu'à 21 jours après le début de la toux. Cet examen est remboursé selon certains critères. Il est recommandé dans les situations suivantes :
- Nouveau-nés et nourrissons de moins de 6 mois ou de plus de 6 mois non ou incomplètement vaccinés, présentant une toux quinteuse ou associée à des apnées.
- Enfants, adolescents et adultes vaccinés présentant une toux supérieure à 7 jours sans cause évidente (y compris si le rappel vaccinal date de moins de 5 ans). Le remboursement par la Cpam est possible uniquement si le vaccin date de plus de 3 ans.
La PCR n'est pas indiquée chez les personnes asymptomatiques contacts d'un cas confirmé.
En période épidémique ou de tension sur les laboratoires, la PCR peut ne pas être réalisée chez une personne avec une clinique évocatrice, elle-même contact d’un cas confirmé microbiologiquement.
Lors de la survenue de cas groupés dans une collectivité (Ehpad, services hospitaliers), seuls les trois premiers cas doivent être testés, les autres personnes symptomatiques étant considérées comme malades.
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Culture et Sérologie
La culture (sur prélèvement naso-pharyngé), réalisée uniquement par certains laboratoires hospitaliers et le Centre national de référence (CNR), sert à surveiller l'évolution des souches et l’apparition de souches résistantes aux macrolides. Cet examen est possible jusqu'au 14e jour de toux.
La sérologie n'est plus remboursée par l'Assurance maladie, car elle n'apporte pas d'éléments significatifs pour le diagnostic.
Traitement de la Coqueluche
Antibiothérapie
Le traitement de la coqueluche repose principalement sur l'antibiothérapie, en particulier avec des macrolides tels que l'azithromycine ou la clarithromycine. En seconde intention, le Cotrimoxazole peut être utilisé. L'antibiothérapie est plus efficace lorsqu'elle est administrée tôt dans l'évolution de la maladie. Elle réduit la contagiosité mais a peu d'effet sur la symptomatologie.
Les antibiotiques recommandés pour traiter la coqueluche sont :
- Azithromycine : 20 mg/kg/jour en une prise pendant 3 jours (maximum 500 mg/jour).
- Clarithromycine : 15 mg/kg/jour en 2 prises pendant 7 jours (maximum 500 mg 2 fois par jour).
- Cotrimoxazole (sulfaméthoxazole + triméthoprime) : 6 mg/kg/jour de triméthoprime en 2 prises pendant 14 jours (320 mg/jour de triméthoprime en 2 prises pour les adultes).
Autres Mesures
L’utilisation de médicaments antitussifs peut être recommandée par un médecin afin de réduire l’intensité et la fréquence des quintes de toux. Des inhalations à base de vapeur d’eau peuvent également aider à dégager les voies respiratoires (éviter les huiles essentielles chez les enfants).
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Recommandations pour le Malade
Afin d'éviter toute transmission, il est préconisé d'instaurer, avant le 21e jour de toux :
- Une antibiothérapie curative.
- Une éviction de toute collectivité (y compris dans l’attente du résultat du test) pendant 3 à 5 jours selon l’antibiotique prescrit (et 3 semaines en cas d'absence de traitement).
Recommandations pour l'Entourage
Lors d’un diagnostic de coqueluche, il est essentiel d’évaluer la protection des personnes considérées comme contacts. Les contacts peuvent être de trois types :
- Contacts domiciliaires : personnes vivant sous le même toit, enfants et personnels d'une section en crèche, enfants et personnes exposées au domicile des assistantes maternelles, personnes très proches du malade.
- Contacts extra-domiciliaires : personnes ayant eu un contact avec le cas en milieu clos pendant plus d'une heure en cumulé et sans masque (sans notion de distance), par exemple, en milieu scolaire (enfants et adultes partageant la même classe) ou en milieu professionnel (personnes partageant le même bureau ou travaillant dans la même équipe).
