Le sevrage de l'allaitement maternel est une étape significative dans la vie d'une mère et de son enfant. Il n'y a pas de moment idéal ou prédéfini pour sevrer un bébé; la décision appartient à chaque femme, en accord avec les besoins de son enfant. Que l'on ait allaité pendant quelques jours, plusieurs mois, ou même des années, il arrive un moment où l'on souhaite ou doit arrêter. Il est essentiel de se sentir à l'aise avec cette décision. Cet article vise à fournir des conseils et des méthodes pour un sevrage en douceur et réussi.
Quand envisager le sevrage ?
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande l'allaitement exclusif jusqu'à l'âge de 6 mois. Cependant, il n'existe pas d'âge idéal pour le sevrage. L'allaitement peut se poursuivre pendant plusieurs mois, voire jusqu'aux 2 ans de l'enfant, ou au-delà si la mère laisse l'enfant se sevrer naturellement, ce qui peut arriver entre 2 et 4 ans. Le sevrage peut également être planifié par la mère, pour diverses raisons : retour au travail, désir personnel, nouvelle grossesse, etc.
En France, pour les femmes qui souhaitent allaiter plus de deux mois et demi, la reprise du travail constitue une des principales causes de sevrage du lait maternel. Certaines mères font ainsi le choix de sevrer leur bébé avant de redémarrer leur vie professionnelle, par crainte de ne pas réussir à mener vie professionnelle et allaitement, par manque de soutien, pour cause de difficultés organisationnelles ou encore d’une impossibilité à correctement allaiter au travail.
Il est important de noter que la loi française autorise les femmes à allaiter leur bébé sur leur lieu de travail deux fois par jour durant 30 minutes, dans un local adapté (pour les entreprises de plus de 100 salariés), et ce jusqu’aux 1 an de l’enfant.
Signes indiquant que bébé est prêt au sevrage
Bien que les bébés arrêtent rarement de téter d'eux-mêmes, certains signes peuvent indiquer qu'ils sont prêts pour le sevrage :
Lire aussi: Trouver une Assistante Maternelle à Montpellier
- Indifférence ou irritabilité pendant l'allaitement.
- Sessions d'allaitement plus courtes.
- Facilement distrait pendant l'allaitement.
- Joue avec le sein, en le tirant ou en le mordant.
- Suçote le sein au lieu de téter activement.
Comment procéder au sevrage en douceur ?
Pour éviter le stress tant pour la mère que pour l'enfant, le sevrage doit être progressif et graduel. Un sevrage brutal peut être traumatisant pour l'enfant et inconfortable pour la mère, pouvant entraîner un blocage des canaux lactifères, des mastites ou des abcès.
- Diminuer progressivement le nombre de tétées : L'idéal est de diminuer peu à peu le nombre de tétées. Pour commencer, on peut remplacer une des tétées de la journée par un lait infantile du commerce adapté à l'âge de notre bébé, au biberon ou à la tasse. Si cela se passe bien, on remplace une nouvelle tétée tous les trois jours, pour arriver petit à petit à ne garder que celles du matin et du soir, ou arriver à zéro tétée.
- Introduction du biberon : Proposer le biberon aux moments où l’enfant est le plus calme possible, juste après une sieste par exemple, ou lorsque bébé est en éveil calme, et pas trop affamé. Il est conseillé de commencer par remplacer les tétées par des biberons de lait maternel avant de passer à des substituts à base de lait de vache. Le choix de la tétine est également important : opter pour une tétine en silicone, à petit trou, pour encourager l'enfant à téter activement.
- Retarder l’heure de certaines tétées : Lorsque l’enfant consomme également des aliments solides, retarder l’heure de certaines tétées peut faciliter le sevrage.
- Maintenir le contact physique : Programmer plusieurs moments qui favorisent le contact corporel avec le bébé : massage, portage, peau à peau lors du bain ou du biberon. L’enfant doit toujours être porté près du cœur de sa mère, sans que cette dernière ne cherche à l’éloigner de son sein.
