Les crises convulsives chez le nourrisson sont un sujet de préoccupation majeure pour les parents. Bien qu'elles soient souvent impressionnantes, il est crucial de comprendre leurs causes, de savoir les reconnaître et d'adopter la conduite appropriée. Cet article vise à fournir des informations claires et structurées sur les convulsions chez les nourrissons, en abordant les aspects essentiels pour une meilleure compréhension et une réaction adéquate.

Qu'est-ce qu'une Crise Convulsive ?

Une crise de convulsions se manifeste par une contraction brutale et involontaire d’un ou plusieurs muscles, que l'on appelle spasmes musculaires. La durée de ces crises peut varier de quelques secondes à plusieurs minutes. Chez l’enfant, les crises convulsives sont plus fréquentes, particulièrement entre 6 mois et 5 ans, et sont souvent liées à la fièvre.

Comment Reconnaître une Convulsion chez un Nourrisson ?

Lors d’une crise, l’enfant peut présenter les signes suivants :

  • Pâleur
  • Raideur
  • Révulsion des yeux
  • Secousses musculaires sur tout ou partie du corps

Au total, la crise dure plusieurs minutes, avec une phase de raidissement et de convulsions d'environ 1 à 2 minutes. Il est important de noter la forme de la convulsion, en observant si les bras et les jambes bougent de la même façon des deux côtés, s'il y a des mouvements oculaires ou une torsion de la bouche. Ces détails peuvent aider les professionnels de santé à déterminer la cause de la crise.

Il est essentiel de différencier une convulsion de la tétanie. La différence essentielle entre la convulsion et la tétanie (elles sont souvent confondues) est liée à l’absence de perte de connaissance. Dans la tétanie/spasmophilie, on assiste à une contraction plus ou moins volontaire des muscles, mais la personne n’est pas inconsciente : un contact verbal est possible. La victime respire vite mais vous parle.

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Causes Possibles des Convulsions chez le Nourrisson

L’origine de la crise convulsive est cérébrale et est liée à un dérèglement brutal de l’activité électrique du cerveau. Il y a soudainement une excitation anormale d’un groupe de neurones qui vont produire des décharges électriques et des influx nerveux excessifs et désordonnés dans le cerveau. Si les décharges électriques restent localisées à une zone du cerveau, cela donnera des crises partielles, c’est-à-dire que les symptômes toucheront seulement certaines parties du corps.

Les causes des convulsions chez les nourrissons peuvent être variées :

Crises Convulsives Fébriles

On appelle crise convulsive fébrile, ou hyperthermique, lorsque la convulsion se produit quand l’enfant a de la fièvre. Et c’est heureusement la plus fréquente : « génétiquement, 2 à 5 % des enfants entre 6 mois et 5 ans, dans le monde, connaîtront au moins une crise de convulsion fébrile. Cette crise épileptique peut être causée lors d’infections simples, de type rhinopharyngite, otite, toux… et contrairement à ce que l’on peut penser, elle n’a pas besoin d’une forte fièvre pour se produire : on voit des convulsions débuter même lors de fièvres modérées (38 °C). Dans ce cas précis, même s’il faut éliminer une cause infectieuse, l’enfant récupère complètement après la crise et ne semble pas affecté.

Infections

Toute pathologie fébrile, en particulier virale du petit enfant (par exemple l’exanthème subit), peut en être à l’origine. Une cause infectieuse comme une méningite, ou une encéphalite herpétique, peuvent provoquer une crise épileptique.

Toute convulsion en contexte fébrile laissant redouter une atteinte infectieuse du SNC (méningite, méningo-encéphalite) doit faire pratiquer un examen du LCR. La crainte d’une méningite purulente révélée par une convulsion fébrile a conduit à recommander quel que soit le tableau clinique associé, de pratiquer systématiquement une ponction lombaire chez un nourrisson âgé de moins de 9 mois (consensus SPILF 2008). L’absence d’un seul critère de crise fébrile simple permet de définir la crise fébrile comme complexe. Ce diagnostic doit être argumenté par les résultats de l’examen du LCR (avec dosages de l’interféron-α et de l’antigène viral HSV par PCR). L’EEG peut montrer un tracé ralenti avec ondes lentes périodiques.

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Problèmes Rénaux et Métaboliques

Les enfants qui connaissent des problèmes de reins, ou une maladie qui les prive de sodium potassium et calcium peuvent également connaître des épisodes de convulsion. Une anomalie du ionogramme sanguin (natrémie, calcémie) et de la glycémie sera systématiquement recherchée avant l’âge de 1 an.

Traumatismes

Des convulsions peuvent également arriver lors d’un traumatisme, lors d’une chute par exemple. « Il suffit parfois d’une chute du canapé, ou bien souvent de la table à langer pour provoquer des convulsions. Si un hématome se forme dans le cerveau de l’enfant, la convulsion peut provoquer des mouvements oculaires, et des signes dissociés », dit le médecin. L’enfant ne se remet pas en quelques minutes. Un hématome sous-dural ou extradural aigu peut compliquer un traumatisme crânien accidentel de l’enfant (voir chapitre 71). Un hématome sous-dural aigu peut s’intégrer dans un tableau clinique de maltraitance, notamment chez le jeune nourrisson. L’examen neurologique recherche des signes d’HTIC. Un scanner cérébral sans injection doit être prescrit en urgence.

