Pendant les premiers mois de la vie d'un bébé, il n'est pas rare que les parents soient confrontés à de longues périodes de pleurs, surtout en fin de journée. Ces moments peuvent être très angoissants et déstabilisants. Bien que le terme « coliques du nourrisson » soit souvent employé, il est important de noter que tous les pleurs excessifs ne sont pas forcément des coliques. Cet article vise à explorer les causes possibles de ces pleurs du soir et à proposer des solutions pour aider les parents à mieux gérer cette période difficile.
Comprendre les pleurs du soir
Les pleurs du soir se manifestent généralement entre 18h et 24h et peuvent durer environ trois heures. Ils commencent vers l'âge de trois semaines et atteignent leur maximum vers six semaines de vie. Un bébé qui pleure le soir peut sembler inconsolable, même après avoir été nourri, changé et câliné. Son visage peut être rouge, ses poings serrés, son front plissé et ses cuisses repliées sur son ventre, qui est souvent ballonné avec émission de gaz.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ces pleurs ne sont pas toujours liés à un problème de digestion. Ils semblent plutôt être une période normale d'activité du nouveau-né. Des études ont montré que l'activité physique et cérébrale d'un fœtus est déjà présente entre 18h et 20h et minuit. La plupart des mamans savent que leur fœtus est agité à cette période de la journée, au moment où elles se couchent.
Causes possibles des pleurs du soir
Bien que le mécanisme exact de ces manifestations reste incertain, plusieurs facteurs peuvent contribuer aux pleurs du soir :
Période d'adaptation difficile : Les pleurs du soir peuvent être une période d'adaptation difficile pour le nouveau-né. Après neuf mois passés dans le ventre de sa mère, il a besoin de temps pour s'adapter au rythme jour/nuit.
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Besoin d'évacuer les tensions : Après des journées bien chargées, ces crises permettent à bébé d'évacuer les tensions de la journée. Trop de bruit ou de visites peuvent être à l'origine d'un excès d'émotions chez bébé, qui, le soir venu, est énervé et se décharge grâce à son seul moyen d'expression et de communication : les pleurs.
Pleurs de décharge : Les pleurs de décharge désignent tous ces moments où un enfant pleure de manière intense et prolongée sans raison apparente. Les pleurs de décharge commencent aux alentours des 1 mois de votre bébé : ce sont souvent des pleurs qui apparaissent en fin de journée, avant la tombée de la nuit, lorsque votre bébé a vécu beaucoup de choses. Au cours de sa journée, il a été exposé à des centaines d’odeurs, de bruits, de stimulations, sans compter les nouvelles personnes et nouveaux lieux. Tout cela peut être stressant pour lui, ce qui augmente son cortisol (l’hormone du stress). Pleurer lui permet de faire baisser ce taux de cortisol, de rééquilibrer son organisme et de retrouver son calme.
Réflexe gastro-colique : Le réflexe gastro-colique est un réflexe normal qui provoque une accélération du péristaltisme intestinal (mouvements de la paroi), en particulier au niveau du côlon, après le remplissage de l'estomac. Ce réflexe peut être exagéré et devenir douloureux chez certains enfants, surtout s'ils sont gloutons et avalent beaucoup d'air en buvant leur lait sans faire de pauses ni de rots.
Mal-digestion du lactose : Pour certains, et en particulier les industriels de la nutrition infantile, le problème se situerait essentiellement au niveau d’une mauvaise digestion du lactose, le principal glucide du lait(maternel ou artificiel). Il faut distinguer l’intolérance au lactose (l’intestin ne fabrique pas de lactase, l’enzyme qui digère le lactose) qui est exceptionnelle, et la mal-digestion du lactose qui existe chez certains bébés qui reçoivent trop de lactose par rapport à la quantité de lactase que leur intestin peut produire.
Autres causes médicales : Bien que rares, certaines causes médicales peuvent provoquer des pleurs excessifs, telles que l'allergie aux protéines du lait de vache (APLV), le reflux gastro-œsophagien (RGO) ou la constipation.
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Solutions et conseils pour apaiser les pleurs du soir
Malheureusement, il n’existe pas de solution miracle qui marcherait pour tous les bébés ! C’est aux parents de trouver la plus efficace sur bébé. Une chose est sûre : il a besoin de ses parents et de leur présence, de savoir qu'ils sont là pour lui. Inutile de le laisser pleurer seul dans son berceau en pensant qu’il s’arrêtera de lui-même quand il en aura assez. Inutile aussi de vouloir le faire taire à tout prix : bébé en a besoin pour trouver son rythme !
Voici quelques solutions à tester pour calmer les pleurs du soir d’un bébé agité :
Répondre aux besoins de base : Avant tout, assurez-vous que votre bébé n'a pas faim, qu'il est propre, qu'il n'a pas trop chaud ou trop froid. Vérifiez également qu'il n'y a rien qui le gêne, comme une étiquette qui gratte ou une position inconfortable.
Créer un environnement calme : Réduisez au maximum les stimulis dans son environnement : tamisez la lumière, parlez-lui à voix basse et posée, installez-vous dans une pièce calme, etc. Il est conseillé de créer une atmosphère relaxante, qui peut aider l'enfant à se calmer.
Le portage : Le portage peut aussi être un moyen efficace pour réconforter un bébé et de lui procurer un sentiment de sécurité en le maintenant près du corps du parent. Essayez de le porter en kangourou ou en écharpe, afin qu’il se sente contre vous, lorsque vous vaquez à vos occupations.
