Face à une grossesse non planifiée, la question de l'avortement peut devenir une source d'anxiété et de confusion. Il est essentiel de prendre le temps de la réflexion, de s'informer et de peser le pour et le contre avant de prendre une décision. Cet article a pour but de vous guider à travers ce processus délicat.

Grossesse inattendue : un choc émotionnel

L'annonce d'une grossesse non prévue peut provoquer un tourbillon d'émotions contradictoires, allant de la peur et de l'angoisse à la joie et à la légèreté. Il est important de ne pas rester seule face à ces sentiments et de chercher du soutien auprès de votre partenaire, de vos proches ou de professionnels de santé.

Les raisons d'envisager une IVG

De nombreuses raisons peuvent amener une femme à envisager une Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). Parmi celles-ci, on retrouve :

  • Un âge trop jeune ou trop avancé.
  • L'arrivée de l'enfant à un moment inopportun dans le projet familial.
  • Une situation de chômage ou un manque de ressources financières.
  • Des difficultés relationnelles avec le partenaire.
  • Une grossesse survenue suite à un accident de contraception.

Les options disponibles face à une grossesse imprévue

Lors d'une grossesse imprévue, plusieurs options sont possibles :

  • Poursuivre la grossesse et accueillir l'enfant.
  • Poursuivre la grossesse et confier l'enfant à l'adoption.
  • Interrompre la grossesse.

La décision vous appartient et il est essentiel de ne pas céder aux pressions extérieures, qu'elles soient professionnelles, familiales ou médicales.

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Les étapes à suivre pour une IVG

Si vous décidez d'avorter, voici les étapes à suivre :

  1. Prendre rendez-vous avec un professionnel de santé (médecin ou sage-femme) exerçant en cabinet de ville, en centre de santé, en centre de santé sexuelle ou en établissement de santé.
  2. Recevoir des informations complètes sur l'IVG (méthodes, lieux et délais de réalisation, risques et effets secondaires possibles) et un dossier-guide.
  3. Formuler votre demande d'avortement au médecin ou à la sage-femme lors de la consultation d'information.
  4. Bénéficier d'un entretien psycho-social (obligatoire pour les mineures).
  5. Remettre votre consentement écrit de demande d'avortement au médecin ou à la sage-femme.
  6. Choisir votre méthode d'IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et son lieu de réalisation.
  7. Mettre en place une méthode contraceptive après l'IVG, si vous le souhaitez.
  8. Réaliser un dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST) et du cancer du col de l'utérus, si tel est votre choix.

Les méthodes d'IVG

Il existe deux méthodes pour interrompre la grossesse :

  • L'IVG médicamenteuse : elle peut être réalisée jusqu'à la 7e semaine de grossesse (9 semaines après le début des dernières règles). Elle consiste en la prise de deux médicaments à 24 ou 48 heures d'intervalle. Le premier médicament bloque l'action de l'hormone nécessaire au maintien de la grossesse, tandis que le second provoque des contractions utérines pour expulser l'œuf.
  • L'IVG instrumentale (ou chirurgicale) : elle est privilégiée au-delà de la 7e semaine de grossesse et jusqu'à la 14e semaine de grossesse (16 semaines après le 1er jour des dernières règles). Elle consiste en une aspiration de l'œuf par un professionnel de santé.

Les complications possibles

Comme toute intervention médicale, l'IVG peut entraîner des complications, bien que celles-ci soient rares :

  • IVG médicamenteuse : douleurs pelviennes, saignements, troubles digestifs, infection, hémorragie.
  • IVG instrumentale : hémorragie, perforation de l'utérus, infection.

Il est important de consulter rapidement un professionnel de santé en cas de fièvre, de pertes de sang importantes, de fortes douleurs abdominales ou de malaise.

La douleur liée à l'IVG

Les contractions utérines liées à l'IVG peuvent être douloureuses, notamment en cas d'IVG médicamenteuse. Votre médecin ou sage-femme vous prescrira systématiquement des anti-douleurs pour vous soulager.

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L'IVG est-elle dangereuse ?

Lorsqu'elle est pratiquée dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé), l'IVG est une intervention sans risque. Le risque de complications n'est pas supérieur à celui d'un avortement spontané (fausse couche) ou d'une grossesse menée à terme.