Intoxications

La convulsion peut survenir après l’absorption de médicament, par exemple, ou en présence de monoxyde de carbone, qui peut arriver dans les foyers en hiver, lorsque les chauffages ne sont pas aux normes. « Ce sont les enfants qui connaissent les effets en premiers, car ils sont plus petits et en position allongée ».

Syndrome Hémolytique et Urémique (SHU)

Le syndrome hémolytique et urémique (SHU) doit être évoqué en cas de : diarrhée ± sanglante avec fièvre, syndrome anémique (pâleur), HTA, insuffisance rénale aiguë volontiers anurique. Le bilan biologique retrouve une thrombopénie de consommation et une anémie hémolytique mécanique (présence de schizocytes sur le frottis sanguin). L’examen des selles par PCR permet de mettre en évidence la toxine de E. coli O157H7.

Que Faire en Cas de Crise Convulsive ?

En cas de crise convulsive, il est important de suivre les étapes suivantes :

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  1. Laisser se dérouler la crise : Pendant la durée des convulsions, ne touchez pas la victime et écartez ce qui pourrait la blesser.
  2. Ne rien mettre dans la bouche de la victime : Elle risquerait soit de vous mordre, soit de l’avaler.
  3. Écarter tout objet autour de la victime pour éviter des chocs et des blessures accidentelles.
  4. Ne pas laisser la victime seule dès la fin de la crise.
  5. Placer l'enfant en position latérale de sécurité, mais une fois que les mouvements ont cessé.
  6. Noter la durée de la convulsion : Si elle dépasse 15 minutes, contactez les services d'urgence.

Deux cas de figure se présentent. Soit la personne a une épilepsie connue et fait de temps en temps des crises, dans ce cas les choses devraient rentrer dans l’ordre sans appeler les secours.

Quand Contacter les Urgences ?

Appelez immédiatement les numéros du Samu : le 15 ou le 112 si :

  • Votre enfant convulse depuis > 15 minutes.
  • Il a moins d’un an ou plus de 5 ans.
  • Il a fait plusieurs crises en 24 heures.
  • Les convulsions ne sont pas symétriques et ne touchent qu’un côté du corps.
  • Il a une maladie neurologique connue.
  • Il n’a pas de fièvre (< 38°C).
  • Ses extrémités : lèvres ou mains sont bleues.
  • Il a du mal à respirer.
  • Il n’arrive pas à bouger après la crise.

Toute victime de convulsions doit être hospitalisée, d’autant plus s’il s’agit d’une première crise convulsive.

Que Faire Pour Éviter les Convulsions Fébriles ?

Il est difficile de prévenir ces convulsions. Cependant, surveiller la température de l'enfant lors d'une maladie fébrile et administrer des antipyrétiques (paracétamol = doliprane) peut aider à gérer la fièvre. Ne lui donnez pas d’anti-inflammatoires (advil = ibuprofene) sans avis médical !

Comment Mesurer la Température ?

La prise de température se réalise sur un enfant déshabillé, avant la prise de paracétamol :

  • Sous l’aisselle : il faut rajouter 0,5°C au chiffre affiché.
  • La prise rectale (dans les fesses) sans rien ajouté au chiffre affiché.

Votre enfant a de la fièvre si la température est supérieure à 38,5°C en rectal.

Risque de Récidive

Après une 1ère crise, le risque est de 20-30%. Il va dépendre des facteurs suivants :

  • Si la première crise fébrile a lieu avant 15 mois.
  • S'il existe un ATCD familial de crise convulsive au premier degré (parents, fratrie).
  • Si la crise fébrile est survenue tôt au cours de l’épisode de fièvre.
  • Si la fièvre était < 38.5°C lors de la première crise.

Convulsions Fébriles : Bénignes la Plupart du Temps

Les convulsions fébriles touchent 2 à 5% des enfants de moins de 5 ans lors d’un épisode de forte fièvre, avec une fréquence accrue en cas d’antécédent familial. Ce sont des crises convulsives qui surviennent chez le jeune enfant, généralement entre 6 mois et 5 ans, en présence d'une fièvre élevée (souvent liée à une infection virale). Bien qu’impressionnantes et source d'inquiétude pour les parents, elles sont généralement bénignes.

Une convulsion fébrile se manifeste par des secousses involontaires des membres (spasmes), une perte de conscience transitoire ou une raideur du corps chez un enfant fébrile. La crise dure généralement moins de 5 minutes et l'enfant récupère rapidement après (état normal en moins de 15 minutes). Pendant la phase de récupération, l’enfant peut respirer bruyamment, être un peu somnolent. Elles surviennent chez un enfant en bonne santé sans maladie neurologique connue.

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