L'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un sujet de débat permanent à travers le monde. Alors que de nombreux pays ont progressé vers la légalisation et la dépénalisation de l'avortement, des disparités importantes subsistent, et des menaces pèsent sur ce droit dans certaines régions. Cet article examine la situation de l'avortement tardif, en se concentrant particulièrement sur l'Europe, tout en offrant un aperçu global.

Cadre légal en Europe : une diversité de délais et de conditions

Sur 25 des 27 États de l'Union européenne, l'IVG est légalisée ou dépénalisée sans besoin de justification de la part de la femme. Toutefois, le délai maximal pour avorter varie considérablement. Au Portugal, il est de 10 semaines d'aménorrhée, tandis qu'aux Pays-Bas, il peut aller jusqu'à 24 semaines (voire plus, tant que le fœtus n'est pas considéré comme viable hors de l'utérus).

Évolution récente des législations européennes

Plusieurs pays européens ont modifié leurs lois sur l'avortement ces dernières années :

  • France : La loi Veil de 1975 a autorisé l'IVG. En février 2017, le délit d'entrave à l'IVG a été adopté pour lutter contre la désinformation. En février 2022, le délai légal a été étendu à quatorze semaines de grossesse (soit seize semaines d'aménorrhée). En mars 2024, l'inscription de l'IVG dans la Constitution a été adoptée.
  • Luxembourg : La dépénalisation de l'avortement date de décembre 2014, autorisant l'IVG jusqu'à 12 semaines après le début de la grossesse.
  • Chypre : Depuis mars 2018, l'IVG est autorisée jusqu'à 12 semaines de grossesse sans justification.
  • Irlande : La légalisation est entrée en vigueur en janvier 2019, autorisant l'IVG sans conditions jusqu'à 12 semaines et jusqu'à 24 semaines en cas de risque pour la vie ou la santé de la femme enceinte. Auparavant, l'Irlande était l'un des pays les plus restrictifs d'Europe.
  • Finlande : Depuis septembre 2023, l'avortement est légal et gratuit sur demande au cours des 12 premières semaines de grossesse, sans conditions.
  • Malte : En juin 2023, le Parlement a adopté une loi autorisant pour la première fois l'avortement si la vie de la femme est en danger et que le fœtus n'est pas viable. Auparavant, c'était le dernier État membre de l'UE où l'avortement était totalement interdit.

Cas particuliers et restrictions

  • Allemagne : L'article 218 du Code pénal interdit théoriquement l'avortement, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. Cependant, aucune sanction n'est prévue en cas d'avortement avant 12 semaines de grossesse (14 semaines d'aménorrhée).
  • Pologne : L'avortement n'est autorisé qu'en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère depuis janvier 2021. Une restriction antérieure, qui permettait l'avortement en cas de malformation grave du fœtus, a été supprimée, rendant l'accès à l'IVG très difficile.
  • Hongrie : Bien que l'IVG soit légale jusqu'à la douzième semaine de grossesse, le gouvernement a mis en place des mesures allant à son encontre depuis 2010, notamment en défendant "la vie du fœtus dès sa conception" dans la Constitution.

La clause de conscience : un obstacle à l'accès à l'IVG

Dans de nombreux pays européens, les médecins peuvent invoquer la "clause de conscience" pour refuser de pratiquer un avortement. Cette disposition est prévue dans 23 pays européens, dont la France. En Italie, le taux de médecins objecteurs de conscience est particulièrement élevé, atteignant 70 % en moyenne et jusqu'à 92 % dans certaines régions, ce qui limite considérablement l'accès à l'IVG. Des situations similaires existent en Roumanie et en Croatie.

L'IVG dans le monde : inégalités et menaces

L'accès à l'IVG reste très inégal dans le monde. Selon les données, plus de 40 % des femmes en âge de concevoir vivent dans des États aux lois restrictives.

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Pays où l'IVG est interdite

L'avortement est encore interdit dans près d'une vingtaine de pays, principalement en Afrique et en Amérique du Sud. Parmi eux figurent l'Égypte, le Sénégal, le Gabon, Madagascar, la Mauritanie, le Suriname, le Nicaragua et le Salvador. Ce dernier pays a adopté une législation draconienne prévoyant des peines allant jusqu'à huit ans de prison pour les femmes qui avortent. En Europe, Malte est le seul pays où l'interdiction totale demeure, tandis qu'Andorre et le Vatican sont également concernés.

Pays avec un accès très restreint

Dans certains pays, l'avortement est autorisé uniquement en cas de danger pour la vie de la femme. C'est le cas en Côte d'Ivoire, en Libye, en Ouganda, au Soudan du Sud, en Irak, au Liban, en Syrie, en Afghanistan, au Yémen, au Bangladesh, en Birmanie, au Sri Lanka, au Guatemala, au Paraguay et au Venezuela. Au Brésil, l'IVG est autorisée en cas de viol, de risque pour la mère ou de grave malformation du fœtus.

Progrès récents dans la légalisation

Malgré les restrictions, plusieurs pays ont récemment progressé vers la légalisation de l'avortement :

  • Irlande : Légalisation en 2018 à la suite d'un référendum historique.
  • Irlande du Nord : Libéralisation en 2019.
  • Nouvelle-Zélande : Dépénalisation en 2020.
  • Thaïlande : Décriminalisation en 2021 (jusqu'à douze semaines d'aménorrhée).
  • Colombie : Dépénalisation en 2022 (jusqu'à vingt-quatre semaines de grossesse).
  • Mexique : Un arrêt de la Cour suprême a déclaré inconstitutionnelle la pénalisation de l'avortement en septembre.
  • Bénin : Légalisation à l'automne (jusqu'à douze semaines en cas de détresse).

Menaces et reculs

Le droit à l'IVG est menacé dans plusieurs régions du monde. Aux États-Unis, la révocation de l'arrêt Roe vs Wade en 2022 a permis à de nombreux États d'interdire ou de restreindre fortement l'avortement. En Pologne, une décision du Tribunal constitutionnel a rendu l'IVG quasi illégale en 2020. En Hongrie, des mesures ont été prises pour limiter l'accès à l'avortement, notamment en inscrivant la protection de la vie du fœtus dans la Constitution.

Avortement à l'étranger

Il n’est pas toujours possible ou souhaitable de se faire avorter dans son propre pays. De nombreuses femmes et jeunes filles décident de se faire avorter à l’étranger. Aux Pays-Bas, la procédure d’avortement est strictement encadrée par la loi. Les cliniques et les hôpitaux qui proposent des IVG doivent être agréés. La clinique orthogénique Bloemenhove est légalement autorisée à pratiquer des avortements jusqu’à la 22e semaine d’aménorrhée.

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Il existe différentes méthodes d’avortement. En concertation avec le médecin, nous déterminons la méthode d’intervention la plus adaptée à votre situation. Si vous êtes enceinte:

  • de moins de 6,2 semaines : l’IVG immédiate est encore possible (sans lettre de liaison, ni délai de réflexion)
  • de 5 à 9 semaines : l’IVG médicamenteuse
  • de 5 à 12 semaines : l’IVG chirurgicale par aspiration
  • de 13 à 22 semaines : l’avortement instrumental

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