L'efficacité de l'IVG

L'IVG médicamenteuse est efficace à 95%, tandis que l'IVG instrumentale est efficace à 99,7%. Une consultation de suivi est nécessaire après l'IVG pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue et que votre état de santé général est bon.

L'injection d'immunoglobulines anti-D

Si votre groupe sanguin est négatif (rhésus négatif), le médecin ou la sage-femme vous proposera de réaliser une injection d'immunoglobulines anti-D pour éviter d'éventuelles complications lors d'une future grossesse désirée.

Les β-HCG

Les β-HCG correspondent à l'hormone produite par l'embryon en cas de grossesse. C'est la détection de cette hormone dans l'urine ou le sang qui permet de savoir si vous êtes enceinte.

La consultation de suivi

Il est nécessaire de réaliser une consultation de suivi après une IVG, entre le 14e et le 21e jour après l'IVG. Elle permet de s'assurer que la grossesse est bien interrompue, qu'il n'existe pas de complication et d'aborder la contraception si vous en souhaitez une.

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Le rôle du partenaire

Face à une grossesse inattendue, le rôle du partenaire est essentiel. Il est important de dialoguer, d'exprimer ses peurs et ses doutes, et de prendre une décision ensemble. Si le dialogue est difficile, n'hésitez pas à consulter un conseiller conjugal.

Le témoignage d'Angie

Angie, une jeune femme confrontée à une grossesse imprévue, témoigne de son dilemme : "Je viens d'apprendre que je suis enceinte. C'est un accident et ma situation est un peu compliquée. J'ai peur que cette grossesse vienne tout gâcher entre nous… d'un autre, je sais qu'il a beaucoup de soucis côté job en ce moment, et qu'il n'est pas prêt à affronter ce genre de situation pour le moment… J'ai peur d'avorter, d'autant que j'aimerais le garder ce bébé. Mais il faut que je me prépare à cette éventualité, s'il n'en veut pas. Je ne me sens pas prête à élever un enfant seule, et je ne veux pas le perdre lui."

Le témoignage d'Angie illustre la complexité de la décision d'avorter ou non. Il est important de prendre en compte tous les aspects de la situation, y compris les aspects émotionnels, relationnels et financiers.

Le témoignage de Manon

Manon, une autre jeune femme, partage son expérience : "Je me présente, Manon, j’ai bientôt 19 ans dans un mois, et je viens d’apprendre que j’étais enceinte de 3 semaines. On en a parler et on ne se sent pas près tous les deux, il respectera mon choix mais penchent plus du côté de l’avortement. Et moi je suis totalement perdu, je n’ai pas la situation qui convient et je suis jeune. Mais d’un côté je sais que mes parents pourraient m’aider et avec plaisir. Et j’ai peur de l’avortement, je n’arrête pas de me dire que je fais peut être la pire erreur de ma vie et que je vais le regretter toutes ma vie. Mais d’un côté je me demande si je suis vraiment prête à me laisser de côté pour un enfant. Je suis totalement perdu, je n’arrête pas de pleurer, je suis triste de devoir prendre cette décision qui me déchire en deux."

Manon exprime sa détresse face à ce choix difficile. Elle met en balance la peur de l'avortement et la peur de ne pas être prête à devenir mère. Son témoignage souligne l'importance de se faire accompagner dans cette prise de décision.

Conseils pour prendre une décision éclairée

Voici quelques conseils pour vous aider à prendre une décision éclairée :

  • Prenez le temps de la réflexion : ne vous précipitez pas et ne prenez pas de décision dans l'urgence.
  • Informez-vous : renseignez-vous sur les différentes options qui s'offrent à vous et sur les conséquences de chacune d'elles.
  • Parlez-en : échangez avec votre partenaire, vos proches, un professionnel de santé ou un conseiller conjugal.
  • Écoutez-vous : essayez de comprendre ce que vous ressentez au plus profond de vous et ce qui est le mieux pour vous.
  • Ne cédez pas aux pressions : ne laissez personne vous dicter votre choix.

Conclusion

La décision d'avorter ou non est une décision personnelle et complexe. Il est essentiel de prendre le temps de la réflexion, de s'informer et de se faire accompagner pour faire le choix le plus adapté à votre situation. Quelle que soit votre décision, il est important de vous rappeler que vous n'êtes pas seule et que de nombreuses ressources sont à votre disposition pour vous soutenir.

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