Un couple sur huit rencontre des difficultés à concevoir un enfant après un an d'essais. Dans un tiers de ces cas, l'infertilité est d'origine féminine. Cet article explore en profondeur les causes de stérilité chez la femme aménorrhée, en se penchant sur les aspects hormonaux, anatomiques et liés au mode de vie.

Fertilité et Stérilité : Définitions Essentielles

La fertilité est la capacité à concevoir un enfant. Chez les femmes, cette période de fertilité optimale se situe généralement avant 35 ans, tandis que chez les hommes, elle se situe avant 40 ans. L'infertilité primaire est diagnostiquée lorsqu'un couple éprouve des difficultés à démarrer une grossesse après 12 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception. Le terme de stérilité est employé lorsque le couple fait face à une impossibilité totale de concevoir un enfant naturellement, une condition qui ne peut être établie qu'au terme de la vie reproductive. Contrairement à la stérilité, l'infertilité n'est pas toujours irréversible.

Facteurs Généraux Influant sur la Fertilité

Plusieurs facteurs peuvent influencer la fertilité d'une femme :

  • Poids: Un indice de masse corporelle (IMC) inadéquat, qu'il soit trop élevé ou trop bas, peut être corrélé à un risque accru d'infertilité primaire ou secondaire.
  • Traitements: La chimiothérapie peut avoir des effets néfastes sur la fertilité. Des solutions existent pour préserver la fertilité avant un traitement anti-cancéreux.

Le Processus de Fécondation

Pour qu'une grossesse débute, la fécondation doit avoir lieu. Lors d'un rapport sexuel, les spermatozoïdes sont déposés dans le vagin. Ils doivent ensuite franchir le col de l'utérus grâce à la glaire cervicale et progresser dans la cavité utérine jusqu'à la trompe de Fallope pour féconder l'ovocyte libéré par l'un des ovaires. Toute perturbation de ce processus peut entraîner une infertilité.

Causes Utérines de l'Infertilité

Les maladies de l'utérus sont à l'origine de 4 à 7 % des infertilités féminines. Parmi ces maladies, l'endométriose peut provoquer une infertilité par plusieurs mécanismes. Des anomalies telles que les polypes, les fibromes, les synéchies ou d'autres malformations utérines peuvent également gêner l'implantation de l'embryon et entraîner des problèmes de fertilité.

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  • Polypes: Excroissances de la muqueuse ou de l'endomètre.
  • Fibromes: Tumeurs bénignes de la paroi utérine.
  • Synéchies: Accolements fibreux des deux faces de l'intérieur de l'utérus.

Le Rôle des Trompes de Fallope

Quand les trompes sont altérées ou bouchées, la rencontre entre les spermatozoïdes et l’ovocyte peut être difficile et conduire à une infertilité : on parle d’anomalies tubaires. Si la trompe est totalement obstruée, elle peut alors se remplir de liquide : ce phénomène est appelé hydrosalpinx. Les causes d’obstruction peuvent être multiples mais elles sont dans 90 % des cas dues à des infections génitales qu’on appelle IST (Infections Sexuellement Transmissibles). Chlamydiae et les gonocoques sont les germes les plus fréquemment en cause. Ces infections génitales peuvent être responsables de l’obstruction d’une ou des deux trompes. D’autres causes comme l’endométriose peuvent également causer des anomalies tubaires.

L'Aménorrhée et l'Infertilité

L'aménorrhée se définit par une absence totale de menstruations chez les femmes. Elle témoigne d'un trouble du cycle menstruel, lorsqu'elle survient en dehors de certaines périodes où l'absence de règles est physiologique (avant la puberté, pendant la grossesse, l'allaitement ou bien encore après la ménopause). Dans la plupart des cas, l’aménorrhée est liée à une absence d’ovulation et entraîne donc une infertilité. L'aménorrhée peut être primaire (absence de règles à la puberté) ou secondaire (interruption des règles pendant plus de 3 mois chez une femme ayant déjà eu ses règles).

