La coqueluche est une maladie respiratoire très contagieuse causée par la bactérie Bordetella pertussis. Bien que dangereuse pour tous les âges, elle représente un risque particulièrement élevé pour les nourrissons. La vaccination reste la méthode de prévention la plus efficace. Cet article fournit des informations détaillées sur la vaccination contre la coqueluche pendant la grossesse, en s'appuyant sur des données scientifiques et des recommandations officielles.

Importance de la vaccination contre la coqueluche

La coqueluche est particulièrement dangereuse pour les nourrissons, pouvant entraîner des complications graves, voire mortelles. En France, chaque année, une centaine de nourrissons de moins de 3 mois contractent la coqueluche, et 90% d'entre eux sont hospitalisés. Plus de 90% des décès liés à la coqueluche surviennent chez les enfants de moins de 6 mois.

La vaccination de la femme enceinte permet de transférer des anticorps protecteurs au nourrisson, le protégeant ainsi pendant les premiers mois de sa vie, avant qu'il ne puisse être vacciné lui-même.

Recommandations actuelles

Depuis 2018, le vaccin contre la coqueluche est obligatoire pour les nourrissons en France, avec une première injection à 2 mois, une deuxième à 4 mois et un rappel à 11 mois.

La vaccination est également fortement recommandée pour les femmes enceintes, idéalement entre la 20ème et la 36ème semaine d'aménorrhée (SA), soit au cours du deuxième ou troisième trimestre de la grossesse. Cette vaccination permet d'assurer un transfert optimal d'anticorps protecteurs au fœtus. Un délai d'un mois minimum entre la vaccination de la mère et l'accouchement est recommandé pour une protection optimale du nouveau-né.

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Il est important de noter que le vaccin contre la coqueluche doit être administré à chaque grossesse, car le taux d'anticorps maternels diminue rapidement. Même si la mère a été vaccinée avant la grossesse, l'enfant ne bénéficiera pas des effets protecteurs du vaccin.

Vaccins disponibles

Le vaccin contre la coqueluche n'existe pas seul. En France, il est disponible sous forme de vaccins combinés tétravalents, associant les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP). Les noms commerciaux de ces vaccins sont Repevax®️ et Boostrixtetra®️.

Pour les enfants, il existe également des vaccins pentavalents (Infanrix Quinta®️, Pentavac®️) et hexavalents (Hexyon®️, Infanrix Hexa®️, Vaxelis®️) qui incluent la coqueluche.

Administration du vaccin

Une dose unique (0,5 mL) de REPEVAX ou BOOSTRIXTETRA est administrée par voie intramusculaire, de préférence dans le muscle deltoïde. La voie sous-cutanée peut être envisagée dans des cas exceptionnels, suivant les recommandations officielles, notamment chez les patients recevant un traitement anticoagulant ou souffrant de troubles de la coagulation.

Effets secondaires possibles

La vaccination contre la coqueluche est généralement bien tolérée. Les effets secondaires les plus courants sont légers et transitoires :

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  • Douleur, rougeur ou gonflement au site d'injection
  • Fièvre légère
  • Douleurs musculaires ou articulaires
  • Maux de tête
  • Fatigue

Des réactions allergiques graves sont très rares, mais nécessitent une surveillance médicale immédiate.

Contre-indications

La vaccination contre la coqueluche est contre-indiquée dans les cas suivants :

  • Hypersensibilité connue aux vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite ou la coqueluche
  • Hypersensibilité à l'un des composants du vaccin ou aux résidus de fabrication (formaldéhyde, glutaraldéhyde, streptomycine, néomycine, polymyxine B, albumine de sérum bovin)
  • Encéphalopathie d'origine inconnue survenue dans les 7 jours suivant l'administration d'un vaccin contenant la valence coqueluche
  • Maladie fébrile aiguë sévère (la vaccination peut être différée)

Interactions médicamenteuses

REPEVAX peut être administré simultanément avec le vaccin contre la grippe inactivée, le vaccin contre l'hépatite B ou le vaccin contre le papillomavirus humain recombinant, sans interférence clinique significative. Cependant, il est recommandé d'utiliser des sites d'injection différents.

En cas de traitement immunosuppresseur, l'immunogénicité du vaccin peut être réduite. Il est recommandé de différer la vaccination si possible jusqu'à la fin du traitement.

Vaccination et allaitement

L'administration de REPEVAX pendant l'allaitement n'a pas été spécifiquement évaluée. Toutefois, étant donné que REPEVAX contient des anatoxines ou des antigènes inactivés, aucun risque pour l'enfant allaité n'est attendu.

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Stratégie de "cocooning"

En complément de la vaccination de la femme enceinte, la stratégie de "cocooning" consiste à vacciner l'entourage proche du nourrisson (père, frères et sœurs, grands-parents, etc.) afin de le protéger indirectement contre la coqueluche pendant ses premiers mois de vie. Si la vaccination n'a pas été effectuée pendant la grossesse, elle est conseillée immédiatement après l'accouchement, avant la sortie de la maternité.

Coût et remboursement

Le prix du vaccin contre la coqueluche varie selon le type de vaccin (tétravalent, pentavalent, hexavalent) et se situe généralement entre 22 et 36 euros. Le vaccin est remboursé à 65% par l'Assurance maladie.

Vaccination contre la COVID-19 pendant la grossesse

Depuis avril 2021, les femmes enceintes en France peuvent accéder aux vaccins à ARNm (Pfizer et Moderna) à partir du 2ème trimestre de grossesse. Les études ont montré que les femmes enceintes sont tout autant protégées par le vaccin que les autres femmes et que le taux d’anticorps générés par le vaccin étaient similaires chez les deux types de patientes. De plus, le taux d’anticorps neutralisants le virus chez toutes les femmes (enceintes et non-enceintes) était plus élevé après la vaccination qu’après une infection « naturelle ». Il a également été observé que les anticorps issus de la vaccination passaient à travers le placenta, offrant potentiellement une protection au nouveau-né.

Les effets secondaires les plus communs après l’injection (maux de têtes, fatigue, douleurs musculaires…) sont similaires à ceux rencontrés par les femmes qui ne sont pas enceintes.

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