- Ne pas forcer l'enfant : Essayer de ne pas le forcer, il n’est peut-être pas encore tout à fait prêt. Même si cela est souvent plus facile à dire qu’à faire, essayez de rester la plus calme possible.
- Exprimer un peu de lait manuellement : Exprimer un peu de lait manuellement, à l’aide d’un massage aréolaire dans un bain chaud ou sous la douche, peut soulager les seins douloureux sans relancer la lactation.
- Sauter une tétée par semaine: Pour savoir comment arrêter le lait maternel de manière progressive, il est recommandé de sauter une session chaque semaine, en commençant par la tétée de midi ou celle que votre bébé aime le moins. Les dernières tétées qui restent sont généralement celles avant de dormir et au réveil.
- Être généreuse en câlins supplémentaires: En plus des changements physiques liés à l’arrêt de l’allaitement, vous et votre nourrisson passerez aussi par des changements émotionnels. Il est fortement recommandé de faire encore plus de câlins et de montrer beaucoup d’amour au bébé durant cette période. Cette tendresse supplémentaire peut l’aider à maintenir le sentiment de proximité et de connexion lié à l’allaitement malgré le sevrage.
- Introduire d’autres aliments pendant les tétées normales: Une autre façon d’aider votre bébé à s’adapter à ces nouveaux changements est de remplacer les tétées habituelles avec d’autres aliments. Les enfants d’un an ou plus peuvent boire du lait de vache ou d’autres aliments à la place des tétées une fois qu’ils ont commencé la diversification alimentaire.
Gérer les difficultés et les "grèves de la tétée"
Certains enfants peuvent se montrer réticents au biberon. Il est important de ne pas forcer l'enfant, mais de continuer à lui proposer régulièrement. Parfois, un bébé refuse soudainement le sein, ce qu'on appelle une "grève de la tétée". Ces épisodes peuvent être dus à une affection (rhume, otite, poussée dentaire…) ou à un contexte familial compliqué (conflits, manque de temps des parents…). Dans ces cas, le peau à peau peut favoriser la reprise de l’allaitement.
Le rôle du partenaire et de l'entourage
Le sevrage est une affaire de couple. Quand on prend sa décision en se sentant écoutée et soutenue, on se sent sereine et les choses se passent mieux. Le partenaire a aussi un rôle à jouer pour faciliter le sevrage. Il peut proposer les premiers biberons, car il n'est pas rare qu'un bébé accepte plus facilement le biberon d'une autre personne que sa maman.
En outre, le soutien du partenaire est primordial pour aider la mère à décompresser, surtout lors de la reprise du travail. Il peut également demander à ses proches, famille et amis, de prendre le relais pour aider dans les tâches du quotidien.
Demander de l'aide professionnelle
Si vous rencontrez des difficultés avant ou pendant le sevrage, vous pouvez vous faire aider par différent.es professionnel.les de santé, qui pourront vous prodiguer de nombreux conseils :
Lire aussi: Changement à la présentation des Maternelles
- Le pédiatre qui suit votre enfant pourra vous indiquer les recommandations en lien avec votre situation personnelle et vous aider à mettre en place un plan d’arrêt de l’allaitement.
- Un.e consultant.e ou conseillèr.e en lactation ou votre sage-femme pourra vous accompagner durant la transition vers l’arrêt de l’allaitement en vous donnant des conseils pratiques et vous soutenir si c’est dur pour vous émotionnellement.
- D’autres mamans : même si chaque situation est unique, il peut être utile d’échanger avec d’autres mères pour partager votre expérience et éventuelles difficultés. N’hésitez pas à vous rapprocher d’un groupe de parole de mamans par exemple ou de lire des témoignages de mères.
Choisir le bon lait infantile
Lors du sevrage, il est possible de passer à des substituts du lait maternel, à base de lait de vache. Ces laits industriels répondent à des cahiers des charges très précis et sont disponibles en pharmacie. Certains sont spécifiquement destinés aux enfants qui régurgitent ou qui présentent un risque d’allergie au lait de vache (ou une allergie avérée).
Lire aussi: Baignoires pour bébé : Le guide ultime
tags: #les #maternelles #sevrage #allaitement #conseils