Causes de l'Aménorrhée

Les aménorrhées, qu’elles soient primaires ou secondaires, peuvent être définitives ou transitoires, en fonction de leur cause. Les aménorrhées secondaires sont beaucoup plus fréquentes que les aménorrhées primaires. Les causes sont variées et peuvent inclure :

  • Anomalies génétiques: Syndrome de Turner (monosomie X).
  • Troubles hormonaux: Syndrome de Kallmann (affection rare associant hypogonadisme et déficit de la perception des odeurs), hyperprolactinémie.
  • Stress et mode de vie: Stress important, perte de poids excessive, activité physique intense.
  • Pathologies: Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), insuffisance ovarienne prématurée (IOP).

Dérèglements Hormonaux et Infertilité

Le cycle menstruel est régulé par un complexe hormonal impliquant la progestérone et les œstrogènes, produits par les ovaires, ainsi que la LH et la FSH, produites par le cerveau (hypothalamus et hypophyse). Tout dérèglement de ce système hormonal peut entraîner des troubles de l'ovulation et une aménorrhée, conduisant à l'infertilité.

Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK)

Première cause d'infertilité féminine, le SOPK est une maladie provoquée par un dérèglement hormonal entraînant une production excessive d'androgènes, des hormones masculines. Les ovaires des femmes atteintes de SOPK fabriquent trop d'androgènes, ce qui perturbe le développement des follicules ovariens et mène à une ovulation irrégulière.

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Insuffisance Ovarienne Prématurée (IOP)

Souvent appelée à tort « ménopause précoce », l’IOP touche 1 % des femmes de moins de 40 ans et 0,1 % des femmes de moins de 30 ans. Elle est due à une baisse de production d’ovocytes par l’ovaire. Elle peut être liée à des traitements comme la chimiothérapie ou la radiothérapie. Elle peut également être d’origine génétique, auto-immune ou virale.

Hyperprolactinémie

La fertilité peut être affectée par une sécrétion excessive de la prolactine, hormone de lactation sécrétée par l’hypophyse. Cette hormone peut freiner l’activité de l’hypothalamus et être responsable de troubles de l’ovulation, pouvant aller jusqu’à une aménorrhée complète.

Insuffisance Lutéale

Après l’ovulation, le follicule ovarien vidé de son ovocyte devient le corps jaune qui produit de la progestérone. Si cette hormone est produite en quantité insuffisante on parle d’insuffisance lutéale : l’épaississement de la paroi interne de l’utérus ne se fait pas correctement, empêchant l’implantation de l’embryon après fécondation.

Troubles de la Thyroïde

Ces troubles de la thyroïde peuvent avoir des conséquences sur la fertilité car ils peuvent engendrer une anomalie ovulatoire et une perturbation du cycle.

Facteurs Liés au Mode de Vie et à l'Environnement

Plusieurs facteurs liés au mode de vie et à l'environnement peuvent affecter la fertilité féminine :

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  • Âge: La fertilité diminue naturellement avec l'âge, particulièrement après 35 ans.
  • Poids: L'obésité ou l'insuffisance pondérale peuvent affecter l'ovulation.
  • Stress: Le stress chronique peut perturber l'équilibre hormonal.
  • Exposition à des toxines: Produits chimiques industriels, pesticides et autres substances toxiques.
  • Tabagisme, consommation excessive d'alcool et de drogues.

Diagnostic de l'Infertilité Féminine

Le diagnostic de l'infertilité féminine repose d’abord sur un examen clinique de la patiente. Le médecin s'assure que le cycle menstruel est normal, et que les organes reproducteurs fonctionnent correctement. Ensuite, des tests sont généralement effectués. Il s’agit notamment :