- Soins exposant fortement aux sécrétions respiratoires : intubation/kinésithérapie respiratoire réalisées sans masque.
Une antibioprophylaxie, identique à la curative, est prescrite aux contacts identifiés :
- Dans les 21 jours suivant le contact à risque, à tous les nourrissons dits à « haut risque ».
- Dans les 14 jours après le contact à risque, si le contact n’est pas protégé contre la coqueluche par un vaccin datant de plus d'une semaine et de 5 ans maximum, ou par une coqueluche survenue dans les 10 ans précédents : aux personnes à risque, aux femmes enceintes au 3ème trimestre de grossesse, et aux personnes ayant des contacts avec des bébés à haut risque et qui ne peuvent pas porter le masque en permanence en leur présence.
Le malade doit informer rapidement son entourage familial, social et professionnel, ainsi que les collectivités fréquentées. Ces contacts doivent consulter un médecin pour vérifier leur vaccination, évaluer la nécessité d’un traitement préventif, ou évaluer la nécessité d'un traitement curatif en cas d'apparition de toux dans les 21 jours après le dernier contact.
Prévention de la Coqueluche
Vaccination
La vaccination est la meilleure prévention contre la coqueluche. Il est crucial de vérifier le statut vaccinal des patients à chaque consultation. La vaccination repose sur trois stratégies :
- Vaccination précoce et obligatoire des nourrissons : la vaccination contre la coqueluche est obligatoire pour les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018. Le schéma vaccinal complet comprend trois doses : une première injection à 2 mois, une autre à 4 mois, puis à 11 mois.
- Vaccination des femmes enceintes : cette vaccination est recommandée à chaque grossesse, idéalement entre 20 et 36 semaines d'aménorrhée (SA), afin de protéger le nouveau-né avant sa propre vaccination.
- Stratégie de cocooning : en l’absence de vaccination de la mère en cours de grossesse, la vaccination est recommandée aux personnes susceptibles d’être en contact étroit avec le nourrisson durant les six premiers mois de sa vie (parents, grands-parents, assistante maternelle, etc.).
Calendrier Vaccinal
Le calendrier vaccinal recommandé en France inclut :
- 2 mois : Hexyon, Infanrix Hexa, Vaxelis
- 4 mois : Hexyon, Infanrix Hexa, Vaxelis
- 11 mois : Hexyon, Infanrix Hexa, Vaxelis
- 6 ans : InfanrixTetra, Tetravac-acellulaire
- 11-13 ans : BoostrixTetra, Repevax
- 25 ans : BoostrixTetra, Repevax (sauf rappel dans les 5 ans)
- Grossesse (20-36 SA) : BoostrixTetra, Repevax (à chaque grossesse)
Un rattrapage vaccinal est possible à tout âge, notamment pour les adultes ayant un projet parental et pour les professionnels de santé et de la petite enfance.
Importance de la Vaccination
La vaccination permet de protéger les nourrissons et les jeunes enfants, qui sont les plus vulnérables aux complications graves de la coqueluche. Elle contribue également à réduire la transmission de la maladie dans la communauté, protégeant ainsi les personnes non vaccinées ou vulnérables.
Complications Potentielles
Les complications potentielles de la coqueluche, en particulier chez les nourrissons et les personnes immunodéprimées, peuvent inclure :
- Des problèmes respiratoires graves, tels que la pneumonie ou les apnées.
- Des complications neurologiques, telles que les convulsions ou l'encéphalite.
- Dans les cas les plus graves, le décès.
Coqueluche chez les Adultes et les Adolescents
La coqueluche peut également affecter les adultes et les adolescents, bien que les symptômes soient souvent moins graves que chez les nourrissons. Les symptômes peuvent inclure une toux prolongée, parfois accompagnée de quintes de toux, de fatigue, de maux de tête et de vomissements post-toux. Il est important de vacciner les adultes et les adolescents pour protéger les nourrissons et réduire la transmission de la maladie.
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