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Le bain : Le bain est également un moment de douceur et de complicité qui peut calmer votre enfant.
Le massage : Vous pouvez masser votre bébé pour le détendre.
Parler et chanter : N’hésitez pas non plus à lui parler beaucoup et à lui chanter des berceuses.
Le mouvement : Lorsque les pleurs se prolongent et que vous vous sentez désarmé, prenez votre enfant dans vos bras, et déambulez ou allez vous promener : votre bébé a des chances de s’endormir dans son landau ou dans la voiture.
Rituel du coucher : Vous pouvez également accompagner votre bébé dans la préparation au coucher en mettant en place un rituel du coucher pour votre bébé afin de le détendre au maximum : bain tiède, massage, biberon, histoire, musique douce, etc. Ainsi, votre bébé sera plus détendu et relaxé pour la nuit.
Alimentation :
- Si votre bébé est allaité et n'est pas rassasié en fin de tétée, il faut envisager des tétées plus prolongées et surtout une stimulation de votre lactation (tétées plus fréquentes, 2e sein, etc.). Toutefois, il convient de vérifier la courbe de poids de votre bébé.
- Si votre bébé n'est pas allaité, évitez les multiples changements de laits.
Remèdes naturels : Il n’existe pas de médicaments spécifiques pour calmer les pleurs excessifs, mais la phytothérapie (les soins par les plantes) aurait montré un effet intéressant chez certains enfants. Le julep gommeux est un très vieux médicament à base d’eau de chaux et de gomme arabique. Le but de cette préparation faite par le pharmacien est de limiter l’acidité de l’estomac chez les bébés qui souffrent de coliques, en supposant que les coliques seraient dues à un problème d’acidité œsogastrique… il est préférable de conserver la préparation au frigo. Vous pouvez l’utiliser quand votre enfant pleure, à distance des tétées (l’acidité gastrique est alors revenue à son maximum), car l’eau de chaux pourrait réduire l’acidité digestive excessive.
Prendre du recul : Si votre bébé se développe bien, que le médecin de votre enfant en a attesté lors des consultations, essayez de prendre du recul et quand la tension monte dites vous que vous ne pouvez rien faire d’autre pour lui que de vous éloigner un peu et de revenir dans un moment… Si vous êtes seul(e) chez vous et que vous sentez monter un énervement impossible à refréner, posez délicatement votre bébé dans son lit, parlez-lui, dites-lui que vous avez besoin d’un temps de pause.
Quand s'inquiéter ?
Lorsque votre bébé pleure, il est naturel de chercher à comprendre ce qui pourrait le déranger et ce qu'il essaie de communiquer. Est-ce que sa couche est propre ? Est-il affamé ? Éprouve-t-il une douleur ? Identifier la cause des pleurs uniquement par leur son peut être difficile, mais les mimiques de bébé peuvent parfois donner des indices. Par exemple, s'il porte sa main à sa bouche, il est probablement affamé. Cependant, même après avoir répondu à ses besoins de base, votre bébé peut continuer à pleurer sans raison apparente ? Il n'est pas nécessaire pour les parents de s'inquiéter immédiatement, mais il est utile de suivre la règle de 3 :
- Les pleurs du soir durent-ils plus de 3 heures ?
- Le bébé a-t-il des épisodes de pleurs de décharge plus de 3 fois par semaine ?
- Ces crises de pleurs persistent-elles pendant plus de 3 semaines ?
Si les trois critères sont réunis ou si l'une de ces situations se confirme, il est recommandé de consulter un médecin.
L'importance du soutien parental
Il est très important que vous puissiez dire, sans aucune culpabilité, ce que vous ressentez: fatigue, difficultés à gérer votre quotidien et celui de votre bébé, impression d’être dépassée, perte de sommeil voire idées noires. Toute maman a expérimenté ces pleurs et cris, et il n’est pas toujours facile de savoir comment réagir. Il est bien évident et bien naturel que plus votre bébé crie et plus vous êtes stressée et dans la difficulté pour le câliner…
La relation parent-enfant peut être perturbée si vous vivez une situation familiale ou sociale compliquée, si cet enfant a dans votre vie une histoire particulière ou si vous-même avez quelques difficultés psychologiques. C’est fréquent après un accouchement même chez des femmes sans aucun antécédent de problème psychologique. Il peut s’agir de “post-partum blues” survenant 3 à 10 jours après l’accouchement mais ne durant que quelques jours, ou assez fréquemment d’une “dépression” post-natale, ou exceptionnellement d’une psychose puerpérale. Il est alors important de consulter un(e) psychiatre ou un(e) psychologue habitué(e) aux problèmes de cette période si spéciale de la maternité débutante.
Si vous êtes seul.e, posez votre bébé dans son lit puis sortez quelques instants de la pièce le temps de vous calmer et de reprendre vos esprits. Gardez tout de même un œil sur votre enfant toutes les 10 minutes pour vous assurer qu’il va bien. Écoutez une musique relaxante ou mettez des bouchons d’oreille. Faites appel à un.e ami.e proche et de confiance ou un membre de votre famille pour vous apporter du réconfort. N’ayez pas honte de vous sentir submergé.e, de très nombreux parents éprouvent les mêmes sentiments que vous.
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