Les convulsions fébriles chez le nourrisson représentent une source d'inquiétude majeure pour les parents. Bien qu'impressionnantes, elles sont le plus souvent bénignes et il est essentiel de comprendre leurs causes, leurs manifestations et la conduite à tenir. Cet article vise à fournir une information complète et rassurante sur ce sujet.
Introduction aux Convulsions Fébriles
Les convulsions fébriles, aussi appelées crises convulsives hyperthermiques, sont des crises convulsives qui surviennent chez les nourrissons et les jeunes enfants lors d'un épisode de fièvre élevée (généralement supérieure à 38°C). Ces convulsions sont des accès de secousses musculaires involontaires et saccadées. Il est important de souligner que ces crises ne concernent qu'une minorité d'enfants lorsqu'ils ont de la fièvre, touchant environ 2 à 7 % des enfants âgés de 3 mois à 5 ans. Elles sont plus fréquentes entre 1 et 3 ans, avec un pic autour de 18 mois, et tendent à devenir plus rares après l'âge de 2 ans, car le cerveau devient moins sensible à la fièvre.
Causes des Convulsions Fébriles
Les convulsions fébriles sont liées à la fièvre elle-même, et non à la cause de cette fièvre. Elles peuvent survenir dans tous les contextes où un jeune enfant a de la fièvre, comme lors d'une infection virale (rhinopharyngite, otite, toux…) ou bactérienne. La crise se produit généralement pendant la montée de la température corporelle ou dans les premières heures d'une fièvre élevée. Il est important de noter que même une fièvre modérée (38°C) peut déclencher une convulsion chez certains enfants.
Une susceptibilité génétique joue un rôle important, car environ 25 % des enfants qui font une crise convulsive hyperthermique ont des antécédents familiaux similaires.
Dans de rares cas, des causes plus graves peuvent être à l'origine de convulsions fébriles, telles qu'une méningite ou une encéphalite herpétique. Des problèmes rénaux ou des maladies entraînant un déséquilibre des électrolytes (sodium, potassium, calcium) peuvent également provoquer des convulsions. De même, un traumatisme crânien (chute) ou une intoxication (médicaments, monoxyde de carbone) peuvent être en cause.
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Symptômes des Convulsions Fébriles
Les convulsions fébriles se manifestent par des contractions musculaires involontaires saccadées. Pendant la crise, l'enfant peut présenter les symptômes suivants:
- Raideur du corps
- Mouvements anormaux des membres (bras et jambes), parfois de la même façon des deux côtés, parfois dissociés
- Roulement des yeux
- Spasmes
- Perte de conscience et chute (si l'enfant est debout)
- Pause respiratoire
- Morsure de langue (parfois)
- Perte d'urine (fréquente)
Il est crucial que l'adulte présent observe attentivement la forme de la convulsion, en notant si les mouvements sont symétriques ou asymétriques, s'il y a des mouvements oculaires ou une torsion de la bouche. Ces informations seront utiles pour le médecin afin de déterminer la cause de la crise.
On distingue les convulsions fébriles simples des convulsions fébriles compliquées. Les convulsions fébriles simples sont brèves (moins de 15 minutes), généralisées (affectant tout le corps) et ne se répètent pas dans les 24 heures. Les convulsions fébriles compliquées, en revanche, sont longues (plus de 15 minutes), répétées sur 24 heures, unilatérales et peuvent être associées à un déficit neurologique transitoire ou permanent.
Diagnostic des Convulsions Fébriles
Le diagnostic des convulsions fébriles repose principalement sur les symptômes caractéristiques de la crise convulsive associés à une fièvre élevée. Le médecin s'appuie sur les informations fournies par l'entourage de l'enfant concernant le déroulement de la crise.
Des examens complémentaires peuvent être nécessaires pour rechercher la cause de la fièvre (par exemple, une infection) ou une origine neurologique aux convulsions. Dans certains cas, une ponction lombaire peut être indiquée, notamment en cas de suspicion de méningite ou d'encéphalite, ou chez les nourrissons de moins de 6 mois. Un EEG (électroencéphalogramme) peut être réalisé après une première crise non fébrile ou inhabituelle. Un scanner cérébral peut être envisagé en cas de troubles de conscience persistants ou d'anomalie neurologique focale.
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Conduite à Tenir lors d'une Crise Convulsive
Une crise de convulsions chez un bébé est impressionnante, mais il est crucial de garder son calme et d'agir rapidement. Voici les gestes à adopter:
- Ne pas paniquer.
- Mettre l'enfant en position latérale de sécurité (allongé sur le côté) pour éviter qu'il n'avale sa salive ou vomisse.
- Vérifier que rien n'obstrue ses voies respiratoires, mais ne rien introduire dans sa bouche.
- Ne pas essayer d'arrêter les mouvements, car cela peut être néfaste.
- Noter l'heure de début de la crise pour informer le médecin de sa durée.
- Rester à côté de l'enfant et le surveiller attentivement.
Quand appeler les secours (15) ?
- Si la crise dure plus de 5 minutes.
- Si l'enfant a du mal à respirer ou devient bleu.
- Si l'enfant ne reprend pas conscience après la crise.
- Si la crise se répète.
- Si c'est la première crise de l'enfant.
Quand consulter un médecin ?
- Après toute crise convulsive fébrile, même si elle est brève et que l'enfant récupère rapidement.
- Pour rechercher la cause de la fièvre.
- Pour discuter de la suite de la prise en charge.