  • Tests d’ovulation: Pour vérifier la bonne quantité d'hormones dans le sang de la patiente et vérifier qu’elle ovule bien.
  • Test de Hühner: Il est à réaliser quelques heures après un rapport sexuel, pour contrôler la qualité de la glaire cervicale, une substance produite par l'utérus. Cette substance permet aux spermatozoïdes de mieux se déplacer et d’atteindre l'utérus.
  • Hystérosalpingographie: Cet examen radiographique permet de visualiser l'utérus et les trompes de Fallope pour détecter d'éventuelles anomalies.
  • Échographie pelvienne: Cet examen utilise des ultrasons pour visualiser l'utérus et détecter des anomalies de l’utérus, des trompes ou des ovaires.
  • Laparoscopie: Cet examen peut également être demandé si la suspicion d'infertilité s'accompagne d'une suspicion d'endométriose.
  • Spermogramme du partenaire: Ce test analyse le sperme du partenaire pour évaluer la qualité et la quantité des spermatozoïdes.
  • Tests génétiques: Peuvent aussi se révéler nécessaires afin de dépister une origine génétique à l'infertilité.

Traitements de l'Infertilité Féminine

Le traitement de l'infertilité féminine dépend de la cause sous-jacente. Dans certains cas, un simple changement de mode de vie, comme perdre du poids ou arrêter de fumer, peut suffire à améliorer la fertilité. D'autres cas peuvent nécessiter :

  • Traitements médicamenteux: Pour stimuler l’ovulation ou pour corriger les déséquilibres hormonaux.
  • Chirurgie: Correction des anomalies utérines, traitement de l'endométriose, réparation des trompes de Fallope.
  • Techniques de procréation assistée: Insémination intra-utérine (IIU), fécondation in vitro (FIV), injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI).

Technologies d'Assistance à la Procréation Féminine

  • Insémination artificielle (IA): Elle consiste à placer des spermatozoïdes lavés dans l'utérus au moment de l'ovulation pour augmenter les chances de fécondation. L’insémination artificielle peut se faire soit avec le sperme du conjoint (IAC), soit avec le sperme d’un donneur (IAD).
  • Fécondation in vitro (FIV): C’est une technique plus complexe qui consiste à prélever des ovules matures, à les féconder par des spermatozoïdes en laboratoire, puis à transférer les embryons qui en résultent dans l'utérus de la femme.
  • Injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI): C’est une technique utilisée en FIV qui consiste à injecter un seul spermatozoïde directement dans un ovule mature pour favoriser la fécondation.
  • Don d'ovocytes: Si une femme ne produit pas d'ovules de qualité suffisante, elle peut envisager un don d'ovocytes. Dans ce cas, les ovules d'une donneuse anonyme sont fécondés par les spermatozoïdes du partenaire masculin et les embryons qui en résultent sont transférés dans l'utérus de la receveuse.

Prévention de l'Infertilité Féminine

  • Maintenir un poids santé grâce à une alimentation équilibrée et à l'exercice régulier.
  • Éviter les comportements à risque tels que le tabagisme, l'usage de drogues et la consommation excessive d'alcool.
  • Se protéger contre les infections sexuellement transmissibles (utilisation de préservatifs, dépistage régulier).
  • Gérer le stress et consulter régulièrement un médecin pour des bilans de santé.

Analyses Génétiques et Infertilité Féminine

Les anomalies génétiques peuvent être constitutionnelles (présentes dans toutes les cellules) ou germinales (affectant uniquement les cellules reproductrices). Chez la femme, les anomalies génétiques à l’origine d’infertilité sont le plus souvent des anomalies du chromosome X : monosomies X ou syndrome de Turner (45,X) et formes associées au syndrome de Turner (mosaïque 45,X/46,XX ou 46,X isoXq), triple X à l’origine d’insuffisance ovarienne prématurée (IOP) et des translocations X/autosomes, également parfois associées à une infertilité ; elles sont recherchées en cytogénétique, par la réalisation d’un caryotype.

Syndrome de Turner

Le syndrome de Turner ou monosomie X est une maladie génétique rare, atteignant 1/2500 nouveau-nés de sexe féminin, lié à l’absence totale ou partielle d’un chromosome X. Il est dû à la perte totale ou partielle d’un chromosome X chez le fœtus de sexe féminin ; cette anomalie survient au hasard, elle ne concerne que les filles.

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