Traitement des Convulsions Fébriles
Dans la plupart des cas, la crise convulsive est brève et ne nécessite pas de traitement particulier. L'objectif principal est de traiter la fièvre avec des médicaments antipyrétiques (paracétamol, ibuprofène), en respectant les doses et les intervalles prescrits par le médecin.
Si la crise dure plus de 5 minutes, un médicament anticonvulsivant (diazépam) peut être administré par voie rectale. Plusieurs administrations peuvent être nécessaires si les convulsions se prolongent ou se répètent dans les 24 heures. Le midazolam par voie transmuqueuse buccale est une alternative au diazépam.
Il est important de noter que les traitements antipyrétiques n'ont pas montré d'efficacité dans la prévention de la récurrence de crises fébriles au cours d'un épisode fébrile.
Prévention des Récidives
Après une première crise convulsive hyperthermique, 30 % des enfants auront une ou plusieurs récidives. Le risque de récidive est plus élevé chez les enfants qui ont fait un premier épisode avant l'âge de 1 an, ceux qui ont fait un deuxième épisode et ceux qui ont des antécédents familiaux d'épilepsie.
Lire aussi: Causes et traitements des convulsions fébriles
Aucun traitement préventif n'a montré d'efficacité pour éviter les récidives. Il est donc inutile de s'acharner à faire baisser la fièvre lorsqu'elle apparaît. Les traitements anticonvulsivants continus ne sont pas recommandés en raison de leurs effets secondaires importants.
En cas de récidive de crise fébrile à domicile, une dose de diazépam intrarectal doit être administrée si celle-ci n'a pas cédé au terme de 5 minutes.
Risque d'Épilepsie et Séquelles
Les convulsions fébriles ne constituent pas une forme particulière d'épilepsie. Le risque de développer une épilepsie après des épisodes de convulsions fébriles est faible. Il est estimé à 1 % après une crise de convulsions fébriles simples et à 10 % après des convulsions fébriles compliquées.
Des études récentes ont montré que les convulsions fébriles simples n'ont pas d'impact sur le développement psychomoteur et intellectuel de l'enfant. Le comportement, le niveau d'intelligence et la mémoire ne sont pas affectés par le fait d'avoir fait une ou plusieurs crises convulsives hyperthermiques, même complexes. De plus, une étude danoise portant sur 1,6 million d'enfants suivis pendant 25 ans a montré que les crises convulsives hyperthermiques ne sont pas associées à une augmentation de la mortalité.
Épilepsie chez l'Enfant
L'épilepsie est une maladie neurologique chronique caractérisée par la répétition de crises épileptiques sans facteur déclenchant. Chez les enfants, l'épilepsie peut prendre des formes variées, partielles ou généralisées. Les crises épileptiques les plus fréquentes chez le nourrisson et le jeune enfant sont les crises fébriles.
Il est important de distinguer les convulsions fébriles de l'épilepsie. Les convulsions fébriles sont déclenchées par la fièvre, tandis que les crises d'épilepsie surviennent sans fièvre. Cependant, l'existence de convulsions fébriles chez un petit enfant peut indiquer un risque plus élevé de souffrir d'épilepsie plus tard.
Formes d'Épilepsie chez l'Enfant
Parmi les formes d'épilepsie les plus fréquentes chez l'enfant, on peut citer:
- L'épilepsie à paroxysmes rolandiques: Elle débute vers l'âge de 5-7 ans et disparaît souvent avant l'adolescence. Elle se manifeste par des crises focales sensitivomotrices de la région buccofaciale, survenant en pleine conscience le plus souvent en fin de nuit, avec généralisation secondaire possible. Le pronostic est excellent, avec guérison constante avant l'âge de 15 ans.
- L'épilepsie absence de l'enfant (EAE): Elle représente 5 à 10 % des épilepsies de l'enfant. Elle débute vers l'âge de 5-7 ans et disparaît souvent avant l'adolescence. Elle se manifeste par des absences pluriquotidiennes, favorisées par l'hyperpnée.
- L'épilepsie absence juvénile (EAJ): Elle représente 15 à 20 % des épilepsies de l'enfant. Elle survient vers l'âge de 3 à 13 ans. Les crises sont à début focal avec des phénomènes sensitivomoteurs de la région buccofaciale, survenant en pleine conscience le plus souvent en fin de nuit, avec généralisation secondaire possible.
- Le syndrome de West (syndrome des spasmes infantiles): Il s'agit d'une épilepsie grave du nourrisson, débutant entre 3 et 12 mois, associant des spasmes épileptiques, un EEG intercritique anormal (tracé hypsarythmique) et une stagnation ou régression psychomotrice.
- Le syndrome de Dravet: C'est une épilepsie rare, génétique, non héréditaire, qui débute dans la première année de vie par des crises convulsives prolongées dans un contexte fébrile ou post-vaccinal.
Traitement de l'Épilepsie chez l'Enfant
Le traitement de l'épilepsie chez l'enfant doit être individualisé en fonction du type de crise, du syndrome épileptique et de l'étiologie. Il repose généralement sur l'administration d'un médicament antiépileptique en monothérapie, en recherchant la dose minimale efficace. Le traitement ne doit pas être arrêté brutalement.
Il est important que l'enfant et sa famille connaissent la maladie, les facteurs déclenchants des crises et les risques liés aux crises. La plupart des enfants épileptiques peuvent avoir une vie normale, mais certains sports peuvent être contre-indiqués.
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